<?xml version="1.0" encoding="ISO-8859-1"?>
<!-- generator="wordpress/WordpressMU 1.1" -->
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	>

<channel>
	<title>VOYAGE INTÉRIEUR</title>
	<link>http://manonmoreno.unblog.fr</link>
	<description>au cœur des passions de manon</description>
	<pubDate>Sat, 20 Mar 2010 10:02:10 +0000</pubDate>
	<generator>http://wordpress.org/?v=WordpressMU 1.1</generator>
	<language>fr</language>
			<item>
		<title>JOURNAL DE MARS 2010.(II)</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/03/15/journal-de-mars-2010ii/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/03/15/journal-de-mars-2010ii/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 15 Mar 2010 16:59:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal de route]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2010/03/15/journal-de-mars-2010ii/</guid>
		<description><![CDATA[
17 mars 2010
Justine, la nuit dernière, dans un grand moment de tendresse, après l&#39;amour, après s&#39;être offerte comme elle sait le faire dans les meilleurs moments, m&#39;a assurée que, pour elle, tout était en ordre. Avec Ertan, elle s&#39;était trompée, en fait, dit-elle, &#8220;nous nous sommes, lui comme moi, trompés. Énormément trompés&#8221;. Elle avait donc [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/03/fillesbld061742.jpg" class="imagelink" title="fillesbld061742.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/03/fillesbld061742.jpg" alt="fillesbld061742.jpg" width="400" /></a><br />
<font face="andale mono,times" size="4">17 mars 2010</font></p>
<p><font face="webdings" size="4" color="#000099">Justine, la nuit dernière, dans un grand moment de tendresse, après l&#39;amour, après s&#39;être offerte comme elle sait le faire dans les meilleurs moments, m&#39;a assurée que, pour elle, tout était en ordre. Avec Ertan, elle s&#39;était trompée, en fait, dit-elle, &#8220;nous nous sommes, lui comme moi, trompés. Énormément trompés&#8221;. Elle avait donc senti que je n&#39;étais pas encore entièrement tranquillisée.</font></p>
<p><font face="webdings" size="4" color="#000099">Elle m&#39;a assurée, en insistant beaucoup, que je n&#39;y étais pour rien. Tout au plus, a-t-elle insisté, ma réticence les aurait aidés à y voir clair. Je suis, cette fois complètement soulagée. L&#39;avenir me semble à nouveau ouvert. </font></p>
<p><font size="4" color="#000099"></font><font face="webdings" size="4" color="#000099">Cécile et Marie? Tout semble être rentré dans l&#39;ordre: ces deux-là aussi sont vraiment amoureuses, mais Marie à des moments où elle perd le contrôle de ses pulsions. Elle est instable, et Cécile doit faire avec. Elle dont l&#39;auto-contrôle est si mesuré, si efficace, doit accepter de Marie des dérapages comme celui de l&#39;autre soir à Bonnieux. Encore que là, Erik Olafson m&#39;ait, aussi, beaucoup déçu. Pour en revenir à Marie et Cécile, il semble que leur MAT avec le vigneron se prolonge. Toutefois, comme celui-ci s&#39;accorde pas mal de coucheries avec ses anciennes partenaires (&#8221;je ne peux pas les laisser tomber sans y mettre les formes&#8221;), elles sont toujours logées à Aix, dans leur appartement. Je doute qu&#39;elles en sortent de si tôt.</font></p>
<p><font face="webdings" size="4" color="#000099">Je n&#39;arrive plus à écrire ces temps-ci. J&#39;ai pourtant à finir plusieurs textes qui restent en rade ( Cécile, Karine) sans parler de la grande affaire que je repousse chaque jour à plus tard.</font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/katya1.jpg" alt="katya1.jpg" /><br />
<font face="webdings" size="4" color="#000099">C&#39;est absurde, et enfantin, mais j&#39;aime les formes de cette femme! </font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font size="4"></font><font face="andale mono,times" size="4">18 mars 2010</font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="webdings" size="4" color="#000099">WM (lulu ou motus ou, même, François) a encore joué à son jeu mesquin. Il a tort de croire qu&#39;il va ainsi me tétaniser&#8230;par des méthodes aussi peu fair play. </font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font size="4"></font><font face="andale mono,times" size="4">20 mars 2010</font><br />
<a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/03/imgp0134.jpg" class="imagelink" title="imgp0134.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/03/imgp0134.jpg" alt="imgp0134.jpg" width="400" /></a> <font size="2">Sévère mais si vraie&#8230;</font></p>
<p><font face="webdings" size="4" color="#000066"> Il parait que c&#39;est le printemps&#8230;Malgré le vent violent, nous partons tout à l&#39;heure, en prenant Emma au collège, pour Bonnieux. Nous n&#39;y serons que nous quatre. Je m&#39;en réjouis. J&#39;ai reçu hier une long mail de Claudie. Quelle chance! Elle m&#39;a l&#39;air pleine d&#39;espoir et c&#39;est réconfortant. Pas de nouvelles directes d&#39;Isabelle, mais elle a mis en ligne, sur le site, un joyau que ne méritent guère ceux qui le fréquentent.     </font></p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/03/15/journal-de-mars-2010ii/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>JOURNAL DE MARS 2010.(I).</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/03/01/mars-2010/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/03/01/mars-2010/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 01 Mar 2010 07:34:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal de route]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2010/03/01/mars-2010/</guid>
		<description><![CDATA[(de garbadelle)
1er mars 2010
La planète s&#39;anarchise : séismes, tsunamis, tempêtes. Sans oublier le réchauffement(?), bien entendu. Pendant ce temps, dans les pays nantis, l&#39;individualisme outrancier s&#39;empare des représentants de l&#39;espèce humaine. Quelques individus se prennent pour des sauveurs en rechargeant leur véhicule électrique aux bornes alimentées par un courant produit, au fait, oui, par quelle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/garbadelle04.jpg" alt="garbadelle04.jpg" />(de garbadelle)</p>
<p><b><font face="andale mono,times" size="3">1er mars 2010</font></b></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">La planète s&#39;anarchise : séismes, tsunamis, tempêtes. Sans oublier le réchauffement(?), bien entendu. Pendant ce temps, dans les pays nantis, l&#39;individualisme outrancier s&#39;empare des représentants de l&#39;espèce humaine. Quelques individus se prennent pour des sauveurs en rechargeant leur véhicule électrique aux bornes alimentées par un courant produit, au fait, oui, par quelle source d&#39;énergie?!! Ou en nourrissant des lombrics de leurs déchets dans leur cuisine ( le méthane qui s&#39;en dégage, est, bien moins nocif!!!). Pendant ce temps, les pays émergents, s&#39;empressent, avec la bénédiction des financiers et des politiques occidentaux, de recommencer les mêmes erreurs que les vieux pays. La Chine, banquière des États-Unis, brûle son charbon et roule voiture et le Brésil nourrit ses véhicules à la canne à sucre, sans que l&#39;on puisse dire, et encore moins, faire, quoi que ce soit. Ce serait &#8220;politiquement&#8221;d&#39;une flagrante incorrection&#8230;Descartes était-il  bien naïf lorsqu&#39;il prétendait que le bon sens était la chose du monde la mieux partagée? Un citation plus complète éclaire et nuance, heureusement, sa pensée</font><font face="Lucida Bright" size="3">. En effet,</font><font size="3"> dans le <i> Discours de la méthode,</i> on peut lire ceci :</font></p>
<p align="justify"><font size="3"><i><b> </b><font face="Lucida Bright"><b>« Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée; car chacun pense en être si bien pourvu que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose n&#39;ont point coutume d&#39;en désirer plus qu&#39;ils en ont. En quoi il n&#39;est pas vraisemblable que tous se trompent; mais plutôt cela témoigne que la puissance de bien juger et distinguer le vrai d&#39;avec le faux, qui est proprement ce qu&#39;on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes; et ainsi que la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies, et ne considérons pas les mêmes choses. Car ce n&#39;est pas assez d&#39;avoir l&#39;esprit bon, mais le principal est de l&#39;appliquer bien ». </b></font></i></font></p>
<p align="justify"><font size="3">OOO</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Notre petite communauté de femmes retrouve son équilibre. Sara et Maria, non seulement maintiennent leur atelier d&#39;infographie à la maison, mais songe sérieusement à réinvestir le studio attenant, si j&#39;accepte que l&#39;on y aménage une extension en prenant sur le garage trop grand, puisqu&#39;une voiture suffit bien à la communauté. Cécile et Marie, et aussi Adeline s&#39;invitent souvent. Chacune y met du sien, si bien que Justine et moi ne faisons bien souvent qu&#39;à peine notre dû.</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Je me demande souvent, dans l&#39;angoisse, sans trouver de solution, quel est l&#39;avenir d&#39;Emma et de Pauline dans ce gynécée&#8230;Je me souviens en avoir fait part  au forum de Room. C&#39;était trop sérieux pour que l&#39;on s&#39;y intéressât, à part, bien sûr, Nel.</font></p>
<p align="justify"><font size="3">OOO</font></p>
<p align="justify"><font size="3"></font><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Ces deux jours à Bonnieux, malgré la violente tempête de la nuit de samedi, ont été bénéfiques pour Justine et moi : le calme, la sérénité et l&#39;amour nous ont rejointes.  </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><b><font face="andale mono,times" size="3">03 mars 2010 </font></b></p>
<p align="justify"><b><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">La phrase du jour à méditer:</font></b></p>
<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/03/sidoniegabriellecolettevers1890.jpg" alt="sidoniegabriellecolettevers1890.jpg" /><font size="2">Sidonie Gabrielle Colette vers 1890</font></p>
<p align="justify"><i><font face="arial black,avant garde" size="3">&#8220;Vous n&#39;êtes pas du tout une femme convenable , Madame Colette. Vous êtes la fière impudeur, le sage plaisir, l&#39;insolente liberté, le type même de la fille qui perd les institutions les plus sacrées et les familles&#8221;</font></i></p>
<p align="justify"><font size="3"></font><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">J&#39;admire beaucoup l&#39;écriture de Colette( 1873-1953), mais j&#39;apprécie assez peu son œuvre. Toutefois, le jugement ci-dessus dû à Jean Anouilh, me semble bien lui convenir, et en ce sens, elle fait bien partie de ces écrivains qui ont affirmer, dans un monde d&#39;hommes, l&#39;existence des femmes et leur exigence de liberté. Anouilh, quant à lui, se montre bien le réactionnaire qu&#39;il fut, prompt à envoyer au supplice toutes les Iphigénie.</font></p>
<p align="justify"><b><font face="andale mono,times" size="3">04 mars 2010</font></b></p>
<p align="justify"><font size="3"></font><font face="arial,helvetica,sans-serif"><u><b>Sur la fille à la fenêtre </b></u>: une photographie </font><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span>artetcharme ( photographe  talentueux à découvrir sur zPhoto.fr )<br />
</span></font>
</p>
<p align="justify"><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/03/artetcharme361264.jpg" class="imagelink" title="artetcharme361264.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/03/artetcharme361264.jpg" alt="artetcharme361264.jpg" width="400" /></a></p>
<p align="justify"><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   164   940   7   1   1154   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--><font face="verdana,geneva" size="3"><span>La &#8220;face&#8221; cachée, droite,</span><span> </span>du visage, crée le mystère&#8230; Mystère renforcé par les larmes de pluie. Une coulée semble, presque, venir de l’œil gauche, et goutter du nez, empruntant le sillon sus labial. On peut y voir de la tristesse, c’est vrai, la souffrance pourrait en effet se lire sur le visage, et dans le regard gauche. Mais, la lumière qui illumine la moitié gauche du visage,<span>  </span>et une partie de la chevelure cuivrée (une sorte de blond vénitien, peut-être), le partage se faisant sur l’arête nasale, puis filant en biais, vers la droite, sur les lèvres et le menton, permet d’enflammer les seins, clairs , presque blancs, retenus (contenus) par le soutien-gorge noir.<span>  </span>J&#39;aime l&#39;esthétique de ces renflements un peu mous, de ces imperfections voulues. Pour moi, l&#39;émotion puissante qui se dégage du flou rendu par la vitre mouillée ne me semble pas verser vers la tristesse. Le regard (de gauche)<span>  </span>brille sourdement<span>  </span>d’un éclat alangui. Paradoxalement, j&#39;y vois la plénitude contenue qui suit le plaisir. Cette femme vient de faire l’amour et regrette, (s’il y du regret?), que son plaisir, déjà, s’estompe. Cette photo est riche d’un érotisme de bon aloi.  J&#39;aime ça! </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span>L&#39;érotisme peut magnifier l&#39;ordinaire&#8230;</span></font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><i>« L&#39;érotisme est perversité au sens étymologique du terme : il tourne le vice en vertu, devinant que ce qui était défendu est en fait délicieux. Et plus le tabou est ressenti comme pesant, plus sa transgression sera délicieuse. »</i> (de Lampert, à propos de G.Bataille)</font></p>
<p align="justify"><font size="3"><b><font face="andale mono,times">05 mars 2010</font></b></font></p>
<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/03/1056702.vignette.jpg" alt="1056702.jpg" /></p>
<p align="justify"><span></span></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span>J’ai enfin compris les raisons de mon intérêt pour la photo d’Art&amp;Charme, <b><i>la fille à la fenêtre</i></b>. </span></font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span>C’était ce matin, en observant Justine, encore vibrante d’émotion sensuelle. Après l’orgasme, elle devient laide. Non, laide n’est pas le qualificatif approprié.</span><span>  </span>Son beau visage, si doux, si tendre, se durcit, une sorte de moue, presque disgracieuse, une moue de dépit, s’esquisse dans le bas du visage et son regard se trouble, comme à<span>  </span>regret. Elle me dit souvent, alors,<b><i> « pourquoi donc le plaisir est-il si fugace?</i></b>» </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span>Les hommes, eux, je le crois, y sont habitués. Pour eux, disent-ils, c’est toujours la même chose, à chaque éjaculation. Un plaisir intense, aussitôt évanoui. Ils ne sont pas déçus, ou moins, car il leur suffit de recommencer. Pour nous, les femmes, ce n’est jamais vraiment la même chose. L&#39;intensité des orgasmes est variable. Il nous faut du temps, le plus souvent, pour que notre corps soit prêt au « bing bang »…La tension monte, monte, jusqu’à un point, le bing, après lequel l’émotion est comme <i>suspendue</i> en l’attente du bang. </span></font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span>C’est alors que la mer se retire avant de revenir en force, avant que, bang !, le tsunami nous emporte. Avec une force</span><span>  </span>qui peut être plus ou moins fracassante. Cela dépend de la<span>  </span>préparation : seuls les hommes qui aiment vraiment les femmes comprennent combien la montée au pinacle exige du temps pour que des caresses graduées, des stimulations de plus en plus ciblées, fassent leur œuvre. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span>Lorsque nous l’atteignons, ce tsunami force huit, nous sommes heureuses, mais pour un temps si court que le vide qui se forme en retour du bang peut nous décevoir.</span><span> Les femmes qui goûtent aux caresses entre femmes sont souvent plus comblées car, entre elles, elles ont tout leur temps ; la montée au sommet, au pic de la tension, est la période où elles vivent par anticipation le plaisir qu’ elles se</span><span>   </span>préparent. L’explosion du plaisir,<span></span> intense, fulgurante, mais si fugace,<span> </span>que sa préparation est une joie dont elles ne voudraient<span>, à aucun prix,</span> être privées. </font></p>
<p><font size="3"><b><font face="andale mono,times">06 mars 2010</font></b></font></p>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/03/dunoyer.vignette.jpg" alt="dunoyer.jpg" /></p>
<p><font size="4"><br />
</font> <font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Malgré le temps incertain, nous sommes parties déjeuner à Bonnieux, en prenant Emma à la sortie du collège. Péné et Erik, pour fêter je ne sais quoi, nous invitent à Lourmarin, chez l&#39;amie Rein. Demain, Marie et Cécile, ainsi que Sara et Maria viendront passer la journée. Erik doit se sentir émoustillé à l&#39;idée de ce grand débarquement de “femelles“. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Je me suis fait un sang d&#39;encre toute cette semaine à l&#39;idée que Justine pouvait être malheureuse du départ de Demirel. À tort semble-t-il. Elle a senti ma tension et ce matin, alors que nous étions au calme, et sans rien d&#39;urgent à faire, elle a pris le temps de m&#39;expliquer qu&#39;elle s&#39;était trompée en pensant qu&#39;Ertan pouvait compter pour elle. &#8220;Bien qu&#39;il ait rompu avec la religion, son attitude à l&#39;égard des femmes est, quoiqu&#39;il en dise, fortement marquée par la culture ottomane, et cela ne peut faire mon affaire. Il en a d&#39;ailleurs convenu, en reconnaissant qu&#39;il ferait mieux d&#39;aller retrouver son épouse légitime à Ankara. Peut-être allons-nous collaborer s&#39;il retourne, en effet, en Turquie. S&#39;il reste à Hambourg, où il a une autre amie d&#39;origine turque, bien sûr nous continurons à travailler ensemble, comme avant.“</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif"></font><font size="4">Je me suis sentie, très égoïstement, soulagée. Je me demande comment un homme pourrait prendre pied dans notre maison de filles. Je ne suis pas en manque, pour moi c&#39;est une certitude, mais je me demande comment Pauline va pouvoir s&#39;épanouir.</font></p>
<p><font size="3"><b><font face="andale mono,times">07 mars 2010</font></b></font></p>
<p><font size="3"></font><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">L&#39;imprévu entraîne l&#39;imprévisible! Marie et Cécile se sont invitées hier soir. Comme nous avions pris un énorme et succulent repas chez la Reine de Lourmarin, nous avions rien de prévu; Erik s&#39;est précipité pour préparer un en-cas pour elles.</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Ensuite, Erik s&#39;est mis en quatre pour Marie. Pourquoi pour elle? Justine, très mécontente, a dit: “il s&#39;était pourtant calmé depuis qu&#39;il a enlevé Pénélope…Décidément, mon père est incorrigible!” Il a réussi à l&#39;entraîner dans sa chambre. Péné n&#39;a pas cédé et les a rejoints. Ils ont dû faire nuit à trois.</font><font size="4"><br />
</font> <font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Cécile, qui, pourtant, contrôle ses émotions avec parfois une froideur apparente que je trouve, moi qui pourtant ait de l&#39;entraînement, que je trouve, oui, exagérée. À prendre ainsi sur elle, elle doit énormément souffrir, car je sais qu&#39;elle tient énormément à Marie, et que celle-ci se laisse souvent aller à une aventure d&#39;un soir. Parfois, elle la suit. mais hier, il y avait déjà Péné qui n&#39;est pas de celle que l&#39;on apprécie forcément…</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Pour Cécile, ce soir-là ce fut trop. Elle a craqué. Vers minuit, alors que nous dormions déjà, Cécile est entrée dans notre chambre et s&#39;est glissée dans le lit. Nous l&#39;avons accueillie, nue entre nous deux, nues comme toujours. Il ne s&#39;est rien passé d&#39;autre entre nous trois qu&#39;un échange de tendresse, de chaleur. Cécile s&#39;est calmée et endormie comme une masse. Je me suis levée, comme d&#39;habitude vers six heures et demi. Elles dormaient comme des anges. Cécile vient d&#39;apparaître. Elle va se servir une tasse de café et revient se la boire près de moi.</font></p>
<p><font size="4">…<i>un peu plus tard…</i></font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">“Tu écris déjà?” s&#39;est-telle étonnée. Je me suis interrompue pour reboire du café en sa compagnie. Elle m&#39;a embrassée, ce qui, chez elle, est rare. “Merci de ne pas m&#39;avoir repoussée. Je suis confuse, mais j&#39;avais besoin de vous. J&#39;ai aussi besoin de Marie; mais son instabilité me met à plat&#8221;.</font></p>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/03/275762.vignette.jpg" alt="275762.jpg" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b><font face="andale mono,times" size="3">08 mars 2010</font></b><br />
<font face="arial black,avant garde">Journée de la femme! </font><font face="verdana,geneva" size="3">Discrimination positive, un jour chaque année&#8230;Ô mascarade qui jalonne les progrès de l&#39;émancipation des femmes! </font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font size="3"><b><font face="andale mono,times">11 mars 2010</font></b></font></p>
<p><font size="4"></font><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">J&#39;ai reçu un message d&#39;Isabelle hier. J&#39;ai beaucoup aimé, mais elle se fait beaucoup d&#39;illusions à mon sujet. Et elle se sous-estime tellement qu&#39;elle en est malheureuse. Que faire? J&#39;ai, au contraire la conviction qu&#39;elle a un énorme potentiel. Je ne vois pas comment l&#39;aider, moi qui suis moi-même au niveau, à peine, de la ligne de flottaison&#8230;</font></p>
<p><font size="3"><b><font face="andale mono,times">15 mars 2010</font></b></font></p>
<p><font size="3"><b><font face="andale mono,times"></font></b></font><br />
<font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Rien. Les Régionales? Les gens ne se déplacent même plus pour aller voter. Ils ne savent plus quelle richesse ils laissent perdre! Les femmes savent-elles que nos grand-mères n&#39;ont eu le droit de vote qu&#39;en 1945! </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">La mort de Ferrat m&#39;a rappelée que Jean et Pauline aimait beaucoup ce compositeur-chanteur des poèmes d&#39;Aragon&#8230;&#8221;Que serais-je sans toi&#8230;&#8221;;&#8221;Il n&#39;y a pas d&#39;amour heureux&#8221;. Ferré, Brassens, Brel, Ferrat&#8230;Tout cela si vieux et pourtant si vivace en moi. J&#39;ai fait entendre quelques chansons aux filles. </font></p>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/03/bodypinttrouvsurwebparladage09l1.jpg" alt="bodyprint sauvé par ladage" /><br />
<!--EndFragment--></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="3"></font><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/03/01/mars-2010/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>JOURNAL D&#8217;APRÈS-II-24-28 février 2010</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/24/journal-dapres-ii-2/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/24/journal-dapres-ii-2/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 24 Feb 2010 15:49:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal de route]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/24/journal-dapres-ii-2/</guid>
		<description><![CDATA[24 février 2010
Oublions donc, définitivement(?), l&#39;atmosphère délétère de Roomantic.fr.
————————————————————————————————————————————————————°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Ertan est en effet reparti pour Hambourg. Justine m&#39;a expliquée qu&#39;ils en avaient décidé ainsi tous les deux, comprenant que leur vie, ici, avec moi, n&#39;était pas tenable. Ertan a compris, me dit Justine, que je ne serais jamais pour lui qu&#39;au plus une amie, et réciproquement, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font size="3"><font face="andale mono,times">24 février 2010</font></font></p>
<p><u><font color="#330099"><i><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">Oublions donc, définitivement(?), l&#39;atmosphère délétère de Roomantic.fr.</font></font></i></font></u><br />
————————————————————————————————————————————————————°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Ertan est en effet reparti pour Hambourg. Justine m&#39;a expliquée qu&#39;ils en avaient décidé ainsi tous les deux, comprenant que leur vie, ici, avec moi, n&#39;était pas tenable. Ertan a compris, me dit Justine, que je ne serais jamais pour lui qu&#39;au plus une amie, et réciproquement, que je n&#39;étais pas partante pour un MAT avec un homme pour lequel je n&#39;aurais même pas un semblant d&#39;affection.</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Cet homme m&#39;étonne vraiment, car il semble avoir décelé en moi-même ce que je n&#39;étais pas encore capable de comprendre par moi-même. Mais à la réflexion, je crois qu&#39;il a raison.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/1056702.vignette.jpg" alt="1056702.jpg" /></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Justine m&#39;assure qu&#39;elle ne regrette rien, que je suis la seule personne qui compte pour elle. Dois-je la croire? Je n&#39;ai pas de raison de ne pas la croire dans la mesure où elle n&#39;a pas choisi l&#39;autre solution: partir à Hambourg avec Ertan Demirel. Si ses visites à Hambourg ne sont pas plus fréquentes qu&#39;auparavant—avant de commencer sa liaison avec Ertan—ce sera en effet, qu&#39;elle aura fait le bon choix.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Emma m&#39;a fait part de son contentement, en précisant, avec son sérieux habituel:&#8221;j&#39;avais compris que ça ne pouvait pas marcher!&#8221;</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Je n&#39;arrive cependant pas à être tout à fait détendue. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">*****************************************************************************************************************************</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">J&#39;ai, heureusement, repris hier mes cours. En L3, je commence, toujours pour le XVIIIe, Restif de la Bretonne, avec principalement, &#8220;le paysan perverti&#8221; et &#8220;l&#39;anti-justine&#8221;., jusqu&#39;à Pâques.  Cécile, pour sa part, consacre une partie de sa présentation du XIXe à Barbey d&#39;Aurevilly, tandis qu&#39;Adeline  traite de Gide et de Proust jusqu&#39;à la fin de l&#39;année. Nous nous retrouverons à l&#39;Atelier, toutes les trois, Jeudi.</font></p>
<p align="justify">_______________________________________</p>
<p align="justify"><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/httpzfhgdigitaldesirecomgals10486pics11.jpg" class="imagelink" title="httpzfhgdigitaldesirecomgals10486pics11.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/httpzfhgdigitaldesirecomgals10486pics11.jpg" alt="httpzfhgdigitaldesirecomgals10486pics11.jpg" width="400" /></a></p>
<p align="justify"><font face="arial black,avant garde" size="2">  Oserai-je vous avouer que ce sein oblong m&#39;émeut? </font></p>
<p align="justify"><b>____________________________________</b></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="andale mono,times">26 février 2010</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">Mon message du jour sera contenu tout entier dans cette goutte de rosée cueillie par l&#39;appareil de Laudie ( zPhoto.fr):</font></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/larmedelaudiezphotofr452993.jpg" class="imagelink" title="larmedelaudiezphotofr452993.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/larmedelaudiezphotofr452993.jpg" alt="larmedelaudiezphotofr452993.jpg" width="400" /></a><font face="andale mono,times" size="2"> Rosée,photo de Laudie-zPhoto.fr-452993</font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">Cette goutte de rosée, saisie, sans doute au petit matin, peut-être dans un instant de bonheur fugace—qui sait à part l&#39;auteure elle-même?—me fait penser, irrésistiblement, à une larme glissant sur un cil.</font></font></p>
<p><i><font size="4"><font face="arial,helvetica,sans-serif">Claudie, je ne peux, pour toi, rien d&#39;autre que te redire un peu de ma tendresse.</font></font></i></p>
<p><font face="andale mono,times" size="3"> </font><font face="andale mono,times" size="3">27 février 2010</font></p>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/bonmatiorange4.vignette.jpg" alt="bonmatiorange4.jpg" /></p>
<p><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">Claudie, justement, m&#39;a envoyé, hier soir, un long message que j&#39;ai trouvé ce matin. L&#39;heure est à un optimisme mesuré mais rassurant. Je vais lu répondre tout à l&#39; heure.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">Nous sommes parties tout à l&#39;heure à Bonnieux. Erik Olafson y est aussi en ce moment avec Pénélope. Justine est contente de retrouver son père. Emma et Pauline sont toujours heureuses d&#39;aller dans le Luberon. Et moi, curieusement, je compte sur l&#39;ambiance un peu animée pour nous aider, Justine et moi, à  retrouver notre intimité&#8230;Malheureusement, le temps n&#39;est pas avec nous. Le vent, déjà violent, est en avance sur les prévisions, ce qui est dommage, car le printemps, ici, est déjà là.</font></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="messageHeaderDiv colorWhite fontT2 fontMedGray">&nbsp;</p>
<p class="posRel">&nbsp;</p>
<p class="ellip headerSubjectLine fontH1 fontDarkGray fontBold"><span class="dots"></span></p>
<p class="posRel"><font face="andale mono,times" size="3"><span class="headerControls fontT2 fontHeadline">28 février 2010.</span></font></p>
<p class="posRel"><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/03/botticellivenusdetailsm.jpg" class="imagelink" title="botticellivenusdetailsm.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/03/botticellivenusdetailsm.jpg" alt="botticellivenusdetailsm.jpg" width="400" /></a></p>
<p><font size="2">La naissance de Vénus (détail) de Botticelli.</font><br />
&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><hr class="messageHeaderDivider colorK2" noshade="noshade" /> <font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Ma réponse à Claudie, ce matin seulement&#8230;</font>&nbsp;</p>
<p>°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°</p>
<p align="justify"><!--DIV {margin:0px;}--><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Chère Claudie,</font></i></p>
<p><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">merci des meilleures nouvelles que tu me donnes. (…) </font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Tu souhaites que je te parle de moi, de nous. Mes filles sont ma grande chance. Emma, qui n&#39;a que dix ans depuis trois mois est superbe. Pas encore tellement physiquement; elle est à l&#39;âge ingrat des fillettes efflanquées, un peu comme j&#39;étais moi-même, mais je sais que dans quelques années elle fera une belle fille. Comme tu sais, elle est un peu en avance, elle est en cinquième déjà avec des camarades qui ont deux ans, parfois trois, de plus qu&#39;elle, mais elle vit cela sereinement. Elle vient de passer une semaine de ski avec son père et sa famille. Ça lui fait du bien de voir ses frère et sœur dans un milieu &#8220;normal&#8221;. François est vraiment bien avec elle, et sa &#8220;belle-mère&#8221;, très tradi, est aussi correcte et affectueuse. Elle écrit aussi. Je lui ai transmis ma maladie. Ces jours-ci elle écrit sur Claire, avec laquelle elle a tant vécu pendant ses deux dernières années de vie. Toutes les deux, elles s&#39;entendaient à merveille. Pour Claire, Emma était un peu comme l&#39;enfant qu&#39;elle avait perdu.&#8221;J&#39;écris sur maman Claire car j&#39;ai peur de ne plus me souvenir, plus tard&#8221; m&#39;a-t-elle dit. Avec Pauline, c&#39;est aussi le grand amour. Pauline est encore bien bébé, mais entre les deux sœurs, c&#39;est souvent de franches séances de rigolade. Puis, aussi bien, Emma se met à lui parler très sérieusement de Claire, de Justine (avec laquelle elles s&#39;entendent bien aussi) et de moi, et aussi d&#39;Ertan, l&#39;ami de Justine qui finalement est reparti. &#8220;Car ça ne pouvait marcher&#8221; lui explique-t-elle.</font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">En effet, entre Justine et moi, il y a eu du flottement. Justine s&#39;est sentie proche d&#39;un de ses associés, un Turc de Hambourg. Il est même venu vivre avec nous, avec l&#39;intention de s&#39;y installer. C&#39;est un type bien, mais entre lui et moi, rien ne passait. Et puis, en matière de ménage à trois, j&#39;ai déjà donné, merci, je ne suis pas candidate à recommencer! </font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Je commençais, non pas à me faire une raison, mais à reconnaître, douloureusement, que j&#39;allais devoir renoncer à Justine (après tout c&#39;est le premier homme pour qui elle avait des affinités, c&#39;était bien son droit, non?)—et Emma qui comprend tout me disait que non, maman, ça ne peut pas marcher!. Je suis partie quelques jours à Paris pour un petit bouquin sur Laclos au sujet duquel on me fait des difficultés parce que, je l&#39;ai enfin compris, un cher collègue, mâle, influent et plus âgé, veut publier aussi sur le même auteur! Et quand je suis rentrée, Ertan était reparti pour Hambourg. Justine fait tout pour nous rejoindre. Que sera l&#39;avenir? J&#39;espère, tout en doutant.</font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Tu vois, ma vie n&#39;est toujours pas un long fleuve tranquille! L&#39;affaire Roomantic est entrain, pour moi, de s&#39;estomper. Je garde un chien de ma chienne en réserve pour (&#8230; )mais je ne regrette que quelques amis comme toi et Grégoire, mais que je sais comment joindre et qui savent où me retrouver. Je regrette aussi beaucoup Nel(…)que je &#8220;fréquentais&#8221;, quoique irrégulièrement, depuis longtemps par mp ou par mail, ainsi qu&#39;Eric(isangrin) et Isabelle (feeling) qui sont deux personnalités qui gagnent à être connues. Du coup, j&#39;écris bien sûr!, mais plus tranquillement. J&#39;ai deux fers au feu que je vais finir  et je pense que cet été, je vais me mettre vraiment à &#8220;notre histoire&#8221;, celle de Claire et Manon, qu&#39;il faut que je rende publiable. Je vais avoir du temps puisque je n&#39;ai plus à rendre de &#8220;copie&#8221; pour Room, et que je me suis retirée du jury d&#39;agrégation, qui me mangeait beaucoup de mon temps.Voilà ma chronique tire à sa fin, pour cette fois,</font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">À toi, tendrement,    <span></span></font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span>manon</span></font></i></p>
<p><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">PS:Je te parlerai, prochainement, photo et photographe&#8230;</font></i></p>
<p><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">Plus tard&#8230;</font></font><br />
<font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Je viens de trouver un message de (Ne=NP) qui me fait un bien fou! Quelle chic fille!  Je vais lui répondre.</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Bientôt 14 heures. La tempête s&#39;est déportée vers l&#39;ouest, et il fait même beau. nous allons sortir chercher les signes du printemps afin de revenir en ville en pleine forme.</font></p>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/03/bodypinttrouvparladage08l.jpg" alt="bodypinttrouvparladage08l.jpg" /> bodyprint(auteur inconnu)</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/24/journal-dapres-ii-2/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>CÉCILE, TOUT FEU TOUT FLAMME!</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/24/journal-dapres-ii/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/24/journal-dapres-ii/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 24 Feb 2010 08:25:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Nouvelles &amp; Récits.]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/24/journal-dapres-ii/</guid>
		<description><![CDATA[     
&#8220;Cécile-IV, Cécile-III, Cécile-II &#38; Cécile-I&#8221;, nouvelles, suivies de &#8220;Monique&#8221; et de quatre autres récits.  
*******************************************************************************************************
CÉCILE-IV
&#160;
                                 À CÉCILE, le personnage réel de ces écrits.
&#160;
Cécile Malvert est un de mes personnage préférés. Peut-être parce qu&#39;elle me ressemble beaucoup? Peut-être, mais pas seulement. C&#39;est aussi parce qu&#39;elle fait partie des personnages que j&#39;ai [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   574   3272   27   6   4018   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--></p>
<p align="justify"><u><b>&#8220;Cécile-IV, Cécile-III, Cécile-II &amp; Cécile-I&#8221;, nouvelles, suivies de &#8220;Monique&#8221; et de quatre autres récits.  </b></u></p>
<p align="justify">*******************************************************************************************************</p>
<p align="justify"><b><font size="5">CÉCILE-IV</font></b></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><i><font size="3"><b>                                 À CÉCILE, le personnage réel de ces écrits.</b></font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino"><i><font size="3">Cécile Malvert est un de mes personnage préférés. Peut-être parce qu&#39;elle me ressemble beaucoup? Peut-être, mais pas seulement. C&#39;est aussi parce qu&#39;elle fait partie des personnages que j&#39;ai créés et qui ont pris ensuite leur indépendance. Ou que j&#39;ai cru créer et qui, en réalité, pré-existaient? Car Cécile, qui entre dans ma vie d&#39;écrivain avec &#8220;Avventura&#8221; </font></i></font><i><font size="3"></font><font face="georgia,palatino">( cf Cécile-I, ci-dessous </font></i><font face="georgia,palatino" size="3"><span></span><span></span><span> )  </span></font><font face="georgia,palatino"><i><font size="3">existe réellement. Elle est même devenue depuis la dernière rentrée, ma collègue à l&#39;université! Ne me demandez pas comment un tel miracle peut se produire? Je ne saurais pas vous répondre. C&#39;est le secret de la création intellectuelle&#8230; </font></i></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino"><i><font size="3">Quoiqu&#39;il en soit, j&#39;ai décidé, avec son accord, de raconter quelques épisodes de sa jeunesse de façon à raccorder cette période de sa vie aux récits la concernant déjà en ligne </font></i></font><font face="georgia,palatino"><i><font size="3">(à l&#39;exception des billets bloqués par l&#39;administration de Roomantic.fr, devenus inaccessibles, pour vous comme pour moi!) </font></i></font><font face="georgia,palatino"><i><font size="3">. </font></i></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal"><font size="4"></font><font face="arial black,avant garde">UN.</font></p>
<p class="MsoNormal"><span><b> <!--[endif]--></b></span></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">À quatorze ans, Cécile est déjà une belle fille. Bien sûr, elle a des restes de l’enfant qu’elle était encore il y a peu : bien que déjà grande, pour l’instant, elle dépasse à peine 1,60 m.<span>  </span>Mais on sent qu’elle est partie pour atteindre au moins 1,70 m. Aussi, est-elle encore un peu enrobée au niveau des cuisses et des fesses. Sa poitrine aussi, déjà joliment formée, se présentera de manière plus harmonieuse, lorsque son buste se sera allongé, sa taille amincie et ses épaules élargies. Son visage a encore des traits enfantins. On attend un ovale plus marqué, des pommettes moins arrondies. Mais ses yeux bleu clair et ses cheveux châtain sombre, qui vont un peu foncer, en font déjà une personnalité affirmée. Elle porte les cheveux longs, jusqu‘au milieu du dos ; et superbement frisés ! Ces cheveux qui donneront cette courte toison bouclée qu’on lui connaît aujourd’hui. Oui, elle est déjà superbe notre Cécile ! Ses seins, dressés droit-devant, fermes et doux à la main, quand elle les caresse, déjà, avec plaisir. Elle les aime<span>  </span>ses seins et les montre sans fausse pudeur, sans soutien–gorge, sous ses ticheurtes collés au corps. Bertrand, son frère aîné, 18 ans, les admire, ostensiblement. Parfois, il passe doucement sa main sur les bouts, qui font saillie. Et qui, du coup, se voient encore plus. « Ils sont bien fichus tes nichons, Cécile ! » Maman qui passe par là fait : « Oh, Bertrand, quel langage ! Tu n’as pas honte ? » « Ben quoi, c’est pas joli, nichons ? C’est doux, c’est tendre, c’est doux, non ? » « Ta sœur est encore une enfant, voyons ! » « Une enfant ! Avec une poitrine pareille ? Cécile, si un garçon y met les mains sans y être invité, ne te laisse pas faire. Colle-lui un coup de genoux dans les noix. Tu verras comme il lâchera prise. » « Merci, Bertrand, je l’ai déjà fait. » « Oh, mais voyons ma chérie, ne les provoque pas. Ne t’habille pas aussi serrée et met un soutien-gorge ! » « Maman, je les aime bien, ils sont si jolis, non ? »</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">Elle se reconnaît pour femme déjà : son air bien décidé, son altière attitude en témoigne. Elle aime être regardée par les hommes. Pas par ses camarades de classe qui sont « nuls », bêtes, encore des bébés. Mais par les hommes mûrs, comme son père, par exemple. Oui, elle aime bien ça. Si leurs regards ne sont pas trop glauques. De l’admiration, voire un peu de désir, dans le regard ne la gêne pas. S’ils se font insistants, lourds, concupiscents, c’est autre chose. Elle prend alors l’air sévère, ou même, méprisant. Sa sensualité, naturellement contenue, sourd encore à peine. Elle n’en a peut-être pas conscience, mais un observateur avisé comme Bertrand, ou son père, ou ses profs s’en aperçoivent. Elle va faire des ravages. Elle aime son corps déjà, sauf au moment des règles. Elle n’a pas encore admis leur survenue rituelle. Elle trouve cela dégoûtant, sale ; elle déteste son corps pendant ces quelques jours. Et cela durera. Dure encore !</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">En entrant en seconde, à 14 ans, elle est un peu en avance. Cécile est une élève précoce, sans excès. Tout lui est facile, mais elle ne s’ennuie pas car elle a de multiples centres d’intérêt. Ses profs, hommes et femmes, l’adorent, car elle est facile, pas impertinente, ni outrecuidante. Ses camarades aussi l’aiment bien, elle est toujours prête à aider quelqu’un qui peine. Jamais elle ne dira à un professeur qu’il s’est trompé : elle dira plutôt : « est-ce que l’on ne pourrait pas aussi dire que… » ou bien, « est-ce qu’il ne serait pas plus facile de résoudre le problème d’une autre façon… ». Parfois, elle préfère en parler en tête-à-tête à la fin du cours.<span> </span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3"><span>Charlotte Lahourcade arrive, avec ses parents, de Bordeaux. Avec Cécile Malvert, elles vont fréquenter le même lycée de Toulouse</span><span>  </span>et la même classe. Charlotte aura 16 ans en décembre, c’est-à-dire qu’elle a l’âge normal ; Cécile, elle, a eu 14 ans en mai. Elles ont donc 18 mois d’écart. D’emblée, Cécile est attirée par cette belle fille à la chevelure cuivrée.<span> </span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">C’est le coup de foudre. D’un coup, sa sensualité s’éveille. D’emblée elle s’exprime à un niveau élevé qui la surprend elle-même. Cécile n’était pas préparée à cela. Bien sûr, elle se masturbait depuis longtemps, elle se caressait sans y attacher une importance particulière.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">Ce corps à corps avec ce premier amour est un émerveillement inattendu.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">Charlotte est déjà experte. Elle a eu des flirts avec les deux sexes. Elle n’est plus vierge depuis deux ans et entraîne Cécile dans une sexualité débridée à laquelle celle-ci se plie<span>  </span>volontiers et avec bonheur. La première fois où elles se retrouvent seules dans la chambre de Charlotte, les deux filles, à genoux sur le lit, se font face, se donnent des baisers d’abord timides. Mais très vite, les lèvres se mordent, les langues se rencontrent, les mains se glissent sous les hauts, se prennent les seins, se les pincent. Vite, les vêtements s’envolent, les corps se mêlent, les cuisses en ciseaux rapprochent les sexes. Vite, les premières extases, les premiers orgasmes se déchaînent sous les doigts affolés, sous les lèvres assoiffées de sucs, d’écoulements de cyprine si nouveaux pour Cécile…<span>  </span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">Mais pour chacune, c’est l’amour vrai, chaud, mais vrai, sincère. D’une certaine manière, Charlotte réfrène même sa libido par amour pour Cécile. Elle, qui allait de partenaire en partenaire, butinant de fleur en fleur,<span>  </span>devient<span>  </span>fidèle. Les deux filles s’accordent dans un superbe duo sentimental. Elles ne se priveront d’aucun des plaisirs du sexe entre filles, <span> </span>dans une chorégraphie sensuelle et amoureuse étourdissante, mais en gougnottant ensemble, entre elles deux seulement. <span></span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3"><span>Aujourd’hui, dix-huit ans après, Cécile, maintenant si heureuse dans les bras de Marie</span><span> ( </span><span>Cf Cécile-II, ci-dessous  </span><span></span><span> </span><span>), se souvient encore avec émotion, avec joie, mais sans la moindre nostalgie, de ces années de bonheur partagé avec Charlotte.</span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">Pour Charlotte, ce fut peut-être la période où sa vie fut la plus vraie, la plus sincère, la plus riche aussi. Dans « Avventura » (<span>  </span><span>Cf Cécile-I)</span><span></span> elle m’est apparue plutôt comme une femme sans beaucoup de ressort. Associée à un Gérard Rabaud dont l’intellect réside principalement au dessous de la ceinture, j’en ai fait une femme dénuée de toute ambition personnelle. Elle a déniaisé son beau-fils,<span>  </span>Cyril. C’est peut-être, malgré tout ce que la morale en vogue réprouve, ce qu’elle aura fait de mieux depuis son amour pour Cécile. Cyril qui, dans les bras, occasionnels, de Cécile et, surtout dans ceux de Chloé, —une femme douée qui va aussi surgir, mais bien plus tôt, dans la vie de Cécile, et contribuer à la structurer—va connaître très jeune le meilleur des femmes mûres. Mais je romps de façon peu conventionnelle la chronologie de l’histoire, pour raccorder sans véritable nécessité une période déjà connue de la vie de mon héroïne, à ce qu’elle a vécu de formateur, dans sa prime jeunesse.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">Les deux jeunes filles réussissent à passer beaucoup de temps ensemble, pendant plus de deux ans de leur scolarité. Elles font l’amour, dans la joie, deux ou trois fois chaque semaine, selon le temps que leur laisse la fréquentation du lycée. Cela se passe chez Charlotte parce que son père, un haut cadre industriel, n’est jamais à la maison, et parce que sa mère rentre tard en fin d’après-midi de sa gérance de prêt-à-porter.<span>  </span>Pendant les vacances, c’est de façon beaucoup plus intensive, parce que les filles passent, en été, facilement un mois ensemble dans la résidence secondaire des uns ou des autres parents.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">Le savoir faire de Charlotte a peu de limite. Grâce à l’usage des godes et au « fist-fucking » qu’elle pratique sur Cécile et qu’elle va lui enseigner aussi, elle se charge de débarrasser son amie de sa virginité, et de lui donner ainsi comme un vent de liberté. Les plaisirs sont certes répétitifs, mais les moyens de se les procurer se diversifient. Cécile perd beaucoup de sa naïveté, sans pour autant y laisser sa naturelle santé intellectuelle et sa fraîcheur amoureuse. Elle résiste, avec succès, aux tentatives de Charlotte de l’entraîner dans des parties à plusieurs où elles risqueraient d’y perdre leur amour. « Je t‘aime, ma chérie, je suis prête à tout pour nous faire plaisir entre nous, mais entre nous seules. » Son influence sur son amie s’exercera avec succès jusqu’aux épreuves<span>  </span>du bac. Charlotte du reste est stimulée par Cécile. Elle profite des capacités intellectuelles supérieures de sa compagne, au point d’avoir son bac, elle aussi, avec mention.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">Le plus curieux, dans l’histoire de cette amitié particulière, c’est que les parents, de part et d’autre, sont très longtemps aveugles. Ils ne découvrirent les relations saphiques des deux filles que très tard. Trop tard, si l’on peut dire, si cette remarque a un sens ! Et doublement trop tard, d’ailleurs, car la liaison entre les deux amies est sur son déclin, par la faute de Charlotte, et la liberté sexuelle acquise est irréversible. Pour les parents de Cécile qui ont vécu la grande aventure de 1968, c’est un raté retentissant ! Ils se comportent en bobo et c’est tout. Quant aux parents de Charlotte, ils sont embourgeoisés de naissance, et découvrent la lune, sans en tirer la moindre conséquence.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">L’idylle prend fin avec le bac passé en 1994. Charlotte, qui a dix-huit ans se laisse convaincre par parents et profs, grâce à sa mention “Bien“, de faire les classes préparatoires aux grandes écoles, en lettres, c’est-à-dire avec peu de débouchés possibles, sauf à se rabattre sur les écoles de commerce—ce qui se produira effectivement.  Cécile, qui en aurait l’étoffe, résiste, elle ! Elle veut pouvoir conserver et développer sa liberté d’apprendre par elle-même. Pas question de se plier au bourrage de crâne. Elle veut tracer sa route en toute indépendance.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">Pour finir, Charlotte s’éprend d’un garçon, Gerry Rabaud, qui veut suivre le même type de cursus, mais en math-physique. Il sera son copain de lit pendant deux ans et son<span>  </span>mari, plus tard, après un mariage clôt par un divorce, avec pour lui, la garde de l&#39;enfant Cyril, le beau-fils de Charlotte.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">Les deux filles restent amies, sans plus. Et peu de temps, car elles se perdront de vue dans l’année suivant le bac. Cécile, avec sa mention TB en poche, s’inscrit à l’université du Mirail. En littérature française et en anglais.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">Elle ne passe pas ses vacances avec Charlotte, mais dans la maison de campagne de ses parents, dans la Montagne Noire. Là, elle rencontre un type de quarante ans, beau mâle séducteur qui l’emballe., à tout point de vue. Cet électronicien d&#39;Airbus, célibataire, l’initie à l’hétérosexualité. Cette relation ne durera que le temps de l’été, mais comptera beaucoup dans le développement de sa sensualité.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   165   944   7   1   1159   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      --></p>
<p class="MsoNormal"><!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal"><span><b><font face="arial black,avant garde" size="4">Deux</font></b></span></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   876   4998   41   9   6137   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">Les Malvert ont une vieille bâtisse aux Escudiès, un écart d’Arfons, sur le flanc sud-ouest de la Montagne Noire. C’était une vielle ferme, assez modeste dont le père de Cécile avait hérité de son grand-père. Il y était attaché et l’avait fait retaper de façon modeste mais suffisante pour y passer, dans la fraîcheur, au moins une partie de leurs vacances. Les enfants y viennent<span>  </span>souvent avec Alice, leur mère, institutrice, dès juillet, tandis que Maurice, le père, les rejoint<span>  </span>plus tard en août, mois qui correspond à<span>  </span>la période obligée de ses vacances. Ingénieur centralien, il travaille comme chef de laboratoire au Centre National d’Études Spatiales, le CNES, développant de nouveaux matériaux pour l’espace et l’aéronautique. Cécile adore courir les bois, le plus souvent seule, parfois avec l’un de ces frères, à la recherche de girolles ou de cèpes, ou tout simplement pour le plaisir des grandes solitudes boisées. La forêt de Ramondens, d’Hautaniboul, ou bien encore, de Montaud, qui n’en fait qu’une, en fait, tout en changeant de nom, ici ou là, s’ouvre à leur porte, en s’étageant entre 700<span>  </span>et 1000 mètres. C’est, pour Cécile, un vert paradis où l’humain y est rare, tandis que cerfs, chevreuils et sangliers y abondent.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">Cet été-là, en 1994 donc, Alice est montée aux Escudiès avec Cécile et Romain son second frère. Bertrand, le frère aîné, est en long séjour aux USA, dans un laboratoire californien de la Sillicone Valley. En août, cette année, les parents et Romain doivent partir en voyage en Amérique du sud. Cécile, « punie » pour ses écarts de conduite, n’est pas du voyage, à la grande tristesse de son père, et doit rester seule aux Escudiès, sous la « surveillance» peu gênante des fermiers voisins, qui ont d’autres chats à fouetter, et sont habitués à la voir courir les bois. Ces derniers étés, elle courait les bois en compagnie de Charlotte. Cette année, elle est seule, voilà tout.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">Elle<span>  </span>rencontre Serge Carbarin, lui aussi ingénieur à Toulouse (Blagnac), chez Airbus, dans les derniers jours de juillet, alors qu’elle vient de débusquer un beau nid de chanterelles. Soudain, de sa  haute stature, un homme la domine, alors qu’à genoux, elle cueille soigneusement ses champignons, près de Fontbruno. Elle se redresse en souriant et dit : « Wouah, vous m’avez fait peur !</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">—Vraiment ? J’en suis désolé, mais vous n’en donnez pas l’impression. Vous êtes bien courageuse, toute seule, loin de tout, comme si vous étiez chez vous dans votre parc perso.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">—Mais c’est le cas, je suis d’ici, des Escoudiès, là, juste en bas de ce chemin.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">—Tout de même, ce n’est pas si près que ça. Vous ne faites jamais de mauvaises rencontres ?</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">—Si je me suis trouvée la semaine dernière face à une laie et ses six marcassins : elle n’a pas été commode à contourner. Mais j’ai toujours un bon bâton ferré avec moi.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">—Je voulais parler d’humains. Ils sont parfois plus dangereux que les sangliers.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">—Non, je ne crois pas, pas par ici. Je me sens plus à l’aise et en sûreté dans ces bois que dans certains quartiers de Toulouse.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">—Ah? Vous habitez Toulouse. Moi aussi. Je suis en vacances,<span>  </span>à Pas-du-Rieu. Un ami m’a prêté son petit chalet.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">—Oui, je vois, c’est tout près d’ici. Un endroit bien solitaire. Vous n’avez pas peur ?</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">—Je vois que vous ne manquez pas d’humour. »</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">Trois jours plus tard, ils se rencontrent à Arfons, seul lieu assez proches où l’on peut faire quelques courses. Il lui demanda si elle accepterait de l’initier à la cueillette des champignons. « Vous êtes vraiment un novice, alors ?</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">—Oui, en effet, ça se voit tellement ?</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">—Un chercheur de champignons ne donne que rarement ses « coins » préférés. Vous ne le saviez pas ?</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">—Non. Alors, vous ne voulez pas ?</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">—Mais si, car je ne fais ça qu’en amateur, même si je vends aux hôtels le trop plein de ma récolte. Je me fais ainsi un peu d’argent de poche. Cet après-midi, ça vous va ? J’irai vous prendre à votre cabane, à trois heures ?&#8221;</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">Quand Cécile arrive au petit chalet “delta“ de Pas-de-Rieu, Serge lui offre de prendre un verre. C’est alors qu’elle s’aperçoit qu’il est là tout seul. Elle<span>  </span>s’en étonne. « Oui, je suis un célibataire endurci. Cela vous choque ?</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">—Non, pas du tout! C’est parce que vous n’aimez pas les femmes ? »</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">Serge se met à rire. « Cécile, vous êtes drôlement directe malgré votre jeunesse !</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">—Je ne suis plus si jeune que ça ! J’ai dix-sept ans, j’entre cette année à l’université, je ne suis plus une enfant. Mes parents me laissent seule ici pendant qu’ils s’offrent un voyage en Amérique…</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">—C’est vrai, vous êtes une grande fille ! Mais moi, j’ai presque quarante ans…et, non, je ne suis pas gay. J’aime les femmes, mais je suis égoïste, et je tiens à mon indépendance.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">—Ah ! Vraiment ? Je ne savais pas que cela existait, les célibataires par vocation. C’est aussi mon idée, de rester célibataire. Je n’ai pas envie de fonder une famille, comme toutes les femmes et tous les hommes que je connais. Sauf vous !</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">—N’êtes-vous pas un peu jeune pour penser déjà à ce que vous ferez de votre vie. À votre âge, je pensais déjà beaucoup aux filles, mais je ne savais pas que je resterais célibataire.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">—Au même âge, les garçons sont encore des gamins. Moi, je suis déjà une femme et je sais ce que je veux. »</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">Serge se contente de sourire. Il trouve cette Cécile vraiment craquante, et, si elle était consentante, car elle n’a pas dix-huit ans, il en ferait bien sa compagne de vacances…Il est célibataire, certes, mais reste rarement longtemps sans femme. Il est beau, il est grand fort et intelligent, et il plait aux femmes. </font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3"><span>C’est d’ailleurs à peu de choses près, ce que Cécile se dit : elle qui n’a jamais connu de mâle, trouve un charme un peu viril, un peu “homme des bois“, à ce type qui, bien que plus jeune que  Maurice Malvert pourrait facilement l&#39;être, </span></font><font face="georgia,palatino" size="3"><span>son père</span></font><font face="georgia,palatino" size="3"><span>. Elle se verrait bien dans le rôle de Constance Chatterlay, tandis que Serge pourrait se glisser dans celui du garde-chasse. Depuis qu’elle a rompu avec Charlotte, elle se dit que connaître maintenant un homme pourrait l’aider à</span><span>  </span>définir sa sexualité. Pourquoi pas ce Serge ? Il aurait au moins, pense-t-elle, l’avantage de l’expérience. Leurs réflexions se rejoignant, le chemin qui les réunira sera court à parcourir.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify">OOO</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   617   3518   29   7   4320   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--><font face="georgia,palatino" size="3">Au lit, dans le petit chalet des bois de Fontbruno, Cécile et Serge se plaisent, se donnent du plaisir tant et tant que notre Constance Chatterlay y prend un goût, insolite pour elle, tellement elle découvre l’inconnu. La virilité phallique n’a rien à voir avec les doigts ou la main de Charlotte, ni avec quelque gode aussi perfectionné soit-il. Elle ne pense pas que c’est mieux, elle trouve que c’est bien différent, et à connaître absolument.<span>  </span>Parfois, le désir la prend dans les bois, et un lit de mousse, à peine masqué dans un fourré, fait l’affaire. Serge,<span>  </span>en dépit de sa longue expérience, ne se souvient pas d’avoir jamais animé un tel feu. C’est vrai que ses partenaires ont toujours été, jusque-là, des femmes mûres.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">Il découvre, pour la première fois, une jeune fille naïve qui n’a pas dû connaître encore beaucoup de mâles. Il ignore d’ailleurs qu’il est le premier, puisqu’elle a été dépucelée par Charlotte. De même qu’il ne sait pas qu’elle n’a jamais fait l’amour qu’avec une fille, et une seule. Mais il comprend tout de même que, bien que demandeuse exigeante, elle est assez novice et qu’il doit faire son apprentissage. Ce rôle ne lui déplait pas et Cécile est heureuse d’avoir affaire à un mentor qui ne se prend pas trop la tête, tout en étant d&#39;une redoutable efficacité. Il lui fait prendre des poses : dressée à genoux au-dessus de lui, empalée sur sa queue, ou bien accroupie au dessus de sa bouche. P<span></span>arfois, ces poses<span>  </span>aliènent sa pudeur…Emboucher ce phallus somptueux, lui offrir son cul pour une pénétration en levrette ou une sodomie, peut la surprendre, voire lui inspirer du dégoût, l’espace d’un instant, mais elle y va, finalement, franchement, parfois elle en redemande, ou non, mais elle est toujours contente de l’expérience.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">Serge est un peu macho, bien sûr. Fier de sa puissance et de l’effet qu’il produit sur la demoiselle. Mais c’est un doux. Il aime les femmes, il aime leur donner du plaisir, et sent que Cécile, dégourdie mais si jeune, a droit à des égards. Il ne la brusque jamais, il sait la caresser là où il faut, et avec plus de savoir faire que Charlotte. Elle adore l’usage qu’il fait de son gland : caresser sa bouche, les lèvres de sa bouche comme celle de son sexe, ou ses tétons, ou encore ses paupières, bien sûr, mais aussi l’introduire dans ses oreilles—quel délice !—ou sous ses aisselles, ou<span>  </span>entre ses nichons…Elle comprend enfin ce que glander veut dire!<br />
</font>
</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">« Ma belle Lolita » dit-il, « tu es une fieffée salope, non ? Baiser ainsi ,si jeune, quelle aubaine, pour moi qui ne connais que des femmes déjà bien faites, mûres, parfois trop, même. Quel plaisir tu me donnes, quel feu il y a dans ce corps de petite fille !</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">—Tu te trompes, complètement. Lolita, en effet, est une enfant. Une vicieuse, une salope, mais une enfant. Je suis une femme, moi. Inexpérimentée, peut-être, mais une femme, et pas une salope. J’aime l’amour, j’aime jouir, oui, et grâce à toi, je suis sur un petit nuage de désir, de jouissance. Le septième ciel, ne dit-on pas? Et si j’étais Lolita, la nymphette, celle de Nabokov et même celle de Kubrick, alors tu serais Humbert Humbert, cet obsédé, ce quasi impuissant, dont le sexe bégaie presque comme son nom. Mais, tu n’es pas Humbert, tu es fort, viril, puissant, tu es un homme qui m’envoie au pinacle. Je ne suis pas Lolita, non! Nymphomane peut-être, mais pas nymphette…</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">—Wouah ! Tu es bien trop savante pour moi. Figure-toi que je n’ai jamais lu Nabokov.<span></span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3"><span>—Tu sais, ce n’est pas si grave, on s&#39;en remet, je pense. Ça se soigne très bien, même, car, de mon point de vue, ce n’est pas un chef d’œuvre. Je préfère, et de loin, le film de Kubrick, et encore mieux, bien davantage, que tu me baises, que tu me baises, encore et encore… » </span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3"><span>Elle passe l’après-midi avec lui ; le soir, elle rentre chez elle, comme une fille bien sage. Mais pleine de sexe.  Elle est sous le charme du sexe, du plaisir, pas de l’homme. Cela dure trois semaines. </span></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3"><span>Puis Serge rentre à Toulouse, alors que les parents Malvert reviennent de voyage. Les deux amants ne se reverront pas de toute l&#39;année.</span></font></p>
<p align="justify">OOO</p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3"><span>Cécile se sent plus femme ; bien davantage qu&#39;avant cette expérience à la fois douce et forte à son corps. Elle connaît son pouvoir sur les hommes et le pouvoir du sexe d’homme sur elle-</span><span></span>même. Elle se sent plus complète, mieux &#8220;finie&#8221; aussi, prête à affronter les deux faces de sa sensualité. Elle n’a pas dix-huit ans, et elle sait déjà qu’elle recherchera la jouissance aussi bien avec les femmes qu&#39;avec les hommes. Mais elle se doute également que c’est avec une femme qu’elle rencontrera l’amour, </font><font face="georgia,palatino" size="3"><span> peut-être</span></font><font face="georgia,palatino" size="3"><span>, un jour lointain</span></font><font face="georgia,palatino" size="3"><span>. Qui sait? </span></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3"><span>Elle finit le mois d&#39;aoùt aux Escoudies, avec sa famille retrouvée, son père qui lui demande pardon d&#39;avoir accéder à la volonté d&#39;Alice, sa mère, de la laisser ici, pour la punir. Et elle, Cécile, qui aime bien son père, tout comme sa mère, d&#39;ailleurs, ne peut s&#39;empêcher d&#39;être provocante. Papa, mon petit papa, tu ne peux savoir quel bien ça m&#39;a fait de rester ici, seule. Merci! </span></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3"><span>Pendant sa première année de DEUG littéraire, elle se régale de littérature, explorant tout le XVIIIe siècle, notamment les libertins, assez peu le XIXe, car les romantiques l&#39;ennuient, mais tout le XXe, faisant le tri du bon et du meilleur, essayant de se reconnaître parmi toutes ces écritures. </span></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3"><span>Curieusement, le sexe restera calme: quelques uns, quelque unes. Elle trouve ses condisciples fades, sans imagination, le cul triste&#8230; Mais elle-même, après la fièvre des années passées,  n&#39;a-t-elle pas,  somme toute, que de tous petits accès de chaleur. Quelques démangeaisons à gratter, juste  un peu, écrit-elle, lucide, dans ses notes intimes. En juillet, elle va passer un mois en Angleterre, pour améliorer son accent. Dans ce royaume, tous les hommes sont des pédés, c&#39;est bien connu, une femme, première ministre ne l&#39;a-t-elle pas proclamé? Du coup, les femmes sont enfiévrées, mais molles et nian nian, au moins les jeunes, estime-t-elle, et Cécile ne fait pas de rencontres  dignes d&#39;être rapportées. En aoùt,  aux Escoudiès, elle retrouve Serge Carbarin. Mais il n&#39;est plus tout seul: la propriétaire du chalet est là également, avec l&#39;époux en titre: font-ils baisage à trois? Cécile n&#39;en sait rien et s&#39;en fout. Avec Serge, elle baise deux ou trois fois sur la mousse, dans les bois, mais la magie n&#39;opère plus et vite, aucun des deux n&#39;insiste plus pour retrouver le rythme. Cécile n&#39;en  est pas pour autant fort déçue : non, pas du tout, elle retrouve ses bois, ses chevreuils et ses sangliers, et ses superbes récoltes de cèpes et de girolles. Elle attend sans hâte, la rentrée. L&#39;année va être mouvementée. </span></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="4"></font><font face="arial black,avant garde" size="4">Trois</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   751   4283   35   8   5259   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">Cette année-là, Cécile, tout en travaillant sans défaillance, et avec ses succès habituels, la seconde partie du DEUG, s’éprend de Chloé Ramain, en qui elle trouvera une partenaire de premier plan. Dans « Avventura », (Cf. Cécile-I) elle présente ainsi cette relation :</font><span></span></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><span><b>« Chloé, après Charlotte, c&#39;était un cas. Elle était vraiment particulière ! Exubérante, nymphomane même, en tout cas très instable, toujours à entretenir plusieurs liaisons à la fois, si bien qu&#39;entre nous, ça n&#39;a pas duré plus d&#39;une année. Mais quelle année ! Notre liaison était tendue, car je supportais mal qu&#39;elle butine avec avidité de fleurs en fleurs et qu&#39;elle se plaise aussi avec de nombreux hommes. Mais lorsque nous étions ensemble, quel tumulte ! Quels talents nous avions pour faire vibrer nos corps ! J&#39;ai vraiment beaucoup appris avec elle sur le terrain de la sensualité&#8230; Avec elle la route du sexe était d&#39;une grande variété, rien à voir avec une autoroute sur laquelle risquer de somnoler ! »</b></span></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">Tout est presque dit, dans ce paragraphe, et il n’y a pour ainsi dire, rien à ajouter, si ce n’est sur Chloé elle-même. Cécile est séduite par ses cours ; et c’est par là qu’elle peut l’approcher. À ce moment-là, Chloé qui a 28 ou 30 ans est attachée temporaire d’enseignement, un CDD de<span>  </span>trois ans maximum qu’elle vient d’obtenir après avoir soutenue son doctorat. Ce qui doit lui permettre d’attendre un recrutement comme maître de conférences. Elle est chargée d’un cours sur la littérature française de la première moitié du XXe siècle. Elle choisit de parler essentiellement de quelques grandes figures : France, Proust et Appolinaire, qui font la jonction<span>  </span>avec la fin du siècle précédent, puis Gide, Rolland, Martin du Gard, les grands romanciers de l’entre-deux guerres, puis les surréalistes avec Breton, Aragon, Artaud et Cocteau. Elle ne peut se passer de Bataille pour finir ce tour d’horizon, pour deux raisons : sa thèse porte sur cet auteur et il lui permet de faire la jonction avec l’après-guerre. Bien que ce soit sa première année d’enseignement à l’université, elle fait un tabac ! Elle séduit tout le monde.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">C’est une fille très blonde, mais au regard noir !, longiligne, mais à la poitrine et aux hanches très arrondies. Elle ne craint pas, même dans l’exercice de son métier, les jupes courtes, ni, ce qui n’est pas encore de mode, les décolletés vertigineux. En cela aussi elle a un grand succès, auprès de presque tous les étudiants et de certaines étudiantes. Elle ne se gène pas, dans le feu de l’action pour s’appuyer contre la chaire, voire même pour s’asseoir dessus, exhibant alors la moitié de ses cuisses, et même parfois plus , si elle s’oublie à les écarter. Cécile adore ses genoux, ronds et tendres. Qui donc, déjà, a dit que les toutes jeunes filles ont des genoux attendrissants ? Cécile constate que cela peut être encore le cas à trente ans .</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">Cécile est séduite par cette grande fille toute simple. Elles se rencontrent un jour à la bibliothèque, et c’est pour toutes les deux un sérieux appel. Pendant près de deux mois, peut-être trois, elles ne se séparent que le temps de vaquer à leurs occupations respectives.<span>  </span>Étant donnée la propension de Chloé à poursuivre plusieurs relations en même temps, c’est dire l’intérêt qu’elle trouve à fréquenter Cécile. Mais, après cette lune de miel exceptionnelle, elle l‘entraîne dans des aventures à trois, ou plus, garçons et filles. Malheureusement Cécile ne supporte pas les groupes de baise au-delà de trois, et elle n’accompagne pas toujours Chloé dans ses excès relationnels ; toutefois, les deux femmes ne se fâchent pas. Elles se voient et s’aiment fréquemment, elles passent même une grande partie de l’été ensemble, toutes les deux seulement, comme des amoureuses. Mais à la rentrée, Chloé tombe à nouveau en amour, cette fois avec un de ses jeunes collègues, et c’est la rupture. Cécile en est malheureuse, pendant presque toute son année de licence, allant de flirt en flirt, sans réussir à se fixer.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">En fin d’année, avant de partir en vacances, elle rencontre un de ses professeurs, Georges Laprat, “dixhuitièmiste “, pour lui demander un sujet de Maitrise. Celui-ci se montre intéressé et lui dit que si un sujet sur Laclos l’intéressait, et si cela marchait bien, elle pourrait poursuivre ce sujet en DEA l’année d’après, et pourquoi pas, ensuite en doctorat. Cécile qui a déjà réfléchi à cela lui dit que, avant la thèse, elle souhaite passer l’agrégation de lettres. Laprat lui répond que, compte tenu de ses performances, il estime qu’elle peut passer et réussir l’agrégation l’année du DEA, sans préparation spéciale. Cette façon de vanter ses mérites surprend Cécile.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">Laprat est un amateur de jeunes étudiantes. Cécile est au courant, et se méfie. Cela ne l’empêche pas de tomber dans les rets de ce séducteur impénitent, dès les premiers mois de sa maîtrise. Laprat tombe même, lui-même, follement amoureux de Cécile qui fait avec ce quasi quinquagénaire , une nouvelle expérience sensuelle qui va les combler, l&#39;un et l&#39;autre pendant des mois. Il en résulte un énorme scandale, déclenché par l’épouse constamment flouée. de Laprat. Pendant l’été, Laprat, poussé par les autorités de l’université choisit finalement de s’expatrier en Amérique du Sud. Cécile,  à nouveau bouleversée, et qui plus est, dans l&#39;œil du cyclone rompt avec le professeur, et part à Paris pour préparer et passer l’agrégation.</font></p>
<p align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span>Ultérieurement, elle passera DEA et thèse à Paris, mais cela est une autre histoire. </span> </font></i></p>
<p align="justify"><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   496   2829   23   5   3474   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><b><font face="georgia,palatino" size="3">Quatre : épilogue.</font></b></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">Cécile m’a fait parvenir le message suivant :</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font size="4"><i><font face="georgia,palatino">« Chère Manon, j’ai admiré avec quelle sûreté du as rendu, avec les maigres indications que je t’avais données, mon amour pour Charlotte et ma courte liaison avec l’homme des bois. Bien sûr, tu y a mis ta fantaisie et ton imagination qui sont grandes, mais si tout ne s’est pas passé comme tu le décris, c’est en tout cas non seulement vraisemblable, mais en outre très ressemblant.</font></i></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font size="4"><i><font face="georgia,palatino">En revanche ta troisième partie n’est pas réussie. Pas du tout ! Je ne m’y reconnais pas. Nous avons eu, Chloé et moi, une vraie passion sentimentale, et pas simplement une relation<span>  </span>sexuellement très chaude. Tu la présentes comme une gentille naïve s’asseyant sur le bureau dans son ultraminijupe! Mais non! Elle savait très bien ce qu’elle faisait : elle provoquait, sciemment, son auditoire. Ce n’est pas par hasard que ses cuisses s’entrouvrent. Elle sait toujours ce qu’elle fait. Ces jours-là, elle n’avait pas de culotte, et elle exposait sa chatte comme si de rien n’était. Ce culot m’enchanta.<span>  </span>J’aurais été incapable d’en faire autant ! Et je le suis toujours, sauf pour allumer Marie et Martin.</font></i></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font size="4"><i><font face="georgia,palatino">D’autre part, je l’ai bien suivie, un certain temps, dans ses partouzes entre filles, mais jamais avec des hommes. J’avais eu une expérience inoubliable dans les bois de mon pays, et pour rien au monde, je ne voulais gâcher ce souvenir dans de minables jeux à quatre ou cinq. Ce<span>  </span>sont ces pratiques qui nous ont séparées. Mais au départ, il y avait quelque chose de très fort entre nous .</font></i></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font size="4"><i><font face="georgia,palatino">Avec Laprat, tu passes, là aussi, à côté d‘une vraie passion. Nous nous sommes réellement aimés. Et ma relation avec cet homme faible dès qu’un jupon passait à sa portée, mais bon et généreux, m’a apporté beaucoup. J’ai dû subir la concurrence des filles séductrices de Georges, mais je suis certaine que nous avions l’un pour l’autre un très fort sentiment. Sa femme a empoisonné son existence, et c‘est pourquoi il a cédé aux pressions de la faculté pour qu’il s’en aille. C’est même le doyen de la fac de lettres qui lui a facilité, en tant qu’hispanisant, l’accès à un poste prestigieux à Buenos Aires. Je suis partie avec lui. Avec lui, j’ai travaillé mon DEA que j’ai passé à Paris la même année que l’agrégation. Je suis partie d’Argentine en avril pour passer l’écrit de l’agrégation et m’entendre<span>  </span>avec les parisiens sur mon mémoire de DEA. Quand je suis revenue, un mois plus tard à BA, George s’était amourachée d’une pimbêche de trente-cinq ans. Ecœurée, je suis revenue en France. J’ai passée l’agrégation, mon DEA et pendant ma première année à Amiens, j’ai commencé ma thèse, que j’ai expédiée en trois ans, en limitant ma vie sexuelle à quelques rencontres éphémères. Ensuite, j’ai obtenu un poste de MCF en Avignon. Je me suis liée avec Josie Travers puis toutes deux avec Arnaud Lambert, ce que tu n’as pas raconté, en fait, dans « Une vie très ordinaire » (<span></span>        http://evermore13.over-blog.com/article-28087622.html<span>     </span>), dernier épisode.</font></i></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font size="4"><i><font face="georgia,palatino">Ça, en effet, c’est vraiment une autre histoire, que tu pourras peut-être écrire de manière plus véridique en t’appuyant sur les dires des trois protagonistes, et pas seulement sur les racontars de Jo. Mais il est vrai qu’à cette époque, je n’existais pas pour toi, même en tant que personnage… »</font></i></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="3">Bien que ce texte ne me soit pas très favorable, j’ai décidé de le publier là. Pour rendre justice à Cécile, et, peut-être aussi à la vérité.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font size="5"><b>*******************************************************************</b></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><!--[if !supportEmptyParas]--><b><font size="5">CÉCILE-III: </font></b><span><b>Cécile, Jo et Arnaud.</b></span></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4"> </font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Jo (Josiane Travers) baisait depuis sa communion solennelle. Elle avait commencé, à peine nubile, avec un de ses professeurs qui était aussi l&#39;amant de sa mère.<span>  </span>Dominique T. un tout jeune homme, avait quitté Adeline B. pour Jo. Je me demandais si elle assurait l’éducation du jeune homme tout en poursuivant son ménage à trois avec l&#39;architecte Arnaud Lambert et Clémentine Gravier, pédiatre neurologue. Adeline me détrompa :<span></span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">« Comment, tu n&#39;es pas au courant ! Mais voyons, Lambert s&#39;est tiré avec la femme avec qui ils faisaient ménage à trois, en laissant tomber Jo Travers. <span><br />
</span>—Ah, tu m&#39;en apprends une bien bonne ! C&#39;est vraiment le retour à l&#39;envoyeur ! Figure-toi que Jo avait fait le même coup à Cécile Malvert, la fille que nous venons de recruter ! Oui, lorsqu&#39;elles étaient toutes les deux en Avignon, Cécile et Jo vivaient ensemble et souvent, Cécile, bonne fille, partageait son amant, Arnaud Lambert, avec son amante Jo. Puis, finalement Jo est partie avec Arnaud et a ensuite, plus tard, rencontré Clem. »</font>
</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Voilà un aspect de l’histoire de Jo que j’avais complètement supprimé dans « une vie très ordinaire ». J’ai même raconté, avec la bénédiction de Jo, une rencontre tout à fait fictive entre Arnaud Lambert et Josiane Travers (<span>   </span>) de telle manière que Cécile s’est trouvée complètement évacuée de la vie de Jo et de Lambert. La vérité est tout autre, et je dois à Cécile de la lui restituer.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Cécile Malvert a pris son poste de Maitre de conférence à l’université d’Avignon à la rentrée 2003<span>. </span>Jo y était arrivée, venant de Nîmes, comme conservateur de la bibliothèque l’année précédente. L’une et l’autre se rencontrèrent, forcément, assez vite, car Cécile avait besoin de la bibliothèque universitaire. Elle sympathisèrent, devinrent vite amies mais amantes avant une bonne année. Cécile fit d’abord la connaissance d’Arnaud Lambert en se rendant à Aix, pour avoir une plus grande richesse de livres à sa disposition. Je pourrais presque reprendre le récit<span>  </span>de la rencontre supposée de Jo et Arnaud pour parler de celle de Cécile et Arnaud. En la situant presque trois ans plus tôt. <span><br />
</span>Arnaud Lambert, ce samedi après-midi de début octobre joliment ensoleillé et doux, pour une fois libre de déambuler seul en ville, ses enfants étant retenus par leur mère pour une réunion familiale, se laissait aller tranquillement sur le cours Mirabeau, au rythme lent des badauds qui, comme lui, se détendaient d&#39;une semaine chargée. </font>
</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">À une trentaine de mètres devant lui, il aperçut une silhouette qui accrocha son regard, de temps à autre, lorsque la houle des promeneurs devant le lui permit. Il pressa le pas pour se rapprocher, tant la marche élégante de la dame lui causait de plaisir. </font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Le déhanchement subtilement félin de cette longue femme chaloupant sur ses hauts talons lui semblait comme le comble de l&#39;esthétique féminine. Ce mouvement ondulatoire animait lui-même une ample chevelure brune qui tombait en souplesse jusqu&#39;au milieu du dos bien droit. De longues jambes fines s&#39;engouffraient sous la courte jupe de la robe lavande qui oscillait au même rythme. Étroitement ajustée à la taille, elle permettait d&#39;apprécier la belle force des hanches, bien féminines, et le léger frémissement des fesses dans l&#39;effort de la marche.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">&#8220;De dos ? Voilà une fort belle femme&#8221; se dit Arnaud qui sentit poindre, entre son bas-ventre et son cerveau, comme une envie sourde mais franche, d&#39;en savoir davantage sur le clair objet de son désir. Aussi, la dépassa-t-il vivement pour pouvoir se retourner et la contempler de face.Arnaud enregistra la pure fraîcheur de son visage oblong et sa carnation plutôt pâle, le corsage largement échancré de sa robe, bien tendu cependant sur une honnête poitrine et la jupe appliquée sur le ventre plat et sur le triangle du pubis érotiquement moulé. De jolies cuisses musclées prolongeaient jusque sous la robe évasée ses fines jambes, toujours aussi élégantes vues de face. &#8220;Tout cela fait&#8221;, suppute mentalement Arnaud, &#8220;que la dame, avec cette anatomie si bien balancée, et cet air à la fois aguichant et intelligent—si même elle est libre !—ne doit sûrement pas manquer de prétendants. J&#39;ai pourtant bien envie de tenter ma chance.&#8221;</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Cécile n&#39;avait pas manqué de remarquer le manège du monsieur. En arrivant à sa hauteur, elle lui fit un gentil sourire qui adoucit, avec bonheur, les traits un peu rudes de son visage. Ce type annonçait une quarantaine avancée. Le port un peu alourdi, bien que sans embonpoint, et une chevelure brune déjà passablement argentée, le soulignaient sans ambiguïté. Et qu&#39;il s&#39;intéressât ouvertement à elle, ne la choquait pas, d&#39;autant que la prestance de cet homme ne manquait pas de charme !<span></span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Encouragé par ce charmant sourire, Arnaud se plaça à ses côtés et, tout en marchant à son pas, entreprit de l&#39;approcher. &#8220;Me permettriez-vous, Madame, de vous offrir un verre à l&#39;une de ces terrasses encore au soleil?&#8221;</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Cécile sourit derechef, lui répondit d&#39;un hochement de tête affirmatif et, d&#39;elle-même, obliqua vers le premier bistrot en vue. Elle choisit<span>  </span>la table et il lui présenta le siège en rotin, et s&#39;assit lui-même en face d&#39;elle. Il eut le temps de plonger dans la vallée de ses seins par l&#39;échancrure de la robe et de vérifier que sa poitrine, de volume modeste, se passait gaillardement de soutien, avant qu&#39;elle ne le questionne, l&#39;air mutin :</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">&#8220;Nous connaissons-nous ?<span><br />
</span>—Il m&#39;a semblé, un moment, vous avoir déjà rencontré. Mais je ne crois pas, ou alors c&#39;est dans une autre vie ! Non, franchement, je ne pense pas vous connaître, pas encore. Je suis Arnaud Lambert, architecte. Et l&#39;envie de faire votre connaissance m&#39;est venue tandis que je déambulais, par ce bel après-midi, derrière-vous. Votre silhouette a attiré mon regard. Voilà c&#39;est tout simple.<span><br />
</span>—Et vous m&#39;avez dépassée  afin d&#39;apprécier si mon côté face était aussi plaisant ?<span><br />
</span>—Je vois que l&#39;on ne peut rien vous cacher, Madame&#8230;<span><br />
</span>—Cécile Malvert. Veuillez m&#39;excuser de ne pas m&#39;être présentée avec la même spontanéité que vous l&#39;avez fait vous-même. J’enseigne la littérature à l’Université d’Avignon.<span><br />
</span>—Ah, c&#39;est bien ! Nous avons ainsi quelque chose en commun !<span><br />
</span>—Et quoi donc, grands dieux ?<span><br />
</span>—Mais les œuvres mémorables! J&#39;ai un petit cabinet d&#39;architecte qui travaille principalement, sous contrat pour le compte du ministère de la culture. Je m&#39;occupe en effet de la réhabilitation du patrimoine immobilier d&#39;une grande partie du sud-est. Ainsi, vous vous intéressez aux vieux livres et moi aux vieilles pierres !<span><br />
</span>—Oh vraiment ! Je ne suis pas spécialiste de la très vielle littérature,<span>  </span>je ne m’aventure que rarement avant 1700 Mais vous, vous faites un métier très très intéressant, car il ne manque pas de vielles bâtisses, petites ou grandes, à protéger dans la région.“<span></span><span></span></font>
</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Après avoir bavardé de choses et d&#39;autres, y compris de leurs statuts personnels, charmés, l&#39;un et l&#39;autre, de leur rencontre, Arnaud demanda : &#8220;Il se trouve qu&#39;exceptionnellement ce wee-end, je n&#39;ai pas mes enfants, et, si de votre côté, vous n&#39;aviez pas d&#39;engagement pour ce soir, nous pourrions dîner ensemble ; si cela vous convient bien entendu !&#8221; Cécile hésita un court instant, songeant qu’elle devrait retenir une chambre d’hôtel et retourner vite fait en Avignon pour se changer pour la soirée,  car elle n&#39;avait aucune obligation, et elle était tentée.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">&#8220;Oui, je suis libre, et c&#39;est avec plaisir que j&#39;accepte votre invitation !<span><br />
</span>—Merci Cécile, si vous me permettez cette familiarité.<span><br />
</span>—Je vous la permets Arnaud. “<span></span><span></span></font>
</p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Plus tard,<span>  </span>en début de soirée, il passa la prendre au pied de son hôtel, dans la vieille ville, et ils allèrent dîner au &#8220;Clos de la Violette&#8221;, un restaurant gastronomique et chic de la ville. Au retour, il lui proposa de prendre un dernier verre. Ils ne sortirent de chez lui que le dimanche vers midi. Et allèrent déjeuner à Lourmarin, dans un autre restaurant réputé de la région.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4"><span>Arnaud Lambert était enchanté de sa nuit avec Cécile. Avait-il jamais, auparavant, fait l&#39;amour avec autant de plaisir. Une telle plénitude des sens ! Une telle absence de déception ou de regrets ! Non, estima–t-il, c&#39;était bien la première fois de son existence. Habituellement, il se sentait vite rassasié, vite écoeuré même, au point qu&#39;avec son ex-épouse, comme avec ses nombreuses maîtresses d&#39;une nuit ou deux, depuis son divorce, il se considérait comme un piètre baiseur. Cette nuit, ç&#39;avait été la fête des corps !</span></font><span> </span><!--EndFragment--></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>( texte encore incomplet)<br />
<!--[endif]-->                                                                                <span></span></p>
<p><b><font size="5">*******************************************************************</font></b></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b><font size="5">CÉCILE-II:  </font><font size="3"> http://evermore13.over-blog.com/article-de-s-ai-xe-d-amour-44440829.html</font></b></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b><font size="5">*******************************************************************</font></b><br />
<b><font size="5">CÉCILE-I:</font></b><i><font size="3"><span><b>     CÉCILE nous conte<font size="5"> &#8220;AVVENTURA&#8221;</font></b></span></font></i></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="4">(manonmoreno 03 Avril 2009 - 29 Avril 2009)</font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="4"> </font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="4"><span>(I)</span></font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="4"> </font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">L&#39;hôtel où j&#39;avais retenu pour quelques jours n&#39;était plus très loin. Tant mieux car la route, depuis que j&#39;avais traversé le Rhône à Valence, n&#39;était qu&#39;une succession de tournants, jusqu&#39;à Lamastre, et même jusqu&#39;à Saint-Agrève. J&#39;approche de Tence, et depuis la sortie de Saint-Agrève, justement, ça va mieux. Ce sont les hauts plateaux du nord de l&#39;Ardèche, aux confins de la Haute-Loire, et c&#39;est plus reposant : herbages et forêts de résineux se succèdent, et, malgré la chaleur élevée qui s&#39;est installée depuis quelques jours, en cette fin de juillet 2006, il fait ici bien plus frais. Je me suis arrêtée pour respirer un peu, humer le bon air des sapins.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Vous allez vous demander : qu&#39;est-ce que cette fille de Provence vient faire parmi les vaches de la France profonde, fin juillet, au lieu d&#39;aller rôtir sur les plages du Var.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Je pourrais, en effet, jouer à l&#39;estivante, coincée entre deux mecs empressés qui ne demanderaient pas mieux que de lorgner mes seins nus et de se proposer pour se succéder, sur ma belle personne, au cours de nuits de plaisirs, jouissance physique et inédite garantie !</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Eh bien !, justement, c&#39;est ce genre de lieu que j&#39;évite. J&#39;ai réussi, en un rien de temps, à faire fuir l&#39;ami qui depuis des années me faisait grimper au septième ciel, presque chaque nuit, sans refuser d&#39;honorer à son tour, la copine qui m&#39;aimait depuis plus longtemps encore.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4"> En fait, Josiane et Arnaud sont partis ensemble&#8230;</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Donc, fatiguée, écœurée, démoralisée, pour ne pas dire franchement déprimée, je me suis dit &#8220;Cécile, ma vieille, va donc loin de tout ça, dans un coin sauvage et frais, à la campagne, parmi les vaches et les chèvres, renouer avec la nature, te purifier dans la vie saine et calme de nos chères vieilles montagnettes anciennement volcaniques.&#8221;</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Aussitôt ce sage appel entendu, j&#39;ai exploré la carte Michelin France-Sud, et en fermant les yeux, désigné un bled inconnu, sans nom même, de mon index : quelque part en plein désert entre Saint-Agrève, Le Chambon-sur-Lignon, Devesset et Tence, localités de moi tout aussi étrangères ! J&#39;ai ensuite recherché, avec Booking.com, les ressources hôtelières du coin : j&#39;ai finalement retenu une chambre, dans mes prix, dans un hôtel situé au-delà de Tence, donc un peu plus à l&#39;ouest que prévu, “le Marconnès“, sur la commune au nom tout aussi improbable de Saint-Arcons-de-Barges !</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Et j&#39;y arrive sur les sept heures du soir. Coin champêtre, vieille bâtisse du xvième siècle (en partie !), genre manoir, grand calme garanti. Ma chambre, au premier étage est certes rustique, avec des murs d&#39;un mètre d&#39;épaisseur, mais d&#39;un bon confort bourge tout de même. Elle donne sur les Monts du Velay : vue à couper le souffle, sans vis-à-vis. Que demande le peuple ? S&#39;il n&#39;a pas de pain, il aura de la brioche !</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Je redescends pour prendre un drink sur la terrasse (j&#39;ai bien besoin d&#39;un remontant !), tout en lisant le thriller suédois à la mode, de Stieg Larsson, “Millénium“, dont le premier tome vient de paraître. Il y a peu de monde pour l&#39;instant. À côté de ma table, une famille de trois : père, mère et adolescent de 15-16 ans ; très très mignon, l&#39;ado!</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Je lui fais face, et je vois qu&#39;il zyeute avec intérêt ma petite robe courte qui a du mal couvrir ne serait-ce que mes cuisses. Je ne parle pas du reste, que je ne peux apprécier que dans les yeux exorbités du garçon ! Le gamin, ça va, c&#39;est même plutôt sympa, mais voilà que le père s&#39;y met aussi ! Là, tant pis pour l&#39;ado qui répond au doux prénom de Cyril, mais je me sens obligée de me déplacer un peu et de tirer ma robe vers les genoux pour éviter le regard libidineux du père. La femme s&#39;aperçoit du manège du fils et de l&#39;époux, et se retourne pour voir le spectacle qui les intéresse tant. En même temps, nous nous reconnaissons :</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">« Cécile, c&#39;est bien toi ? Ô Cécile !</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Charlotte, toi ici ? C&#39;est pas possible ! »</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Nous nous levons pour nous enlacer et nous poutouner avec joie : il y a plus de 10 ans que nous ne nous sommes vues ! La dernière fois, c&#39;était peu après le bac, pendant l&#39;été 1994, elle avait18 ans,  moi 17 ; ensuite, nos études, la vie, d‘autres amours aussi, nous avaient séparées bien que pendant trois ans nous avions été liées de façon très intime, fusionnelle même&#8230;Charlotte fait les présentations :</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">« Gerard, ou plutôt, Gerry, Rabaud, mon mari, Cyril, mon beau-fils. Cécile Malvert, une vieille amie du lycée. Et toi, tu es seule ? Qu&#39;est-ce qui t&#39;amène dans ce coin perdu ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Vieille dis-tu ? jJ&#39;ai 29 ans, et toi 30, je crois, et tu nous dis vieilles ! Qu&#39;est-ce qui m&#39;amène ? Je ne sais trop, le besoin de calme, d&#39;authenticité aurait dit Pagnol (qui aimait cultiver l&#39; “Authentique“, souviens-toi!). Je pourrais te retourner la question, non ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Eh, bien ! nous aussi, nous cherchons le calme et l&#39;authentique, et ici nous les trouvons. Nous y venons à l&#39;estive pour la seconde année. »</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Charlotte me propose de m&#39;installer à leur table pour dîner. Il y a aussi un autre couple, Nadine et Julien. J&#39;ai à ma gauche, Charlotte, à ma droite, Julien, en face, Gerry, Nadine et Cyril. Cyril me fait les yeux doux tout en les plongeant souvent, et avec concupiscence, dans mon décolleté avantageux. Manifestement, je lui plais. Et, je l&#39;avoue sans honte, cela ne me déplait pas. Julien raconte qu&#39;avec Nadine, ils sont allés passer l&#39;après-midi au bord d&#39;un petit lac; ils ont pu se baigner et rester nus, sans être dérangés par quiconque. Un coin idyllique, quoi. Gerry suggère d&#39;y aller demain. Tout le monde semble d&#39;accord : il n&#39;y a guère que moi pour dire que je ne me sens pas trop l&#39;envie d&#39;aller m&#39;exhiber en pleine nature. Nadine, que je trouve agréable et qui me semble être une personne sensée, dit : </font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">« je vous assure, Cécile, que c&#39;est un coin vraiment épatant. On y accède par un petit chemin, loin de la route. D&#39;ici, en vélo, c&#39;est à peine à trois quarts d&#39;heure. Et on y est seuls : nous n&#39;avons pas vu trace d&#39;occupation récente. Ça serait sympa d&#39;y aller tous les six, non ? »</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Je me dis que les deux couples, qui semblent bien se connaître, sont des habitués de ce genre d&#39;ébats. Et Cyril ? Après tout, il n&#39;est apparenté à aucune des femmes, peut-être qu&#39;il les baise toutes les deux&#8230;</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Pour une fois, ce soir, je vais me coucher de bonne heure&#8230; Vers minuit (je ne le sais qu&#39;après, bien sûr !), je me réveille. Un corps nu s&#39;est glissé dans mon lit ! Comme je dors nue moi-même, il y a un corps nu contre mon corps nu. Une bouche sur ma bouche, une main sur un de mes seins, une autre sur ma chatte, avec un doigt qui cherche à se glisser par ma fente. J&#39;ai vite reconnu Cyril. « Qu&#39;est-ce que tu fais là ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Tu n&#39;as pas fermé ta porte à clé, alors j&#39;ai tenté ma chance.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—As-tu déjà souvent chevauché une femme ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Souvent? Non ! Quelquefois? Oui. Figure-toi que j&#39;ai du succès auprès des femmes mûres. D‘ailleurs, je les préfère aussi aux minettes de mon âge. Elles m&#39;apprennent beaucoup.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Tu parles de ta belle-mère ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">— Charlotte, oui, bien sûr, c&#39;est elle qui m&#39;a initiée. Bien d&#39;ailleurs. Mais d&#39;autres aussi. Nadine, et d&#39;autres amies de Charlotte. Toi aussi tu me plais bien, tu es vraiment &#8220;canon&#8221;.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">— Tiens donc, et tu crois que tu me tentes ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Oui, je l&#39;ai vu tout de suite à la façon dont tu as remonté ta robe devant moi. »</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Que pouvais-je dire ? Que pouvais-je faire ? Sinon me laisser aller et suivre ma pente !</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Le lendemain, après une si bonne nuit, je traîne un peu au lit, par paresse, après avoir pris mon petit-déjeuner en chambre. Vers 10 heures, Charlotte frappe à ma porte. « Cécile, nous pensons partir avant 11 heures, pour avoir le temps de nous baigner avant de manger. Viens-tu avec nous ? Tu sais, le temps est toujours au beau et au chaud.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Entendu, j&#39;arrive. »</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4"> L&#39;hôtel nous prête six bicyclettes et nous prépare un repas froid. À II heures et demie, nous sommes sur place. C&#39;est vrai que l&#39;endroit est vraiment chouette. En fait de lac, c&#39;est un étang : le chemin qui y mène passe sur la digue de retenue, puis se prolonge ensuite par un étroit sentier, apparemment peu suivi. Nous laissons les vélos dans un fourré, et, à travers bois, Nadine et Julien nous emmènent à la tête de l&#39;étang, là où se déverse le ruisseau qui l&#39;alimente. Il descend des collines qui s&#39;élèvent en amont, nous sommes dans une petite prairie qui borde l&#39;étang de ce côté-ci, en laissant, entre l&#39;herbe et l&#39;eau une minuscule bande de sable. Tout autour, ce ne sont que des bois, mais le soleil donne déjà sur cette petite crique, et, comme l&#39;étang s&#39;étend vers l&#39;ouest, il y donnera tout l&#39;après-midi clarté et chaleur. Après le bain, nous nous étendons, nus, côte à côte, au soleil. Un moment plus tard, les deux couples s&#39;éloignent ensemble dans les bois. Cyril me dit :</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">« Ils sont partis baisers. Et nous ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Quoi, nous ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Nous pourrions baiser aussi, non ? Tu n&#39;en a pas envie ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Comme tu es déluré ! Tu t&#39;es bien débrouillé cette nuit. J&#39;ai bien aimé ! Tu ne crois pas que l&#39;on pourrait attendre la nuit prochaine, non ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">— Je peux attendre, bien sûr, mais, il faut au moins que les autres sachent que nous deux ça colle bien, sinon, mon père et Julien vont vouloir te sauter, et les femmes vont dire pareil. Faisons au moins semblant.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">— Je ne crois pas que tu fasses semblant de bander. Allons-y. »</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4"><span></span>(II)</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Cyril, emportant nos draps de bain, m‘entraîne vers la source de la petite rivière qui alimente l&#39;étang. À une centaine de mètres en amont, il me montre que l&#39;eau sort du rocher, comme une grosse source. En marchant quelques mètres les pieds dans l&#39;eau, dans une sorte de goulotte creusée dans le roc, on parvient, en se courbant beaucoup, dans une caverne de quelque vingt mètres de long. Au fond, l&#39;eau jaillit par un saut de près de deux mètres. De part et d&#39;autre du ruisseau qui traverse la grotte dans sa longueur, s&#39;étalent deux banquettes de sable fin de trois à cinq mètres de large où Cyril dispose nos serviettes de toilettes : il fait bon s&#39;y étendre. Le sol est doux, la fraîcheur y est agréable, et, curieusement, au plafond de la grotte, près de l&#39;entrée, un orifice irrégulièrement arrondi par lequel s&#39;insinue un faisceau de rayons solaires qui vient illuminer l&#39;emplacement que Cyril a choisi pour nos ébats. Il n&#39;a pas cessé de bander et de mon côté, je ne me fais pas prier. Le souvenir de la nuit suffit à faire sourdre d&#39;entre mes lèvres, la mouille suffisante pour nous emballer pour une nouvelle chevauchée. Il m&#39;attire sur lui, et cette fois, c&#39;est à mon tour de régler la chorégraphie. Ce jeune corps, sous moi, prend vite le rythme, d&#39;abord lent, que j&#39;impose pour ne pas aller trop vite vers une conclusion qui pourrait être décevante. Je monte et descends le long de sa hampe, je m&#39;arrête pour l&#39;embrasser, pour sucer ses mamelons ; je me dégage aussi, une fois ou deux pour prendre le temps de déguster son gland chargé de ses sucs mêlés aux miens. J&#39;approche aussi ma chatte échauffée de ses lèvres pour qu&#39;il me mange aussi, mais sans succès : il ne connait pas ou ne goûte pas encore cette pratique que toute femme espère de son amant. Finalement, je conclus dans un crescendo très brillant qu&#39;il a de la peine à suivre mais qui nous conduit néanmoins l&#39;un et l&#39;autre à une explosion orgasmique qui nous laisse, un long instant, anéantis, moi sur lui, emprisonnant son pénis encore dégorgeant en quelques spasmes sur le fond de mon vagin frémissant.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4"><span>(III)</span></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Après avoir retrouvé son souffle, Cyril me dit : </font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">« Tu sais, Cécile, c&#39;est avec Chloé que j&#39;ai découvert l&#39;étang et la caverne, l&#39;an dernier. Je n&#39;ai rien dit hier, car c&#39;était resté un secret. C&#39;est là que nous venions faire l&#39;amour, c&#39;est tout de même mieux que de se câliner sur l&#39;herbe ou dans les bois comme font les autres, non ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Si, c&#39;est mieux ; on est bien ici. Dis-moi, qui est cette Chloé ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—C&#39;est une autre copine de Charlotte. Elle m&#39;a appris, l&#39;été dernier, à me débrouiller avec une femme. Elle m&#39;a fait découvrir l&#39;amour, beaucoup mieux, et de loin, que les filles de mon âge, qui sont chichiteuses ; on peut à peine leur mettre un doigt et elle sont même pas bonnes à nous sucer correctement. Elle s&#39;appelle Chloé Epstein. Une très belle femme, un peu comme toi. Belle, tendre et sensuelle.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Diable ! Comme tu t&#39;y connais déjà bien en femmes&#8230;</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—C&#39;est Eric, son mari, qui parle d&#39;elle comme ça. Il m&#39;a remercié de m&#39;occuper d&#39;elle, tu te rends compte ? Car, m&#39;a-t-il dit, sa sensualité (il a même parlé de libido, mais je ne sais pas trop ce que ça veut dire), sa sensualité est tellement exubérante, qu&#39;il ne suffit pas à la combler. Pourtant, je t&#39;assure, c&#39;est un bel homme, qui doit avoir du répondant, et ils semblent très amoureux l&#39;un de l&#39;autre. Il m&#39;a dit qu&#39;un seul homme ne lui suffisait pas, et qu&#39;il aimait mieux qu&#39;elle baise avec moi, plutôt qu&#39;avec des connards comme mon père et Julien. Il m&#39;a dit aussi que Chloé est bisexuelle et qu&#39;elle aime<span> </span> les femmes, en plus. Comme toi, non ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Oui, c&#39;est vrai ! Qui te l&#39;a dit ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—J&#39;ai entendu, tout à l&#39;heure, une conversation entre mon père et Julien. Ils se disaient que tu étais craquante, baisable, quoi ! C&#39;est pourquoi je t&#39;ai dit qu&#39;il fallait leur montrer que nous faisions l&#39;amour ensemble. Car tu sais, sinon, ils t&#39;auraient embêtée jusqu&#39;à ce que tu y passes, poussée d&#39;ailleurs par Charlotte et Nadine qui adorent les partouzes. Je suis certain que dans leur coin, je ne sais où, peut-être aussi dans leurs chambres, ils baisent en chœur. Ce sont des échangistes. Mon père a dit aussi de toi que tu aimes les femmes, que tu avais baisé avec Charlotte dans le temps et qu&#39;il avait bien vu que tu lui plaisais à nouveau, et à Nadine aussi. C&#39;est vrai tout ça ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Que Charlotte a été mon amante ? Oui, pendant trois ans, jusqu&#39;à l&#39;été du bac. Donc jusqu&#39;à nos 18 ans. Charlotte a été mon premier amour, un amour qui compte. Pour le reste : est-ce que Charlotte voudrait recommencer ? Est-ce que Nadine s&#39;intéresse à moi ? Je ne sais pas. J&#39;ai connu une Chloé, après avoir rompu avec Charlotte. Elle était un peu comme tu dis, exubérante, instable, toujours avec plusieurs liaisons à la fois, si bien qu&#39;entre nous, ça n&#39;a pas duré plus d&#39;une année, à peine, même. Elle s&#39;appelait Ramain. Est-ce la même que ta Chloé Epstein ? Je ne sais pas : ma Chloé avait 4 ou 5 ans de plus que moi. Elle devrait donc avoir maintenant à peu près 40 ans.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Oui, c&#39;est l&#39;âge de Chloé, elle me l&#39;a dit. Et je me suis senti très fier d&#39;intéresser une femme aussi vieille. Depuis, j&#39;ai couché avec d&#39;autres : Charlotte, Nadine, et encore une autre copine de ma belle-mère. Mais aucune ne m&#39;a paru aussi bandante que Chloé. Et que toi.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Je suis donc simplement bandante ? Pourquoi veux-tu donc me protéger des assauts de ton père et de Julien ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">— Parce que je te trouve trop bien, tendre, caressante. Je me plais avec toi, et je n&#39;ai pas envie de te partager avec eux, ils sont sales ! »</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">En rejoignant les autres pour le repas, tous les deux enlacés comme des amoureux, je pense que me voilà sérieusement touchée par ce gamin&#8230; Je me rends compte bien vite combien son jugement des deux hommes est fondé. Car, en effet, nous avons droit à des plaisanteries libidineuses du plus bas étage : « Il était bon ce câlin ? Ta foufoune a-t-elle été bien brossée ? Pas un peu trop jeune, ce gamin ? Peut-être que tu aimerais mieux baiser avec un vrai mâle ? » et quelques autres vannes éculées du même acabit, jusqu&#39;à ce que, n&#39;y tenant plus, je dise calmement: « Fermez vos gueules, machos à la manque ! »</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Très vite après le repas, pour les fuir, nous allons nous baigner à nouveau. Au large, l&#39;étang s&#39;approfondit rapidement, et le sable en suspension disparaît; c&#39;est alors que Cyril se met en tête de me pénétrer dans l&#39;eau. Comme nous avons ri ! Après avoir bu plusieurs fois la tasse, il comprend que ce n&#39;est pas encore une prouesse à sa portée&#8230; Nous revenons sur la berge au moment où les autres repartent forniquer dans les bois. Quant à nous, nous regagnons notre tanière, et là, sans se lasser, Cyril me prend et me reprend, comme si ce très jeune homme avait une inépuisable ressource de sève ! Il se montre pressé d&#39;abuser de sa sexualité, toujours avec succès et pour notre plus grand plaisir. Dois-je vous dire que le soir nous rentrons vannés ? Après le repas, nous ne traînons pas à gagner notre chambre. Je n&#39;attends pas Cyril ce soir, mais, au cas où il retrouverait une nouvelle vigueur virile, je ne ferme pas ma porte à clé.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Vers 11 heures, c&#39;est Charlotte qui me réveille en se serrant contre moi. C&#39;est avec émotion que je reconnais sa bouche sur ma bouche, sa main sur mes seins, la douceur de son corps sur ma peau et toutes les odeurs de la très jeune fille tant aimée parmi les nouvelles fragrances de la femme mûre&#8230;</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4"><span>(IV)</span></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">J&#39;en étais restée à évoquer mes retrouvailles avec Charlotte…Une émotion réelle, certes, mais fugitive, ténue, comme une empreinte, un souvenir lointain, un peu usé. Au petit-déjeuner, seule avec Charlotte sur la terrasse de l&#39;hôtel, sous un soleil joyeux, je lui dis :</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">« Charlotte, notre amour de jeunesse, que l&#39;on a abandonné 10 ans plus tôt, crois-tu que l&#39;on puisse se remettre dans ses traces, comme si rien ne s&#39;était passé ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Non ma Cécile ! Cette nuit est une erreur, pardonne-moi, je n&#39;aurais pas dû venir te retrouver. J&#39;ai eu envie de me serrer contre toi en me souvenant que tu dormais nue ; et je me suis insinuée dans la tiédeur de ton corps que j&#39;avais revu presque inchangé au bord de cet étang. J&#39;ai reçu comme une bouffée de chères et précieuses émotions, et puis, tout s&#39;est dissipé, dilué, évaporé. Les repères, soudain, ont disparu.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—C&#39;est ça, tu le dis si joliment : comme une bouffée de souvenirs qui se dilue. Notre amour a bien laissé des traces, mais ce ne sont que des empreintes à peine lisibles, sur lesquelles je ne me sens pas capable de m&#39;aventurer. Oui, tu as raison, il faut en rester là. »</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Nous nous sommes regardées, rêveuses, le regard flou, comme dans une sorte de brume imaginaire, dans laquelle notre jeunesse, sans regret, se dissolvait.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Un moment plus tard, Charlotte, retrouvant son allant, me dit : </font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">« Je suis contente que tu plaises tellement à Cyril : il me semble fou de toi. Merci de l&#39;accepter. L&#39;an dernier, Chloé l&#39;a déniaisé, cette année c&#39;est toi qui reprends l&#39;initiation, cela va en faire un homme.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">— Oh tu sais, il est déjà bien dégourdi, et il a beaucoup de talent. D&#39;ailleurs, tu dois bien le savoir, car si cette Chloé a commencé le travail l&#39;été dernier, d&#39;après ce que Cyril m&#39;a dit, toi,<span> </span> avec Nadine, vous avez pris le relais pendant l&#39;année, non ?&#8221;</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Je vois Charlotte qui rougit, rougit, rougit et, finalement, s&#39;exclame : « Oh ! Tu trouves que c&#39;est limite pour une belle-mère de coucher avec le fils de son mari. C&#39;est bien ça ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Non, mais non ! Ce n&#39;est pas ça du tout, je ne te juge pas, je n&#39;en ai aucunement le droit.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Ah, bon ! Je suis soulagée ! Très soulagée ! Car je ne suis pas sûre d&#39;en avoir le droit, mais cela lui fait tellement plaisir, et à moi aussi. Ma vie avec Gerry n&#39;est pas follichonne, tu as vu comme il est, c&#39;est un méchant macho, pas délicat, qui baise à droite et à gauche. Avec Cyril, c&#39;est un bain de pureté, il est propre, il est même un peu amoureux, ou il fait comme si !</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Oh, il n&#39;est pas si compliqué, il t&#39;aime bien aussi. Mais, à propos de Gerry, j&#39;ai bien vu qu&#39;il se montre comme beaucoup de mâles, hélas !, pas très fin. Mais, il me semble qu&#39;avec Nadine et Julien, vous vous entendez bien, non ? Hier, quand vous partiez dans les bois tous les quatre, ce n&#39;était pas pour vous raconter des blagues, tout de même ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Je vais te dire, les hommes je ne les supportes que s&#39;ils sont plusieurs. En groupe, du moment qu&#39;il y a assez de femmes à baiser, ils sont acceptables. Car l&#39;autre regarde l&#39;autre. Et puis, avec Nadine, je m&#39;entends bien.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Bon, alors, tu as Cyril, Nadine et de temps à autre, des partouzes entre amis ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—C&#39;est cela, comme ça la vie est possible. »</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Je me suis dit, en moi-même, c&#39;est une bien curieuse façon de la voir, sa vie ! Mais, après tout, je m&#39;en moque pas mal, non ? J&#39;ai détourné la conversation, en lui demandant si Chloé Epstein est bien la même femme que Chloé Ramain. Et en effet, c&#39;est bien elle.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">« C&#39;est vrai que tu l&#39;as bien connue, Chloé. Est-ce que Cyril t&#39;a dit qu&#39;elle devait venir dans quelques jours. Il va y avoir compétition entre vous, peut-être ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Je ne serai peut-être plus ici. Et d&#39;ailleurs, pourquoi y aurait-il compétition, tu vois ça comme un concours ? C&#39;est Cyril qui décidera : il n&#39;y aura pas de joutes sur l&#39;étang !</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Oui, bien sûr, mais tu sais Chloé, elle l&#39;apprécie beaucoup. Et toi comment le trouves-tu, Cyril ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Je te l&#39;ai dit, je crois, il a déjà beaucoup de talent, même s&#39;il a encore beaucoup à apprendre pour me donner du plaisir. Mais je sens que ça va venir. Il est doué, et il est encore assez jeune pour nous respecter, nous les femmes ! »</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4"><span>(V)</span></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Cette seconde journée se passa dans le calme, à l&#39;hôtel. À la piscine qui, à l&#39;abri des regards grâce à un astucieux arrangement de haies touffues et de palissades, était réservée, par beau temps ensoleillé, aux adeptes du naturisme, jusqu&#39;à l&#39;heure du déjeuner. Nombreux étaient, finalement, après, parfois, une pudique hésitation, les clients de l&#39;hôtel qui en profitaient. Je trouve qu&#39;Angélo et Véronique, les propriétaires, en offrant cette possibilité à leurs clients, géraient leur établissement avec intelligence. Ils envisageaient même de mettre en route, en septembre, la construction d&#39;une seconde piscine, pour pouvoir satisfaire simultanément tout le monde, dès l&#39;année prochaine.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Rompue depuis longtemps à la pratique du nudisme, j&#39;entraîne sans difficulté Charlotte et Nadine pour un bain de soleil intégral. Gerry, Julien et Cyril ne tardent pas à nous rejoindre. Je fais remarquer à mes compagnes que nos hommes se tiennent bien, le sexe au repos, sans doute à cause de la présence d&#39;autres personnes. Hier, au contraire, au bord de l&#39;étang, ils étaient excités, comme des étalons à côté de juments en chaleur. Gerry et Julien, ne restent d&#39;ailleurs pas longtemps, tandis que Cyril prend plaisir à nager avec moi et à se dorer étalé entre nous nous, le sexe au repos&#8230;</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Après le déjeuner et un brin de sieste, à l&#39;ombre, sur la terrasse, j&#39;entraîne Cyril pour une promenade en voiture. Afin de satisfaire mon envie d&#39;aller, en &#8220;croisant&#8221; avec lenteur, explorer la région, la vallée du jeune Allier, avec son minuscule village perché de Saint-Arcons (un autre !). Et de marcher avec, à mes côtés, ce jeune amant débordant de vie et d&#39;envie.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Le soir, alors que, après un bain régénérant, je savoure, en l&#39;explorant en pensée, mon corps détendu, nue entre les draps frais, Cyril entre, s&#39;avance, laisse tomber ses vêtements, et, la hampe redressée, se prépare pour un nouvel assaut. Je lui dis : &#8220;attends, je vais te mettre en condition.&#8221; Étonné, il se laisse entraîner dans la salle de bain. Je fais couler un bain, et je le savonne en douceur, en évitant de toucher, tout de suite, aux zones sensibles. Puis je le rince, une fois son pénis, et son gland décalotté, ainsi que son cul,<span> </span> bien     appropriés.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Sur le lit, il se met à genoux, et je commence, une main sur ses bourses, à travailler sa rondelle, de la langue. Je sens qu&#39;il trouve ça jouissif. Je le retourne et je travaille sa hampe des deux mains, tout en glissant ma bouche et ma langue sur ses bourses, avant de m&#39;en prendre à son gland, que je titille du côté du frein, un bon moment, avant d&#39;engouffrer sa hampe jusqu&#39;au fond de ma gorge. Je ralentis et m&#39;arrête avant que, justement, il ne dégorge et je lui dis /</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">« maintenant, c&#39;est à toi de me manger !</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—de te manger ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—mais oui mon chéri, de me manger, de me goûter, de me sucer la chattoune. Figure-toi que les femmes aiment ça, et si tu veux faire un amant accompli, tu dois savoir faire ça, et bien d&#39;autres choses, que tu vas apprendre avec moi, comme ça, tu pourras étonner Chloé, Charlotte, Nadine et toutes les belles amies, plus jeunes, auxquelles tu ne vas pas tarder à prendre goût. Et cela va leur plaire énormément, je t&#39;assure. Et ne t&#39;inquiète pas, je suis propre. »</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">À genoux au-dessus de lui, à califourchon, de part et d&#39;autre de sa poitrine, j&#39;approche ma foufoune, bien ouverte, de sa bouche et je lui montre où il doit placer sa langue. Sur et entre les lèvres déjà bien entrouvertes, pour écarter les nymphes toutes rougissantes (de honte ? de désir ?) afin de déloger le kiki tout anxieux d&#39;être dégagé et malmené. Petit à petit, il perd son appréhension, et trouve enfin du plaisir à s&#39;enduire de ma cyprine odorante et savoureuse. Moi aussi, j&#39;y trouve mon plaisir et il est tout étonné de m&#39;entendre haleter comme un soufflet de forge, et même, soudain, crier, saisie par un orgasme fulgurant.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Heureux, il récidive peu après, et les mêmes causes produisant les mêmes effets, il m&#39;emmène à nouveau dans un univers paradisiaque&#8230; Finalement, pour le récompenser, j&#39;abouche l&#39;ouverture de mon fourreau à la pointe de son dard, et, montant et descendant en glissant tout à mon aise le long de ce mat de cocagne, je le conduis lentement et sûrement à faire gicler son foutre tout au fond de ma figue ! Furieux émois pour Chacun et Chacune&#8230; Quelques exploits plus tard, aussi bien réussis, Cyril—« c&#39;est bien, te voici un homme ! »—, ravi mais enfin vidé de sa substance, épuisé, regagne sa chambre pour un repos bien mérité.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Pour ma part, comblée aussi par ce jeune homme si valeureux, mais excitée, je reste éveillée quelque temps, toute fourmillante encore des excès accomplis, je m&#39;interroge.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">&#8220;Moi, à près de trente ans, emballer de la sorte un garçon de seize ans à peine. En ai-je bien le droit ? N&#39;est-ce pas abuser d&#39;un mineur ? Certes il est mineur, mais je ne l&#39;ai pas obligé, il est bien venu de sa propre volonté. En outre, il est tout à fait mûr, bien encouillonné et tout plein de désirs et de sève savoureuse, et diablement entreprenant, baisant gaillardement bien avant que je m&#39;en mêle. Au diable ces soucis, au diable ! Quels plaisirs me viennent de ce jeune corps. Et puis, Charlotte et moi, n&#39;avons-nous pas aussi été prises en charge par Monique, notre prof de français, et par Robert son mari ? Et nous n&#39;avions guère plus de quinze ans. Oooh! Comme ce fut bel et bon pour nous deux ! » Sur ces souvenirs encore si vivaces, je m&#39;endors, sans remords.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Je dors longtemps. Je descends juste à temps pour me mettre à table. C&#39;est alors que je découvre que Chloé et son mari sont arrivés. Cela me fait un choc, car ce sont d&#39;autres souvenirs, vraiment torrides, qui font surface&#8230; Et qui vont m&#39;entraîner&#8230; Où ça?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4"><span>(VI)</span></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Je dors longtemps, après ma nuit si tendre avec Cyril&#8230; Je descends juste à temps pour me mettre à table. Cyril, lui, n&#39;a pas encore fait surface !</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">C&#39;est alors que je découvre que Chloé et son mari sont arrivés. Cela me fait un choc, car ce sont d&#39;autres souvenirs, torrides, qui font surface&#8230;Chloé, je l&#39;ai connue alors que j&#39;étais en deuxième année de Fac à Montpellier : elle y enseignait la littérature du début du 20e siècle, dans un poste d&#39;attachée temporaire. Elle avait, en fait, une dizaine d&#39;années de plus que moi, et non pas 4-5 ans comme je l&#39;ai dit à Cyril. Elle a donc bien une quarantaine d&#39;année, mais moi j&#39;ai toujours 10 ans de moins qu&#39;elle !</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Chloé, après Charlotte, c&#39;était un cas. Elle était vraiment particulière ! Exubérante, nymphomane même, en tout cas très instable, toujours à entretenir plusieurs liaisons à la fois, si bien qu&#39;entre nous, ça n&#39;a pas duré plus d&#39;une année. Mais quelle année ! Notre liaison était tendue, car je supportais mal qu&#39;elle butine avec avidité de fleurs en fleur et qu&#39;elle se plaise aussi avec de nombreux hommes. Mais lorsque nous étions ensemble, quel tumulte ! Quels talents nous avions pour faire vibrer nos corps ! J&#39;ai vraiment beaucoup appris avec elle sur le terrain de la sensualité&#8230; Avec elle la route du sexe était d&#39;une grande variété, rien à voir avec une autoroute sur laquelle risquer de somnoler !</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Je l&#39;ai quittée car elle voulait absolument que nous baisions à plusieurs femmes. Et ça, ce n&#39;était pas mon genre. Ça ne l&#39;est toujours pas. Avec mon chéri et ma chérie, je n&#39;avais pas dit non : c&#39;était même sympa, et stimulant. Mais vous savez comment ça c&#39;est terminé ? Non ? Vous ne vous en souvenez plus ? Alors, retournez au début du 1er billet de la série!</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4"> Chloé, enthousiaste s&#39;écrit : « Comme je suis heureuse de te retrouver ici, ma chérie ! Quelle bonne surprise ! Eric, mon amour, je te présente Cécile Malvert. Cécile, voici Eric Epstein.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Moi aussi je suis contente. Mais tu sais, nous nous connaissions, Eric et moi.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Vous vous connaissiez ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Bien sûr, j&#39;ai suivi les cours du Professeur Epstein, en licence et en Maîtrise à Toulouse.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—C&#39;est possible, reconnaît Eric, mais je ne m&#39;en souviens plus.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—C&#39;est bien normal, je n&#39;ai rien de remarquable, et vous n&#39;étiez pas mon directeur de recherche. En revanche, j&#39;ai bien mieux connu votre ami Georges Laprat. Il dirigea mon mémoire de Maîtrise et il se livra même à l&#39;adultère à cause de moi&#8230;</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Aaah, c&#39;était donc vous ! En effet, je vous remets maintenant! Vous êtes la cause du divorce de ce brave Georges !</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Je dirais plutôt une des causes, car vous savez comme moi, que Laprat s&#39;attachait à toutes ses élèves dès lors qu&#39;elles n&#39;étaient pas trop moches et qu&#39;elles étaient consentantes.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—En effet, il en a même été révoqué, ce qui n&#39;est pas courant, et il sévit maintenant à Buenos Aires. Mais, dites-moi, vous ne vous appeliez pas Cécile, à cette époque ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—En effet, je trouvais alors mon deuxième prénom plus seyant, et surtout plus original.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Et c&#39;était ? demandèrent en même temps Charlotte et Chloé.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Léone! C&#39;est toujours Léone, je ne l&#39;ai pas inventé, c&#39;est vraiment mon deuxième prénom, mais je ne l&#39;emploie plus que comme pseudo, le cas échéant. »</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Après le repas, tous décident de partir pour l&#39;étang de Nadine et Julien. Je les suis, ensuite, la seule à partir en vélo avec Cyril, qui a pris du retard&#8230; En route, il me dit : « C&#39;était vachement bien cette nuit avec toi, Cécile. Comme tu me l&#39;as dit, Chloé va être étonnée !</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Étonnée de quoi ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—De tout ce que j&#39;ai appris depuis l&#39;an dernier ! Et surtout avec toi&#8230;</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Parce que tu comptes l&#39;entraîner dès cet après-midi dans la grotte ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Ben oui, ça t&#39;ennuie ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Je crois, mon gentil petit salaud, que si tu fais ça, nous allons nous fâcher. Tu veux savoir, avant mon départ, si sa cyprine est meilleure que la mienne ? Tu ne peux pas attendre deux jours que je m&#39;en aille ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Sa cyprine, c&#39;est quoi ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Sa mouille, si tu préfères.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Oui, je veux la goûter, et vite. Dès aujourd&#39;hui. Toi, tu peux t&#39;amuser avec Eric. Et la nuit prochaine, je reviendrais dans ton lit.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—La nuit prochaine, tu seras fatigué. Et si tu viens, je ne suis pas sûre de vouloir de toi. Et puis, je serai peut-être occupée avec Eric—auquel tu me prêtes avec tellement de désinvolture. Où avec Chloé&#8230;</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Avec Chloé ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Mais oui, mon chou, avec Chloé ! Nous avons été amantes alors que tu pissais encore dans ton lit !</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Ça alors ! C&#39;est vrai qu&#39;elle aussi, elle en est ! Je l&#39;avais oublié&#8230; &#8220;</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">À l&#39;étang, Chloé et Eric se baignent encore, tandis que les autres sont déjà à batifoler quelque part dans<span> </span> leur coin de verdure. Vite dévêtus, nous les rejoignons. Il fait chaud et l&#39;eau est délicieuse. Cyril ne tarde pas à rejoindre Chloé. Celle-ci me demande : « Cécile, veux-tu me prêter Cyril ? » Je réponds, peu aimable, que Cyril est libre et vacciné avant d&#39;être majeur ! Aussitôt, ils regagnent la rive.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Eric les suit tandis que je prolonge mon bain, histoire de me calmer un peu car je suis très mécontente. Lorsque je sors de l&#39;eau, enfin, Eric est étendu au soleil et me regarde venir vers lui, d&#39;un air que je juge concupiscent, bien que son sexe soit parfaitement au repos. Je m‘allonge, sur ma serviette, à ses côtés. Il essaie, en vain d&#39;engager la conversation. « C&#39;est vraiment bien ce coin où l&#39;on peut se baigner à poil » ou bien « Vous aussi vous êtes tentée par le jeune Cyril ? » Je boude, sans répondre, tout en pensant que ce type est vraiment pas mal.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">« Il est même vachement beau : belle gueule, corps sans une once de graisse en trop, malgré la bonne chère, et les vins, dont il ne doit pas se priver et son âge qui doit bien approcher la cinquantaine. Je crois que je me laisserais bien faire s&#39;il lui prenait l&#39;envie de forniquer. »</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Il se redresse soudain, armé de son Canon, et me dit : « Est-ce que vous permettez que je prenne quelques photos ? Vous avez un très beau corps, je comprends que Georges se soit fait prendre à vos charmes. » Et il se met à me photographier, sous tous les angles avant même que j&#39;aie eu le temps de répondre.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">« Vous ne manquez pas d&#39;air, Professeur. Je n&#39;ai pas eu le temps de dire oui ou non…</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—C&#39;est vrai, mais j&#39;ai lu votre assentiment dans vos yeux : vous comprenez, c&#39;est un hommage que je vous rends ; je suis un fou du corps de femmes. Surtout des femmes abandonnées.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Abandonnée? Vous êtes bien présomptueux ! Vous l&#39;avez lu dans mes yeux ? Fou de moi ? Alors que vous ne bandez même pas.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Non Cécile, je l&#39;ai vu, votre abandon, en regardant la pointe de vos seins—elles n&#39;ont pas échappées à ma vue. Et aussi, à l&#39;écartement de vos cuisses, faible, c&#39;est vrai, mais suffisant pour voir vos petites lèvres bien rouges s&#39;échapper de votre chatte, eh oui! Quant à l&#39;état de mon sexe, je peux vous montrer à l&#39;instant que je suis apte à être très vite en état de vous satisfaire!</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Chiche!</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—D&#39;accord, alors, allons à l&#39;abri, quelque part.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Non, ici même, et maintenant.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Est-ce un défi ?</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—oui, c&#39;est un défi ! »</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Il ne s&#39;est pas dégonflé ! Il ne lui a pas fallu longtemps pour bander. Et dur ! Cet homme est très joliment membré&#8230; Et il a pris le temps de me faire la grâce de préliminaires très soignés, et efficaces. « Ta mouille est vraiment abondante, et agréable, poivrée, excitante en diable ! Et ton “petit doigt“ est digne de ma trique. Léone, nous allons nous faire plaisir.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">—Oui, Eric, met le moi, ton engin, maintenant! »</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Charlotte, Nadine, Gerry et Julien sortent du bois alors que nous sommes encore en pleine action. En claquant des mains à la cadence de notre chorégraphie, ils nous accompagnent jusqu&#39;au séisme final : force 6 sur une échelle de 7 ! Puis, un peu éberlués par notre sans-gêne, ils nous laissent, annonçant déjà leur retour à l&#39;hôtel. Encore plein de désirs, nous reprenons notre duo, et baisons à nouveau en variant les positions. Lorsque Cyril et Chloé reparaissent, gavés eux-mêmes de sèves et d&#39;orgasmes, nous sommes encore engagés dans un accouplement compliqué. Dont il n&#39;est pas question de nous déprendre avant sa conclusion&#8230;Finalement, c&#39;est Chloé qui rentre en vélo, avec Cyril, nous laissant la voiture et le temps de fignoler notre dernière prise.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">En rentrant, très contents l&#39;un de l&#39;autre, Eric et moi préparons notre affaire. Comme je dois partir le matin de bonne heure, je règle ma note le soir. Et le lendemain à sept heures, je m&#39;en vais. À la sortie du village, je trouve Eric qui m&#39;attend avec son petit bagage, et nous voilà partis, cap “à l&#39;ouest “—comme il se doit pour deux jeunots comme nous, fous de baise, à la recherche d&#39;un petit coin en Périgord qu&#39;Eric connaît et où il a retenu, hier soir, un gîte pour une semaine.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">L&#39;aventure, c&#39;est l&#39;aventure !</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4"><span> </span><span>(VII)</span></font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Eric Epstein est un homme délicieux. Un rien précieux, cependant : « j&#39;ai lu votre assentiment dans vos yeux : vous comprenez, c&#39;est un hommage que je vous rends ; je suis un fou du corps des femmes abandonnées.(&#8230; ) Cécile, votre abandon, je l&#39;ai vu à la pointe de vos seins. Et aussi, à l&#39;écartement de vos cuisses, faible, c&#39;est vrai, mais suffisant pour voir vos petites lèvres s&#39;échapper de votre chatte, et bien rouges ! Quant à l&#39;état de mon sexe, je peux vous montrer à l&#39;instant que je suis apte à être très vite en état de vous satisfaire! »</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Mais j&#39;aime assez ce côté un peu vieille France, cette distinction qu&#39;il a pour me dire qu&#39;il me sauterait avec plaisir, ou, un peu plus tard, cette manière affectée qu&#39;il a pour valoriser ma chattoune : « Ta mouille est vraiment abondante, et agréable, poivrée, excitante en diable ! » et vanter la vitalité de mon kiki : « ton “petit doigt “ est digne de ma trique. Léone, nous allons nous faire plaisir. »</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Il est délicieux, prévenant, jamais lassé de répondre à mes avances et à mes demandes beaucoup plus crues de sa bite comme de sa langue. Il est vrai que comme les messieurs d&#39;un certain âge, habiles envers les dames jeunes et qui en redemandent, il sait s&#39;économiser sans décevoir. Lorsqu&#39;il se surmène ainsi avec précaution, pour mon plus grand plaisir, je pense à ce vieillard (André) que Manon nous a si bien et si longuement décrit dans ses œuvres de bienfaisance auprès de ses vieilles amies disant : « Bien sûr, si une copine un peu plus jeune s&#39;offre à moi, je ne fais pas de manière, en l&#39;avertissant tout de même qu&#39;elle ne compte pas sur moi pour baiser toute une nuit&#8230; Après avoir tiré cinq à six coups, je cale! Ce n&#39;est pas si mal, non ? Nombreuses sont celles qui s&#39;en contentent. » </font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">J&#39;exagère un tantinet, c&#39;est vrai, car Eric Epstein n&#39;a encore que 55 ans (soit, 20 ans de moins que l&#39;André de Manon), mais, comme vous le savez bien mes chéries, si la virilité de nos compagnons se prolonge jusqu&#39;à un âge avancé, l&#39;apogée de leur vigueur, celle qui les rend si fiers de leur sexe, s&#39;exprime au tout début de l&#39;âge adulte. Ensuite, ils doivent faire preuve d&#39;habileté.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Eric, est un homme expérimenté, qui connaît bien les femmes et aime donner du plaisir à ses compagnes. Il sait qu&#39;une partenaire très sensuelle a des désirs sans cesse renouvelés qu&#39;un seul homme ne saurait satisfaire s&#39;il se livre à fond à chaque accouplement.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">C&#39;est sûrement une des trois raisons qui font que le couple qu&#39;il forme avec Chloé est aussi solide : Eric sait se dépenser pour elle. Et Chloé qui l&#39;adore lui en est reconnaissante. Mais, comme les besoins de sa femme sont immenses, il admet que de jeunes hommes s&#39;émeuvent pour sa femme, et la comble de bienfaits. Et il se réjouit aussi que Chloé trouve, en outre, des sensations complémentaires auprès de femmes qui aiment les femmes. Eric et Chloé forment ainsi le couple parfait.</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Bien sûr vous allez me dire, mes petites chéries, comment se fait-il qu&#39; Eric le magnifique s&#39;offre avec toi une petite escapade sentimentale et sexuelle ? Ça alors c&#39;est bien simple ! Vous ne me piègerez pas aussi facilement. Certes, si le couple Chloé/Eric est parfait, ses composantes ne le sont pas. Chloé en est la preuve évidente !</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Même Eric a besoin de changer d&#39;air, et parfois de compagne. Manifestement je lui plais. Si je l&#39;osais, je vous dirais&#8230; Et après tout pourquoi ne le dirai-je pas ? Je vous le dis, donc. Je lui plais, ma solide sensualité—oui, en effet, je suis sans complexe, merci ! Ma solide sensualité, moins explosive que celle de Chloé, mais néanmoins attachante, lui convient bien car il suffit à la combler, et il y trouve un bienfaisant repos, ce guerrier sans peur et sans reproche !</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">Nuit après nuit, dans la chambre ardente de ce château en Périgord où se trouve notre gîte, Eric ne cesse de psalmodier : &#8220;Léone—laisse moi t&#39;appeler Léone, car c&#39;est un peu ma jeunesse qui revit, et ce prénom si proche de Lionne, me rappelle combien j&#39;ai eu envie de toi tandis que ce loufiat de Laprat te fourrait à ma place, à l&#39;envi et sans vergogne—toute vive et si chaude, avec ton calice bienfaisant à mon dard, étroit du col et gorgé de jus et de désirs, tes seins aux pointes de titane, ta bouche veloutée et ta langue envoûtante sur mon zob érigé, tu me reposes, et je renais.&#8221;</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4"><span></span><span></span>Huit jours plus tard, nous sommes de retour. Après une dernière nuit d&#39;amour dans une auberge proche, au petit matin, je dépose Eric, à l&#39;Hôtel des Marconnets, et je m&#39;en vais, fraîche et comblée, vers de nouvelles aventures, tandis qu&#39;Eric, si troublé en ce grand moment d&#39;émotion, me crie, oubliant pour finir son français si châtié :</font></p>
<p align="justify"><font face="georgia,palatino" size="4">« Adieu, Lionne superbe et généreuse, adieu ! Et merci de m&#39;avoir ouvert et ton corps et ton âme&#8230; T&#39;as raison, ma Léone, faut pas s&#39;laisser aller ! »</font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b><span></span></b><span><b><span></span>                                                                        FIN</b></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal"><!--EndFragment--></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal"><font size="2"><span></span><br />
</font>
</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p><span></span><span></span><!--EndFragment--></p>
<p class="MsoNormal"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></b></span></p>
<p><span></span><span></span><!--EndFragment--></p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/24/journal-dapres-ii/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>JOURNAL D&#8217;APRÈS-I-03-23 février 2010</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/04/journal-dapres-i-2/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/04/journal-dapres-i-2/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 04 Feb 2010 13:13:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal de route]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/04/journal-dapres-i-2/</guid>
		<description><![CDATA[Journal de FÉVRIER à lire de haut en bas&#8230; 
&#160;
03 février 2010

Voici la surprise de ce matin (en fait, le mail que l&#39;on peut lire ci-dessous, m&#39;a été envoyé hier soir. Mais comme je ne suis pas toujours suspendu à mon ordinateur&#8230;):
&#160;
Bonjour,
Votre compte a été bloqué par l&#39;équipe de modération pour la raison suivante :
Agressivité [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><u><i><font face="andale mono,times" size="3">Journal de FÉVRIER à lire de haut en bas&#8230; </font></i></u></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font size="3"><font face="andale mono,times">03 février 2010</font></font></p>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/0.vignette.jpg" alt="0.jpg" /></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="3">Voici la surprise de ce matin (en fait, le mail que l&#39;on peut lire ci-dessous, m&#39;a été envoyé hier soir. Mais comme je ne suis pas toujours suspendu à mon ordinateur&#8230;):</font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Bonjour,</p>
<p>Votre compte a été bloqué par l&#39;équipe de modération pour la raison suivante :</p>
<p class="gras">Agressivité et manque de respect envers les membres. Décision prise à l&#39;unanimité suite à deux jours de discussions en interne autour de ce sujet. Cette décision intervient après des premières mises en garde.</p>
<p>Vous avez la possibilité de contester ce blocage si vous pensez que cette décision n&#39;est pas justifiée en nous envoyant un message à l&#39;aide du <a href="http://www.roomantic.fr/forum-1-57-7086-page-2-domination-masculine-ou-humiliation-feminine.html#formulaire" rel="nofollow" class="element_tooltip lien_puce_ancre_bas" target="_blank" title="Cliquez pour recadrer la page sur le formulaire de contestation">formulaire de contestation</a>.</p>
<p>Merci pour votre compréhension.</p>
<p class="italique">L&#39;équipe du site Roomantic</p>
<p class="italique" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"> </font></p>
<p class="italique" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Je suis flattée qu&#39;il ait fallu deux journées pour en arriver à un tel verdict, et je remercie les membres de l&#39;équipe qui ont du batailler en ma faveur pour faire durer la discussion alors que le  jugement  était décidé par avance par “Monsieur je sais tout&#8221;. Bien entendu j&#39;ai contesté une décision justifiée par &#8220;agressivité et manque de respect &#8221; (voyez-vous ça, ces tartuffes!) et des mises en garde qui remontent à plusieurs mois! sans nouveaux préavis alors que personne, à ma connaissance ne se plaignait de moi. Quelle hypocrisie!!!</font></p>
<p class="italique" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">J&#39;ai contesté, mais je ne fais évidemment pas appel. De toute façon la récurrence des sujets nuls sur le forum, l&#39;incapacité  de nombre des membres à s&#39;exprimer clairement sur des sujets inconsistants sans faire trois fautes par ligne, la complaisance, voir la suffisance de certains membres de l&#39;équipe de modération et d&#39;administration, m&#39;insupportent depuis longtemps.</font></p>
<p class="italique" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Il n&#39;y a que *** que je vais regretter. Et les modos déjà partis, ainsi que des membres, parmi lesquels, Claudie, Grégoire, Sophie  et  les deux Éric, Michaël (à cause de qui je me fais jeter), et quelques autres que je ne connais que par leur pseudo que je ne vais pas &#8220;donner&#8221; ici. </font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font size="3"><font face="andale mono,times">04 février 2010</font></font></p>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/oeilzyeutercomcolorsphoto277007.vignette.jpg" alt="oeilzyeutercomcolorsphoto277007.jpg" /><br />
<font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">J&#39;ouvre donc une nouvelle séquence de journal le lendemain de mon éviction de Roomantic.fr. Je ne vais pas en faire une affaire! Si Topper souhaitait depuis longtemps sans doute me faire la mienne, je dois avouer que l&#39;arrogance du gourou, l&#39;ouverture de la boutique, pompe à fric évidente, et le côté massivement cul,cucul et aculturel du forum, ne correspondait pas du tout à ce que l&#39;on est en droit d&#39;attendre d&#39;un site dévolu à &#8220;la sexualité au féminin&#8221;. </font></font></p>
<p><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">Par conséquent, il est hors de question que je fasse &#8220;carpette&#8221;, d&#39;une manière ou d&#39;une autre, pour être réintégrée. Le seul intérêt du site résidait pour moi dans la possibilité de mettre en ligne mes récits et nouvelles, sans limitation ni censure, et de bénéficier d&#39;une interaction limitée, mais instructive, avec quelques membres. Je dois pouvoir établir, sur ce site ou sur un autre, un système analogue.  </font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">Je devrais donc avoir du temps pour développer ici un vrai journal intime et y mettre en ligne à la fois des textes déjà publiés sur Roomantic et de nouveaux récits. Les récits &#8220;érotiques&#8221; mis en ligne sur Roomantic seront progressivement mis en &#8220;stand by&#8221; sur evermore 13 (  Cliquer sur le lien evermore à droite du texte). Le problème est que nombre de ces textes, parmi les plus récents n&#39;ont pas été sauvegardés, et ne se trouvent maintenant que dans les archives de Roomantic auxquelles plus personne ne peux accéder, sauf Monsieur Topper!</font></font></p>
<p><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">L&#39;un des Éric m&#39;a confié cette &#8220;sentence&#8221; de Voltaire:</font></font><span></span></p>
<p><span>&#8220;Je combattrai toujours vos idées, monsieur, mais je me ferais tuer pour que vous ayez le droit de les exprimer&#8221;. </span><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Voilà, ma foi, une belle devise que je ne connaissais pas, qu&#39;il conviendrait, d&#39;inscrire, au fer rouge, sur le front du gourou de la secte des &#8220;Roomanichels&#8221;.</font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="andale mono,times">06 février 2010</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></font><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/im2084osvaldolabbe.jpg" class="imagelink" title="im2084osvaldolabbe.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/im2084osvaldolabbe.vignette.jpg" alt="im2084osvaldolabbe.jpg" /></a></p>
<p><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/im2084osvaldolabbe.jpg" class="imagelink" title="im2084osvaldolabbe.jpg"><br />
</a><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">La boutique de la sexcucuréalité roomantique: voilà ce qu&#39;il me semblerait bien convenir,comme titre, pour refléter ce que <b><i>Roomantic.fr, la sexualité au féminin </i></b>est devenu. </font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">Je me suis fait exclure avec un total de </font></font><b><i><a href="http://www.roomantic.fr/espace-personnel-mes-points.html" class="element_tooltip" title="Cliquez pour consulter vos points de fidélité.">213285 Pts.</a></i></b><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"> Il est vrai que là dedans, il y a 0 Pt pour achats à la boutique, et, aussi, 0 Pt pour n&#39;avoir pas invité de nouveaux membres. Là, le calcul est peut-être faux. En effet, il y a depuis quelque temps un afflux de nouveaux membres. Certes, je suis bien consciente que l&#39;ouverture de la boutique n&#39;y est pas pour rien. Peut-être même qu&#39;elle y est pour beaucoup. Après tout, depuis la mise en place de la deuxième version, tout convergeait vers l&#39;ouverture de la fameuse boutique. </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Pourtant, j&#39;ai constaté que mes blogs, les billets de ces blogs, qui étaient livrés assez régulièrement,  bénéficiaient d&#39;un lectorat  soutenu, pas exceptionnel, mais soutenu. Et les statistiques indiquaient que les lecteurs extérieurs, étaient, assez souvent,  en nombre </font><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">nettement</font><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"> supérieur à celui des lecteurs membres du site. Ce qui m&#39;autorise à penser, vu le nombre des billets que j&#39;ai mis en ligne, que j&#39;ai peut-être plus contribué plus qu&#39;il n&#39;y parait à l&#39;accroissement de nombres des nouveaux membres. </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">J&#39;ai bien le droit, après tout, d&#39;accorder à mon ego cette petite faveur que personne ne peut ni contester, ni confirmer. On m&#39;a laissé, par mégarde, je pense, une ligne pour m&#39;exprimer (mon &#8220;statut&#8221; du jour), j&#39;en ai profité pour signifier ainsi mon humeur: </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><i>Mon compte étant bloqué je ronge mon frein sans m&#39;en faire. La vérité finit toujours par triompher même dans l&#39;hypocrisie la plus dégradante.</i></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="andale mono,times">07 février 2010</font></font></p>
<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/01meaculpa1.vignette.jpg" alt="01meaculpa1.jpg" /></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">La <u><i>sexcucuréalité </i></u>sur internet : voilà un sujet auquel je réfléchis pour en faire un billet tonitruant. C&#39;est un problème de sociologie, et, malheureusement, je  ne suis pas sociologue. France 2 a osé présenter, en quatre fois 2 ou 3 minutes, un &#8220;sujet&#8221; sur les français et la sexualité à faire rire et pleurer, tout à la fois. Avec &#8220;sur les femmes et leur liberté sexuelle&#8221;, j&#39;ai cru me retrouver sur le site de la sexualité féminine roomantique. Les femmes vont, seules ou en couple explorer les sexshops pour voir et acquérir les vidéos cochonnes et les sextoys multicolores et multiformes. De quoi amener de la clientèle à la boutique de &#8220;Cha&#8221;. </font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">Pour traiter ce thème, il n&#39;est pas difficile de cerner les sujets qui chatouillent les amateurs des sites de sexe. En faisant quelques visites, et avec mon expérience de Room et de quelques autres sites, il ne sera pas difficile de lister les thèmes récurrents:ils ne sont pas si nombreux! En revanche, je n&#39;ai </font></font><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">aucune idée de la proportion des français internautes que cela  concerne, ni leur répartition par tranches d&#39;âge et par sexe. Enfin, je peux déjà faire le premier point : je ne risque pas d&#39;être déçue par la richesse intellectuelle qui va en ressortir. </font></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="andale mono,times">08 février 2010</font></font> <font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"></font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span>Premières réflexions sur la Sexcucuréalité au féminin.</span></font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"></font></p>
<p align="justify"><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   322   1838   15   3   2257   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;} @font-face 	{font-family:"Lucida Grande"; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span></span></font></p>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/im2073osvaldolabbe.vignette.jpg" alt="im2073osvaldolabbe.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span>La Femme n’est pas encore inscrite au patrimoine mondial de l’humanité. Certaines pensent pourtant qu’elle le mériterait. Ce n’est pas mon cas. Elle a, en tant que moitié de l’espèce humaine, encore beaucoup de chemin à parcourir. Bien sûr, je ne parle pas de telle ou telle femme en particulier, je parle de la femelle du genre humain qui est encore loin, très loin de faire pièce au mâle du même genre humain. Après tout, n&#39;est-elle pas l&#39;Ève née d&#39;un simple bout d&#39;os, tentatrice responsable de toutes les faiblesses?  </span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span>Mon propos ne vise pas à rechercher les raisons de cette situation encore catastrophique <b>en dehors</b></span><span> de la société féminine elle-même : ce serait trop facile de mettre en cause la société humaine, l’économie, etc…, c’est-à-dire, en fin ce compte, les hommes eux-mêmes, puisqu’ils gouvernent le monde à chaque niveau considéré.</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> Le féminisme le plus radical, je dirais même intégriste, s’oppose sans nuance aux mâles, les rendant responsables de la situation dégradante des femmes ; ce n’est pas mon cas, non qu’ils aient bien, en effet, de lourdes responsabilités depuis des millénaires qu’il réduisent leurs compagnes à l’état d’esclaves (avec bien entendu des nuances, des degrés, que j’examinerais volontiers si c’était le sujet).</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> Mon propos pour l&#39;instant, mon opinion est que la femme est grandement<span>  </span>responsable de sa soumission. Au cours des décennies de l’après-guerre, les progrès scientifiques et sociétaux ont, dans les sociétés évoluées, fourni aux femmes les moyens de leur libération : instruction et culture, égalité devant la loi,  possibilité d’avoir des enfants en nombre non seulement limité, mais même décidable. Ce nombre pouvant tendre vers zéro. Ces propos ne sont pas des affirmations sans fondements : ainsi, par exemple, l’enseignement et la médecine, la recherche et les professions de la magistrature, aussi en partie, sont devenus des secteurs d’activité féminisés parfois jusqu’à 75%. </span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span>La sexualité est probablement, malgré les apparences, un des secteurs les plus retardataires. Il suffit de fréquenter les sites Internet prônant l’érotisme, et facilitant les rencontres, ou de se trouver confrontée aux délires aberrants et dégradants des manifestations de type « gay pride » pour se rendre compte que les femmes sont loin de se prendre en charge de manière lucide et responsable en matière de sexualité. </span></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><span><font face="andale mono,times">11février2010</font></span></span></font></p>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/0.vignette.jpg" alt="0.jpg" /></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><span>Michaël me demande si j&#39;ai été &#8220;froissée&#8221; qu&#39;il ait jeté &#8220;notre histoire&#8221; dans la rivière, pour s&#39;éloigner de moi. N&#39;est-il pas vraiment curieux qu&#39;il puisse se poser une telle question? Cet homme est vraiment désarmant, et dans un autre registre, il me rappelle beaucoup Basile, qui par dépit, se soit mis à l&#39;écart, alors que je l&#39;avais bien</span></span> franchement averti qu&#39;il n&#39;avait rien à attendre de moi qu&#39;une simple connivence amicale, qui devait être strictement respectée. Dois-je même lui répondre?   </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="andale mono,times">12 février 2010</font></font></p>
<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/261336.vignette.jpg" alt="261336.jpg" /></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">J&#39;ai reçu ce matin des messages de soutien de membres de Roomantic. Cela me fait un bien fou. Je ne me croyais pas aussi “accro&#8221; de ce site, ou, plutôt, de certains membres de ce site.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">J&#39;apprends, par *** que lulu serait la réincarnation de &#8220;waterproof&#8221;, l&#39;insubmersible. Cette histoire me plait beaucoup. Va-t-il bientôt pouvoir écouler ses coussins par la boutique de Cha? Et se faire une entrée élogieuse dans Wikipédia, comme Top et Cha? Mais sûrement, oui. j&#39;attends cela avec impatience.  </font></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="andale mono,times">15 février 2010</font></font></p>
<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/oeilzyeutercomcolorsphoto277007.vignette.jpg" alt="oeilzyeutercomcolorsphoto277007.jpg" /></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Trois jours de répit, en montagne,sans internet: quel repos! En rentrant, je trouve plusieurs messages chaleureux, parvenus par unblog, ou par yahoo. Quel plaisir. J&#39;ai aussi une longue missive pleine de tristesse de chagrins, de Claudie. Quelle épreuve encore pour elle. Les échos qui me parviennent sur l&#39;administrateur en chef (O&#39;Top&#8230;) de la roomanichellerie me paraissent bien anodins, en comparaison.</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Mon récit sur Monique, Valérie et Stéphane, commence à prendre tournure. Mais il y a encore du travail. Mes lecteurs attentifs, peuvent ainsi apprécier, en direct, comment je progresse. Mais, combien y en a-t-il?</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="andale mono,times">16 février 2010</font></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/im2073osvaldolabbe.vignette.jpg" alt="im2073osvaldolabbe.jpg" /></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p><!--EndFragment--></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">J&#39;ai mis un point final à &#8220;Monique, ma voisine&#8221;. Oh!, il y a sûrement de multiples corrections à faire encore. Mais j&#39;en resterai exactement au point où j&#39;ai abouti. Ça me parait convenir exactement à l&#39;idée que j&#39;avais au départ.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">C&#39;est la première fois que j&#39;écris directement en ligne. C&#39;est une expérience intéressante. Un éventuel lecteur assidu pourrait y suivre mes hésitations, mes retours en arrière, mes suppressions ou mes additions. Il ne faut pas que j&#39;oublie de mettre ce texte à l&#39;abri&#8230;</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">J&#39;ai retrouvé Nat et Sophie sur Facebook. Voilà pour moi encore une première! Je ne sais pas trop comment manipuler ce site. Ce doit-être facile de se faire avoir; les indiscrétions doivent y être d&#39;une grande facilité. Je vais sûrement encore me faire mener en bateau comme sur Fesses-Roomanichels.fr. Il faut que je demande conseil à Nat et à Sophie. </font></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">Ertan Demirel est arrivé! C&#39;est la grande nouvelle, le grand chambardement dans ma relation intime avec Justine. C&#39;est un type très sympathique qui a déjà fait la conquête d&#39;Emma&#8230;Pourtant, la fine mouche, du haut de ses dix ans, sent le danger qui couve. Comme toujours, elle a déjà tout compris avant tout le monde. Il s&#39;installe, pour l&#39;instant, dans le rez-de-jardin de la maison. Le bureau-atelier de Maria et Sara est toujours là, mais les deux filles ont libéré le studio. J&#39;aimerais mieux, dans un premier temps qu&#39;Ertan reste ici. Le temps que je sache si la cohabitation est possible. Si Ertan partait s&#39;installer ailleurs, je serais sûre de perdre Justine. Elle, je le sais, voudrais que nous fassions MAT tout de suite. Mais j&#39;ai déjà connu cela, vivre à trois est est piège dangereux. Et ce n&#39;est pas sans circonspection que je m&#39;y livrerais de nouveau.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">Pour l&#39;instant, Justine et Ertan travaillent ensemble dans le bureau aménagé en haut pour Justine, à côté du mien. Peut-être que nous allons chercher un local pour les graphistes. Alors, Justine et Ertan pourraient s&#39;installer à la place de Maria et Sara? Ce serait un moyen de les garder ici.  </font></font></p>
<p><font size="3"><font face="andale mono,times">18 février 2010</font></font></p>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/261336.vignette.jpg" alt="261336.jpg" /></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="helvetica">La cohabitation avec Ertan ne semble difficile qu&#39;à moi-même. Les petites, surtout Emma qui peut mieux s&#39;exprimer que Pauline, sont ravies. Justine et Ertan filent le parfait amour&#8230;Moi seule me sent flouée. Je ne sais comment me sortir de cette impasse. Comme une sotte, j&#39;ai repoussée Justine hier soir! &#8220;Que faire?&#8221; se serait demandé Lénine. Combien de &#8220;pas en arrière&#8221; avant d&#39;avancer à nouveau? Je me sens dans un épais brouillard. </font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="helvetica">Je vais à Paris jusqu&#39;à lundi soir revoir certaines archives pour mon Laclos. Les éditeurs, et surtout les lecteurs &#8220;experts&#8221; auprès des éditeurs (en l&#39;occurrence il s&#39;agit de Flammarion!) commencent à me pomper l&#39;air sérieusement. Je voudrais bien savoir qu&#39;elle est la sommité qui retarde la parution de ce bouquin pour me griller la politesse&#8230;<br />
</font></font></p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">Les histoires des Roomanichels sont bien passées au Nieme plan&#8230;En fait, je me sens mieux loin de ces tartufes, pour ne pas employer de qualificatifs plus sévères. Grégoire s&#39;attend à ce que le site devienne payant. Il a sans doute raison. En tous cas, les retraits, ou les exclusions, sont, je ne dirais pas massifs—car bon nombre des nouveaux venus ne doivent rien comprendre!—, mais voyants. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="andale mono,times">22 février 2010</font></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">Je rentre ce soir de Paris. Encore quelques vérifications à faire à la BNF. J&#39;ai reçu hier soir un message sibyllin de Justine:</font></font></p>
<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/105670.vignette.jpg" alt="105670.jpg" /></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">&#8220;<i>Mane chérie, je t&#39;avertis, lorsque tu arriveras, Ertan sera reparti à Hambourg. Nous avons compris que c&#39;était mieux ainsi. Je t&#39;attends. Je t&#39;aime. Justine</i>.&#8221;</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">Je ne comprends pas.Ou, plutôt,je n&#39;ose pas comprendre ce que cela veut dire. J&#39;ai téléphoné mais seule Emma m&#39;a répondue. Elle m&#39;a dit ne rien savoir. Mais je ne la crois pas. Elle est trop maligne pour cela. Elle m&#39;a simplement dit que Justine était partie à Marignane avec Ertan et que Sara était là, pour la soirée, afin qu&#39;elles, les filles, ne restent pas seules. </font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">J&#39;ai hâte de rentrer. Je vais sans doute prendre un train plus tôt que prévu. </font></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">Hier, ne pouvant ps aller en bibliothèque, j&#39;ai travaillé sur une idée de nouvelle.</font></font><br />
<!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   739   4216   35   8   5177   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} a:link, span.MsoHyperlink 	{color:blue; 	text-decoration:underline; 	text-underline:single;} a:visited, span.MsoHyperlinkFollowed 	{color:purple; 	text-decoration:underline; 	text-underline:single;} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></b></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Je me suis décidée à reprendre mon personnage de Cécile Malvert, une femme qui, par bien des côtés,<span>  </span>me ressemble, mais à laquelle je n’ai pas créé d’ « histoire »</font><span><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"> </font> </span>( cf. <a href="http://evermore13.over-blog.com/article-l-avventura-44457670.html">http://evermore13.over-blog.com/article-l-avventura-44457670.html</a> &amp; <a href="http://evermore13.over-blog.com/article-de-s-ai-xe-d-amour-44440829.html">http://evermore13.over-blog.com/article-de-s-ai-xe-d-amour-44440829.html</a><span>   </span>)<font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">. Je vais la reprendre en commençant par l’adolescence.<span>  </span>Ce sera : « Tout feu tout flamme », titre encore provisoire. En voici le </font></span><span><b><i><u><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Synopsis:</font></u></i></b></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<p class="MsoNormal"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="2"><span><b><u><br />
</u></b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="2"><span><b><u><!--[if !supportEmptyParas]--> </u></b></span>À 14 ans, elle entre en seconde et rencontre Charlotte. Jusque-là, sexualité en sommeil, en devenir( ?). Bien sûr elle se “touche“ depuis, au moins, sa puberté. Mais, ce sont surtout ses seins qui l’émeuvent, qui l’attendrissent. Ils deviennent vite un peu plus développés que la moyenne, sans excès, toutefois. Ils sont denses, fermes, vivaces, vivants, réagissant vite et joliment. Mais doux ; et tendres. Elles ne se gêne pas pour les mettre en valeur, nus sous ses ticheurtes. Les garçons, et ses profs, en sont presque gênés, de manière hypocrite, car en fait , ils en sont enchantés. Ses parents et ses frères lui font souvent remarquer qu’elle est ainsi très impudique, mais—est-ce de la naïveté, ou réellement de l’impudeur volontaire?—elle n’en tient pas compte. Jusqu’au jour, toutefois, où un de ses camarades de collège, l’année précédente, en troisième, un jour, la serra de près dans un recoin, pour lui caresser “ses fabuleux nichons“. Le garçon se retrouva par terre, après un coup de genoux dans les “parties“. Et elle en fut horrifiée, et fit désormais, un peu plus attention avant d’exhiber sa poitrine par un vêtement serré, sans soutien-gorge.<span>   </span></font></i></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--> <i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="2"><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/httpwwwzphotofrdanielawalterbarthelemiphoto361351.jpg" class="imagelink" title="httpwwwzphotofrdanielawalterbarthelemiphoto361351.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/httpwwwzphotofrdanielawalterbarthelemiphoto361351.jpg" alt="httpwwwzphotofrdanielawalterbarthelemiphoto361351.jpg" width="400" />(barthelemi,zPhoto.fr)</a></font></i></p>
<p class="MsoNormal"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="2"> </font></i></p>
<p class="MsoNormal"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="2">Avec Charlotte, c’est le coup de foudre. Sa sensualité s’éveille, d’emblée à un niveau élevé. Ce corps à corps avec ce premier amour est un émerveillement.</font></i></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="2"> </font></i><!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="2">Charlotte, qui a seize ans (scolarité subnormale) n’est plus une novice : elle a déjà eu des flirts avec les deux sexes. Elle n’est plus vierge depuis deux ans et entraîne Cécile dans une sexualité débridée à laquelle elle se plie volontiers. Mais pour chacune, c’est l’amour vrai, chaud, mais vrai, sincère. D’une certaine manière, Charlotte réfrène même sa libido par amour pour Cécile. Elle devient<span>  </span>fidèle à sa partenaire. Les deux filles s’accordent dans un superbe duo sentimental. Elles ne se priveront d’aucun plaisir sensuel, mais en gougnottant entre elles deux seulement. </font></i></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="2"> </font></i><!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="2">Elles trouvent le moyen de passer beaucoup de temps ensemble. Même les vacances. Cela va durer jusqu’au bac. presque trois ans! Le travail s’en ressent en positif pour Charlotte qui est stimulée par Cécile. Elle profite des capacités intellectuelles supérieures de sa compagne.</font></i></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="2"> </font></i><!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="2">Les parents ? De part et d’autre, ils sont aveugles et mettent longtemps avant de découvrir les relations saphiques des deux filles. Quand ils s’en aperçoivent, c’est trop tard. Doublement d’ailleurs, car la liaison entre les deux filles est sur son déclin, et la liberté sexuelle acquise est irréversible. Pour les parents de Cécile qui ont vécu la grande aventure de 1968, c’est raté ! IIs se comportent en bobo et c’est tout. Les parents de Charlotte sont des cadres moyens non structurés.</font></i></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="2"> </font></i><!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="2">L’idylle prend fin avec le bac passé en 1994. Charlotte se laisse convaincre par parents et profs de faire les classes préparatoires aux grandes écoles . Cécile, qui en aurait l’étoffe, résiste : elle veut sa liberté d’apprendre par elle-même. Pas de bourrage de crâne. Elle veut tracer sa route en toute indépendance. En outre, Charlotte, s’éprend d’un garçon qui veut suivre le même cursus et deviendra son mari…Gerry Rabaud.<span>  </span>(<a href="http://evermore13.over-blog.com/article-l-avventura-44457670.html">http://evermore13.over-blog.com/article-l-avventura-44457670.html</a> ). Les deux filles restent amies, sans plus. Cécile, avec sa mention TB en poche, ne passera pas ses vacances avec Charlotte, mais dans la maison de campagne de ses parents, dans la Montagne Noire. </font></i></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="2"> </font></i><!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="2">Là, elle rencontre un type de quarante ans, beau mâle séducteur qui l’emballe., dans tous les sens du mot. Cet électronicien de la SNECMA, célibataire, l’initie à l’hétérosexualité. Cette relation ne durera que le temps de l’été. À l’université du Mirail, à Toulouse, dès la première année, elle aura<span>  </span>des relations bisexuelles éphémères jusqu’à sa rencontre  mouvementée avec<span>  </span>Chloé Ramain, une de ses enseignantes de seconde année. Cette relation turbulente ne durera pas beaucoup plus d’un an car Chloé, nymphomane, ne se contentait pas d’une seule partenaire et souhaitait des relation en groupe que Cécile redoutait. </font></i></p>
<p class="MsoNormal"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="2"> </font></i></p>
<p><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="2"><span>Après cette rupture, Cécile, resta volontairement&#8221;à jeun&#8221; jusqu’en maîtrise et en DEA :à   ce moment, elle eu une longue relation avec Georges Laprat, un professeur qui dirigea sa maîtrise et son DEA, et acheva son initiation sensuelle. Laprat qui était marié, dut quitter l’université et s’exila en Argentine. Cécile, qui n&#39;était pas éprise plus que ça de Laprat, <span> </span>tenta l’agrégation de lettres modernes l’année même du DEA, sans préparation spéciale, fut admissible, puis admise. C’était en 1999 : elle avait 22 ans.</span></font></i><!--EndFragment--></p>
<p><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">Ensuite, peut-être écrirai-je l&#39;aventure amoureuse de Cécile avec Joyce et Brian en Nouvelle Zélande: une expérience réussie, et très gratifiante de triolisme. À moins que je poursuive et développe la relation Marie-Cécile-Martin (  http://evermore13.over-blog.com/article-de-s-ai-xe-d-amour-44440829.html    ).</font></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>(<font size="2">de Roulie, zPhoto.fr)</font></p>
<p><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/douceurderouliehttpwwwfotocommunityfrpcpcextrafavpos2display13322879.jpg" class="imagelink" title="douceurderouliehttpwwwfotocommunityfrpcpcextrafavpos2display13322879.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/douceurderouliehttpwwwfotocommunityfrpcpcextrafavpos2display13322879.jpg" alt="douceurderouliehttpwwwfotocommunityfrpcpcextrafavpos2display13322879.jpg" width="400" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">Les nombreux billets composant &#8220;L&#39;été en pente douce de Cécile&#8221; (et les autres billets des &#8220;Chroniques de l&#39;été 2009&#8243; sont malheureusement bloqués sur Roomantic.fr !!!</font></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font size="3"><font face="andale mono,times">23 février 2010</font></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font size="5"><font face="arial,helvetica,sans-serif">Voici ce que j&#39;ai écrit à Topper ce matin:</font></font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="3"><i> Monsieur Geoffroy,</i></font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="3"><i>J&#39;ai contesté votre décision de bloquer mon compte. Vous m&#39;avez répondu:</i></font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="3"><i></i></font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="3"><i><span>La contestation du blocage de votre compte a bien été prise en compte.</span></i></font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="3"><i>Vous recevrez par e-mail la décision définitive après concertation des membres de l&#39;équipe.</i></font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="3"><i>Merci pour votre compréhension.</i></font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="3"><i><br />
J&#39;attends toujours votre réponse. Depuis le 3 février.</i></font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="3"><i>Serait-ce encore manquer de respect à l&#39;équipe de Roomantic.fr que de demander qu&#39;une réponse me  soit adressée? La compréhension dont vous me remerciez par avance doit-elle aller jusqu&#39;à attendre indéfiniment votre décision?</i></font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="3"><i>Je tiens à vous dire que, après presque deux années passées en votre compagnie, <span>je trouve inconvenant d&#39;avoir été traitée avec autant de mépris</span>. Certes, je reconnais avoir reçu à plusieurs reprises des mises en garde de la part de votre équipe, et même d&#39;avoir été censurée. Toutefois, cela ne s&#39;était pas produit depuis de longs mois, et vous avez bloqué mon compte sans aucun préavis, alors qu&#39;à ma connaissance, personne ne se plaignait de moi.</i></font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="3"><i>J&#39;avais une telle confiance en votre probité que je considérais que Roomantic.fr était un site plus sûr que mon ordinateur ou une quelconque clé USB que j&#39;ai de nombreux récits qui ne me sont plus accessibles! Et c&#39;est une décision d&#39;autorité que je ne vous pardonnerai jamais.</i></font></p>
<p><font face="georgia,palatino" size="3"><i>Votre blocage sans  préavis m&#39;a empêchée de les mettre à l&#39;abri. C&#39;est une preuve de ma trop grande naïveté, je vous l&#39;accorde&#8230;   </i></font></p>
<p><b><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="5">Et voici la réponse: </font></b></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><hr class="messageHeaderDivider colorK2" noshade="noshade" /><font color="#0000cc">Bonjour,</font><font color="#0000cc">Le texte envoyé en tant que contestation de blocage n&#39;attendait pas de réponse.</font>&nbsp;</p>
<p><font color="#0000cc">La possibilité de contester un blocage qui n&#39;existe nulle part ailleurs sert à avoir un dernier droit de parole en cas d&#39;erreur ou de mauvais jugement de la situation.<br />
Le fait que le motif &#8220;Agressivité et manque de respect envers les membres&#8221; ne te convienne pas ne remet pas en cause la décision.</font></p>
<p><font color="#0000cc">Tu trouves inconvenant d&#39;avoir été traitée avec autant de mépris mais malgré toutes les mises en gardes tu n&#39;a pas cru bon changer de comportement.<br />
Ces mises en gardes sont autant de préavis et de chances que l&#39;on t&#39;a donné et qu&#39;aucun autre membre a eu par le passé alors je ne vois pas en quoi il y a du mépris (bien au contraire).</font></p>
<p><font color="#0000cc">Nous ne pouvons pas nous permettre de faire éternellement des mises en gardes cycliquement à chaque fois qu&#39;il y a un non-respect des règles de bonne conduite, sinon ça n&#39;a aucun intérêt et n&#39;a aucun impact. La preuve est que ça n&#39;a absolument rien changé te concernant. Ce n&#39;est pas parce que les échanges se font par Internet que chacun peut se permettre de manquer de respect aux autres sans qu&#39;il y ait la moindre conséquence.</font></p>
<p><font color="#0000cc">Enfin, ce n&#39;est pas parce que personne ne se plaignait de toi à ta connaissance que ce n&#39;était pas le cas.</font></p>
<p><font color="#0000cc">Tu agis avec une telle arrogance qu&#39;il t&#39;es même pas venu à l&#39;idée que cette décision pouvait être très largement justifiée et que tu devais peut être te remettre en cause.</font></p>
<p><font color="#0000cc">Du coup, je ne vois pas ce qu&#39;il y a à rajouter.</font></p>
<p><font color="#0000cc">&#8211; Christophe Geoffroy</font></p>
<p><i><font color="#330000"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">(NB: par arrogance, je me suis bien gardée de corriger les nombreuses fautes d&#39;orthographe et de grammaire qui ornent ce charmant billet</font></font></font></i><font color="#330000"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">&#8230;)<br />
</font></font></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><i><b><font size="4"><font face="arial,helvetica,sans-serif">En effet, il n&#39;y a rien à ajouter: cette réponse se suffit à elle-même… J&#39;ai tout de même répondu</font></font></b></i>:</p>
<p>Merci beaucoup. En effet, il n&#39;y a rien à ajouter, si ce n&#39;est</p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><i>1- Je n&#39;ai toujours pas la preuve que des membres ce soient plaints  de mon agressivité et de mon arrogance dans la période écoulée depuis vos dernières mises en garde. C&#39;est donc votre point de vue qui triomphe, sans point de vue différent, voire opposé au vôtre.</i></font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><i>2-Vous devez trouver normal, aussi, de confisquer au profit de personne d&#39;ailleurs, des textes que j&#39;avais mis en ligne en toute confiance. Je suppose que cela fait parti de la règle de votre jeu. C&#39;est la punition de la vilaine adhérente qui ne se soumet pas à une éthique intellectuelle des plus contestables. Mais, c&#39;est sûrement mon arrogance qui me dicte cette dernière remarque.  </i></font></p>
<p><i><b><font size="4"><font face="arial,helvetica,sans-serif">Et pour en finir avec l&#39;histoire du jour, voici la réponse reçue peu après mon envoi:</font></font></b></i></p>
<p><i><b><font size="4"><font face="arial,helvetica,sans-serif"></font></font></b></i><br />
<font color="#330066">Pour recevez cet e-mail pour vous signifier qu&#39;après concertation, votre compte a été bloqué définitivement.Toutes les communications devront être réalisées désormais en contactant Séverine qui est chargée de la modération à l&#39;adresse e-mail :<a href="mailto:severine.d@roomantic.fr">severine.d@roomantic.fr</a></font></p>
<p><font color="#330066">Cordialement,</font></p>
<p><font color="#330066">L&#39;équipe de Roomantic.fr</font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="arial black,avant garde" size="3">N&#39;est-ce pas mignon? Respirons donc un air plus salubre&#8230; </font><br />
<a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/inspirationdefuchsheikewwwfotocommunityfrpcpcchannel501extranewdisplay14313912.jpg" class="imagelink" title="inspirationdefuchsheikewwwfotocommunityfrpcpcchannel501extranewdisplay14313912.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/inspirationdefuchsheikewwwfotocommunityfrpcpcchannel501extranewdisplay14313912.jpg" alt="inspirationdefuchsheikewwwfotocommunityfrpcpcchannel501extranewdisplay14313912.jpg" width="400" /></a></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">   </font></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></font></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/04/journal-dapres-i-2/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>MONIQUE, MA VOISINE &#38; quatre autres RÉCITS ET NOUVELLES.</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/04/journal-dapres-i/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/04/journal-dapres-i/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 04 Feb 2010 07:42:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Nouvelles &amp; Récits.]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/04/journal-dapres-i/</guid>
		<description><![CDATA[1-MONIQUE, ma voisine.

     
 Nous sommes voisins, Monique et moi. Nous habitons dans un immeuble rénové en bord de Saône, rive gauche, à la hauteur de Bellecour. Sous les toits, deux charmants petits « deux pièces + cuisine » contigus.
Monique est née en 1950 et moi en 1970. Vingt ans nous séparent, elle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><font size="5"><b>1-MONIQUE, ma voisine.</b></font><br />
</font></p>
<p align="justify"><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   599   3415   28   6   4193   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--> <font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Nous sommes voisins, Monique et moi. Nous habitons dans un immeuble rénové en bord de Saône, rive gauche, à la hauteur de Bellecour. Sous les toits, deux charmants petits « deux pièces + cuisine » contigus.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Monique est née en 1950 et moi en 1970. Vingt ans nous séparent, elle a soixante ans, et pourtant nous sommes amants. Depuis sept mois, nous nous aimons, et nous sommes heureux.</font><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Ça vous étonne ? Vous trouvez ça “glauque“, malsain, contre-nature ? Si c’était l’inverse, et si l’écart était encore plus grand, ce serait normal, pas glauque pour un sous, et pas malsain, n’est-ce pas ?</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Et bien, on s‘en fout ! On se bat l’œil de ce que vous pensez. Monique est une femme superbe, pleine de jus, d’une sensualité débordante. Nous baisons à vous en rendre jaloux, sans avoir besoin de chimie pour bander, ni pour moi, ni pour elle. D’accord, elle n’a plus qu’un sein, à droite, depuis une quinzaine d’année. On  lui a enlevé le gauche pour lui permettre de vivre plus longtemps. D’accord, elle garde toujours son soutif pour maintenir en place son orthèse. Et après ? Ça ne l’empêche pas d’avoir un nichon très doux, très réactif, que je caresse en passant la main sous le bonnet, et tout est bien comme ça.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Je n’ai jamais été aussi heureux que maintenant, avec elle.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"> </font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Monique travaille comme chef de l&#39;agence Touratour Gambetta, près de la fosse aux ours. Moi, Stéphane Laurent, je suis cuistot au Bistrot du Palais, dans le Vieux-Lyon. Nos horaires ne sont guère compatibles, sauf le dimanche et le lundi, car nous sommes au repos tous les deux. C&#39;est pourquoi nous gardons nos deux appartements, pour ne pas nous gêner.</font><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> </span>Avant, nous n’avions que de simples mais très cordiales relations de bon voisinage. Jusqu’au jour où, au tout début du  printemps 2009—c’était, très précisément, le dimanche 22 mars, nous nous sommes trouvés ensemble à l’Hôtel du *** à la Croix-Blanche, petite localité du Mâconnais, entre Mâcon et Cluny. </font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">J’étais arrivé à Loché par le TGV du matin et j’avais  marché par les sentiers,  les vignes et les bois des sommets, en passant par Solutré, sa Roche et son musée, La Grange des Bois, Serrières, Pierreclos et Milly-Lamartine. Une belle trotte! Je comptais, le lendemain, monter, par Sologny et le col des Enceints, à la “Mère Boitier“, sommet granitique de  quelque 750 mètres, entre Maconnais, au Nord, et Beaujolais, au Sud. De là, je poursuivrais plein Sud sur Beaujeu, et par car ou par stop, ou les deux, je rejoindrais Belleville ou Villefranche afin de reprendre un train pour Lyon. </font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Monique avait randonné autrement : partie de Lyon en voiture (qu’elle avait laissée à Blanot) elle avait marché jusqu’à Cluny, par la Forêt de Boursier, pris un car jusqu’à St Point, et rejoint La Croix-Blanche par la Mère-Boitier, Serrières et  Pierreclos. </font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">En bavardant autour d’un apéritif local ( un verre d&#39;un excellent St Véran ), puis  d’un souper reconstituant que nous avons tout naturellement pris ensemble, nous avons découvert que nous étions des marcheurs invétérés, et constaté quelques autres points communs de rencontre. Elle m’a proposé de changer de programme : partir avec elle par Berzé, Verzé et Azé pour rejoindre Blanot et sa voiture. C’est ce que nous avons fait, après avoir jeté un coup d’œil  au Château de Berzé le Châtel  et aux fresques de Berzé la ville.</font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Nous avons ressenti beaucoup de plaisir à faire ensemble cette ballade. Nous en avons tiré la conclusion que d’autres escapades de ce genre étaient à envisager. Fin mai, pour la Pentecôte, j’ai pu me libérer le samedi 30 mai, ce qui nous a donné la possibilité de partir trois jours, avec quelques autres randonneurs avec qui Monique avait pris l’habitude de sortir pour ne pas courir seule des risques inutiles.</font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"> </font><!--[endif]--></p>
<p><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   642   3664   30   7   4499   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      --></p>
<p class="MsoNormal"><!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Le programme était la traversée Ouest-Est du Vercors, de Léoncel au Grand Veymont, par Font d&#39;Urle et Vassieux, avec retour par le Sud, c’est-à-dire par le Cirque d’Archiane et Chatillon-en-Diois. Une vraiment belle excursion, plutôt sportive, avec deux nuits en refuge. Nous étions une troupe de 12 bons marcheurs. </font><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Les plus âgés avaient soixante-cinq et soixante-huit ans. </font><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"> Les plus jeunes en  avaient vingt ; il s&#39;agissait d&#39;un couple très amoureux, qui aux haltes, se retirait à l’abri des regards, lorsque le lieu le permettait&#8230; La fille, Marine, avait des yeux dignes de son nom, et elle était superbement bien moulée. Julien, qui me semblait assez effacé, marchait à sa suite, alors que l’on grimpait vers la crête. Elle se retourna pour lui demander pour quelle raison il se tenait derrière elle en montant. « Parce que la vision de ton joli cul qui se démène devant moi me stimule, m’attire comme un aimant et ainsi, je monte plus facilement… » Elle lui fit alors un beau sourire plein d’une sensualité à peine contenue.</font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"> Monique, qui était à mes côtés, me fit un clin d’œil amusé auquel j’ai répondu à mi-voix, « c’est vrai que moulé dans son mini-short, il a belle allure ce cul ! » Monique me fit les gros yeux, à la fois réprobateurs et rieurs.</font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Le soir de ce jour, le dimanche, nous étions allongés côte à côte au refuge un peu trop peuplé. Il y faisait donc trop chaud dans nos duvets et nous avons dû nous découvrir un peu. Pendant la nuit, ma main a touché celle de Monique. Je l’ai prise dans la mienne. Elle ne me l’a pas retirée. Je me suis penché sur elle pour lui donner un baiser, pudique, retenu, au coin des lèvres. Elle me retint en posant sa main sur le cou afin de me le rendre, ce baiser, mais à pleine bouche.</font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"> C’est ainsi que tout a commencé entre nous.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Cette femme déjà âgée, mais encore bien belle avec un visage arrondi, plein et lisse, sauf au coin des yeux d’où partaient des faisceaux de fines rides. Elle avait dû être brune, mais sa chevelure avait déjà beaucoup de « grains de sel ». Grâce, sûrement à sa vie sportive et sans doute aussi à une alimentation équilibrée, son corps était ferme et élancé, de sorte qu’elle ne craignait pas de porter le short, et d’une manière générale des vêtements près du corps, sauf les hauts qui étaient toujours flottants.</font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Dès que nous eûmes des moments de liberté coïncidents, en juin, nous les avons passé ensemble, nous racontant l’un à l’autre, l’une à l’autre. J’ai parlé de mon mariage raté avec Odile, des deux enfants que nous avons eus, des femmes que j’ai connues ensuite, ou que j’ai encore, sans autre amour. Elle m’a parlé de Jean, l’homme de sa vie qui est devenu, très jeune encore, atteint par l’Alzheimer. Il<span>  </span>vit toujours, dans un autre monde depuis bientôt vingt ans. Son cancer, très agressif, s’est déclaré peu après : ablation complète d’un sein, radiothérapie, chimiothérapie. Elle se considère en sursis. </font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"> </font><!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Nous n’avons commencé à coucher ensemble que début juillet. Non sans circonspection, pour commencer… Nos corps, si décalés dans le temps de la vie, pourraient-ils s’entendre aussi bien que nos âmes ? J’avais encore, alors, et je ne l’ai pas d’ailleurs encore vraiment rompue,<span>  </span>une relation purement sensuelle avec une collègue de travail un peu plus jeune que moi, mal mariée, et très plaisante.<span>  </span>Je n’étais pas affamé de sexe. Mais, à notre très grande surprise, nous primes bientôt du plaisir, Monique et moi, à faire l’amour. Elle s’en est étonnée elle-même. « J’avais peur de casser notre belle entente en te livrant mon vieux corps. Et j’ai vite compris que tu y prenais ton plaisir, et finalement, moi aussi, ce qui me surprenait : prendre du plaisir sexuel à soixante ans avec un jeune homme de quarante qui m’accepte avec ma peau fripée et un nichon en caoutchouc ! Tu me rends heureuse, Stéphane ; la vie avec toi m’est à nouveau très belle.» </font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"> Nous avons passé nos congés d’août ensemble, comme une lune de miel, en crapahutant dans les Alpes Suisses et Italiennes. Avec beaucoup de moments de repos dans des hôtels de charme, en y dépensant sans regret des fortunes qui ne pouvaient trouver meilleurs usages.</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Voilà, sept mois ont passé, et nous sommes toujours amoureux, peut-être même de plus en plus. Je voulais rompre avec Valérie, ma maîtresse occasionnelle. Je l’ai annoncé à Monique. Elle m’a souris, enchantée je pense, mais en me disant, « réfléchis bien avant de prendre une aussi lourde décision. Tu le sais, je ne suis pas jalouse, et je comprendrais très bien que je ne puisse pas satisfaire entièrement ton appétit sexuel. »</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">“En fait&#8221; pense Monique,&#8221;Stéphane ne me croit pas. Il a à la fois raison et tort. Bien sûr je suis jalouse à l&#39;idée que de temps à autre il puisse forniquer, avec cette Valérie, vite fait bien fait, entre deux portes, ou toute une nuit chez elle. Cette idée me rend sombre, me fait regretter de ne pas être plus jeune, de ne pouvoir exhiber la mignonne  et ferme poitrine qui fut la mienne. J&#39;aime tellement sentir la douce pesée de sa main sur mon unique nichon, ses doigts précautionneux, ou sa bouche et sa langue qui titillent mon téton. J&#39;aime aussi que sa main s&#39;égare sur mon pubis, que ses doigts partent à la recherche de mon clito ou fouillent entre mes lèvres&#8230;Ce regain de jouissance sur lequel je ne comptais plus est pour moi une telle surprise, une telle félicité que Stéphane m&#39;apparaît comme la plus belle des aventures qui me soit arrivée depuis que Jean a changé d&#39;univers. Aussi est-ce bien vrai que je ne lui en veux pas que son trop-plein de désir se déverse dans la chatte de sa compagne de travail. C&#39;est que parfois, je sens bien, je sais bien, que je ne suis pas à la hauteur de son désir. Et je sais qu&#39;il a pour moi le plus vrai, le plus tendre aussi, des amours.“</font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">Les sentiments que Stéphane éprouvent pour Monique redonnent à celle-ci un sens à sa vie. Pourtant, elle sait que cette vie touche à sa fin. D&#39;après ce qu&#39;elle a compris des derniers examens qu&#39;elle a subi, Monique soupçonne une reprise—au niveau du foie et des poumons, mauvais signe, non?—qui ne peut que lui être fatale dans un délai incertain mais probablement bref. Néanmoins, le bonheur que lui apporte Stéphane</font></font>, <font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">elle le prend comme un heureux miracle. Aussi, ne veut-elle pas se montrer bêtement jalouse de cette Valérie </font>qui,<font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"> après tout ne lui prend rien d&#39;essentiel. Quelle importance si Stéphane et elle baisent après le travail, tard dans la nuit, s&#39;il garde pour elle le meilleur de lui-même.</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Elle le lui dit: &#8221; Je ne suis pas éternelle? Je te sais gré de te plaire encore à mon âge, et dans mon état. Je n&#39;en reviens même pas que tu veuilles me baiser, me faire jouir, alors que bientôt, je ne serai plus que poussière&#8230;</font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">—Comment le sais-tu?</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">—Je le sais, c&#39;est tout.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">—Mais je t&#39;aime, Monique, ce n&#39;est pas par compassion que je te fais l&#39;amour.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">—Je le sais bien, c&#39;est pourquoi tu me rends si heureuse. Et cette Valérie ne me gêne en rien, crois-le bien. D&#39;ailleurs, je sais que tu l&#39;as dans la peau, non? Tu aurais tort de t&#39;en priver.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">—C&#39;est vrai, nous sommes accro l&#39;un de l&#39;autre. C&#39;est le chef en second de la cuisine. Bien que jeune, elle est très douée. Bizarrement, il nous a fallu un mois pour penser à la chose&#8230;Valérie et moi, nous nous étions donnés rendez-vous un dimanche soir de repos , il y a un an au moins, maintenant, dans un bar des Terreaux. Nous nous sommes attablés côte à côte. Elle voulut goûter mon coquetèle, et je lui tendis mon verre. Elle tint le tout, le verre et ma main dans les siennes. Manifestement, elle voulait de moi quelque chose. Il y a des femmes qui savent communiquer leur envie de baiser sans avoir besoin de paroles. Tu es de ces femmes-là. Par la main et le sourire. Valérie aussi, dans un autre registre. Elle pâlit et se met à respirer d&#39;une façon particulière, le souffle court et rauque.&#8221;</font></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">Et Stéphane continua, comme pour lui même. je lui ai demandé: &#8220;Quel âge as-tu?</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">—Vingt-quatre ans.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">—J&#39;en ai quarante.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">—Tu es jeune!&#8221; a-t-elle menti en me regardant tout sourires de ses yeux dorés de  la couleur des marrons mûrs d&#39;automne.</font></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">&#8220;Tu veux manger avant de baiser, ou après?</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">—Mange-moi et baise-moi dans l&#39;ordre qu&#39;il te plaira&#8230;</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">—Et que pensera ton mari de tout ça?</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">—Laisse de côté mon mari! Ce n&#39;est qu&#39;une lamentable erreur&#8230;&#8221;</font></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">Nous allâmes rue Mercière prendre un léger en-cas accompagné d&#39;un pot  de mâcon. Je l&#39;entraînais ensuite au lit. Je la croyais inexpérimentée, mais je me trompais. Ses hanches épanouies, son regard coquin, ses mots salaces, révélaient une fille qui aime faire l&#39;amour. Ses lèvres et sa langue suceuses firent des merveilles. Ses nichons lourds et tendres et doux, furent accueillants à ma verge tumescente.  Enserrée entre ces deux collines, à chaque poussée elle touchait ses lèvres entrouvertes pour recevoir, au terme du va et vient, les giclées successives de mon foutre crémeux. Elle n&#39;en laissa rien perdre. Plus tard, alors que pour la nième fois je la chevauchais, en levrette cette fois-là, une main sur son sein, et l&#39;autre sur son kiki, elle se mit à crier des mots orduriers, tout en haletant et criant, sans retenue. Après, elle me dit, &#8220;tu baises bien, mais tu es trop silencieux: parle-moi, traite-moi de salope, débite tous les mots grossiers que tu voudras : ça m&#39;excite encore plus de me dire des cochonneries.&#8221;  </font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">&#8220;Voilà, Monique chérie, ce que sont nos ébats. Tu vois, de la sensualité, rien de plus.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">—Rien de plus? Ça reste à voir! je ne suis pas certaine qu&#39;il n&#39;y ait pas, derrière le sexe,  aussi des sentiments. Mais, c&#39;est bien, cette femme a du chien, elle te plait, n&#39;est-ce pas? Ne l&#39;abandonne pas. Elle aussi  a bien droit au bonheur. De son mariage raté, elle se remettra, tu es peut-être bien son avenir. Et elle le tien.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">—Encore des mauvaises idées&#8230;Que faut-il donc faire pour t&#39;en dissuader?</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">—Justement, voilà&#8230;</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">—Voilà quoi?</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">—Pourrais-tu te libérer une semaine dans la deuxième quinzaine de février?</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">—Peut-être, oui. J&#39;ai un reste de vacances à prendre. Si Valérie, elle justement, accepte de prendre la direction aux fourneaux, ce serait une possibilité. Mais plutôt début mars. Est-ce que ça peut marcher?</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">—Oui, je voudrais t&#39;emmener faire un tour de Sicile. J&#39;aimerais bien y aller. Et toi?</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">—Avec toi, j&#39;irais jusqu&#39;en enfer&#8230;Mais pourquoi la Sicile, et maintenant?</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">—Parce que j&#39;y suis née, et que c&#39;est là que j&#39;ai rencontré Jean. C&#39;est par nostalgie, avant de quitter le monde et toi. Pour que tu gardes de moi une belle image du monde matériel. La Sicile en mars est de toute beauté. </font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">—Te voilà encore entrain de parler de mort! Mais, enfin!, si tu as des doutes, fais-toi soigner&#8230;&#8221;—Mon chéri, mon amour de la dernière heure, je n&#39;ai pas de doutes. Et je ne me ferai pas soigner.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">—Mais pourquoi? bondieu!</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">—Parce que, lorsqu&#39;un cancer repart après quinze ans de rémission, on est foutu. Je ne veux pas subir  à nouveau, pour gagner quelques jours, quelques semaines ou même quelques mois, radiothérapie, chimiothérapie et tout le toutim. Je sais ce que c&#39;est, et je ne repars pas pour un tour inutile. Les métastases sont en route, elles feront leur chemin quoiqu&#39;il arrive, il n&#39;y a rien d&#39;autre à faire que de me faire bouffer, ou de me supprimer. Pour l&#39;instant, tant que je suis encore capable de le faire, je veux t&#39;emmener au paradis sur terre, et pour moi, ce paradis, se trouve en Sicile, et avec toi. Tu m&#39;y baiseras, avec douceur, avec tendresse, comme tu sais le faire. Et je pourrai partir dans la paix. Voilà! Et assure-toi de retrouver ta Valérie ensuite, ménage-là, aime la bien, elle est ton avenir.&#8221;</font></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">FIN</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><b><font size="5"><font face="verdana,geneva">2-J&#39;ai rencontré une femme heureuse&#8230;</font></font></b></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><i><font size="3"><font face="arial,helvetica,sans-serif">(Un récit que j&#39;ai publié sous ce titre sur Roomantic.fr, m&#39;est maintenant inaccessible car je ne l&#39;avais pas sauvegardé, avec beaucoup d&#39;autres: je vais essayer de le reconstituer. Ce sera une nouvelle version, bien entendu, et il ne sera plus nécessaire de mentionner sa parution antérieure!!!)</font></font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal"><font size="5"><b><font face="arial,helvetica,sans-serif">3-Viens chez moi, j’habite chez une copine&#8230;</font></b></font></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal"><i>(D&#39;abord mis en ligne sur Roomantic.fr)</i></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><font size="3"> </font><!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><font size="3">Un conte de Noël dans lequel l’Amour descend par la cheminée. </font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><font size="3"> </font><!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><font size="3">Une fois n’est pas coutume. Je peux être parfois un tantinet “fleur bleu ».</font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><font size="3"> </font><!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><font size="3">Ce court récit pourrait s’inscrire dans un cycle intitulé : « Ma …— dans ce cas, ma propriétaire—est formidable ! »</font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><font size="3"> </font><!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><font size="3">Lio (prononcez Li O) est son locataire. Il est arrivé alors que Martine, son ex-compagne, était encore là. C’est même elle qui<span>  </span>le dénicha. Un soir, elle est rentrée, accompagnée de ce<span>  </span>jeune homme : «Chérie, je te présente Lionel Carroy, il travaille à<span>  </span>l’agence de voyages voisine de ma pharmacie; Lio,<span>  </span>je te présente mon amie, Colline Ravel. Colline,<span>  </span>Lionel, qui préfère être appelé Lio,<span>  </span>cherche à se loger. Je lui ai parlé de la chambre qui est libre depuis le retour<span>  </span>de Raquel en Espagne. » </font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><font size="3"> </font><!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><font size="3">L’appartement,<span>  </span>que<span>  </span>Colline a la chance de posséder rue des Batignolles—ses parents le lui ont laissé en partant dans le midi, et maintenant, étant fille unique, il lui appartient, puisqu’ils sont tous les<span>  </span>deux décédés maintenant—fut reconstruit à partir de deux petits appartements contigus. L’ensemble a une forme en L et possède deux portes palières. La chambre disponible, grande et pourvue d’une salle de bain attenante,<span>  </span>fut celle de Colline du temps de ses parents. Elle a une entrée<span>  </span>indépendante. Le corridor qui dessert ces deux pièces donne accès, à la suite, à une grande cuisine commune où l’on peut aussi prendre ses repas. De là, on entre dans une vaste pièce « à vivre » où les locataires peuvent<span>  </span>venir passer un moment en soirée devant la télévision dans la mesure où l’entente avec eux le permet. Une seconde porte permet de passer de ce séjour dans un deuxième<span>  </span>corridor<span>   </span>(qui forme un angle droit avec le premier et<span>  </span>où s’ouvre la seconde porte palière de l’appartement) .<span>  </span>La chambre de Colline et sa salle de bain attenante, donnent dans ce vestibule.</font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><font size="3"> </font><!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><font size="3">Lio fut tout heureux et tout aise d’échanger sa chambre de bonne en mauvais état contre un logement confortable, pour un coût à peine supérieur.<span>  </span>Deux jours plus tard, il était installé. D’emblée, il se révéla comme un locataire parfait, dans la mesure où il respecta soigneusement les règles établies par Colline et Martine pour l’usage de la cuisine-salle à manger. Sa discrétion fut également irréprochable. Il devait<span>  </span>fermement chapitrer ses amants, dont il changeait fréquemment,<span>  </span>car à aucun moment, ils ne vinrent troubler<span>  </span>l’intimité des deux femmes. </font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><font size="3"> </font><!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><font size="3">Depuis que Martine avait brusquement quitté Colline, après près de dix ans de vie commune, celle-ci s’était liée avec Lio. II avait su l’entourer, la sentant en grande détresse, de toute sa chaleureuse amitié. Cette amitié tendre, quasi fraternelle, s’était développée d’autant plus aisément, semble-t-il<span>  </span>que Colline s’affichait comme lesbienne et Lio comme gay. </font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><font size="3"> </font><!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><font size="3">Mais voilà, Colline, avant Martine et quelques autres, avait connu un grand amour avec un homme qu’elle avait jugé irremplaçable.<span>  </span>Et, de son côté, Lio ne s’était pas remis d’un amour impossible avec une trop jeune Isabelle qui l’avait dédaigné. </font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><font size="3"> </font><!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><font size="3">Depuis plusieurs mois, Colline se sentait veuve de Martine, sans parvenir à s’attacher à une autre compagne. À trente-neuf ans,<span>  </span>elle se desséchait et se sentait maudite comme un figuier stérile. Quant à Lio, à moins de trente ans, il s’accommodait mal de ses brèves rencontres avec des types pour lesquels il n’éprouvait que trop rarement une<span>  </span>fort tiède empathie.</font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><font size="3"> </font><!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><font size="3">En bref, Colline et Léo étaient des déçus, des laissés pour compte<span>  </span>de leur vie amoureuse.<span>  </span>Ce n’est qu’entre eux, le soir, au coin du feu, qu’ils se sentaient en confiance et rassérénés.<span>  </span>Une vraie connivence s’était peu à peu construite entre eux deux ; ils prenaient un réel plaisir à se raconter après avoir dîner ensemble, parfois au restaurant, le plus souvent chez eux. Léo, plus que Colline, aimait se mettre en cuisine. Elle lui racontait sa journée de prof<span>  </span>de khâgne à Chaptal, quasiment à sa porte ; elle lui parlait des devoirs d’histoire que ses élèves lui rendaient, ou du cours qu’elle avait à préparer. Léo, pour sa part, lui parlait des destinations de ses clients. En particulier, des femmes qui partaient en Afrique noire faire du tourisme sexuel ; il en était mal à l’aise, presque malheureux. « Comment sais-tu qu’elles partent dans cette intention ?</font></p>
<p class="MsoNormal"><font size="3">—Certaines ne s’en cachent pas, et les destinations choisies par d’autres ne laissent planer aucun doute.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font size="3">—En parlent-elles au retour ?</font></p>
<p class="MsoNormal"><font size="3">—Rarement, mais c’est arrivé.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font size="3">—Pourquoi le tourisme sexuel des femmes<span>  </span>te choque-t-il davantage que celui des hommes ?</font></p>
<p class="MsoNormal"><font size="3">—Mais il ne me choque pas, il me rend triste. Cela implique, ne crois-tu pas, qu’elles vivent dans une extrême solitude. Ce qui me choque, en revanche, ce sont les hommes qui partent pour s’offrir en Thaïlande<span>  </span>des gamins ou des gamines à très bas prix. Les femmes qui vont au Sénégal, c’est avec des hommes qu’elles baisent. Elles les rétribuent, bien sûr. C’est triste, oui, mais ça me semble<span>  </span>moins sale. »</font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><font size="3"> </font><!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><font size="3">Ils parlaient ainsi de tout, librement, sans même s’apercevoir que, s’entendant si bien sur tant de choses, ils pourraient, peut-être aussi, s’entendre très bien au lit.</font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><font size="3"> </font><!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><font size="3">Ce ne fut que lorsqu’ils furent invités, un week-end, par des amis communs, dans leur maison de campagne, que la « chose » se produisit. Croyant qu’ils vivaient en couple, on les mit dans une chambre pourvu d’un grand lit matrimonial. Ils n’osèrent pas refuser. Le soir, à l’heure du<span>  </span>coucher, Léo dit : « je vais dormir par terre.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font size="3">­—Ça ne va pas » fit Colline, « nous sommes assez grands pour dormir côte à côte dans ce lit, non ? »</font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><font size="3"> </font><!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><font size="3">Le croyait-elle ? L’histoire ne le dit pas. Mais la réponse est « non ! ils n’étaient pas assez grands… </font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><font size="3"> </font><!--[endif]--></p>
<p><font size="3"><span>Depuis, ils ne se séparent plus. </span></font><!--EndFragment--></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   928   5293   44   10   6500   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;} @font-face 	{font-family:Arial; 	panose-1:0 2 11 6 4 2 2 2 2 2; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;} @font-face 	{font-family:Verdana; 	panose-1:0 2 11 6 4 3 5 4 4 2; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} span.italique 	{mso-style-name:italique;} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   689   3932   32   7   4828   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal"><b><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="5">4-La vie a-t-elle une valeur en soi ?</font></b></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal">(<i><font size="2">D&#39;abord mis en ligne sur Roomantic.fr)</font></i></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--> <font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><b>« Croyez-vous au caractère sacré de la vie? De la vie à tout prix ? </b></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><b>—Que voulez-vous que je vous en dise ? </b></font></p>
<p class="MsoNormal"><b><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">—Une seule chose : la vie ne saurait avoir de valeur en soi. »</font></b></p>
<p class="MsoNormal"><b><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></b></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="3">Minette aurait ainsi parlé, il y a quelques semaines encore.</font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><font face="verdana,geneva" size="3"> </font><!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="3">Simone—ses amis l’appelait Minette car sa sensualité et sa souplesse faisaient penser à un félin. Sa touffe était en outre d’une luxuriance mordorée exubérante et sa chatte, un fruit peu défendu et souvent entrouvert pour accueillir un doigts, une main, un sexe. </font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><font face="verdana,geneva" size="3"> </font><!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="3">Pourtant, si Minette connaissait le plaisir sexuel depuis longtemps déjà, elle n’avait pas encore, à bientôt quarante ans, connu le grand amour. De tendres amitiés conduisant à la découverte des corps, oui !, et bien des fois. De brûlantes et complices tendresses, oui encore !, mais déjà moins souvent. Mais l’amour, cette passion qui fait que les âmes et les cœurs trouvent leur point de fusion, non ! </font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><font face="verdana,geneva" size="3"> </font><!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="3">Il y a peu, encore, elle aurait dit qu’elle attendait l’amour d’une femme. Elle était convaincue que seule une femme pourrait lui apporter une telle félicité. Pourquoi ? Parce que c’est avec des femmes qu’elle avait approché au plus près<span>  </span>ce qu’elle pensait devoir être, pour elle, ce sentiment, cette émotion que certains<span>  </span>reconnaissent, sous ce beau nom d’amour.<span>  </span></font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><font face="verdana,geneva" size="3"> </font><!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="3">Tout bascula pour elle en ce dimanche, pas si lointain hélas !,<span>  </span>au début de septembre où le miracle eut lieu. Miracle<span>  </span>qui pourtant, déjà, s’est évanoui dans les limbes du néant…</font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><font face="verdana,geneva" size="3"> </font><!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="3">Elle rencontra Francis en un lieu incongru, un musée, à l’occasion de l’exposition Cézanne-Picasso au Musée Granet, à Aix. Il n’était pas seul. Il était venu de Montpellier avec femme et enfants. Pourtant, leurs regards se sont croisés, ils se sont compris, ils se sont de loin déjà caressés. Francis<span>  </span>a eu le temps de lui dire deux mots : « Quand ? Où ? » Simone, subjuguée, lui a glissé son billet d’entrée sur lequel elle avait griffonné son<span>  </span>n° de téléphone, sans réfléchir davantage. </font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><font face="verdana,geneva" size="3"> </font><!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="3">Le soir même, il appela. La conversation fut brève :<span>  </span>rendez-vous au restaurant de l’Hôtel Jules César, en Arles, à 13 heures. Simone travaille, sur place, dans l’édition. Elle<span>  </span>demandera son après-midi. Francis,<span>  </span>qui est universitaire peut se libérer.</font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><font face="verdana,geneva" size="3"> </font><!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="3">Dès cette première rencontre, la messe fut dite. Ils passèrent l’après-midi chez elle. Très vite, ils surent qu’ils feraient d’abord l’amour. Qu’ils commenceraient<span>  </span>par la fusion des corps.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="3"><span> </span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="3">Minette, agenouillée de part et d’autre des hanches de Francis et empalée sur le chibre violacé, raide et<span>  </span>turgescent de ce colosse, tout en glissant en souplesse sur ce mat de cocagne, cherchait à bien saisir les premiers symptômes, les premières vibrations annonciatrices de la montée inexorable de son plaisir. L’orgasme n’étant pas loin, elle ralentit pour permettre à Francis de rattraper son retard, qu’elle percevait aussi. Elle lui laissa un peu de champ pour qu’il puisse ajuster la puissance et l’amplitude de ses coups de reins. Bientôt, au rythme de ses assauts<span>  </span>et de son halètement, elle comprit qu’ils étaient en phase, et alors, reprenant le contrôle de leur chevauchée, elle précipita son mouvement de montée et descente jusqu’à ce que, sentant l’explosion orgasmique sur le point de se produire, elle bloquât soudain tout, ses propres mouvements comme ceux de son partenaire,<span>  </span>pour laisser l’excitation se calmer, le feu, sinon s’éteindre, du moins retomber un peu, couver, simplement. Il ne fallait rien précipiter. Le plaisir est rare, il faut le ménager. Francis, découvrant les foucades de Minette, ne s’émut aucunement ; il attendit ses directives. Elle lui dit, retourne-moi ! En douceur, il la souleva par les hanches, la fit pivoter et la replaçant sur son phallus, et elle se retrouva agenouillée, dans l’autre sens.<span>  </span>La danse érotique reprit jusqu’à friser, à nouveau, l’orgasme. Cette fois encore, elle bloqua tout, se déprit, et ce couchant à ses côtés lui dit : « maintenant, à ton tour, fais nous jouir, comme tu voudras, quand tu voudras, rien ne nous presse ».</font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><font face="verdana,geneva" size="3"> </font><!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="3">Un peu plus tard, il lui dit : « Tu t’y entends pour faire durer le suspens !</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="3">—Tu as aimé ?</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="3">—Oui, je crois que je n’aurais pas su faire, comme ça, une première fois. C’était une bonne idée, je t’assure, de faire durer comme tu l’as fait, de nous écouter ; c’est une bonne façon d’apprendre à se connaître.</font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="3">—Je suis contente que ça t’ait plu. Tu sais, ou plutôt, non tu ne peux savoir. Je ne suis pas une<span>  </span>asse<span>  </span>pour aimer, mais pour la baise, je ne me défends pas mal. »</font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><font face="verdana,geneva" size="3"> </font><!--[endif]--></p>
<p><b><i><font face="verdana,geneva" size="3"><font face="arial black,avant garde" size="4"><span>Jusqu’à la fin de novembre, ils réussirent à se rencontrer presque chaque semaine. Deux fois ils partagèrent une nuit complète. L’entente entre eux fut complète, en tous points. Sauf un : Francis ne put se décider à abandonner sa famille. Il décida de ne plus la voir. </span></font> </font></i></b><!--EndFragment--></p>
<p><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   14   81   1   1   99   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--><span><b>Elle s’attend à beaucoup souffrir. Mais, se demande-t-elle, est-ce facile de ressentir une perte ?</b></span></p>
<p><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   961   5483   45   10   6733   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} h1 	{margin-right:0cm; 	mso-margin-top-alt:auto; 	mso-margin-bottom-alt:auto; 	margin-left:0cm; 	mso-pagination:widow-orphan; 	mso-outline-level:1; 	font-size:24.0pt; 	font-family:Times; 	mso-font-kerning:18.0pt; 	font-weight:bold;} a:link, span.MsoHyperlink 	{color:blue; 	text-decoration:underline; 	text-underline:single;} a:visited, span.MsoHyperlinkFollowed 	{color:purple; 	text-decoration:underline; 	text-underline:single;} p 	{margin-right:0cm; 	mso-margin-top-alt:auto; 	mso-margin-bottom-alt:auto; 	margin-left:0cm; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:10.0pt; 	font-family:Times;} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--></p>
<p><!--[if !supportEmptyParas]--><br />
<!--[endif]--></p>
<h1><span><a href="http://www.roomantic.fr/blog-billet-1753-un-saut-dans-l-inconnu.html#billet">5-Un saut dans l&#39;inconnu&#8230;</a></span></h1>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><i>(D&#39;abord mis en ligne sur Roomantic.fr )</i></p>
<h1><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></h1>
<p>Une place se libéra en face d&#39;une jeune femme à peu près de mon âge. Dans le métro qui me ramenait de l&#39;université vers le centre ville, l&#39;espace entre deux sièges était si étroit que nos genoux avaient du mal à ne pas se toucher. Ce n&#39;était pas désagréable car il s&#39;agissait d&#39;une belle grande femme brune. Il faisait chaud, et sa chemise s&#39;ouvrait profondément sur une ferme poitrine qui remplissait bien son soutien-gorge rouge et attirait mes regards envieux.</p>
<p>Sa jupe était si courte que son entrejambe était à peine couverte, et qu&#39;elle devait croiser les jambes pour en être décente.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p><span>Nos regards ne pouvaient que se croiser : curieusement les yeux de la femme brune étaient extrêmement clairs, pas d&#39;un bleu banal, ce qui eut été commun, non, plutôt d&#39;une sorte de vert, ou de gris, d&#39;une clarté si profonde que j&#39;eus du mal à me décrocher de ce regard si transparent et pourtant si expressif. Si douloureux même.</span></p>
<p>Il y avait si longtemps que j&#39;étais loin du monde du sexe, que je vivais un peu en automate, qu&#39;une sorte de gêne s&#39;empara de moi en sentant comme une onde de sympathie, et même de désir, me parcourir.</p>
<p>Elle jeta un regard vers mes genoux et je m&#39;aperçus que ma robe n&#39;était guère plus recouvrante que sa jupe, et comme j&#39;essayais, tant bien que mal, de remédier à cette indécence, je vis un petit sourire mutin éclairer le visage sombre et triste de cette femme.</p>
<p>Il me semblait déjà l‘avoir vue, ou entrevue, il y a peu, dans la journée. Sans parvenir à me souvenir ni où ni quand. Etait-elle une collègue nouvelle venue, rencontrée dans les couloirs ? Peut-être, car j&#39;avais l&#39;impression, tout au long de cette matinée d&#39;avoir naviguée de mémoire entre les salles où j&#39;ai donné mes cours. Les premiers vrais cours, car la semaine précédente, j&#39;avais surtout fait une mise en route.</p>
<p>Puis il me revint que c&#39;était justement ce matin, à l&#39;un de mes cours, que j&#39;avais vu cette personne en me disant qu&#39;elle était un peu âgée pour être sur les bancs de l&#39;université&#8230;</p>
<p>C&#39;est elle qui prit l&#39;initiative : &#8220;Madame, je m&#39;appelle Maria Hernandez, j&#39;étais à votre cours de licence, tout à l&#39;heure.<br />
—Ah, en effet, je me demandais justement où je vous avais rencontrée. Vous savez, il me faut toujours, en début d&#39;année, quelques semaines pour connaître mes étudiants. Je vous avais remarquée parce que si je reconnaissais nombre de visages, le votre était parmi les inconnus et vous sembliez plus âgée que vos camarades.<br />
—En effet, je reprends des études interrompues pendant plus de dix ans.<br />
—Oh, n&#39;est-ce pas trop difficile ?<br />
—Pas du tout, Madame&#8230;<br />
—Je vous en prie, Maria, nous devons avoir à peu près le même âge, appelez-moi Annette.<br />
—Je veux bien essayer, Annette, c&#39;est gentil de votre part, mais je ne suis pas sûre d&#39;y parvenir.<br />
—Mais si, vous verrez. Beaucoup d&#39;étudiants m&#39;appellent d&#39;ailleurs ainsi sans que je les en aie priés ! Vous disiez que pour vous ce n&#39;était pas difficile de reprendre des études ?<br />
—Non, pas du tout, c&#39;est une telle libération&#8230;<br />
—Libération ?<br />
—Oui, il vaut mieux que je vous l&#39;apprenne moi-même&#8221; dit-elle à mi-voix en se penchant vers moi, &#8220;avant que la rumeur ne me rattrape : je suis sortie de centrale ce printemps !<br />
—De centrale ?<br />
—Oui, de prison&#8221; dit-elle dans un murmure ; &#8220;alors, vous comprenez, l&#39;université, c&#39;est pour moi vraiment un autre monde, le monde de la vie !&#8221;</p>
<p>Nous arrivions à Bellecour : &#8220;je descends là&#8221;, dis-je. &#8220;Moi aussi&#8221; dit Maria. Nous sortîmes près du clocher de l&#39;ancienne Charité. Il était près de 13 heures. &#8220;Me permettez-vous de vous inviter à déjeuner, là, tout près, dans la rue des Marronniers. Elle se fit prier : &#8220;vous savez, je ne suis pas une étudiante indigente.<br />
—Ce n&#39;est pas la question, vous paierez votre part, si cela vous va mieux. C&#39;est seulement que j&#39;aimerais connaître votre histoire, si vous le voulez, bien sûr. Maria, vous m&#39;en avez trop dit, ou pas assez.&#8221;</p>
<p>Elle me regarda, longuement. Je vis dans son regard si transparent, comme une vague sombre de panique. &#8220;C&#39;est vrai, j&#39;avais envie de vous parler, de me confier. Mais ça m&#39;a passé.<br />
—D&#39;accord Maria, voici mon adresse, mon téléphone, mon adresse Internet.&#8221; et je lui donnais ma carte en m&#39;en allant : &#8220;à une autre occasion, peut-être !&#8221;</p>
<p>OOO</p>
<p>Plus tard, en fin d‘après-midi, j&#39;ouvris ma boîte mail et je trouvais ce message :<br />
<i><br />
&#8220;Veuillez m&#39;excuser d&#39;avoir pris la fuite ! Pourtant j&#39;avais bien senti que je pouvais tout vous dire, mais vous n&#39;imaginez pas, je pense, comme c&#39;est difficile de dire : je suis une criminelle. Oui, j&#39;ai tué un homme, mon mari, il y a eu sept ans, en juin dernier. Bien sûr, on m&#39;a reconnu des circonstances atténuantes, puisque je n&#39;ai été condamnée qu&#39;à huit ans de centrale et finalement libérée plus d&#39;un an plus tôt. Mais je l&#39;ai tout de même fait. Pour mes parents et mes sœurs, je n&#39;existe plus. Seul mon frère, mon aîné, ne m‘a pas rejetée, il m&#39;a écrit tout au long de ces années, et m&#39;a rendu visite à la centrale de Rennes quand il le pouvait. C&#39;est grâce à lui que je vis maintenant : il a obtenu que mes parents, qui en ont les moyens, me versent une petite pension à valoir sur ma part d&#39;héritage jusqu&#39;à ce que, à la fin de mes études, je puisse subvenir moi-même à mon entretien. Lui-même, paye le loyer de mon studio.</i></p>
<p><i>&#8220;Pourquoi ce crime, devez-vous penser ? Comme on dit dans ce genre de situation, c&#39;était un accident ! C&#39;est vrai, en un sens. Il m&#39;a poussé à bout en me battant, en rentrant ivre, en se droguant, en ramenant des filles à la maison, et un soir où il s&#39;est montré plus violent que d&#39;habitude, dans la cuisine, j&#39;ai attrapé un couteau à découper sur lequel il s&#39;est jeté. Mais c&#39;est tout de même moi qui l&#39;aie tué.</i></p>
<p><i>&#8220;Voilà mon histoire. Passer des années en prison, en préventive d&#39;abord, en centrale ensuite, ça marque, et terminer ma licence pour ensuite chercher un travail, c&#39;est pour moi une façon de revivre. Une façon de me reconstruire. On ne m&#39;a pas privée de mes droits civiques, de sorte que je pourrais me présenter aux concours de recrutement de l&#39;enseignement primaire ou secondaire. C&#39;est mon objectif.</i></p>
<p><i>&#8220;Merci de prendre le temps de me lire, Maria.&#8221; </i><span></span></p>
<p>OOO</p>
<p>Elle m&#39;avait laissé son adresse : elle habitait tout près de chez moi, en bord de Saône, rive droite, à Saint-Georges. J&#39;y suis allée. Elle m&#39;a accueillie les bras ouverts et les larmes aux yeux.<br />
Nous nous sommes enlacées fondant d&#39;une improbable tendresse</p>
<p>Il y a trois ans de cela, nous ne nous sommes plus quittées. Elle est maintenant professeur des écoles.<!--EndFragment--></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/04/journal-dapres-i/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>1-ENFANCE D&#8217;UNE FILLE NÉE SOUS X suivi de 2-UN AMOUR IMPOSSIBLE.</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/03/1-enfance-dune-fille-nee-sous-x-suivi-de-2-un-amour-impossible/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/03/1-enfance-dune-fille-nee-sous-x-suivi-de-2-un-amour-impossible/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 03 Feb 2010 15:42:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Nouvelles &amp; Récits.]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/03/1-enfance-dune-fille-nee-sous-x-suivi-de-2-un-amour-impossible/</guid>
		<description><![CDATA[     
( Ces deux courts récits sont suivis d&#39;une longue nouvelle:&#8221;histoire d&#39;un violeur en série&#8221;.) 
&#160;
&#160;
&#160;


&#160;

1-Enfance d&#39;une fille née sous X.
&#160;
(D&#39;abord mis en ligne sur Roomantic.fr)
 
Je ne connais pas mes origines. Marie, c’est le prénom que m’a donné ma mère ; à part cela,  d’ailleurs, c’est tout ce qu’elle me donna.
Étant née [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   1960   11174   93   22   13722   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal"><u><b><font size="3"><font face="trebuchet ms,geneva">( Ces deux courts récits sont suivis d&#39;une longue nouvelle:&#8221;histoire d&#39;un violeur en série&#8221;.) </font></font></b></u></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal"><u><i><br />
</i></u></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal"><span></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><b>1-Enfance d&#39;une fille née sous X.</b></span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal"><u><i>(D&#39;abord mis en ligne sur Roomantic.fr)</i></u></p>
<p class="MsoNormal"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></b></span></p>
<p class="MsoNormal" align="justify">Je ne connais pas mes origines. Marie, c’est le prénom que m’a donné ma mère ; à part cela,<span>  </span>d’ailleurs, c’est tout ce qu’elle me donna.</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">Étant née “sous X“, c’est l’administration qui me donna un patronyme—si l’on peut employer ce terme, puisque mon père m’est, si c’est possible !, encore plus inconnu que ma mère. Je me suis donc appelée Evrard, jusqu’à ce que je sois adoptée, étant jeune fille déjà, parce que je suis née un 14 août et que c’était, en 1974 au moins, la Saint Evrard. Peut-être d’ailleurs que même mon prénom ne vient pas du choix de ma mère : en effet, le lendemain de ma naissance était le 15 août. Tout cela n’a pas vraiment d’importance, car ma mère n’ayant pas voulu de moi, devenue grande, j’ai décidé de me passer d’elle. Je ne la juge pas, d’ailleurs, peut-être qu’elle n’a pas pu faire autrement que de m’abandonner ?</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">Je fus confiée immédiatement aux services départementaux de l’aide sociale à l’enfance, et proposée à l’adoption. En tant que pupille de l’état, non adoptée, enfant de la DDASS du Tarn et Garonne, je suis passée<span>  </span>de foyers en familles d’accueil jusqu’à l’âge de cinq ou six ans ; je n’ai jamais bien su exactement. De cette prime enfance, il ne me reste que, à partir de trois ou quatre ans, quelques bons souvenirs passés dans deux familles dignes des tâches qui leur étaient confiées. En gros, je ne fus pas malheureuse, sauf qu’il a dû me manquer, sans doute, la vraie affection d’une vraie mère.</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">À partir de six ans, je fus placé par la DDASS de Montauban en village d’enfants, dans le Vercors. Il y avait là, des enfants des deux sexes de six à seize ans, qui allaient à l’école du village ou au collège ou au lycée de Villard-de-Lans. Au total, nous devions être entre cinquante et soixante pensionnaires, sans parents comme moi, ou sans parents vraiment dans leur rôle de parents, ou encore accueillis là pour des raisons diverses.<span> </span></p>
<p class="MsoNormal" align="justify">J’étais très à l’aise à l’école. J’étais douée pour les études, certains, même, ont dit surdouée. Je ne sais pas. J’ai appris, depuis que les « vrais » surdoués sont inadaptés dans les écoles ordinaires. Qu’ils s’ennuient. Je ne me suis jamais ennuyée, peut-être parce que j’ai eu des maîtres et des maîtresses exceptionnels, tant à l’école primaire qu’au collège.</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">Je fus très heureuse aussi à la maison d’enfants. Jusqu’à ce que j’aie onze ans. Car à ce moment, j’ai dû subir les pressions d’un groupe de quelques garçons et filles de 14 à 16 ans et d’un moniteur, à peine plus âgé, qui se réunissaient, le samedi soir, lorsque la surveillance était relâchée (il y avait moins de pensionnaires et moins de surveillants pendant les week-ends).</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">Ils se réunissaient dans l’un des dortoirs des garçons.<span>  </span>On s’amusait beaucoup, paraît-il. En fait, ils se livraient, tous, à des « jeux » sexuels entre eux ou en obligeant les plus jeunes filles ou garçons à accepter des pratiques dont ils étaient encore innocents : fellation, viol, sodomie. Atteintes insupportables pour des jeunes encore même pas pubères comme ce fut mon cas. Je dus sucer des sexes jusqu’à la nausée. J’ai été violée et sodomisée par des garçons malpropres encouragés par des filles stupides. Des souvenirs écœurants que j’ai eu du mal à surmonter pour jouir ensuite d’une sexualité épanouie.</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">Pourquoi avoir accepter ce genre de soumission ? Par coercition, et par peur de n’être pas crue, c’est-à-dire par faiblesse de caractère. À partir du moment où nous étions venus une fois, nous étions contraints de revenir sous peine d’être soumis à toutes sortes de brimades. Cela a duré pendant plusieurs semaines, jusqu’à ce qu’un garçon de seize ans, Olivier, qui ne participait pas à ces jeux exécrables mettent fin à notre calvaire.</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">Un soir,en se rendant dans son propre dortoir, il entendit des cris et des pleurs. Il demanda ce qu’il se passait, et n’ayant pas de réponse, il essaya d’ouvrir. La porte étant fermée à clé, il<span>  </span>fit<span>  </span>sauter la serrure d’un coup d’épaule.</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">Ecœuré de<span>  </span>voir filles et garçons nus en train de faire l’amour, de sodomiser des gamins ou de pénétrer des gamines, ou de se faire sucer, il fut pris de fureur. C’était un grand gars, très fort, que personne ne souhaitait affronter. Il fit se rhabiller les plus jeunes, dit au moniteur qui était également déshabillé et copulait avec une grande fille : « Si tu ne parts pas demain en<span>  </span>donnant ta démission, je te dénonce au directeur dès lundi. » Aux autres, il promet la même sanction s’ils ne laissent pas les plus jeunes tranquilles.</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">Ce fut fini pour le reste de l’année scolaire : je devins même très amie avec Olivier qui me confia à Élodie, une de nos monitrices avec laquelle je m’entendais déjà bien. Elle été plus âgée qu’Olivier, mais elle l’aimait bien. Je crois qu’elle était sa bonne amie. Elle fut pour moi et pour Gaëlle, une autre fille qui fut violentée aussi, une amie très sûre qui nous expliqua beaucoup de choses sur le sexe, les jeux du sexe et l’amour. Olivier lui, s’est plus particulièrement occupé des jeunes garçons qui semblaient encore plus traumatisés que Gaêlle et moi.</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">Comme je demandais un jour à Elodie et à Olivier pourquoi ils n’avaient pas dénoncé ce qu’il se passait dans le dortoir des grands, ils m’ont répondu qu’ils n’étaient pas des donneurs et que cela ne se passerait pas ainsi si la direction faisait correctement son boulot.</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">À la fin de l’année scolaire, tout le monde se dispersa : je suis restée avec quelques autres à la maison d’enfants avant d’être envoyée, par ma DDASS, dans une colonie de vacances de la ville de Montauban, dans les Landes.</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">Lorsque je revins en septembre, Olivier et tous les pensionnaires de plus de seize ans étaient partis. Élodie également. On me laissa tranquille jusqu’en mars, puis, après les vacances de Pâques, les sales jeux du samedi soir reprirent avec des<span>  </span>jeunes. Cette fois-ci, j’ai refusé. Je fus mise en quarantaine, maltraitée et battue. Au lieu de les dénoncer, je me suis enfuie.</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">Au collège, j’étais responsable, à la bibliothèque, du prêt et de la caisse noire alimentée par les collégiens, c’est-à-dire par leurs parents, pour grossir les moyens dont nous disposions pour accroître le nombre des livres. Oh ! il n’y avait pas plus de trois cents francs, mais pour moi qui n’avais que quelques dizaines de francs économisés sur le maigre argent de poche que je recevais chaque mois, c’était une grosse somme. J’ai volé cet argent et j’ai quitté le collège en laissant mes livres et cahiers et avec cet argent et un peu de linge dans mon sac. Je me souviens que c’était juste après le repas, il était une heure. J’avais seulement quelques heures devant moi avant d’être recherchée.</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">Je n’avais bien sûr pas de plan précis, je n’avais aucun endroit où aller, si ce n’est de revenir à Montauban où j’avais été toujours bien traitée. Personne donc ne m’attendait. Sauf, sûrement bientôt les gendarmes. Heureusement, c’était la bonne saison. Début juin, il faisait déjà chaud. Je savais que je devais vite quitter les montagnes où les nuits sont fraîches.</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">De Villard, je suis partie vers Grenoble, la grande ville la plus proche. Au petit matin, après avoir marché toute la nuit, en suivant les chemins plutôt que la route qui descend en nombreux lacets, je suis entrée dans cette ville que je connaissais un peu pour y être venue plusieurs fois avec la maison d’enfants, ou avec le collège. J’ai acheté du pain, et aussi un peu de fromage sur un marché.<span>  </span>Je me suis reposée dans les squares et les jardins publics. En me déplaçant souvent.</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">D’après les livres que j’avais lu<span>  </span>et les films que j’avais vu, je pensais que le moyen le plus sûr pour quitter la région était de monter dans un train de marchandises, la nuit. C’est beaucoup plus facile à imaginer qu’à faire ! En regardant sur un panneau public un plan de la ville, j’ai vu que la gare de marchandises se trouvait loin du centre, à l’entrée de St Égrève, vers l’ouest. Au moment de l’heure de pointe, pour passer plus facilement inaperçue, j’ai donc pris un bus<span>  </span>urbain qui desservait cette banlieue et je suis descendue après avoir vu le panneau St Égrève.</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">J’ai eu de la chance. J’ai trouvé cette gare et j’ai attendu la nuit pour y pénétrer par un trou dans la clôture.<span>   </span>J’ai trouvé un train chargé de troncs d’arbre, et de voitures neuves Renault, pour les wagons découverts. Je ne savais pas vers où allait partir ce train : il y avait peu de risque que les voitures neuves remontent vers le Nord. Le train pouvait donc aller vers le Sud ( Valence, par exemple), ou, au pire, vers Lyon, et de là vers l’Ouest. Je me suis cachée entre les voitures, et j’ai attendu. Vers onze heures, le train est parti. Assez vite, j’ai compris qu’il se dirigeait vers Valence, et je me suis couchée sur le banquette arrière d’une voiture.<span>  </span>Je me suis réveillée alors que le train entrait en gare de Montélimar. Il faisait encore très sombre. Je me suis glissée hors de la gare sans me faire remarquer. Dans la ville, complètement vide, j’ai cherché un endroit où me cacher, jusqu’à l’ouverture des boulangeries, car je ne voulais pas m’engager dans la campagne sans avoir de quoi manger. Je pouvais plus facilement passer inaperçue dans une ville même petite que dans un village. Je n’ai trouvé qu’un jardin public juste en face de la gare.</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">Vers sept heures, je suis sortie prudemment d’un fourré où j’avais passé au moins trois heures à encore sommeiller. J’ai essayé de remettre un peu d’ordre sur moi, avant d’entrer dans la vieille ville à la recherche de pain et de chocolat. J’avais remarqué, devant la gare, une sorte de gare routière, avec des autobus en attente de départ. Je me suis dit qu’en si peu de temps, moins d’une journée depuis ma disparition, on ne pensait pas encore à me chercher si loin de Villard-de-Lans et que je pouvais prendre le risque de monter dans un bus. J’ai décidé d’utiliser ce joker, je suis<span>  </span>revenue à la gare, et je suis montée dans le car d’Aubenas au moment où il allait partir. Le chauffeur me vendit un billet sans rien dire et je me suis installée au fond du car, vers la porte arrière, pour pouvoir m’enfuir en cas de besoin. Tout en roulant, j’ai remarqué un titre en première page du journal que lisait un homme installé deux rangs de sièges en avant de moi. « Disparition d’une jeune fille dans le Vercors » ; s’il y avait une photo, c’était à l’intérieur. Et je n’ai pas vu les pages tourner car le bonhomme s’est endormi. Je me suis promis, si j’arrivais à Aubenas, à 40 Km de Montélimar, sans mauvaise surprise, de poursuivre vers Mende à pied, bien décidée à ne pas à nouveau tenter le<span>  </span>diable…J’avais dérobé à la maison d’enfants une carte Michelin de la région Rhône-Alpes, sur laquelle Mende était la localité la plus à l’Ouest en direction de Montauban. Cette carte n’était pas très détaillée, mais elle indiquait les petites routes que je pouvais suivre, au moins la nuit, en restant prudente.<span> </span></p>
<p class="MsoNormal" align="justify">Une fois à Aubenas, je me suis dépêchée de quitter la ville en direction du Col de la Croix de Bauzon en cherchant<span>  </span>à dépasser, en les évitant autant que possible, les villages et les écarts nichés dans la montagne. Dès que l’occasion s’en est présentée, je me suis<span>  </span>mise à l’abri (dans une grange abandonnée) pour attendre la nuit tombée avant de repartir. Grâce à un tout petit ruisseau qui coulait à proximité, j’ai pu boire et faire un peu de toilette. Durant la nuit, j’ai pu marcher sans voir de voitures, et passer le col où il faisait réellement froid. Je me suis à nouveau cachée dans une bâtisse en ruine et le lendemain matin, j’atteignis La Bastide-Puylaurent, où j’ai pu acheter à nouveau du pain, mon aliment principal avec encore un peu du fromage de Grenoble et du chocolat de Montélimar. J’ai suivi ensuite un chemin de grande randonnée en direction de Mende : il traverse la Montagne du Goulet d’où partent plusieurs rivières, dont l’Allier et le Lot. C’est une campagne facile, assez déserte, où je ne risquais pas de rencontrer les gendarmes sur le chemin. Mais, je calculais, d’après la carte, qu’il me faudrait au moins trois nuits pour atteindre Mende. Et, de Mende à Montauban, il y avait bien encore 200 Km, c’est-à-dire au moins de semaines à marcher la nuit, à me cacher le jour et à manger du pain.<span>  </span>J’ai commencé à douter de mes possibilités de résistance et du sérieux de mon projet…</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">La sixième nuit, celle qui devait me conduire à Mende, la pluie est venue vers 10 heures. J’étais déjà très fatiguée et je compris que j’étais au bout du rouleau. À la sortie du petit village de Ste-Hélène, au bord du Lot, à une dizaine de Km de Mende, à proximité du sentier que je suivais non loin de la route, une maison était éclairée ; une maison de campagne réaménagée pour des gens de la ville. Épuisée, trempée, glacée en plein mois de juin, j’ai frappé à la porte. Un homme est venu ouvrir. Quand il m’a vu dans cet état, il a ouvert de grands yeux, et sans rien demander, il m’a fait entrer, conduite à la salle de bain, donné des serviettes et un peignoir de bain, en me disant, un peu dans le désordre,<span>  </span>« il sera trop grand, mais ça ne fait rien. Sèche-toi bien, déshabille-toi, prends un bain chaud… Je vais chercher Hélène, ma femme ».<span>  </span></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">J’avais pris une douche brûlante lorsque la dame est arrivée. Elle devait sortir du lit car elle était en pyjama. Elle souriait, elle était belle. Elle m’aida à me sécher. J’ai enfilé le peignoir, bien trop grand en effet. « Ça ne fait rien » dit-elle « viens manger et boire et te coucher dans un bon lit. Comment t’appelles-tu ?</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">—Marie.</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">—Tu es la jeune Marie<span>  </span>du Vercors, celle qui est recherchée partout ?</p>
<p align="justify"><span>—Oui, c’est moi. »</span></p>
<p align="justify"><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   93   533   4   1   654   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal" align="justify">Elle ne dit rien de plus, me souris, et m’entraîna à la cuisine. Son mari était en train de préparer du thé et une omelette. Elle lui dit : « Voilà la rescapée du Vercors, Roger. C’est la petite Marie.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">&#8220;Eh bien ! Tu en as fait du chemin ! Où vas-tu comme ça ?</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">—À Montauban.</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">—Oh la la ! C’est encore loin, tu sais.</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">—Oui.</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">—Et pourquoi à Montauban ?</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">—Parce que je suis de la DDASS de Montauban.</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">—De la DDASS! tu n’as pas de parents ? Tu n’étais pas bien dans le foyer du Vercors.</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">—Non.</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">—Tu sais qu’il faut qu’on avertisse que tu es retrouvée ?</p>
<p align="justify"><span>—Oui, je le sais. Mais, s’il vous plait, laissez-moi dormir et laver mes vêtements avant de me dénoncer.</span></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p><!--EndFragment--></p>
<p><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   1313   7486   62   14   9193   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal"><span><b>2-Un amour impossible.</b></span></p>
<p class="MsoNormal"><u><i>(D&#39;abord mis en ligne sur Roomantic.fr)</i></u></p>
<p class="MsoNormal"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></b></span></p>
<p class="MsoNormal">Au foyer d’Hélène et de Roger Alcan,<span>  </span>j’ai trouvé toute la tendresse et la chaleur familiale dont je ne pouvais même pas rêver. Ils étaient dans la cinquantaine, et, ayant perdu en bas âge le seul enfant, une fille, qu’ils aient jamais conçu, ils reportèrent sur moi<span>   </span>une affection<span>  </span>sans limites. Mais j’étais, lorsque je débarquai chez eux par une nuit pluvieuse de juin, déjà, à 12 ans, une adolescente qui avait connu des moments difficiles et<span>  </span>qui venait de vivre une aventure peu courante. Je n’étais pas docile, et si je ne me suis jamais conduite méchamment avec eux, je ne leur ai sans doute jamais fait sentir assez toute la tendresse que je ressentais à leur égard. Sans doute les ai-je déçus, car je n’avais jamais connu la chaleur d‘un foyer et que, jusque-là, je m’étais toujours tenue sur mes gardes. Il est probable que je continuai, sans doute inconsciemment, par habitude, à maintenir une certaine distance entre eux et moi. Pour tout dire, j’ai attendu d’avoir 18 ans pour leur faire le plaisir d’accepter l’adoption qu’ils me proposaient depuis si longtemps ! Ce n’est en réalité, que plus tard, alors qu’ils étaient l’un et l’autre très malades que j’ai compris que je devais les entourer de toute la tendresse dont j’étais capable. J’ai d’ailleurs, à ce moment-là, pris un congé de longue durée afin d’être près d’eux.<span>  </span>Ils sont morts l’un et l’autre à quelques mois d’écart à 70ans. J’en avais 27.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]-->Ils étaient tous deux instituteurs, et s’ils n’étaient pas dans la gêne, ils ne roulaient pas non plus sur l’or. Je ne pouvais pas envisager de faire loin d’eux de longues études supérieures. J’ai donc choisi de passer un bac de gestion et de faire ensuite un BTS de secrétariat de direction, pour me rendre autonome le plus rapidement possible. Pour cela je dus aller à Montpellier pendant deux ans. J’étais assurée de trouver du<span>  </span>travail assez vite et je projetais à l’époque de poursuivre ensuite des études de droit et de gestion. Ce que je n’ai fait que très partiellement. Dès après mon BTS, à 20ans, je fus embauchée par la banque***, à Montpellier, et deux ans plus tard seulement, on me proposa un poste de secrétariat de direction dans un des services du siège parisien de la même banque.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> Jusque-là, j’avais eu une vie sexuelle extrêmement limitée : mes tristes expériences du Vercors m’avaient rendue prudente, pour ne pas dire coincée, et je ne connus, pendant longtemps que des aventures sans lendemain, sauf avec les filles avec qui je me sentais plus à l’aise, bien que je n’eusse alors pas clairement conscience que ma sensualité me porta vers les plaisirs saphiques. En fait j’étais une oie blanche, mes amies filles me proposaient des caresses qui ne me paraissaient pas m’engager très loin et que je ne trouvais pas mauvais d’accepter et de rendre, sans en tirer pour autant beaucoup de plaisir. C’était, en somme pour moi, comme une sorte d’intégration, dans un monde où la sexualité ne pouvait pas être ignorée. Lorsque les mêmes amies, ou d’autres, me proposaient de coucher avec leurs amis, je m’y soumettais pour les mêmes raisons.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> À Paris, ce fut différent. Les petites coucheries montpelliéraines m’avaient tout de même fait évoluer. J’avais 22 ans, je ne connaissais personnes et je m’étais convaincue que mes orientations sexuelles étaient clairement bi-, voire peut-être même franchement hétérosexuelles.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> Je fis quelques rencontres : d’abord de collègues de travail, en général mariés,<span>  </span>mais qui pratiquaient allègrement le cinq à sept, quand ce n’était pas carrément la partouze avec ou sans la participation des épouses légitimes. Cela ne me satisfaisait pas complètement, mais cela m’a permis de sentir enfin éclore une sensualité qui, brisant toutes les barrières et tous les tabous, devint une part de moi-même tout à fait essentielle et de plus en plus exigeante. Ma pudeur ne me retenait plus de baiser en groupes avec des garçons et avec des filles.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> Sans être une beauté, je plais. Grande et plutôt bien faite, volontiers souriante, vive<span>  </span>et enjouée, vêtue de façon moderne, simple mais de bon goût, et très colorée, en accord avec mes yeux vert clair et mes cheveux châtain doré, je ne passais plus inaperçue.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal">C’est après deux ans environ de cette vie « de patachon », que je fis la connaissance de Romain, un type de dix ans plus âgé que moi. Il travaillait dans l’import-export de produits électroniques. Je l’ai rencontré dans une de ces parties fines que je fréquentais sans beaucoup de modération. Romain, immense armoire à glace, beau brun, fin malgré ses dimensions inhabituelles. Il était avec Nathalie, sa copine du moment, une grande bringue blonde surnaturelle et bien roulée. C’est avec Nathalie que je forniquais, lorsque Romain s’est introduit entre nous deux et m’a fait l’amour, bien et plusieurs fois. Il était bien monté et c’était vraiment plaisant, lorsqu’il a ensuite niqué une autre femme, en levrette, de voir son équipement fourrager dans le bénitier de la fille avec une efficacité d’une brutalité que je n’avais d’ailleurs pas perçue lorsqu’il m’avait moi-même chargée. Pendant ce temps, Nathalie, le fouettait allégrement avec une sorte de martinet sorti de je ne sais où.<span>  </span>Le résultat fut, du meilleur effet, comme je pus en juger par les cris plus ou moins harmonieux que<span>   </span>produisit ce couple en folie.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> À la suite de cette première entrevue, je me rendis maintes fois chez Romain. Nos échanges furent chauds. Nathalie, au début y participa. Romain avait aménagé son appartement en lieu de plaisir. De solides pitons plantés dans les murs et le plafond, permettaient des séances très hard de bondage et de fouettage, voire de « supplices » plus élaborés. Romain et Nat s’y soumettaient avec délices, mais pour moi, après quelques essais, j’y ai définitivement renoncé.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> À part ces pratiques que je trouvais inquiètantes que Romain ne m’imposa plus de nouveau avant<span>  </span>longtemps, nous nous plaisions beaucoup, et rapidement, Nathalie en prit ombrage, délaissant peu à peu notre compagnie, jusqu’à disparaître complètement.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> Dire qu’un grand amour s’était développé entre Romain et moi serait sans doute exagéré. En tout cas, ce ne fut pas un coup de foudre, et pour ma part, je m’attachais à lui, tout d’abord sous l’effet du plaisir que je trouvais dans ses bras. Ma sensualité, si lente à éclore, était parvenue à une sorte de premier niveau que Romain suffisait à combler—je le présente ainsi, car maintenant, je pense que ma libido est vraiment exceptionnelle et a besoin de plusieurs partenaires hommes et femmes pour être satisfaite, même si mon amour pour Cécile est la plus belle des émotions qui me soient arrivées.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> Ce n’était peut-être pas entre nous le grand amour auquel on rêve, mais nous nous aimions au point de vivre ensemble et même d’avoir voulu nous marier. Pendant deux longues années, nous avons ainsi vécu dans une entente sentimentale et sensuelle parfaite. Puis, petit à petit je vis le comportement de Romain se modifier. Ce fut d’abord un besoin, pour bander et faire ensuite l’amour, de revenir à des partouzes entre amis, puis entre inconnus, puis un retour aux fessées, ligotages et suspensions acrobatiques que je devais lui infliger, d’abord, puis auxquels<span>  </span>j’aurais dû me soumettre ensuite.<span>  </span>Comme je refusais de me livrer à ces pratiques sadomasochistes, il devint, pour la première fois, violent envers moi, allant, par-delà les violences verbales parfois jusqu’aux coups. De plus en plus souvent, il s’absentait, ou bien, au contraire, il revenait avec des filles et des gars prêts à se livrer à ces barbares.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> Quatre ans après notre première rencontre et deux et demi après notre mariage, comme cela ne s’arrangeai pas, j’ai quitté le domicile conjugal pour me retirer dans mon studio que j’avais heureusement gardé. En faisant bien sûr une déclaration de sévices corporels—preuves authentifiées par un médecin à l’appui de cette main courante.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal">Je mis en route la procédure de divorce, par l’intermédiaire d’un ami<span>  </span>avocat. La dernière fois que je revis Romain, quelques mois plus tard, c’était sur le pont des Arts vers deux heures, un samedi matin, je rentrai chez moi, rue de Richelieu. Il marchait en venant à ma rencontre en tanguant<span>  </span>fortement. Je lui dis bonsoir. C’est alors qu’il me reconnut. Il me dit : « Ah, c’est toi salope ! » Je ne répondis rien. Il avait l’air d’un fou, d’un fou furieux. Je poursuivis mon chemin. C’est alors qu’il explosa, en revenant vers moi, et en criant : « Je vais te la casser ta jolie petite gueule de pute. » Je lui ai seulement dit : « Rentre chez toi Romain, tu ne sais plus ce que tu dis. »</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> Alors Romain me bouscula, se jeta sur moi, les poings levés, prêt à me frapper à nouveau, je lui ai dit : « misérable ivrogne, si tu me touches encore, je te pousses par dessus le pont ! »</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> Assez conscient pour comprendre que je ne plaisantais pas, il m&#39;a dit : « Ah salope ! C&#39;est ce que tu veux, te débarrasser de moi ? Eh, bien, tu n&#39;auras pas ce plaisir, je vais le faire moi-même, regarde ! »</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p><span>Il se pencha et disparut de l&#39;autre côté du garde-corps.</span><!--EndFragment--></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/03/1-enfance-dune-fille-nee-sous-x-suivi-de-2-un-amour-impossible/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>HISTOIRE D&#8217;UN VIOLEUR EN SÉRIE.</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/03/services-aux-couples-jeux-de-clems/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/03/services-aux-couples-jeux-de-clems/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 03 Feb 2010 15:14:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Nouvelles &amp; Récits.]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/03/services-aux-couples-jeux-de-clems/</guid>
		<description><![CDATA[     
Nouvelle écrite
par Claire Gibeault et Manon Moreno (2006)
&#160;
Cette nouvelle a d&#39;abord été mise en ligne sur http://evermore13.over-blog.com/ et partiellement  sur Roomantic.fr. Les commentaires qui nous ont été communiqués ont révélé que nos lecteurs pouvaient être portés à croire que nous ressentions une certaine sympathie envers l&#39;individu qui se trouve au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   10769   61388   511   122   75388   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;} @font-face 	{font-family:Arial; 	panose-1:0 2 11 6 4 2 2 2 2 2; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;} @font-face 	{font-family:"Courier New"; 	panose-1:0 2 7 3 9 2 2 5 2 4; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;} @font-face 	{font-family:Wingdings; 	panose-1:0 5 2 1 2 1 8 4 8 7; 	mso-font-charset:2; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:0 0 256 0 -2147483648 0;} @font-face 	{font-family:"Lucida Grande"; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} h1 	{margin-right:0cm; 	mso-margin-top-alt:auto; 	mso-margin-bottom-alt:auto; 	margin-left:0cm; 	mso-pagination:widow-orphan; 	mso-outline-level:1; 	font-size:24.0pt; 	font-family:Times; 	mso-font-kerning:18.0pt; 	font-weight:bold;} h3 	{mso-style-next:Normal; 	margin-top:12.0pt; 	margin-right:0cm; 	margin-bottom:3.0pt; 	margin-left:0cm; 	mso-pagination:widow-orphan; 	page-break-after:avoid; 	mso-outline-level:3; 	font-size:13.0pt; 	font-family:Arial; 	font-weight:bold;} h5 	{mso-style-next:Normal; 	margin-top:12.0pt; 	margin-right:0cm; 	margin-bottom:3.0pt; 	margin-left:0cm; 	mso-pagination:widow-orphan; 	mso-outline-level:5; 	font-size:13.0pt; 	font-family:"Times New Roman"; 	font-weight:bold; 	font-style:italic;} a:link, span.MsoHyperlink 	{color:blue; 	text-decoration:underline; 	text-underline:single;} a:visited, span.MsoHyperlinkFollowed 	{color:purple; 	text-decoration:underline; 	text-underline:single;} p 	{margin-right:0cm; 	mso-margin-top-alt:auto; 	mso-margin-bottom-alt:auto; 	margin-left:0cm; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:10.0pt; 	font-family:Times;} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} span.italique 	{mso-style-name:italique;} p.meta, li.meta, div.meta 	{mso-style-name:meta; 	margin-right:0cm; 	mso-margin-top-alt:auto; 	mso-margin-bottom-alt:auto; 	margin-left:0cm; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:10.0pt; 	font-family:Times;} span.citation 	{mso-style-name:citation;} span.gras 	{mso-style-name:gras;} p.messagedate, li.messagedate, div.messagedate 	{mso-style-name:message_date; 	margin-right:0cm; 	mso-margin-top-alt:auto; 	mso-margin-bottom-alt:auto; 	margin-left:0cm; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:10.0pt; 	font-family:Times;} span.citecrochet 	{mso-style-name:cite_crochet;} span.lang-en 	{mso-style-name:lang-en;} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;}  /* List Definitions */ @list l0 	{mso-list-id:443888299; 	mso-list-type:hybrid; 	mso-list-template-ids:1592668092 -1365055572 67895299 67895301 67895297 67895299 67895301 67895297 67895299 67895301;} @list l0:level1 	{mso-level-start-at:0; 	mso-level-number-format:bullet; 	mso-level-text:—; 	mso-level-tab-stop:36.0pt; 	mso-level-number-position:left; 	text-indent:-18.0pt; 	font-family:"Lucida Grande"; 	mso-font-width:0%;} @list l1 	{mso-list-id:1016004792; 	mso-list-type:hybrid; 	mso-list-template-ids:2100987062 -2019667294 67895299 67895301 67895297 67895299 67895301 67895297 67895299 67895301;} @list l1:level1 	{mso-level-start-at:0; 	mso-level-number-format:bullet; 	mso-level-text:&#61623;; 	mso-level-tab-stop:37.0pt; 	mso-level-number-position:left; 	margin-left:37.0pt; 	text-indent:-19.0pt; 	font-family:Symbol; 	mso-font-width:0%;} @list l2 	{mso-list-id:1034884414; 	mso-list-template-ids:-592924318;} @list l2:level1 	{mso-level-text:%1; 	mso-level-tab-stop:30.0pt; 	mso-level-number-position:left; 	margin-left:30.0pt; 	text-indent:-30.0pt;} @list l2:level2 	{mso-level-number-format:arabic-leading-zero; 	mso-level-text:%1-%2; 	mso-level-tab-stop:36.0pt; 	mso-level-number-position:left; 	margin-left:36.0pt; 	text-indent:-36.0pt;} @list l2:level3 	{mso-level-text:"%1-%2\.%3"; 	mso-level-tab-stop:36.0pt; 	mso-level-number-position:left; 	margin-left:36.0pt; 	text-indent:-36.0pt;} @list l2:level4 	{mso-level-text:"%1-%2\.%3\.%4"; 	mso-level-tab-stop:54.0pt; 	mso-level-number-position:left; 	margin-left:54.0pt; 	text-indent:-54.0pt;} @list l2:level5 	{mso-level-text:"%1-%2\.%3\.%4\.%5"; 	mso-level-tab-stop:54.0pt; 	mso-level-number-position:left; 	margin-left:54.0pt; 	text-indent:-54.0pt;} @list l2:level6 	{mso-level-text:"%1-%2\.%3\.%4\.%5\.%6"; 	mso-level-tab-stop:72.0pt; 	mso-level-number-position:left; 	margin-left:72.0pt; 	text-indent:-72.0pt;} @list l2:level7 	{mso-level-text:"%1-%2\.%3\.%4\.%5\.%6\.%7"; 	mso-level-tab-stop:72.0pt; 	mso-level-number-position:left; 	margin-left:72.0pt; 	text-indent:-72.0pt;} @list l2:level8 	{mso-level-text:"%1-%2\.%3\.%4\.%5\.%6\.%7\.%8"; 	mso-level-tab-stop:90.0pt; 	mso-level-number-position:left; 	margin-left:90.0pt; 	text-indent:-90.0pt;} @list l2:level9 	{mso-level-text:"%1-%2\.%3\.%4\.%5\.%6\.%7\.%8\.%9"; 	mso-level-tab-stop:108.0pt; 	mso-level-number-position:left; 	margin-left:108.0pt; 	text-indent:-108.0pt;} @list l3 	{mso-list-id:1544248648; 	mso-list-type:hybrid; 	mso-list-template-ids:596393764 -1204240292 67895299 67895301 67895297 67895299 67895301 67895297 67895299 67895301;} @list l3:level1 	{mso-level-start-at:0; 	mso-level-number-format:bullet; 	mso-level-text:—; 	mso-level-tab-stop:36.0pt; 	mso-level-number-position:left; 	text-indent:-18.0pt; 	font-family:"Lucida Grande"; 	mso-font-width:0%;} @list l4 	{mso-list-id:1691449090; 	mso-list-type:hybrid; 	mso-list-template-ids:1723399682 -862812096 67895299 67895301 67895297 67895299 67895301 67895297 67895299 67895301;} @list l4:level1 	{mso-level-start-at:0; 	mso-level-number-format:bullet; 	mso-level-text:—; 	mso-level-tab-stop:36.0pt; 	mso-level-number-position:left; 	text-indent:-18.0pt; 	font-family:"Lucida Grande"; 	mso-font-width:0%;} @list l5 	{mso-list-id:1713572555; 	mso-list-type:hybrid; 	mso-list-template-ids:1398410942 -1582274706 67895299 67895301 67895297 67895299 67895301 67895297 67895299 67895301;} @list l5:level1 	{mso-level-start-at:0; 	mso-level-number-format:bullet; 	mso-level-text:—; 	mso-level-tab-stop:36.0pt; 	mso-level-number-position:left; 	text-indent:-18.0pt; 	font-family:"Lucida Grande"; 	mso-font-width:0%;} @list l6 	{mso-list-id:1772435090; 	mso-list-type:hybrid; 	mso-list-template-ids:1842135848 333358716 67895299 67895301 67895297 67895299 67895301 67895297 67895299 67895301;} @list l6:level1 	{mso-level-start-at:0; 	mso-level-number-format:bullet; 	mso-level-text:—; 	mso-level-tab-stop:38.0pt; 	mso-level-number-position:left; 	margin-left:38.0pt; 	text-indent:-20.0pt; 	font-family:"Lucida Grande"; 	mso-font-width:0%;} @list l7 	{mso-list-id:2023974340; 	mso-list-type:hybrid; 	mso-list-template-ids:-690986810 1006800382 67895299 67895301 67895297 67895299 67895301 67895297 67895299 67895301;} @list l7:level1 	{mso-level-start-at:0; 	mso-level-number-format:bullet; 	mso-level-text:—; 	mso-level-tab-stop:36.0pt; 	mso-level-number-position:left; 	text-indent:-18.0pt; 	font-family:"Lucida Grande"; 	mso-font-width:0%;} ol 	{margin-bottom:0cm;} ul 	{margin-bottom:0cm;} -->   <!--StartFragment--></p>
<p><span><!--[if !supportEmptyParas]--></span><u><i><b><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Nouvelle écrite</font></b></i></u></p>
<p><u><i><b><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">par Claire Gibeault et Manon Moreno (2006)</font></b></i></u></p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="3"><i><font face="webdings">Cette nouvelle a d&#39;abord été mise en ligne sur http://evermore13.over-blog.com/ et partiellement  sur Roomantic.fr. Les commentaires qui nous ont été communiqués ont révélé que nos lecteurs pouvaient être portés à croire que nous ressentions une certaine sympathie envers l&#39;individu qui se trouve au centre de cette histoire. J&#39;ai été amenée à reprendre certains passages dans le but d&#39;éliminer ce soupçon. Cette nouvelle est une fiction inspirée par un fait divers qui a eu cours dans le XVIe arrondissement de Paris à la fin des années 90. En aucun cas, il faut y voir un panégyrique du viol, mais plutôt la dénonciation  de ce crime en même temps que l&#39;existence possible d&#39;un asservissement des victimes face aux moyens utilisés par le bourreau pour les soumettre. Il s&#39;agit là d&#39;un aspect du syndrome de Stockholm qui touche ici des femmes mais peut tout aussi bien atteindre des hommes.</font></i></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   5239   29864   248   59   36675   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;} @font-face 	{font-family:"Lucida Grande"; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="5"><span><b><i>-(I)-« NOCHE TRISTE »</i></b></span></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></b></span></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><span><b><font face="andale mono,times" size="3">Cécile Noblecourt-Rancy ouvre avec anxiété la lettre qu&#39;elle vient de recevoir de sa sœur Solange, qui s&#39;est suicidée la veille en s&#39;ouvrant les veines dans son bain.</font></b></span></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></b></span></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3"><span><b>«Ma chérie, c&#39;est à toi que je me confie, comme à ma meilleure amie. Quand cette lettre t&#39;arrivera, je ne serai plus de ce monde. Mes souffrances seront terminées, car, comme toi, je sais que la mort est définitive, qu&#39;il n&#39;y a rien après.</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3"><span><b>«J&#39;ai fait une terrible erreur en portant plainte contre cet individu malfaisant, sans tenir compte de ses avertissements, motivée que j&#39;étais par le souci de mettre un terme à ses agissements afin de protéger d&#39;autres éventuelles victimes. </b></span></font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3"><span><b>«Je n&#39;ai pas cru qu&#39;il irait jusqu&#39;à envoyer à &#8220;la presse du caniveau&#8221;, ni les lettres que j&#39;ai reçues de Robert, ni les photos qu&#39;il a prises de moi dans les postures que tu sais, ni, enfin, le montage des extraits choisis des bandes enregistrées pendant les rapports sexuels qu&#39;il m&#39;a imposés. </b></span></font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]-->«Et comme le rapportent les torchons suffisamment sales qui ont pris plaisir à publier non seulement lettres et photos, mais aussi des articles d&#39;un niveau si misérable, c&#39;est vrai, que dans le montage audio qu&#39;il a confectionné, on a vraiment la conviction que j&#39;ai pris un plaisir certain à subir ses assauts. Et, comme je te l&#39;ai dit, d&#39;une certaine manière, ce n&#39;est pas faux : j&#39;ai effectivement, à la troisième ou quatrième fois ressenti un vrai plaisir que je n&#39;ai pas été capable de cacher entièrement et des soupirs, des halètements, et même des cris de plaisir sont parfaitement audibles sur la copie qu&#39;il n&#39;a pas manqué de me faire parvenir. </b></span></font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> «Je ne pensais pas pouvoir être soumise au syndrome de Stockholm ! </b></span></font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> «Tu te souviens, je te l&#39;ai raconté, il m&#39;a étourdie dans mon sommeil avec un tampon de chloroforme, et lorsque j&#39;ai repris mes esprits, j&#39;étais nue, bâillonnée et ligotée. Couchée à plat dos par terre, j&#39;étais attachée au radiateur par les poignets et à la poignée de la porte de la salle de bain par une longue corde raccordée à mes deux chevilles. Il avait placé le pouf qui se trouve dans ma chambre entre mes pieds de sorte que je ne pouvais pas faire autrement que d&#39;écarter les jambes. </b></span></font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> «Mais, à part cela, si ce n&#39;est qu&#39;il m&#39;a violée à plusieurs reprise, il ne m&#39;a pas brutalisée. Il m&#39;a ôté le bâillon, en me disant qu&#39;il m&#39;assommerait au moindre cri bruyant, et il s&#39;est complètement dévêtu, à l&#39;exception de la cagoule qu&#39;il a gardée tout le temps. Il m&#39;a caressé les lèvres avec son énorme verge en érection, sans prendre le risque de l&#39;introduire dans ma bouche, tout en débitant des propos que je ne peux transcrire tant ils étaient d&#39;une vulgarité écoeurante, il s&#39;est masturbé jusqu&#39;à ce qu&#39;il décharge sur mes lèvres. </b></span></font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> «Après quoi, il m&#39;a baisé les seins, le sexe, et un peu partout, en me caressant longuement sur tous les endroits sensibles du corps, jusqu&#39;à ce que ma vulve commence à couler. Et à partir de là, il m&#39;a pénétrée cinq fois, en prenant chaque fois son temps, sans me brutaliser, et sans préservatifs. </b></span></font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> «Après cela, il a détendu un peu les liens pour me mettre à genoux, et comme je me suis débattue, il a repassé la corde des chevilles derrière le radiateur, avant de la fixer à nouveau à la porte et il m&#39;a prise deux fois en levrette et une dernière fois par l&#39;anus. </b></span></font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></b></span></font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3"><span><b>«Tout cela a bien duré trois heures ! Il avait dû prendre du viagra pour rester si longtemps en érection et me pénétrer au total à huit reprises, sans même compter sa première éjaculation sur ma bouche! Je dois t&#39;avouer que plusieurs fois, malgré les circonstances, j&#39;ai réellement ressenti du plaisir, et même si son montage élimine tous les moments où je l&#39;ai injurié et maudit, il rend bien compte de la jouissance qui a été la mienne, à ma grande honte! </b></span></font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> «Avant de partir, il a pris des photos de moi, dans différentes positions—tu as vu que certaines, et non des moindres, ont été publiées (heureusement, si je puis dire, les liens qui me ligotaient sont visibles sur certaines d&#39;entre elles)! Il a ensuite cherché et trouvé les lettres de Robert dans un tiroir de l&#39;armoire, sous mes sous-vêtements. Puis il m&#39;a promis les pires ennuis si je portais plainte, avant de m&#39;estourbir à nouveau avec du chloroforme. </b></span></font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> «Lorsque j&#39;ai repris conscience, j&#39;étais ligotée et bâillonnée, mais sur mon lit, et couverte. C&#39;est dans cet état que Maria m&#39;a trouvée le lendemain au début de l&#39;après-midi lorsqu&#39;elle est venue prendre son service.</b></span></font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> «Elle a appelé Louis qui a bien voulu se déplacer mais m&#39;a interdit de faire venir la police qui aurait pu prélever tous les indices possibles sur la scène du crime, y compris faire procéder à des prélèvements vaginaux. Il n&#39;a rien voulu entendre, disant qu&#39;il n&#39;avait pas besoin de publicité&#8230; </b></span></font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> «Je te rappelle tout cela pour que tu connaisses le modus operandi de cet individu, au cas où tu voudrais faire des recherches. Tu comprendras que je ne puisse supporter plus longtemps d’être la risée du monde, mais je regrette de ne pas avoir pu démasquer cette crapule. </b></span></font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> «J&#39;ai porté plainte plus d&#39;un mois après et je n&#39;avais conservé que les draps dans lesquels il m&#39;avait couchée à la fin après m&#39;avoir lavée puisque les services de la police scientifique n&#39;a rien pu en faire, parait-il&#8230;</b></span></font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> «Je suis certaine qu&#39;il s&#39;agit d&#39;un type que nous recevons dans nos réceptions, car j&#39;ai écrit à une vingtaine de femmes et rencontré certaines d&#39;entre elles, parmi celles que nous recevons les unes et les autres (je t&#39;en joins la liste). C&#39;est d&#39;ailleurs peut-être cela qui l&#39;a incité à agir (mon impression est que, peut-être, parmi ces femmes se trouverait la sienne et qu&#39;il aurait été informé par ce biais). </b></span></font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> «Les moins timorées (celles qui sont cochées sur la liste), soit un petit tiers de ses femmes, ont reconnu avoir reçu la visite nocturne d&#39;un individu masqué, trois seulement (celles dont le nom est souligné), ont admises avoir été violées. </b></span></font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> «Si tu acceptes de poursuivre l&#39;enquête, ces femmes pourront peut-être t&#39;aider si elles ne sont pas, maintenant, terrorisées. Mais je t&#39;en prie, mets cette lettre et les documents qui sont joints, en lieu sûr, en dehors de chez toi. </b></span></font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> «Ma petite soeur chérie, ne te laisse pas abuser par la froideur &#8220;technique&#8221; de ma lettre. Je suis, comme tu le penses certainement, très très affectée par cette histoire et je disparais, tu t&#39;en doutes avec regret, mais aussi avec un réel soulagement. Je me rends compte que ma lettre est dure et sèche. Mais je veux que tu saches que mes meilleurs moments, je les ai vécus avec toi. Je t&#39;embrasse. Sois prudente.</b></span></font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></b></span></font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><span><b><i><font face="andale mono,times" size="3">«Ta Solange qui t&#39;aime ».</font></i></b></span></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></b></span></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><span><b><font face="andale mono,times" size="3">Aux obsèques de Solange, il y avait peu de monde, une petite centaine de personnes en tout. Même son mari, Louis de Fontevrault, s&#39;était fait porté malade. Malgré tout, Robert, son ami, était présent, ainsi que Catherine Nottin, une des femmes approchées par Solange. Celle-ci, discrètement, glissa à Cécile qu&#39;elle pouvait compter sur elle (et sans doute aussi sur d&#39;autres femmes qu&#39;elles connaissaient) pour l&#39;aider à démasquer ce « salopard ». Elles décidèrent de se rencontrer dans la plus grande discrétion.</font></b></span></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></b></span></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> </span><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="5"><span><b><i>-(II)-HUMILIATIONS.</i></b></span></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <b><span></span>L&#39;homme pénétra par l&#39;entrée de service qui s&#39;ouvre dans une petite rue tranquille parallèle à l&#39;Avenue***. Ses repérages, qui duraient depuis plus d&#39;un mois, lui avaient laissé le temps de trouver les moyens de pénétrer sans effraction dans l&#39;immeuble cossu du 16ème arrondissement où se trouve l&#39;appartement de Cécile Noblecourt-Rancy. à laquelle il rendait visite cette nuit de mars 2004. </b></span></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> Cécile, il l&#39;avait rencontrée à une réception, chez Solange de Fontevrault ; elle lui avait aussitôt plu et il s&#39;était juré de &#8220;se la faire&#8221; tout comme il s&#39;était &#8220;fait&#8221; Solange, la sœur de Cécile, et plusieurs autres &#8220;dames&#8221; des beaux quartiers, repérées dans les mêmes conditions. </b></span></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> En fait, il avait déjà visité, par deux fois, le somptueux logement de sa prochaine victime. Il connaissait donc bien l&#39;ensemble des lieux, et notamment la chambre de Cécile. Il avait prélevé dans son secrétaire quelques lettres de certains de ses amants, choisies en fonction, d&#39;une part de la nature des relations qu&#39;elles révélaient sans ambiguïté, et de préférence avec des détails bien suggestifs, et, d&#39;autre part, de la situation sociale et politique des rédacteurs. </b></span></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> Depuis la plainte déposée par Solange de Fontevrault, et l&#39;issue fatale à laquelle elle l’avait conduite, il se félicitait de la sagesse de telles précautions et redoublait d&#39;efforts pour ne rien laisser au hasard. Il avait aussi toujours avec lui, maintenant, dans de telles expéditions, un équipement audio et vidéo miniaturisé qui lui permettait d&#39;enregistrer des phases très suggestives de ces rencontres. Tout cela était préparé minutieusement.</b></span></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> Dans le cas de Cécile, il savait qu&#39;elle serait seule, ce samedi soir, car, son amant-le ministre- était en déplacement, sa femme de chambre, la seule domestique hébergée dans l&#39;appartement, était de congé jusqu&#39;au lundi matin, et Norbert Rancy, son mari, passait la nuit avec sa maîtresse comme tous les week-ends et beaucoup d&#39;autres nuits, lorsqu&#39;il ne voyageait pas pour ses affaires. </b></span></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> Il avait donc le champ libre, et en cas de surprise, il avait prévu plusieurs façons de faire marche arrière. </b></span></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> Il était une heure du matin, et tout paraissait calme. Par l&#39;escalier de service, il monta jusqu&#39;au dernier étage, ouvrit une petite chambre de bonne inhabitée, et accrocha au garde-corps de la fenêtre une corde descendant le long d&#39;une conduite jusqu&#39;à l&#39;étage au-dessous, au niveau de la fenêtre de la garde-robe qui jouxte la chambre de Madame<span>  </span>Noblecourt. Précaution simple, mais qui pouvait être utile, s&#39;il ne pouvait s&#39;échapper, en cas de mauvaise surprise, par l&#39;une des issues de l&#39;appartement. </b></span></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> Il sortit de la chambre, en fermant soigneusement la porte au moyen d&#39;un verrou qu&#39;il avait lui-même changé, et revint à l&#39;étage au-dessous, le sixième. Il entra par la porte de service avec les clés qu&#39;il s&#39;était procurées lors de ses précédentes visites (pour remplacer les outils qu&#39;il avait utilisés la première fois). Il s&#39;assura que tout était en ordre dans l&#39;appartement. Il plaça, près des gonds de chacune des deux portes d&#39;accès, des coins métalliques associés à des alarmes sonores. Ce dispositif devait l&#39;avertir de toute ouverture intempestive et lui permettre de s&#39;éclipser. </b></span></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> Il se dénuda entièrement, et revêtit un caleçon long, des chaussettes, un ticheurte et une cagoule, le tout en fil noir très fin ; les gants grossiers qu&#39;il portait jusque-là furent échangés contre de fins gants de même matière. Il reprit son sac et pénétra tranquillement dans la chambre de Cécile<span>  </span>Noblecourt.</b></span></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></b></span></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><b>Elle dormait, sur le côté droit, comme une bienheureuse, avec une petite veilleuse qui permettait d&#39;apercevoir son visage pur et gracieux, sa chevelure brune et son épaule, son bras, et son sein gauches, découverts. L&#39;homme se dit : « elle dort donc nue, cela va bien faciliter les choses ! » Il l&#39;éveilla en douceur, non sans lui placer la main sur la bouche pour éviter tout cri de surprise, sinon de panique. </b></span></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> «Surtout, ne vous débattez pas, ne criez pas, sinon je serai obligé d&#39;employer la manière forte.» </b></span></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> Abasourdie, ensommeillée, Cécile se laissa passer des menottes dont la chaîne engagée derrière un barreau du lit de style ancien en fer forgé très &#8220;classe“ (et que l&#39;homme avait bien sûr remarqué avec intérêt lors de ses visites exploratoires) lui étirait les bras vers la tête, sans possibilité de mouvements. Ensuite, il entreprit de faire la même opération aux chevilles en dégageant la literie au pied du lit.</b></span></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> Mais alors, Cécile commença à se débattre, à lui donner des coups de pieds et à crier « sale voyou, laissez-moi, prenez ce que vous voudrez, mais ne m&#39;attachez pas davantage, sinon je vais hurler.» </b></span></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> L&#39;homme fouilla dans son sac, en sortit une matraque, et lui dit &#8220;je vais vous assommer, si vous ne vous tenez pas tranquille&#8221;. Il lui donna un petit coup derrière l&#39;oreille pour la &#8220;calmer&#8221; un peu, et lui montrer qu&#39;il ne plaisantait pas, et s&#39;asseyant sur les jambes de la jeune femme, il lui enchaîna les chevilles au pied du lit. Il recouvrit sa poitrine nue, pour la tranquilliser. </b></span></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> Après quoi, la future victime étant immobilisée, il alla verrouiller la porte et passant dans le dressing dont il ouvrit la fenêtre, il vérifia que sa corde de secours était bien accessible comme prévu, sans être trop visible de la rue. Pour donner le change et retrouver le calme nécessaire pour se mettre en état de réaliser le projet auquel il se préparait depuis si longtemps, il ouvrit l&#39;armoire, visita la lingerie de la dame, sortant notamment des dessous affriolants, se rendit au secrétaire dont il rechercha les recoins et tiroirs secrets (qu&#39;il avait, en fait, déjà, repérés).</b></span></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><b><span></span>«Dites-moi ce que vous cherchez, je pourrai peut-être vous aider » dit Cécile, d&#39;une voix qu&#39;elle s&#39;efforça de rendre ferme et assurée malgré l&#39;angoisse qui l&#39;oppressait. «Je cherche les lettres de votre amant, le ministre.» «Je n&#39;ai pas de lettres, pas d&#39;amant, ministre ou pas. Je n&#39;ai pas d&#39;argent, seulement des bijoux ; prenez ce que vous voudrez, libérez-moi et partez de chez moi ». «Non, ma belle, le ministre existe, ainsi que ses lettres. Je les veux. Pour me protéger ! » « Je ne garde pas de lettres, inutile de chercher.» </b></span></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> Alors, pour lui montrer qu&#39;il n&#39;était pas dupe et qu&#39;il ne plaisantait pas, il alla ouvrir le tiroir secret contenant les lettres et les enferma dans son sac. Vaincue, Cécile compris que ce type était vraiment dangereux et avait très bien préparé son coup. Elle se souvint de ce qui était arrivé à sa sœur Solange et eut vraiment peur.</b></span></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> L&#39;homme sortit un petit caméscope et enclencha un minuscule magnétophone. Il se dirigea vers le lit et retira draps et couverture : elle était effectivement nue. Elle commença à crier : il l&#39;arrêta aussitôt en la menaçant de sa matraque et lui dit : « Si vous ne voulez pas que je vous brutalise, taisez-vous. Vous êtes à ma merci ! » « Mais de quel droit vous permettez-vous de violer mon intimité ? Que me voulez-vous ? Dites-le à la fin ! » « Madame, c&#39;est vous que je veux, je vais vous faire l&#39;amour ! » « Misérable ! Misérable voyou, vous croyez que l&#39;on peut violer une femme de ma qualité en toute impunité ? » « Madame, je bande déjà, regardez bien » et il sortit sa verge en érection par la braguette entrouverte de son caleçon, « est-ce qu&#39;elle ne vous fait pas envie, autant que celle de votre ministre ? » « Misérable malade, je vous traînerai devant la justice ! » « Mais non ma chérie, je prépare cette nuit depuis des semaines, et je ne vous prendrai pas sans que vous soyez en partie consentante, rassurez-vous, mais vous avez raison, il me faut des garanties : la vidéo, votre voix et vos gémissements de plaisir et les lettres de votre amant. »</b></span></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> Et il se mit à la filmer attachée sur son lit : son visage, sa poitrine, son sexe, et il l&#39;obligea à prendre des poses. Elle ne résistait plus, elle pleurait, en silence. Il la fit mettre à quatre patte, ouvrir les cuisses, toutes sortes de figures pour l&#39;humilier et la soumettre. Cécile était anéantie. Il installa son caméscope sur un trépied et le dirigea, en marche, sur le lit. Il s&#39;approcha d&#39;elle, toujours bandant et, après avoir enlevé un gant, se mit à la caresser : les lèvres, les seins, les cuisses, le sexe, dans lequel il pénétra doucement d&#39;un doigt, puis de deux, pour finalement en glisser quatre, gardant le pouce, pour faire pression sur le clitoris. D&#39;abord Cécile se débat, puis à sa grande honte, elle ressent plutôt du plaisir. Il s&#39;en rend compte et lui dit : « tu vois, ce n&#39;est pas si désagréable, tu commences même à mouiller joliment, non ? » Il enfila une capote et se mit en devoir de la pénétrer. Elle résista, serra les cuisses, se tordit, se tourna même sur le ventre au risque de se blesser. Alors, il tendit la chaîne qui attachait ses jambes au pied du lit de façon à lui écarter les jambes, et, pesant sur elle, il la pénétra sans difficulté et même en douceur. Cécile était confondue. Elle pleurait en se débattant, se disant : « je ne vais tout de même pas lui montrer qu&#39;il me donne du plaisir », et elle se mit à crier. L&#39;homme lui mit la main sur la bouche jusqu&#39;à ce qu&#39;il eût fini son affaire. Après quoi, il l&#39;étourdit d&#39;un coup de matraque. Peu après, il recommença, elle était redevenue consciente et elle ne parvint pas à s&#39;empêcher de gémir doucement en espérant faire croire que c&#39;était de douleur, ou de rage. Mais elle n&#39;osa pas crier. À la troisième reprise, sa nature de jouisseuse reprit le dessus, et comme il fit durer l&#39;étreinte, elle atteignit l&#39;orgasme dans une série de halètements et de petits cris, qui ne laissaient aucun doute sur les effets ressentis par Cécile, sous les assauts mesurés et même tendres de son agresseur.</b></span></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></b></span></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><b>Tandis que l&#39;homme se retirait, elle fondit en larmes de rage et de honte. « Misérable violeur, dit-elle, vous ne vous en tirerez pas comme ça. Je vous détruirai tôt ou tard, soyez-en sûr ! » Pour toute réponse, il la retourna, et en modifiant la tension de ses liens, il la plaça à genoux et la pénétra en levrette avant de la sodomiser sans ménagement! &#8220;Voilà ma<span>  </span>jolie, cela suffit-il, et attention, j&#39;ai la vidéo, sur laquelle vous êtes parfaitement reconnaissable, j&#39;ai un double enregistrement des cris de plaisir que vous venez de pousser, et j&#39;ai les lettres d&#39;amour de votre amant, le ministre. Avec ça vous ne pouvez rien contre moi ! Rappelez-vous ce qu&#39;il est advenu de la plainte déposée par Madame de Fontevrault. »</b></span></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><b><span></span>« Oh, abominable salaud, c&#39;était donc bien vous ? Je m&#39;en doutais !» « Eh, oui, c&#39;était bien moi ! Donc vous savez que je ne plaisante pas. » Cécile, outrée, lui dit d&#39;une voix sourde : « Vous m&#39;avez humiliée, et surtout vous avez conduit Solange à la mort, vous ne méritez pas de vivre : sachez que je ne vous oublierai pas, je vous détruirai, j&#39;en fais la promesse en mémoire de Solange. » L&#39;homme ricana, assomma Cécile, la détacha, la recouvrit, et s&#39;éclipsa. Dans la chambre du haut, il retira la corde, remit les vêtements avec lesquels il était venu, et disparut.</b></span></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></b></span></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><span><b><font face="trebuchet ms,geneva" size="4">Lorsque Norbert rentra vers onze heures, comme chaque dimanche, pour déjeuner avec sa femme, il trouva Cécile encore endormie, avec une énorme bosse tuméfiée derrière l&#39;oreille. Elle lui raconta, en toute confiance, ce qu&#39;il lui était arrivé. Malgré des recherches poussées, ils ne trouvèrent aucune trace du passage de l&#39;intrus. Cécile se fit examiner par un médecin ami. Il fit des prélèvements<span>  </span>avant toute toilette, sur ses seins, que l&#39;homme avait sucé, dans le vagin, dans lequel il avait introduit les doigts à mains nue, sur le clitoris qu&#39;il avait léché. (Mais on ne trouva que des traces ténues d&#39;un ADN différent du sien, incertaines à cause des contaminations, et que l&#39;on fit comparer, en totale discrétion, mais sans succès, avec le fichier ADN de la police.) Cécile déclara à Norbert que ce type était trop imbu de lui-même pour qu&#39;il ne se trahisse pas un jour ou l&#39;autre et obtînt de son mari la promesse de son appui total pour détruire cet homme le moment venu.</font></b></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> </span><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="5"><span><b><i>-(III)-UNE ENQUÊTE DIFFICILE.</i></b></span></font><span></span></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>Après le choc dû au suicide de Solange de Fontevrault, sa sœur, et la colère résultant du propre viol multiple dont elle fut victime, Cécile Noblecourt-Rancy mit plusieurs semaines avant de réagir. Elle ressentait la mort de Solange comme une douleur insupportable, et le fait d&#39;avoir indubitablement joui entre les mains et sous les assauts de ce misérable cagoulé, était pour elle comme une souillure inacceptable. Depuis, elle n&#39;arrivait plus à trouver du plaisir dans l&#39;amour, au grand dam de son amant, le ministre, et même de Norbert, son mari, qui s&#39;était rapproché de son épouse à l&#39;occasion de ce drame. </b></span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>Un jour, cependant, elle décida de rencontrer Catherine Nottin, une des victimes du violeur qui avait accepté de se faire connaître auprès de Solange, lorsque celle-ci entreprit de rechercher d&#39;autres victimes qu&#39;elle-même dans l&#39;espoir de pouvoir étoffer le dossier de sa plainte. Elle avait écrit par Internet à une vingtaine de femmes qui fréquentaient les mêmes salons ou dîners qu&#39;elle-même, car elle s&#39;était dit que, peut-être, son violeur fréquentait le même monde. Six<span>  </span>seulement lui avaient répondu : Catherine Nottin, Odile Aubert et Annette Kaplan en reconnaissant avoir été violées dans des conditions semblables, chez elles, de nuit, par un individu cagoulé. Seule Catherine avait accepté de la rencontrer. Les trois autres correspondantes, Martine Sauveterre, Sophie Pavans et Claire de Meursault-Charmes, avaient seulement admis avoir eu connaissance qu&#39;un individu masqué qui, ayant tenté de s&#39;introduire chez elles, avait été mis en déroute par les domestiques. Toutes les autres n&#39;avaient même pas répondu à sa demande. Peu après avoir reçu le témoignage de Catherine Nottin, Solange avait eu à faire face à une campagne de presse, avec publication de photos et d&#39;extraits de lettres reçues de son amant, Robert. Sans oublier quelques « articles » commentant la jouissance éprouvée par la victime durant « les rapports sexuels qu&#39;elle avait consentis à son visiteur ». Elle n&#39;en<span>  </span>supporta pas davantage et mit fin à ses jours. </b></span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>Dans la lettre adressée auparavant à sa sœur Cécile Noblecourt, elle formula l&#39;hypothèse que son agresseur avait pu être alerté par des indiscrétions de ses correspondantes parmi lesquelles pouvait se trouver la propre épouse ou amie du violeur, ce qui corroborait, selon elle, l&#39;appartenance probable de cet individu à leur milieu. Catherine et Cécile, en se rencontrant à une soirée, se donnèrent rendez-vous dans un petit restaurant des bords de Marne, en semaine, à midi, où elles se rendirent indépendamment, en s&#39;assurant l&#39;une et l&#39;autre de n&#39;être pas suivies. Catherine Nottin, une agréable jeune femme de vingt-sept ans ( Cécile en ayant trente-six), célibataire, cadre dans une agence immobilière appartenant à son oncle, Alexis Nottin, est admise dans les soirées de la bonne société du XVIe arrondissement, comme accompagnatrice de cet oncle, veuf depuis quelques années. Cécile et Catherine, sans être des intimes, ont eu assez souvent plaisir à converser lorsqu&#39;elles se rencontraient, car elles ont toutes deux la dent dure à l&#39;égard de la plupart des personnes, notamment des femmes, qu&#39;elles côtoient dans les réceptions auxquelles elles se rendent pour accompagner qui son oncle, qui son époux. En outre, l&#39;une comme l&#39;autre, sont des femmes ouvertes sur le monde, car, en dépit des milieux argentés auxquels elles appartiennent, elles ont, chacune, une profession, et sont, sexuellement, très libérées. </b></span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>Catherine est, sinon purement lesbienne, au moins bisexuelle, et si Cécile avait eu un penchant pour les femmes, nul doute que Catherine aurait pu avoir ses faveurs. Solange avait communiqué à Cécile le récit enregistré de leur rencontre et elle connaissait donc les conditions dans lesquelles Catherine avait dû céder aux assauts du violeur. Il s&#39;était introduit chez elle un soir avant son retour et l&#39;avait aussitôt assaillie et maîtrisée avec un tampon de chloroforme. Quand elle avait repris ses esprits, elle était menottée, bâillonnée, attachée sur son lit et complètement nue. Lui-même était cagoulé bien sûr, nu, et très excité. En en reparlant avec Cécile, elle lui confia, très librement, « j&#39;ai vraiment eu peur qu&#39;il ne me fasse mal, car ma vulve est plutôt étroite et j&#39;ai trouvé sa verge vraiment très grosse, mais comme il m&#39;a caressée longuement et presque tendrement, j&#39;ai fini par mouiller suffisamment de sorte que lorsqu&#39;il m&#39;a pénétrée, je n&#39;ai vraiment pas eu mal. Bien au contraire, je dois vous avouer que c&#39;était plutôt plaisant—j&#39;ai décidé de n&#39;en plus avoir honte !—et à la seconde ou à la troisième fois, j&#39;ai franchement eu un énorme orgasme ! En revanche, ce que je n&#39;ai pas apprécié du tout, c&#39;est qu&#39;à la fin, il m&#39;a sodomisée, et comme je me suis débattue pour protester, il a recommencé deux autres fois ! Ce type est une bête, je me demande comment il peut abuser ainsi huit ou dix fois d&#39;une femme en si peu de temps. En outre avant de partir, il m&#39;a fait écouter la bande de son magnétophone. Malgré mon bâillon, c&#39;était vraiment éloquent ! Il m&#39;a menacée de sévices cruels à mon endroit et d&#39;une campagne de presse propre à ruiner la bonne réputation de mon oncle, si je m&#39;avisais de porter plainte ! Voilà pourquoi je n&#39;ai rien fait d&#39;autre que répondre à ta sœur et la rencontrer. »</b></span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>Cécile lui répondit : « Tu as raison de ne pas avoir honte, car c&#39;est là-dessus qu&#39;il compte pour éviter les plaintes. J&#39;ai moi-même joui de son fait et je pense que c&#39;est le cas de toutes celles qui ont eu affaire à lui ! Nous n&#39;y pouvons rien s&#39;il sait bien s’y<span>  </span>prendre avec les femmes ! C&#39;est pourquoi ma sœur a eu<span>  </span>peu de réponses positives. </b></span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>Mais ce type, aussi prévenant soit-il, est un salaud, un type dangereux, et je veux découvrir son identité, et le détruire. Ma sœur est morte par sa faute, et rien ne dit que d&#39;autres femmes n&#39;ont pas également mis fin à leurs jours. Je voudrais que tu m&#39;aides à rassembler des indices pour le confondre un jour. » Catherine demande alors ce que Cécile entend par détruire. Sans hésiter elle répond : « le traduire en justice si on a les éléments pour cela, de façon à ce qu&#39;il soit condamné lourdement mais, à défaut, je suis prête à le faire tuer par un professionnel ! » Catherine, abasourdie, finit par s&#39;exclamer : « Toi au moins tu ne pardonnes pas ! » « Non, je ne pardonne pas le suicide de Solange, et ce type doit être détruit d&#39;une façon ou d&#39;une autre avant qu&#39;il ne commette trop de dégâts supplémentaires ! Je ne veux pas me venger d&#39;avoir été forcée de prendre du plaisir avec lui, mais je veux faire disparaître ce nuisible qui cambriole le corps des femmes et bande comme une bête grâce au viagra ! Es-tu quand même décidée à m&#39;aider ? »</b></span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>« Oui, que faut-il faire ? » Cécile réfléchit un moment et lui explique comment elle a pu recueillir des traces d&#39;ADN sur son corps, par sa salive et quelques poils pubiens, mais qu&#39;il faudrait pouvoir confirmer pour faire des recherches sur le fichier de la police. « Tu comprends, dans mon cas, il était couvert d&#39;un survêtement léger, et il a utilisé des préservatifs, donc nous n&#39;avons pas pu recueillir grand’chose. Tandis que pour Solange et pour toi, il était nu et sans préservatif, je crois. Tu n&#39;as pas gardé les draps de ton lit, ni les sous-vêtements que tu aurais mis juste après, avant de te laver ? Pas de prélèvements vaginaux ? Je ne sais pas, réfléchis ! » Catherine dit : « j&#39;ai peut-être ce qu&#39;il te faut : bien sûr ma première réaction a été de me doucher, mais, sous la douche, je me suis dit que je faisais disparaître tout trace de ce viol et avant de faire une douche vaginale, j&#39;ai recueilli des sécrétions sur un tampon que j&#39;ai fait séché et conservé sous plastique au congélateur. Il doit bien y avoir du sperme là-dedans, non ? » « Fabuleux » s&#39;exclame Cécile, « voilà ce qu&#39;il nous faut ! Avec ça, nous allons savoir si on retrouve les mêmes profils suspects que sur les prélèvements faits sur moi et faire faire une véritable recherche dans le fichier de la police. Mais il faudrait aussi d&#39;autres signes particuliers de cet individu : moi je n&#39;ai rien vu que sa verge, qui effectivement est de belle taille, mais sans autre signe particulier ! » « Non, je n&#39;ai rien remarqué » regrette Catherine. « Bon, connais-tu bien Odile Aubert ou Annette Kaplan : elles ont refusé de me parler, par peur sans doute… » « Odile, oui, je peux la questionner, Kaplan, je ne la connais pas beaucoup, mais je peux essayer de l&#39;approcher. Je te tiendrai au courant. » « Merci, je vais faire examiner ton prélèvement, pendant ce temps. »</b></span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>Elles se séparèrent en se donnant rendez-vous, quinze jours plus tard, dans un autre restaurant. À ce rendez-vous, elles se retrouvèrent trois : Annette Kaplan, une grande femme brune de trente-huit ans avait décidé de se joindre à Cécile et Catherine. Elle s&#39;excusa d&#39;avoir précédemment mal reçu Cécile et Solange, tout en annonçant qu&#39;elle était prête à témoigner : elle a remarquer deux particularités : l&#39;individu doit être blond car ses poils pubiens le sont et d&#39;autre part, il a sur une des bourses, la gauche pense-t-elle, une assez grosse verrue noire. Il était également nu et a laissé des traces de sperme sur le drap, qu&#39;elle a conservé, non lavé. Catherine raconte qu&#39;Odile a observé, lorsqu&#39;elle a été violée que le type portait une assez grosse chevalière en or, sur laquelle elle ne se souvient pas avoir vu d&#39;inscriptions. Elle confirme que sa toison pubienne est blonde. Elle ne veut pas témoigner car il possède des documents compromettants sur son mari. « Et toi, Cécile, que rapportes-tu ? » « Voilà : le nouveau profil ADN obtenu à partir de ton prélèvement, est partiellement en accord avec ce que l&#39;on avait obtenu avec les prélèvements effectués sur moi, qui étaient, malheureusement, vraiment limites, si tu te souviens. Il faudra confirmer avec le drap d&#39;Annette. Ça c&#39;est une chance ! Le problème, c&#39;est que ce profil correspond à celui d&#39;un violeur identifié il y a six ans, en Angleterre, auquel on attribue une dizaine de viols pratiqués dans des conditions vraiment différentes de notre affaire : le type s&#39;attaquait à des jeunes femmes isolées dans la campagne, ou dans des forêts, maîtrisait sa victime par la force et la frayeur, tirait son coup et disparaissait. Pas du tout le modus operandi de notre homme ! La police aurait identifié, je ne sais trop comment, un certain Gerald Boner, ou Bonar, qui a disparu de la circulation depuis le dernier viol qui lui a été attribué en Grande-Bretagne. On ne possède de lui qu&#39;un vague portrait robot établi grâce aux souvenirs d&#39;une de ses victimes. En voici une copie. À moi, il ne rappelle personne de connu. S&#39;il n&#39;y a pas d&#39;erreur au niveau ADN il faut, bien sûr, imaginer que ce malade est venu en France et fréquente, notamment, d&#39;une façon ou d&#39;une autre, notre milieu.» Catherine et Annette étudient aussi ce portrait-robot et parviennent à la même conclusion : cette tête ne leur dit rien. Mais Annette fait remarquer qu&#39;il est assez facile de changer d&#39;apparence, surtout en partant d&#39;un état qui se rapproche plus de celui d&#39;un homme des bois que d&#39;un bourgeois du<span>  </span>XVIe ! Cécile et Catherine en convinrent et Cécile proposa de faire faire un autre portrait-robot à partir du premier. Mais ce ne sera sûrement pas concluant. Pour finir les trois femmes, convinrent qu&#39;elles ne pourraient guère aller beaucoup plus loin que : vérifier le profil ADN des tâches maculant le drap conservé par Annette, faire circuler avec prudence les deux portraits-robots et l&#39;existence d&#39;une verrue noire sur la bourse gauche du violeur et le fait qu&#39;il s&#39;agit plutôt d&#39;un blond…Et rester à l&#39;affût lors des réunions et dîners auxquels elles participeront ! L&#39;enquête s&#39;avérait donc difficile.</b></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></b></span></p>
<p class="MsoNormal"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="5"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--> <i>-(IV)-LE VIOLEUR DES BEAUX QUARTIERS AURAIT-IL SÉVI AUPARAVANT EN ANGLETERRE ? </i></b></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<p class="MsoNormal"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><b>Éditorial de Cécile<span>  </span>Noblecourt, Directrice de «Nous les femmes ».</b></span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><i><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></b></span></i></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><i><span><b>“J&#39;ai longtemps hésité, fidèles lectrices (et, pourquoi pas aussi, fidèles lecteurs, puisque, bien que moins nombreux, fidèles aussi vous êtes !) de « Nous les femmes », de vous parler de cet individu qui s&#39;introduit nuitamment dans nos appartements à la manière d&#39;Arsène Lupin, non comme ce dernier en gentleman et seulement pour prélever « chez les nantis » un surplus de richesse, mais pour abuser de nos corps. J&#39;ai hésité, car il est connu que ma sœur, Solange de Fontevrault,<span>  </span>s&#39;est donnée la mort, car elle n&#39;a pu supporter, ni d&#39;avoir été violée, ni d&#39;avoir vu une partie de sa vie privée, et par conséquent celle de son époux et de certains de ses amis, rendue publique par des journalistes et des journaux sans scrupules. J&#39;ai hésité aussi parce que j&#39;ai été moi-même<span>   </span>victime de ce Lupin d&#39;un nouveau genre. Ce n&#39;est qu&#39;avec l&#39;accord de mon mari, Norbert Rancy et d&#39;un ami très cher susceptible, lui aussi, d&#39;être compromis par l&#39;intermédiaire de la même presse de caniveaux, que j&#39;ai décidé de porter à votre connaissance, dans cet éditorial, les résultats de l&#39;enquête commencée par ma sœur et que Je poursuis, avec quelques amies, dans le but de démasquer cet individu. En raison d&#39;une part de l&#39;habileté de ce cambrioleur violeur et du peu d&#39;indices qu&#39;il laisse derrière lui, du fait aussi qu&#39;il n&#39;hésite pas à menacer de traîner dans la boue ses malheureuses victimes, peu de plaintes ont été formulées et la police ne peut se livrer à des enquêtes susceptibles d&#39;être couronnées de succès. Comme peu d&#39;informations crédibles ont été rendues publiques, il faut que vous sachiez, ne serait-ce que pour tenter de vous protéger, que ce misérable certainement fréquente les salons et les réceptions des &#8220;beaux quartiers&#8221;, où il fait le choix de ces éventuelles prochaines victimes. Il<span>  </span>s&#39;emploie ensuite à un repérage minutieux, de façon à définir les habitudes des proies qu&#39;il convoite. Il procède aussi à des visites domiciliaires préalables afin de connaître les lieux et aussi pour mettre la main sur des objets intimes (notamment lettres et photographies) susceptibles de fournir ensuite des moyens de soumission pour garantir le silence de ses victimes. Enfin, il procède pendant le viol à des enregistrements audio et vidéo. Vous devez savoir aussi que ce triste sire, s&#39;il emploie parfois des moyens efficaces pour nous réduire au silence au moment où il s&#39;empare de nous dans notre sommeil (usage du chloroforme, ou de la matraque, avant de nous enchaîner ou de nous ligoter), n&#39;est jamais délibérément brutal. Au contraire, il prétend obtenir, sinon notre consentement avant de nous violer, au moins notre contentement après l&#39;avoir fait. De fait, il pratique sur notre corps sans défense, des attouchements, pour ne pas dire des caresses, auxquels, je crois, peu de femmes peuvent longtemps résister tant il fait preuve, à cet égard, de savoir-faire et de délicatesse. Les femmes qui ont dû subir ce &#8220;traitement&#8221; comprendront ce que je veux dire, et je supplie les autres de bien vouloir me croire, même si elle pense, dans un premier temps, que je suis &#8220;une femme facile&#8221;. Il compte d&#39;ailleurs sur le plaisir éprouvé par ses victimes, et de la honte qui en résulte, pour s&#39;assurer de leur silence. Sachez également, que sa «visite », s&#39;il n&#39;est pas dérangé, dure plusieurs heures et que sa virilité paraît être sans limites. Sans doute est-il un adepte de l&#39;usage du viagra ! Aucune des femmes violées n&#39;a pu voir son visage. En revanche, si maintenant il opère revêtu d&#39;une sorte de combinaison en fil très fine, nombreuses sont celles qui l&#39;ont vu entièrement nu. Sa toison pubienne est blonde, et sans doute aussi sa chevelure, s&#39;il n&#39;est pas teint, et il aurait une verrue noire sur une de ses « parties », la gauche. À part ces maigres indications, aucune caractéristique notable a été relevée. Néanmoins, grâce à la prévoyance de certaines d&#39;entre nous, il a été possible de procéder à des prélèvements de poils, de salive et de sperme. Par des analyses d&#39;ADN, parfois délicates,<span>  </span>un profil génétique a été établi. Comparé au fichier international,<span>  </span>une étroite parenté, voire une identité, entre notre «violeur des beaux quartiers » et un individu rendu responsable d&#39;une dizaine de viols il y a quelques années dans l&#39;ouest de l&#39;Angleterre. Cet individu, que la police anglaise désigne sous le nom de Gérald Bonar, s&#39;attaquait de préférence à de jeunes rurales (15-30 ans), en des maisons ou même des lieux isolés (bois ou landes), de jour, en employant la manière forte pour les maîtriser, et sans, semble-t-il, le raffinement déployé aujourd&#39;hui par notre visiteur nocturne. Un portrait robot avait été dressé qui ne rappelle aucun des personnages que les victimes du XVIe arrondissement qui ont bien voulu répondre à notre demande auraient eu l&#39;occasion de rencontrer. Donc, seul le profil ADN rapproche les deux violeurs. Il serait, bien entendu, très utile que des personnes ayant eu a subir les assauts de ce triste sire accepte de témoigner pour que police et justice soient en mesure d&#39;ouvrir une enquête. Il s&#39;agit<span>  </span>de tout faire pour mettre ce &#8220;monsieur&#8221; hors d&#39;état de nuire.“</b></span></i></font></p>
<p class="MsoNormal"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></b></span></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><span><b>Cécile Noblecourt.</b></span></font></p>
<p align="justify"><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   3936   22439   186   44   27556   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;} @font-face 	{font-family:"Lucida Grande"; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><span><b><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="5"></font></i></b></span></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><span><b><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="5">-(V)-JULIE BRADFORD.</font></i></b></span></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> </span><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>« Madame, la lecture de votre éditorial m&#39;incite à vous écrire.<span>   </span>Je pense être en mesure de vous aider. Si vous êtes<span>  </span>intéressée, veuillez vous trouver dimanche à Saint-Séverin à la messe de 11 heures.<span>  </span>À 11 heures 15, environ, quittez votre<span>  </span>place (que vous aurez choisie plutôt près de la sortie), et dirigez-vous vers le Boulevard Saint-Michel, par le chemin de votre choix. Pour commencer, cependant, veuillez emprunter<span>   </span>un itinéraire compliqué comprenant<span>  </span>des rues étroites et peu peuplées, remontez ensuite le boulevard par le trottoir de droite, et entrez dans le premier café qui se présentera après le Lycée Saint-Louis. En ce lieu, veuillez choisir une table pour<span>  </span>deux, aussi isolée que possible et d&#39;où l&#39;on puisse surveiller l&#39;arrivée des clients. Si je ne me présente pas, c&#39;est que vous<span>  </span>aurez été suivie.</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>« Bien entendu je vous connais, mais je ne<span>  </span>pense pas que la<span>  </span>réciproque soit vraie. J&#39;ai trente-sept ans ; je suis blonde<span>  </span>cuivrée, cheveux plats coupés droit, juste au-dessous des oreilles. Je serai en tailleur pantalon noir sur un haut<span>  </span>largement décolleté de couleur crème.<span>  </span>Soyez, bien sûr, seule.<span>  </span>En cas d&#39;échec ou d&#39;impossibilité, nous reporterons ce rendez-vous d&#39;une semaine. Ne soyez pas étonnée de ces précautions : notre sécurité l&#39;exige. En effet, vous devez faire<span>  </span>l&#39;objet d&#39;une étroite surveillance, surtout depuis la parution de votre éditorial, sauf peut-être le dimanche, et sans doute plutôt<span>  </span>par des moyens électroniques ou téléphoniques. Prenez la précaution de porter des vêtements que vous n&#39;avez<span>  </span>pas mis depuis longtemps, y compris les chaussures, et ne portez pas de sac à main, ni aucun objet, téléphone, bijou, montre, stylo, cartes de crédit, d&#39;identité, etc…susceptibles d&#39;abriter émetteurs et micros. Mettez<span>  </span>simplement un peu d&#39;argent dans votre poche.<u> Détruisez cette lettre et ne dites<span>  </span>rien à personne.</u></b></span></font></i><span><b><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"> »</font></i></b></span></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b><span></span>Cécile Noblecourt qui vient de lire cette missive arrivée<span>  </span>chez elle par porteur spécial, est, dans un premier temps, incrédule, voire soupçonneuse, et son premier réflexe est d&#39;en parler avec Norbert, ou avec son amant, le ministre,<span>  </span>ou avec les amies avec lesquelles elle mène son enquête. Mais la dernière<span>  </span>phrase, soulignée, l&#39;arrête et elle se décide, quelque peu effrayée, à brûler la lettre. Malgré tout, elle est bien décidée à<span>  </span>aller à ce rendez-vous en prenant toutes les précautions<span>  </span>préconisées.<span>  </span>« On<span> </span>est vendredi »<span>  </span>se dit-elle, « je serai vite<span>  </span>fixée!»</b></span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>En sortant de l&#39;église, elle ne vit personne de connaissance.<span>   </span>Elle emprunta successivement<span>  </span>les rues de la Parcheminerie,<span>  </span>Saint-Jacques, de la Huchette, Xavier Privas, Saint-Séverin, de la Harpe. Parvenue sur le boulevard Saint-Germain, elle repartit vers l&#39;Est et s&#39;engagea dans la rue de Cluny, traversa le square Painlevé et<span>  </span>déboucha sur le boulevard Saint-Michel par la rue des Écoles. Elle traversa et remonta vers le Luxembourg. Après le Lycée Saint-Louis, et la rue de<span>  </span>Vaugirard, elle entra dans le premier<span>  </span>bistrot rencontré, assez petit, et s&#39;installa à une petite table, face à la porte<span>  </span>et attendit en buvant un Martini. À aucun moment de son cheminement,<span>   </span>elle ne se retourna, pour ne pas éveiller l&#39;attention d&#39;un éventuel suiveur et ainsi risquer de gêner<span>   </span>la personne avec qui elle avait rendez-vous et qui devait la suivre de loin.</b></span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>Quinze minutes après elle, une femme correspondant au<span>  </span>signalement indiqué entra<span>  </span>dans le café et, sans hésiter, vint vers elle avec un grand sourire, lui dit « bonjour Cécile », lui fit la bise et s&#39;installa à ses côtés. À voix basse, elle lui<span>  </span>dit :« Appelez-moi Julie, et parlez-moi comme si vous étiez<span>  </span>heureuse de me<span>  </span>retrouver après une longue séparation. » Et<span>  </span>Julie reprit à voix plus forte, avec le plus grand naturel : « tu n&#39;as pas changée ; tiens je vais prendre aussi un porto », « non, c&#39;est un Martini » « ah, c&#39;est un Martini ? Va pour un Martini »,<span>  </span>etc… Tout en parlant, elle écrivit sur un morceau de papier qu&#39;elle sortit de sa poche : « Vous avez bien pris les précautions convenues, nous pouvons parler ? »<span>  </span>Cécile lui fit<span>  </span>comprendre que oui en disant à haute voix : « C&#39;est toujours d&#39;accord, nous allons bien au Luxembourg, tout à l&#39;heure ? » «<span>  </span>Bien sûr, nous avons tellement de choses à nous dire ! Mais<span>  </span>avant, nous pourrions déjeuner ensemble, tu es bien libre, n&#39;est-ce pas ? J&#39;ai retenu dans un petit resto sympa tout près<span>  </span>d&#39;ici. » « Ah, c&#39;est une bonne idée, allons-y ! Monsieur, nous<span>  </span>vous devons combien ? »</b></span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>Elles sortirent. Julie lui prit le bras.<span>  </span>En marchant, elle lui<span>  </span>expliqua que le restaurant était généralement calme et qu&#39;elles<span>  </span>y parler tranquillement,<span>  </span>après avoir vérifié qu&#39;aucune personne déjà aperçue ne se présenterait au restaurant. « Pourquoi faut-il prendre tellement de précautions ? »<span>  </span>demande<span>  </span>Cécile. « Parce que si nous avons<span>  </span>affaire à l&#39;individu dont tu parles dans ton journal,<span>  </span>connu de la police anglaise sous le nom de Jerry Bonar, nous devons être très prudentes ; il est dangereux comme l&#39;expérience de ta sœur le prouve ainsi que d&#39;autres faits dont je te parlerai. Il<span>  </span>doit<span>  </span>te surveiller d&#39;une manière très étroite pour suivre le progrès de ton enquête et t&#39;arrêter à temps. Ton article fut très courageux, c&#39;est sûr, mais bien imprudent ! Il ne te lâchera pas, de crainte que tes recherches aboutissent. Il est<span>  </span>capable de te faire supprimer.<span>  </span>A propos, ça ne te choque pas<span> </span>trop que l&#39;on se tutoie ? »<span>  </span>« Non, bien sûr, nous nous<span>  </span>connaissons depuis si longtemps ! » dit-elle avec un petit rire<span>  </span>amer. Puis elle reprend, un rien agressive,<span>  </span>« mais qu&#39;est-ce<span>  </span>qui me prouve que tu n&#39;es pas une de ses créatures ? »<span>  </span>« Pour<span>  </span>le moment, rien ! Et même lorsque je t&#39;aurai montré certains<span>  </span>papiers,<span>  </span>et raconté mon histoire, j&#39;ai bien peur que le choix soit simplement : nous faire confiance ou nous séparer, et nous oublier ! »</b></span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>Tout en marchant,<span>  </span>Julie lui expliqua, à voix basse, qu&#39;elle était<span>  </span>Anglaise par son père et Française par sa mère, qu&#39;elle était un agent de Scotland Yard, dans une<span>  </span>équipe chargée des viols, et qu&#39;à ce titre, elle avait enquêté sur les viols en série commis par Bonar. En outre, à titre, sans doute<span>  </span>de représailles ou d&#39;intimidation, elle avait été agressée dans les mêmes conditions que les victimes parisiennes, et qu&#39;elle avait donc au moins deux raisons de vouloir<span>  </span>aider Cécile et ses amies. Pour la mettre à l&#39;abri, ses supérieurs<span>  </span>l&#39;avaient<span>  </span>retirée de l&#39;enquête et nommée dans un poste tranquille à l&#39;ambassade à Paris pour trois ans. Elles arrivèrent, après moult détours,<span>  </span>et retours sur leurs pas, dans un<span>  </span>restaurant<span>  </span>de la rue de Seine, où elles entrèrent après avoir examiné les abords avec précaution. Il y avait peu de monde et<span>  </span>Julie put<span>   </span>obtenir une table isolée d&#39;où il était possible de surveiller les abords et de converser tranquillement.</b></span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><span><b><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Elles firent leur choix et Julie montra discrètement ses papiers<span>  </span>à Cécile.<span>  </span>Julie lui fit remarquer que bien sûr cela ne prouvait<span>  </span>rien, que tout pouvait être fabriqué<span>  </span>et que Cécile ne pouvait pas se renseigner sans prendre de risque. Mais, que si elle le désirait, elle<span>  </span>pouvait<span>  </span>lui donner le nom et la ligne directe de son chef à Londres. Cécile la contempla longuement, sans rien<span>  </span>dire, tout en réfléchissant : Julie avait une figure ouverte, intelligente, apaisante même ; elle constata<span>  </span>qu&#39;elle ne ressemblait pas vraiment à la photo de sa carte professionnelle. Manifestement, elle portait des lentilles colorées et sans doute une perruque, et, en plus, des lunettes. Elle le lui fit remarquer<span>  </span>et ajouta : « le téléphone et la<span>  </span>personne au bout du fil peuvent parfaitement aussi être bidon, mais pour l&#39;instant, admettons que je te fasse confiance, et raconte-moi ton histoire. » Julie sourit et remarqua : « oui, je porte une perruque, des lunettes neutres et des lentilles, et bien sûr, le contact à Londres peut être truqué, mais je suis réellement la personne que<span>  </span>je t&#39;ai dite. Pour l&#39;instant, disons que tu m&#39;écoutes sans rien me dire toi- même, et tu jugeras ensuite de ce que tu voudras faire, ou ne pas faire, avec moi. OK ? »<span>  </span>« Oui, c&#39;est d&#39;accord » répondit<span>  </span>Cécile.</font></b></span></p>
<p class="MsoNormal" align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>«Je m&#39;appelle Julie Bradford.<span>  </span>J&#39;ai fait des études de droit, puis une thèse sur les droits de la femme en Europe occidentale et<span>  </span>aux USA. Ensuite,<span>  </span>je me suis intéressée aux profils des tueurs<span>  </span>et violeurs de femmes lorsque j&#39;ai été admise à un cours de « profiler »<span>  </span>à Scotland Yard. À<span>  </span>la suite de cette spécialisation<span>  </span>qui a complété mon doctorat, j&#39;ai été recrutée comme<span>  </span>inspectrice en travaillant dans mon domaine de profileuse<span>  </span>pour toutes les affaires criminelles (meurtres et viols) touchant des femmes. C&#39;est ainsi que j&#39;ai dû me consacrer à<span>  </span>celui que nous<span>  </span>avons appelé le violeur du Devon parce qu&#39;il a commis, dans ce comté ou ses environs,<span>  </span>au moins une dizaine de viols— en fait sûrement davantage, car toutes les victimes ne se sont pas faites<span>  </span>connaître. Ça s&#39;est passé dans les<span>  </span>années 1998-2002. En fait, c&#39;est<span>  </span>venu à notre connaissance car une de ses victimes. Une jeune fille de quinze ans est tombée enceinte et ses parents ont porté plainte. Grâce à un portrait–robot établi<span>  </span>à<span>  </span>partir des indications de cette personne, et à sa publication, d&#39;autres témoignages ont été recueillis et le portrait affiné. La victime et<span>  </span>ses parents n&#39;ont<span>  </span>pas voulu laisser vivre l&#39;enfant, mais nous avons pu obtenir des cellules du fœtus de façon à en faire le profil ADN. Par comparaison avec celui<span>  </span>de la victime, nous avions en partie,<span>  </span>mais en partie seulement, celui du violeur. Comme aucune<span>  </span>femme<span>  </span>n&#39;avait porté plainte auparavant, aucun prélèvement de sperme ou de poils ou de cellules n&#39;avait pu être effectué, et on en est resté là. En tant que profileuse, j&#39;ai participé à<span>  </span>l&#39;interrogatoire des femmes qui se sont fait connaître pour établir le modus operandi et le profil psychologique du violeur. Et j&#39;ai écrit un rapport qui<span>  </span>a été rendu<span>  </span>public,<span>  </span>malheureusement, et en mentionnant son auteur, de façon,<span>  </span>a-t-on prétendu, à mettre en garde les prochaines victimes potentielles du violeur.</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>« Il se présentait dans les fermes<span>  </span>ou<span>  </span>les maisons isolées,<span>  </span>voire même dans les champs et les bois, après sans doute un minimum de repérage, faisait la causette aux jeunes filles ou aux jeunes femmes seules, et si elles résistaient, les maîtrisaient par la force, les attachaient et les violaient avec, en général, beaucoup de douceur. Elles en ressentaient souvent du plaisir, si bien que la honte les empêchait de porter plainte. J&#39;ai même rencontré plusieurs femmes<span>  </span>qui lui ont cédé sans résistance.<span>  </span>Toutes, consentantes ou non, ont<span>  </span>dit qu&#39;il s&#39;agissait d&#39;un homme charmant d&#39;une grande puissance virile, et beau ! Elles lui donnaient entre trente<span>  </span>et<span>  </span>quarante ans. Il se présentait, que ce soit dans les maisons ou à l&#39;extérieur, toujours à visage découvert, si bien qu&#39;il a été facile, quoique trop<span>  </span>tard,<span>  </span>de dresser un portrait ressemblant.<span>  </span>Après la publication de mon rapport et des portraits, un<span>  </span>habitant d&#39;Exceter<span>  </span>s&#39;est fait connaître comme propriétaire d&#39;un logement loué à un individu qu&#39;il connaissait sous le nom de Gerald Bonar et était susceptible d&#39;être la personne recherchée. L&#39;appartement était vide,<span>  </span>avait été soigneusement nettoyé, mais pas suffisamment tout de même pour qu&#39;on ne puisse récupérer des cheveux qui ont permis de dresser la carte génétique du suspect et de confirmer qu&#39;il était bien le père du bébé du viol.</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>« Peu après,<span>  </span>j&#39;ai<span>  </span>moi-même reçu la visite nocturne d&#39;un type<span>  </span>masqué, qui comme pour toi, m&#39;a surprise endormie, m&#39;a neutralisée et violée avec une certaine férocité, et à<span>  </span>plusieurs reprises. Avant de partir, il a même eu le culot d&#39;enlever sa cagoule pour me narguer, en me disant que si je ne<span>  </span>me tenais pas tranquille, il n&#39;hésiterait pas à me faire la peau. J&#39;ai pu<span>  </span>compléter le portrait robot<span>  </span>et recueillir du sperme car cet individu impudent m&#39;a baisée sans capote, se croyant sans doute indestructible.<span>  </span>Le profil génétique<span>  </span>a été confirmé et j&#39;ai<span>  </span>pu aussi affiner<span>  </span>son profil psychologique.</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><span><b><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">« Mon diagnostic est qu&#39;il s&#39;agit d&#39;un individu a la libido<span>  </span>exacerbée,<span>  </span>mais vivant en solitaire : à Exceter, il occupait seul le logement qu&#39;il avait loué sous le nom de Jerry Bonar . Il ne<span>   </span>semble pouvoir jouir à plein des femmes qu&#39;en les<span>  </span>soumettant à ses caprices—même lorsque ses « victimes » sont consentantes! Il tient donc à les baiser sous la contrainte,<span>   </span>mais sans chercher à les brutaliser plus que ce qu&#39;il faut<span>  </span>pour les maîtriser. En fait c&#39;est une sorte de machisme qui consiste<span>  </span>à soumettre ses victimes pour<span>  </span>leur donner ensuite du plaisir! Et toutes les femmes qui ont accepté de répondre à mes<span>  </span>questions avec franchise, reconnaissent avoir joui avec lui, parfois davantage qu&#39;avec leur compagnon habituel. Je n&#39;ai pas échappé à la règle, bien qu&#39;il fut, au moins au départ, sans doute plus brutal avec moi qu&#39;avec d&#39;autres :<span>  </span>je n&#39;ai pas honte de t&#39;avouer que j&#39;ai eu avec lui plusieurs orgasmes de très haute intensité, ce que je n&#39;ai pas dit, bien sûr, ni à mon ami du moment, ni à mes collègues. Mon viol<span>  </span>n&#39;a pas été rendu<span>  </span>public, pas plus que la confirmation de sa carte ADN. En<span>  </span>revanche, un portrait robot très ressemblant est entre les mains de tous les policiers de Grande-Bretagne. Mais il<span>  </span>semble avoir disparu du pays.<span>  </span>Aucun viol susceptible de lui<span>  </span>être attribué n&#39;a été déclaré depuis le mien. Par ailleurs<span>  </span>l&#39;enquête sur Geraid Bonar n&#39;a rien donné.<span>  </span>Il s&#39;agit sans doute<span>  </span>d&#39;un pseudonyme. Peut-être que l&#39;homme<span>  </span>vivait ailleurs sous<span>  </span>un autre nom et qu &#39;il s&#39;est mis à l&#39;écart lorsque son portrait a commencé à être trop ressemblant.<span>  </span>J&#39;ai<span>  </span>tenu au courant ma<span>  </span>brigade de ce qui se passe ici, mais mon chef m&#39;a dit de me tenir en dehors de tout cela et de continuer mes études de psychologie, ce que je suis censée faire sous le couvert d&#39;un poste bidon à l&#39;ambassade. Il est en contact avec la police judiciaire française. Voilà ! Je crois que je t&#39;ai dit l&#39;essentiel ! »</font></i></b></span></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>Cécile, après un moment de réflexion,<span>  </span>a souri et lui a<span>  </span>dit : «<span>  </span>Julie, tout ce que tu me dis me paraît être la vérité, et je choisis de te faire confiance. J&#39;espère que je ne le regretterai<span>  </span>pas.<span>  </span>Mais tu sais,<span>  </span>je ne fais pas les choses à moitié, et malgré<span>  </span>tous les risques, je continuerai jusqu&#39;à démasquer ce sauvage, même si moi aussi j&#39;ai joui sous lui ! Et je ne suis pas seule à<span>  </span>vouloir l&#39;abattre.<span>  </span>Je crois que l&#39;on a affaire au même individu<span>  </span>qui s&#39;est déplacé en France. Il a adopté sans doute un nouveau<span>   </span>nom, une nouvelle raison sociale, qui lui permet de fréquenter la bourgeoisie du XXVe, peut-être un nouveau look aussi, mais ça, nous ne le savons pas car personne ne l&#39;a vu sans cagoule. Mais le profil ADN est formel, c&#39;est bien celui que vous avez établi. Et le profil psychologique colle aussi très<span>  </span>bien. » Julie complète : « Au fait, il est en effet blond, et a bien<span>  </span>une verrue noire sur le testicule gauche : ce dernier point à été rapporté par plusieurs des victimes. Comment as-tu eu accès<span>  </span>au profil ADN? Et<span>  </span>comment moi ou mes collègues<span>  </span>pouvons –nous vous aider ? »</b></span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>Cécile expliqua que, comme il n&#39;y a pas d&#39;enquête<span>  </span>officiellement ouverte, c&#39;est grâce à des relations privées qu&#39;elle a pu faire faire les recherches ADN et les comparaisons avec<span>  </span>le fichier international. Puis elle ajouta : « Tant que nous n&#39;avons pas d&#39;identification formelle de l&#39;individu, il ne peut pas y avoir de progrès côté français. Comment peux-tu nous<span>  </span>aider ? Mais en démasquant le personnage, toi qui le connais.<span>  </span>La seule façon, consiste à fréquenter notre milieu,<span>  </span>mais c&#39;est<span>  </span>bien sûr risqué. Ce que je peux faire, c&#39;est<span>  </span>te faire entrer,<span>  </span>cachée, chez moi et chez des amies lorsque nous faisons des dîners ou des<span>  </span>réceptions.<span>  </span>Est-ce que<span>  </span>tu crois que ce serait possible? Peut-être que, aussi,<span>  </span>Scotland Yard pourrait déposer officiellement un mandat d&#39;arrêt international accompagné du portrait-robot affiné par tes soins. »</b></span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><span><b><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Après réflexion Julie répondit : <i>« pour la première proposition, c&#39;est oui, à condition que la discrétion soit assurée.<span>  </span>La seconde possibilité est à exclure car on ne lance<span>   </span>pas un mandat d&#39;arrêt sur une personne non identifiée formellement par la photo d&#39;un individu associé à<span>  </span>un profil ADN du même individu. C&#39;est ça<span>  </span>notre objectif!»</i></font></b></span></p>
<p class="MsoNormal" align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><span><b>QUELQUES SEMAINES PLUS TARD…</b></span></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><span><b><span></span></b></span><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>Cécile était restée en contact avec Julie au moyen d&#39;un<span>  </span>système de communication compliquée<span>  </span>par<span>  </span>téléphone en toute sécurité (avec appel codé d&#39;une cabine publique vers son numéro personnel, suivi d&#39;un retour sur une autre cabine, le lendemain une heure plus tôt, ou plus tard, en changeant systématiquement<span>  </span>de poste d&#39;appel et de réception…), de sorte qu&#39;elles purent se rencontrer, de temps en temps, dans des lieux publics dégagés, ou dans des restaurants ou des cafés, en appliquant des règles strictes de précaution. Elle<span>  </span>apprend enfin<span>  </span>à sa complice, qui est devenue une amie en qui<span>  </span>elle a maintenant toute confiance, qu&#39;il y a une réception d&#39;une centaine de personnes à l&#39;occasion de la remise d&#39;une distinction à un des amis de son mari. Elle aura<span>  </span>lieu à l&#39;Hôtel<span>  </span>*** dans le Grand Salon. En allant repérer les lieux par avance,<span>  </span>et<span>  </span>en se déguisant astucieusement comme elle savait le faire, Julie pourrait sans doute se rendre compte si un individu pouvant passer pour Bonar<span>  </span>s&#39;y trouverait.</b></span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>Au petit matin, le jour où devait se tenir la réception, on trouva Julie morte au pied de son immeuble. Elle avait été<span>  </span>défenestrée. La police, dit-on, ne trouva aucun indice susceptible d&#39;être exploité. Les journaux<span>  </span>se contentèrent d&#39;un<span>  </span>entrefilet annonçant que Julie Bradford, Anglo-française employée à l&#39;ambassade de Grande–Bretagne, avait été assassinée. « L&#39;enquête, conduite conjointement par la PJ<span>  </span>et<span>  </span>Scotland Yard, s&#39;avérait devoir être longue et difficile. » </b></span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><span><b><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Cécile, anéantie par cette nouvelle, comprit que, malgré les<span>  </span>précautions prises, Bonar avait repéré Julie et l&#39;avait, comme<span>  </span>promis, supprimée. Elle alla malgré tout à la<span>  </span>réception de<span>  </span>l&#39;Hôtel*** et fit savoir à ses amies, qu&#39;il était urgent de suspendre leurs investigations. Il fallait qu&#39;elles<span>  </span>se tiennent<span>  </span>tranquilles tout en restant vigilantes à l&#39;égard de tous les évènements susceptibles de conduire à l&#39;identification du violeur.</font></b></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></b></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="5"><span><b><i><span></span>(VI)-NOIR SOLEIL.</i></b></span></font></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> </span><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b><span></span>Cécile Noblecourt-Rancy, de la fenêtre de sa chambre, regarde Gérard Orban, en villégiature au Cap Ferrat, dans la propriété mitoyenne de la leur, nager vigoureusement dans leur piscine, comme Norbert Rancy, son époux, l&#39;a invité à le faire. D&#39;où elle est,<span>  </span>au premier étage de la villa, Cécile ne peut<span>  </span>pas ne pas voir que Gérard et Sylvie, sa femme, sont complètement nus, sous ses yeux. Bien sûr, elle n&#39;est pas censée<span>  </span>être encore dans sa chambre à onze heures passées, souvent elle va faire des courses à ce moment-là, mais tout de même, elle trouve que ces deux-là en prennent un peu trop à leur aise. Malgré tout,<span>  </span>elle ne peut s&#39;empêcher de contempler les mouvements puissants de ce corps nu d&#39;un homme avec lequel elle échange des propos qui, bien que paraissant anodins, laissent émerger, trop souvent à son goût, un soupçon de libertinage ou même des propositions grivoises à peine voilées. Et aussi, où elle croit reconnaître une voix ou au moins des sonorités qui lui rappellent une aventure humiliante. Soudain, le nageur se retourne, le membre viril, en érection, jouant au périscope, la remarque et lui fait un petit geste de la main qui se termine en direction de son sexe. Elle répond d&#39;un signe de tête, regrettant aussitôt d&#39;avoir, ainsi, répondu à une sorte d&#39;obscène invitation ! À ce<span>  </span>moment,<span>  </span>Sylvie sort de l&#39;eau, enfile son peignoir, et s&#39;en va vers leur demeure, par un passage ménagé dans la haie qui sépare les deux propriétés.</b></span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>Cécile, rouge de honte, se retire enfin et va à sa toilette. Peu<span>  </span>après, alors que, dévêtue, elle se prépare à entrer dans son bain, elle entend quelqu&#39;un entrer dans sa chambre sans frapper, et, s&#39;enveloppant à la hâte d&#39;une large serviette, va voir, à peine voilée, ce qu&#39;il se passe, croyant qu&#39;il s&#39;agit de sa femme de chambre. Mais non, c&#39;est Gérard! Il est là, en<span>  </span>peignoir et s&#39;approche de Cécile en conquérant.<span>  </span>« Vous êtes<span>  </span>délicieuse et tellement séduisante, ainsi peu vêtue, Cécile ! J&#39;accours à votre appel, Dame de toutes mes pensées. » Rouge<span>  </span>de colère, cette fois, Cécile dit, en montrant la porte : « Retirez-vous à l&#39;instant, Monsieur, où j&#39;appelle mes gens ! Et,<span>  </span>à l&#39;avenir, abstenez-vous de fréquenter ma maison et ma<span>  </span>piscine. Je me charge de mettre mon mari<span>  </span>au courant de la<span>  </span>façon dont vous abusez de notre hospitalité. »<span>  </span>Il ricane et dit :<span>  </span>« Madame, vous vous méprenez, je voulais seulement vous offrir les services que votre mari néglige de vous rendre. » « Vous êtes abject! Taisez-vous et partez, à l&#39;instant ! » répondit Cécile en ouvrant la porte.</b></span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>Lorsque Norbert vint déjeuner, elle lui rapporta, sans rien omettre, les exploits de son ami Orban. Celui-ci reçut<span>  </span>dans<span>  </span>l&#39;après-midi une missive ainsi rédigée : « Mon cher, tu t&#39;es conduit comme un goujat avec Cécile. Sache que mon épouse est une femme<span>  </span>respectable,<span>  </span>et jusque-là respectée, par moi et par mes amis. Je l&#39;approuve complètement et<span>  </span>je te prie de<span>  </span>noter que notre maison, ici comme à Paris, te sera désormais fermée. Norbert Rancy. » Le lendemain, Cécile Noblecourt<span>  </span>reçut, à son nom, la réponse d&#39;Orban. «Madame, je vous<span>  </span>demande pardon, de m&#39;être conduit avec si peu de<span>  </span>discernement. J&#39;ai réellement cru<span>  </span>que votre signe de tête était<span>  </span>une approbation de mon geste et donc une invitation à me livrer à vous. J&#39;oubliais<span>  </span>seulement, et cela est une grave faute,<span>  </span>qu&#39;une Noblecourt ne pouvait pas se conduire d&#39;une façon aussi vulgaire. Mais, Cécile, permettez-moi de vous appeler<span>  </span>Cécile,<span>  </span>je suis réellement épris de vous, vous êtes mon Soleil de ce juillet qui s&#39;achève sur un malentendu dont je suis seul responsable. J&#39;ose<span>  </span>vous le dire, je brûle de vous prendre dans<span>  </span>mes bras et de vous donner le bonheur qui vous est, j&#39;en suis certain, pour l&#39;instant refusé, alors que vous le méritez mille<span>  </span>fois ! Malgré<span>  </span>les apparences, trompeuses je vous l&#39;assure, je<span>  </span>suis digne de vous l&#39;offrir, ce bonheur. Chère Cécile,<span>  </span>croyez<span>  </span>bien que j&#39;ai pour vous un attachement indéfectible et que je suis certain que nous finirons par nous rejoindre. Je<span>  </span>dispose<span>  </span>d&#39;un enregistrement de notre première rencontre, l&#39;hiver dernier, souvenez-vous, lorsque vous m&#39;avez accordé vos faveurs, sous la contrainte d&#39;abord, il est vrai, mais ensuite, d&#39;une certaine manière, sinon avec votre consentement, au moins, avec un véritable contentement de vous livrer<span>  </span>aux jeux de l&#39;amour.<span>  </span>N&#39;oubliez pas, aussi, que je possède des lettres<span>  </span>d&#39;un personnage important dans lesquelles il relate en détail les plaisirs que vous avez pris ensemble, en vous nommant, une fois au moins, par votre patronyme.<span>  </span>Vous savez bien que<span>  </span>n&#39;importe quel tabloïde se ferait un plaisir de publier des lettres aussi personnelles d&#39;un haut personnage de l&#39;état à une dame aussi connue que vous et de surcroît propriétaire d&#39;un des magazines féminins les plus en vue. Pensez donc à<span>  </span>ce qui est arrivé à votre soeur Solange de Fontevrault,<span>  </span>ainsi qu&#39;à la policière anglaise Julie Bradford. Je suis donc<span>  </span>convaincu que nous<span>  </span>nous reverrons sous peu, en toute amitié, et pour notre plus grand plaisir. Votre<span>  </span>repentant et dévoué, Gérard Orban. »</b></span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>« Ainsi, c&#39;était donc lui qui me<span>  </span>força cette fameuse nuit. Voilà<span>  </span>pourquoi j&#39;étais certaine<span>  </span>d&#39;avoir déjà entendu cette voix ! Saisie d&#39;une froide colère, au souvenir de son humiliation,<span>   </span>Cécile se rendit chez son mari et lui tendit la lettre. Lorsqu&#39;il<span>  </span>eut fini sa lecture, elle lui dit :<span>  </span>« Mon ami, s&#39;il vous restait un peu d&#39;affection pour moi, et si vous vouliez sauvegarder notre réputation, vous feriez en sorte que, grâce à vos relations, cet individu qui contraint les femmes à lui céder, après s&#39;être introduit chez elles, la nuit, comme un cambrioleur, soit mis hors d&#39;état de nuire. Et vous me rapporteriez les lettres et l&#39;enregistrement dont parle cet individu.<span>  </span>C&#39;est aussi celui qui<span>  </span>est responsable de la mort de Solange. Et, directement ou non, l&#39;assassin de la courageuse Julie.» Quelques semaines plus<span>  </span>tard,<span>  </span>Norbert lui remit une mallette dans laquelle elle trouva les lettres, une cassette audio, des DVD et un ordinateur portable.</b></span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>Le lendemain,<span>  </span>Cécile découvrit dans &#8220;Le Figaro &#8221; l&#39;entrefilet<span>  </span>suivant, sous le titre: <font size="5">Mort de M.Gérard Orban, un suicide selon la police.</font><span><font size="5"> </font> </span>&#8221; <i>Madame Sylvie Orban, a découvert dans leur<span>  </span>appartement, le<span>  </span>corps sans vie de son époux, le publicitaire Gérard Orban. La police pense qu&#39;il s&#39;agit d&#39;un suicide par<span>  </span>asphyxie au moyen d&#39;un sac en plastique et d&#39;une forte dose d&#39;un neuroleptique puissant.<span>  </span>Certaines rumeurs,<span>  </span>pour le<span>  </span>moment non vérifiées, laissent entendre que ce personnage quelque peu sulfureux, pourrait être le gentelman violeur des dames des beaux quartiers, et peut-être aussi le violeur en série ayant sévi en Angleterre dans le passé et connu, par son profil génétique, sous le nom de Gerald Bonar. Il est troublant, il faut bien le dire,<span>  </span>de rapprocher ce nom de celui du défunt<span>  </span>Gérard Orban. De plus, souvenons nous<span>  </span>que Madame<span>   </span>Noblecourt a évoqué dans le magazine qu&#39;elle dirige, une parenté possible entre le profil ADN du violeur du XVIe et celui de Bonar. &#8220;</i></b></span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>Dans l&#39;ordinateur de Gérard/Gerald<span> ou </span>Orban/Bonar, dont elles<span>    </span>forcèrent les codes avec l&#39;aide d&#39;une informaticienne<span>  </span>amie de<span>  </span>Catherine Nottin, Cécile et ses complices, découvrirent de<span>  </span>multiples données relatives aux expéditions d&#39;Orban :<span>  </span>ses<span>  </span>enquêtes préliminaires sur ses victimes, dont elles-mêmes, et toutes celles, nombreuses,<span>  </span>qui ne s&#39;étaient<span>  </span>pas fait connaître,<span>  </span>les enregistrements vidéo et audio des viols, ses commentaires sur le comportement sexuel et le plaisir que lui<span>  </span>et elles en avaient tiré.<span>  </span>Un luxe de détails plus ou<span>  </span>moins<span>  </span>obscènes sur le déroulement des opérations, était soigneusement consigné, y compris les doses de Viagra qu&#39;il s&#39;était administrées.<span>  </span>Ses aventures anglaises n&#39;étaient que<span>  </span>brièvement racontées, à l&#39;exception du viol de Julie Bradford qui, en quelque sorte, inaugurait la série française.<span>  </span>La façon<span>   </span>dont il a découvert sa relation avec Cécile n&#39;est pas détaillée, mais son exécution de ses propes mains, après, d&#39;ailleurs, avoir<span>  </span>à nouveau abusé d&#39;elle à plusieurs reprises, est rapportée avec précision.</b></span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>Cécile Noblecourt, Catherine Nottin, Odile Aubert et Annette Kaplan, après avoir pris connaissance du contenu de l&#39;ordinateur, et avec l&#39;approbation de Norbert Rancy,<span>  </span>décidèrent de ne transmettre l&#39;ordinateur à la police, qu&#39;après en avoir supprimé tout ce qui concernait son activité en France, à l&#39;exception des documents relatifs à Julie Bradford, expurgés de toute référence à Cécile. Tout ce tri fut<span>  </span>soigneusement contrôlé par la professionnelle<span>  </span>amie de Catherine. L&#39;engin<span>  </span>fut déposé à la PJ de façon anonyme. </b></span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>Cécile ne demanda jamais<span>  </span>à Norbert comment il s&#39;y était pris<span>  </span>pour débarrasser la société d&#39;Orban/Bonar. Et elle se contenta<span>  </span>d&#39;un bref communiqué<span>  </span>dans “ Nous les Femmes“ pour relater la mort de ce triste individu et rappeler sa &#8220;parenté&#8221; avec le violeur Anglais.</b></span></font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>En revanche, avec la participation d&#39;une reporter de son journal, elle consacra un long et vibrant panégyrique à Julie Bradford<span>  </span>(qu&#39;elle ne publia qu&#39;avec l&#39;accord de Scotland Yard et de la Police Judiciaire!).</b></span>  </font><!--EndFragment--></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   1473   8400   70   16   10315   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;} @font-face 	{font-family:"Lucida Grande"; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal"><span><b><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="5">-VII-AU BOUT DU ROULEAU&#8230;</font></i></b></span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><span><span></span><b><span></span><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Parmi les documents trouvés dans l&#39;ordinateur d&#39;Orban, un texte important, non protégé par des mots de passe, avait été trouvé d&#39;emblée par Cécile Noblecourt. Cela ressemblait à une confession récemment rédigée, et elle ne jugea pas nécessaire de le faire connaître à qui que ce soit, car sa sœur, elle-même, leurs amants, leurs maris, et nombre de leurs amies, se trouvaient cités dans ce texte. Elle le transféra sur une clé USB qu&#39;elle conserva par devers elle. Avec son<span>  </span>accord, nous en publions des extraits qui révèleront aux lecteurs certains aspects de la personnalité du personnage. </font></b></span></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><span></span><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>«Le cercle se referme. Si je veux m&#39;enfuir, il est temps que je le fasse. Je pourrais partir en Suisse. Tous mes avoirs y sont. Le temps de les transférer ailleurs, et partir ensuite vers un lieu plus sûr. Mais je ne suis pas certain de vouloir le faire. Il y a Sylvie d&#39;ailleurs ? L&#39;affection que je lui porte ne va pas<span>  </span>jusqu&#39;à l&#39;entraîner avec moi. Je lui ai assuré un viatique confortable et, au cas où je disparaîtrais, l&#39;accès à mes comptes en Suisse. Donc, je n&#39;aurais aucun scrupule à l&#39;abandonner.</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>«Non, c&#39;est Cécile qui me retient, qui me subjugue. Je sais qu&#39;elle veut ma mort, mais je n&#39;arrive pas à lui en vouloir. Je l&#39;aime, je la désire, je rêve de son corps, j&#39;envie son âme. Je sais que c&#39;est sans espoir, et que je devrais partir. Et je suis encore là, contre toute raison.</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>« J&#39;ai fait de lourdes erreurs. Plusieurs. En premier lieu, celle de m&#39;en prendre à Julie Bradford, en Angleterre. La violer pour lui donner une leçon et lui promettre de l&#39;éliminer<span>  </span>si elle ne se tenait pas tranquille. Or c&#39;était une femme courageuse qui faisait son métier et que j&#39;ai humiliée, inutilement, par orgueil, par bravade stupide.</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>« Ensuite, Solange de Fontevrault : elle aussi je l&#39;ai humiliée, une deuxième fois après l&#39;avoir prise contre sa volonté, comme tant d&#39;autres. Sans nécessité, puisque j&#39;avais déjà rançonné, et de belle façon, et le mari et l&#39;amant ! Je l&#39;ai poussé au suicide en révélant photos et bandes sonores à des journalistes sans scrupule. Là encore, par bravade, puisque je ne pouvais rien exiger de plus. Simplement pour la punir alors que j&#39;avais pris mon plaisir avec elle<span>  </span>et que sa plainte ne pouvait pas vraiment me mettre en danger.</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>« Autre erreur encore, ne pas avoir compris que Cécile, (dont l&#39;amant, le ministre, avait été taxé avant même que je passe la nuit avec elle, simplement grâce aux lettres que j&#39;avais prélevées lors de ma visite préparatoire) ne supporterait pas de ne pas tenter de venger sa sœur, ainsi qu’elle-même, que j&#39;avais contrainte.</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>« D&#39;où l&#39;enchaînement qui m&#39;a conduit au meurtre de Julie Bradford, autre erreur bien inutile, car il suffisait que je ne me rende pas à la soirée où elle était censée<span>  </span>me démasquer, ce qui n&#39;était d&#39;ailleurs pas certain car j&#39;avais beaucoup changé par divers moyens, mettant en pratique les méthodes de mon maître Arsène Lupin. J&#39;ai honte d&#39;avoir fait mourir cette superbe fille!</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>«Enfin, dernière bravade, inutile et dangereuse, celle du Cap- Ferrat ! Je fus, là, complètement hors de la réalité : je voulais Cécile, et j&#39;ai cru la séduire, et finalement, je me suis moi-même trahi. C&#39;est alors que j&#39;aurais dû fuir.</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>(…)</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>« Je ne suis pas Orban, ni Bonar, bien sûr ! J&#39;ai des papiers en règle, mais je ne suis pas connu à Exeter sous mon vrai nom. Ni en France. Je suis, en fait, anglais, par ma mère et belge, par mon père. Banor, c&#39;est mon patronyme, celui qui figure sur mes passeports belge et anglais. J&#39;ignore d&#39;où vient ce nom. Il y a longtemps que je n&#39;ai plus de relation avec mes parents qui m&#39;ont renié lorsqu&#39;ils ont compris de quoi je vivais.</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>« Entre 1995 et 2002, j&#39;ai vécu à Londres, de la prostitution. J&#39;avais alors entre vingt-cinq et trente-deux ans. Pour commencer, j&#39;ai fait partie d&#39;une agence qui rend des services sexuels à des particuliers.</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>« Dans mon cas, je faisais l&#39;amour à des femmes sur commande, soit chez elles, soit à l&#39;hôtel, ou encore, dans des salons de beauté, qui assuraient aussi, outre des soins corporels, des actes plus intimes.</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>« Je me suis fait rapidement une clientèle personnelle, si bien que je me suis assez vite établi à mon compte, puis j&#39;ai fondé ma petite « entreprise », non déclarée, bien sûr, avec Sylvie, qui servait aussi bien les hommes que les femmes, et un ami gay.</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>« De cette façon, nos gains entraient sans perte dans nos poches. Nous avons gagné beaucoup d&#39;argent. Les femmes auxquelles je rendais des services sexuels (de toutes nature), étaient âgées de trente à soixante ans, et même au-delà, et riches, très riches même, de sorte que je pouvais demander des honoraires très élevés. Parfois, avec Sylvie, nous étions engagés par un couple, ou même par plusieurs à la fois, deux ou trois couples, ce qui rapportait d&#39;autant plus. Nous avions finalement tellement de demandes que nous avons dû sous-traiter certaines prestations.</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>« Sylvie et moi formions un beau couple, qui plaisait beaucoup à nos clients, surtout les plus âgés, et il nous est arrivé de devoir faire l&#39;amour ensemble pour les stimuler, mais entre nous, dans l&#39;intimité, nous n&#39;avons baisé qu&#39;à de rares occasions, surtout lorsque nous avons quitté Londres et l&#39;Angleterre. Nous vivions dans le même appartement, nous étions amis, nous avions de l&#39;affection l&#39;un pour l&#39;autre, mais chacun avait sa propre vie. Sylvie avait ses propres partenaires (femmes ou hommes) et moi, je n&#39;avais personne.</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>«Julie Bradford s&#39;est trompée, en tant que « profiler ». En effet elle a écrit : &#8220;il s&#39;agit d&#39;un individu a la libido exacerbée, mais vivant en solitaire : à Exeter, il occupait seul le logement qu&#39;il avait loué sous le nom de Jerry Bonar. Il ne semble pouvoir jouir à plein des femmes qu&#39;en les<span>  </span>soumettant à ses caprices—même lorsque ses « victimes » sont consentantes ! Il tient donc à les baiser sous la contrainte, mais sans chercher à les brutaliser plus que ce qu&#39;il faut que pour les maîtriser. En fait c&#39;est une sorte de machisme qui consiste à soumettre ses victimes pour<span>  </span>leur donner ensuite du plaisir! Et prendre du plaisir de leur plaisir!&#8221;</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>«Elle a raison sur deux points : je suis, en effet, un solitaire. Je ne me suis jamais attaché sexuellement à une femme—sauf récemment à Cécile—et spontanément les femmes ne viennent pas vers moi. Mais j&#39;aime leur<span>  </span>donner du plaisir. Et en prendre. Je n&#39;ai pas de libido exacerbée (je peux parfaitement me passer de baiser), j&#39;ai simplement une virilité presque sans limite, qui me permet de tirer des coups en chaîne, jusqu&#39;à dix sans vraiment débander, et sans utiliser de viagra comme on l&#39;a supposé. Lorsque l&#39;on est &#8220;call-boy&#8221;, de tels exploits sont parfois nécessaires notamment quand on a affaire à une nymphomane sur le retour, ou quand il faut satisfaire un groupe de femmes ou plusieurs couples.</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>«La raison pour laquelle je me suis livré à ce qu&#39;il est convenu d&#39;appeler des viols, c&#39;est que dans mon métier, on est en service, au service des caprices des femmes qui nous engagent. Je n&#39;ai jamais eu de problème pour m&#39;exécuter, mais je n&#39;ai réellement trouvé du plaisir avec mes employeuses, que lorsqu’elles me donnaient carte blanche pour les conduire au &#8220;nirvana&#8221;, quel que soit leur âge. Mais c&#39;est rare, vraiment rare dans ce milieu des nanties qui ne trouvent pas leur plaisir à domicile et qui paient pour nos services, être baisées, souvent par tous les orifices.</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>(…)</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>«J&#39;ai ressenti le besoin de faire l&#39;amour avec des femmes jeunes, pas compliquées, normales. Comme je n&#39;ai aucune facilité pour nouer des liaisons, je me suis imposé par la contrainte. Je quittais Londres de temps en temps pour Exeter où j&#39;avais loué un pied-à-terre, et je parcourrais la belle<span>  </span>campagne du Devon, mais aussi de la Cornouaille et du Somerset, jusqu&#39;à trouver des femmes, plutôt jolies et fraîches, que j&#39;essayais de persuader, ou de contraindre, mais jamais je ne les ai pénétrées sans qu&#39;elles soient prêtes pour l&#39;amour.</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>« D&#39;ailleurs, seule la gamine qui s&#39;est trouvé enceinte après plusieurs rencontres (je ne l&#39;ai contrainte que la première fois !) a porté plainte, poussée par ses parents. Quelques autres ont éventuellement répondu à l&#39;enquête de police, après d&#39;ailleurs avoir<span>  </span>été satisfaites<span>  </span>et certaines, après s&#39;être fait tringler plusieurs fois de suite, m&#39;ont même demandé de revenir !</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>« Ça été pour moi comme un bain de jouvence, un grand plaisir rafraîchissant, qui me faisait oublier, pour un temps, le service des bourgeoises ou aristocrates, vieillissantes, parfois moches et toujours mal baisées dans leur ménage.</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>«Lorsqu&#39;un portrait robot, peu ressemblant, mais qui a permis de collecter quelques témoignages, parmi les dizaines de femmes que j&#39;ai connues, a été établi, j&#39;ai préparé mon départ, violé Julie Bradford, après l&#39;avoir neutralisée, comme elle l&#39;a elle-même racontée à Cécile de Noblecourt.</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>«Puis j&#39;ai entraîné Sylvie avec moi, et nous sommes allés dépenser une partie de notre « fortune » à Saint-Domingue et dans quelques autres îles des Caraïbes. Après deux ans d&#39;une vie tranquille—nous avons même vécu en « vrai » couple (au moins sur le plan physiologique) pendant ce temps sans chercher de clientèle, ni même de liaisons occasionnelles.</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>« Comme les journaux anglais avaient depuis longtemps perdu la piste du “violeur du Devon“, nous sommes rentrés en Europe en 2004, au printemps, en Suisse pendant quelques mois puis à Paris. Sylvie, qui a continué à vivre avec moi, a repris son activité de call-girl, en s&#39;associant avec un ami noir ramené de Guadeloupe, tandis que je me suis lancé dans l&#39;arnaque au chantage, sous couvert d&#39;une activité publicitaire entièrement bidon.</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>« En m&#39;introduisant dans le milieu richissime du XVIe<span>  </span>arrondissement, et en m&#39;astreignant à des études préparatoires très précises, j&#39;ai pu réaliser d&#39;excellents coups qui m&#39;ont donné la possibilité de baiser les plus belles femmes de Paris et de « plumer » les maris ou les amants de ces mêmes dames. Mais je ne me suis pas arrêté avant de faire de grosses bêtises et de tomber amoureux de Cécile.</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><span><b>(…)</b></span></font></i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><span><b><font size="5"><i><font face="arial,helvetica,sans-serif">« Et maintenant, je crois bien que je suis au bout du rouleau… et je n&#39;ai pas envie d&#39;en sortir!»</font></i></font></b></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></b></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></b></span></p>
<p><span><b><span>                                                                  </span><font size="5"><font face="arial,helvetica,sans-serif">FIN</font></font></b></span><!--EndFragment--></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/03/services-aux-couples-jeux-de-clems/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>1-UNE VIE. suivi de 2-L’AMOUR ET LE SEXE DANS LES ANNÉES CINQUANTE.</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/03/une-vie/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/03/une-vie/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 03 Feb 2010 09:39:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Nouvelles &amp; Récits.]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/03/une-vie/</guid>
		<description><![CDATA[     
( Ces deux récits sont suivis d&#39;une longue nouvelle, &#8220;Karine&#8221; )

&#160;
1-Une vie.
(D&#39;abord mis en ligne sur Roomantic.fr)
C’est un récit que je tiens d’un vieil ami de près de 80 ans.  Je ne fais donc que la transcrire ici ; mon apport est réduit, j’ai tout au plus rempli quelques blancs en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   3259   18579   154   37   22816   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} p.messagedate, li.messagedate, div.messagedate 	{mso-style-name:message_date; 	margin-right:0cm; 	mso-margin-top-alt:auto; 	mso-margin-bottom-alt:auto; 	margin-left:0cm; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:10.0pt; 	font-family:Times;} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--></p>
<p class="messagedate"><u><b><font size="3"><font face="trebuchet ms,geneva">( Ces deux récits sont suivis d&#39;une longue nouvelle, &#8220;Karine&#8221; )</font></font></b><br />
</u></p>
<p class="messagedate">&nbsp;</p>
<p class="messagedate"><span><b>1-Une vie.</b></span></p>
<p class="messagedate"><u><i>(D&#39;abord mis en ligne sur Roomantic.fr)</i></u></p>
<p class="messagedate"><span>C’est un récit que je tiens d’un vieil ami de près de 80 ans.<span>  </span>Je ne fais donc que la transcrire ici ; mon apport est réduit, j’ai tout au plus rempli quelques blancs en essayant de me mettre à la place de cette personne que je n’ai pas connue bien qu’elle soit morte presque centenaire. C’est l’histoire de la jeunesse de la mère de cet ami.</span></p>
<p class="messagedate"><b><span>Tableau I</span></b></p>
<p class="messagedate"><span>Essayez d’imaginer que vous vous trouvez, quelque part<span>  </span>au cœur du Pays d’Urfé. Bien sûr, vous allez penser, avec raison, à Honoré d’Urfé et à l’Astrée, ce roman-fleuve, précieux et courtois du début du XVIIe siècle. Il s’agit bien du pays d’où sont originaire les ancêtres<span>  </span>d’Honoré, qui se déplacèrent un petit peu plus au sud, dès le XIIIe siècle, dans la plaine du Forez, plus accueillante, pour y bâtir leur château renaissance de la Bâtie d’Urfé. Non !,<span>  </span>imaginez-vous dans un pays rude, aux confins des Monts de la Madeleine et des Bois Noirs, dans le nord- ouest du département de la Loire, en limite du Puy de Dôme. Il y avait là, il y a plus de cent ans, un jeune couple de paysans très pauvres, sans propriété, qui exploitaient, comme métayers ou comme fermiers, de petits domaines du canton<span>  </span>de St Just en Chevalet. </span></p>
<p class="messagedate"><span>Elle<span>  </span>naquit, dans cette famille avec le siècle, l’autre, le précédent, le quinze août 1900. Pour cette raison, elle fut prénommée Marie, mais on l’appela Maria. </span></p>
<p class="messagedate"><span>Maria<span>  </span>fut la première-née d’une fratrie qui se monta, en vingt ans, à neuf frères et sœurs. Vous pensez bien qu’elle n’eut pas de cuiller en argent dans la bouche en naissant et qu’elle dut, plus souvent qu’à son tour, donner la main à sa mère pour élever ses frères et sœur, et à son père pour garder les troupeaux. Malgré tout, elle fut remarquée par l’instituteur de son village, et, bien qu’elle fut l’aînée, car ses parents—son père surtout, paraît-il—étaient intelligents, elle fit des études au-delà du “certificat“. Elle entra à l’École Primaire Supérieure de Montbrison, où, en combinant, successivement, son état de boursière et un emploi de surveillante, elle fut reçue au Brevet Supérieur, puis à l’École normale d’instituteurs de la Loire. Elle fut nommée, en 1917, institutrice à Chausseterre, dans le pays d’Urfé, tout près de Chabreloche, dans les Bois Noirs, Puy de Dôme, où résidait alors sa famille. </span></p>
<p class="messagedate"><span>Maria épousa à 21 ans Antoine Tramolin, de St Just en Chevalet. Il avait 35 ans, et depuis son retour de la guerre qu’il avait passée, à l’abri, dans le “train des équipages“, son commerce de “coquetier“ était devenu fort prospère. Son travail consistait à<span>  </span>collecter, dans les fermes et sur les marchés de la région, le beurre, les fromages, les œufs et les volailles ;<span>  </span>ce coquetier<span>  </span>était donc un “grossiste“ qui fournissait ensuite sa marchandise aux revendeurs des cantons avoisinants. </span></p>
<p class="messagedate"><span>Maria était une jolie jeune femme mince, grande et brune, cultivée pour l’époque et son origine. Son état d’institutrice, alors bien considéré, donnait un lustre modeste mais certain à son commerçant de mari.</span></p>
<p class="messagedate"><span>Mais, qu’est-ce qui avait bien pu séduire Maria en cet Antoine Tramolin ?<span>  </span>On le décrivait comme beau garçon, travailleur et débrouillard, quoiqu’un rien rustaud. Et cavaleur ! Son état de coquetier facilitait, évidemment, les rencontres galantes de ce chaud lapin. Maria ne pouvait pas ignorer cette caractéristique de son promis, mais elle ne semble pas en avoir tenu compte. </span></p>
<p class="messagedate"><span>Elle avait connu et aimé, auparavant, un de ses condisciples, André Poncet, qui avait dû rejoindre le front en 1917, avant même de prendre son premier poste. Ce jeune homme, comme beaucoup d’autres, hélas, fut happé par la tourmente, au point d’être  “porté disparu“. Se maria-t-elle par désespoir après avoir attendu en vain, près de trois ans après l’armistice, le retour inespéré de son amoureux ?<span>  </span>Je n’ai pas pu avoir de renseignements sûr à ce sujet, mais cette idée ne me paraît pas aberrante.<span>  </span>Le climat du ménage<span>  </span>tourna rapidement à l’orage. Non seulement Tramolin<span>   </span>trompait Maria de manière ostentatoire, mais en outre, ce rustre était incapable de satisfaire son épouse. Ses assauts étaient brutaux et conduits sans aucune volonté de donner un quelconque plaisir à Maria. Son histoire montra d’ailleurs que pour lui, l’épouse n’était au lit, qu’un réceptacle à semence pour lui assurer une descendance.</span></p>
<p class="messagedate"><span>Il en fit tant, ou plutôt si peu, qu’environ un an après leurs épousailles, pendant l’été, Maria abandonna le lit conjugal, demanda le divorce et partit à Clermont-Ferrand. Elle ne reprit pas son poste à Chausseterre, et, comme, elle dépendait du département de la Loire, elle ne trouva, dans le Puy de Dôme, que de rares suppléances.<span>  </span>Elle mena pendant deux années une vie de galère. Par son intransigeance, par sa fermeté de caractère, elle s’était délivrée de l’erreur qu’elle avait commise en se mariant avec un individu qui ne la valait pas, mais elle payait au prix fort sa liberté retrouvée. Ses parents étaient trop pauvres pour pouvoir l’aider, et de toute façon, elle s’était brouillée avec eux. Son père, surtout, fier et ombrageux, honteux de la conduite, inacceptable pour l’époque, de sa fille, pourtant ô combien chérie, ne put lui pardonner que des années plus tard.</span></p>
<p class="messagedate"><span>En vivotant de rares suppléances d’institutrice, et attendant que s</span><span>on exeat du département de la Loire pour rejoindre le département du Puy de Dôme lui soit </span><span>accordée—ce qui, comme elle n’avait pas de raison à faire valoir ayant abandonné et son poste et son conjoint avait peu de chance de se produire rapidement—elle apprit à maîtriser, en un temps record,<span>  </span>la sténo- et la dactylographie. Au bout d’un an, elle trouva un emploi de secrétaire à la rédaction du jeune journal local de gauche, La Montagne. </span></p>
<p class="messagedate"><b><span>Tableau II</span></b></p>
<p class="messagedate"><span>Deux années passent. Maria<span>  </span>finit, une fois la procédure du divorce prononcée, événement surprenant pour l’époque et les conditions dans lesquelles elle avait pris l’initiative de quitter le foyer conjugal, aux torts de l’ex-époux, par recevoir l’autorisation d’exercer dans le département du Puy de Dôme, avec une proposition de<span>  </span>nomination à Thiers pour la rentrée 1924. Mais, entre temps, la vie s’est chargée de chambouler les ambitions de Maria, et elle demanda et obtint un congé de longue durée.</span></p>
<p class="messagedate"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<p class="messagedate"><span>D’abord, son nouveau métier la passionnait. De simple sténodactylo au service de la rédaction du journal, elle est très vite devenue la secrétaire du rédacteur en chef. Qui plus est, à ce poste sensible, étant donné son orthographe parfaite, de même que sa connaissance<span>  </span>approfondie de la grammaire de notre langue—n’avait-elle pas reçu<span>  </span>l’excellente formation des maîtres du primaire de l’époque !—, elle est devenue la lectrice et la correctrice des principaux articles du journal.</span></p>
<p class="messagedate"><span>Ensuite, René est entré dans sa vie. René, René Poncet, un reporter de La Montagne. Né 1891, René, originaire de Haute Loire, avait été élève de l’école normale du Puy en Velay, mais n’avait<span>  </span>exercé que deux ans avant de partir au service puis, directement, au front. Blessé à Verdun en octobre 1916, il fut amputé de l’avant-bras gauche, et termina la guerre dans un bureau de l’état-major à Paris. Cet homme pacifique, outré par les conditions auxquelles les jeunes soldats, des deux camps, furent soumis à Verdun, devint un pacifiste comme Jaurès qui fut, quoique assassiné dès juillet 14, son maître à penser. Il adhéra au parti socialiste dès sa démobilisation, fin 1918. </span></p>
<p class="messagedate"><span>Alexandre Varenne, parlementaire socialiste et fondateur de La Montagne, le fit entrer au journal où il s’occupa des affaires politiques internationales. Ainsi, en mars 1924, il était en Grèce, lors d’un coup d’état militaire, premier d‘une longue série…En juin 1924, il fut dépêché en Italie au moment de l’enlèvement et de l’assassinat, par des membres d’un groupe paramilitaire fasciste, du parlementaire socialiste Giacomo Matteotti—le 10 juin 1924. Les protestations qui s’élevèrent dans tout le pays donnèrent à Mussolini le prétexte qu’il lui fallait pour affermir son pouvoir personnel dès<span>  </span>janvier 1925. René Poncet en ramena un article<span>  </span>remarqué. “L’affaire Matteotti“<span>  </span>fut reprise par nombre de journaux de la gauche française. Peu avant, René s’était déjà fait remarquer par une grande enquête effectuée au Maroc, à propos de la guerre colonialiste dite “Guerre du Rif“ où intervinrent les armées françaises et espagnoles.</span></p>
<p class="messagedate"><span>Maria et René tombèrent amoureux l’un de l’autre. Contrairement à l’image d’Épinal habituelle, de rigueur dans ce genre de récit, ce ne fut pas un coup de foudre. Leur fils, l’ami de qui je tiens cette histoire, me raconta même qu’il y eut un moment de tension entre eux lorsque Maria se permit de relever quelques imperfections grammaticales et même de style dans un article de René Poncet. </span></p>
<p class="messagedate"><span>« Qu’est-ce qu’il vous prend de censurer mon article ? </span></p>
<p class="messagedate"><span>—Je ne censure rien du tout : je vous fais une proposition afin de rendre votre paragraphe plus facile à lire. Je fais simplement mon travail, comme vous faites le vôtre.</span></p>
<p class="messagedate"><span>—Et vous trouvez que j’écris mal ?</span></p>
<p class="messagedate"><span>—Non, vous écrivez très bien. Simplement, j’ai trouvé ce paragraphe un peu négligé, voilà tout. Mais nous allons le laisser tel quel. Heureusement que vos collègues sont moins susceptibles, sinon mon travail serait un calvaire. </span></p>
<p class="messagedate"><span>—C’est que mes collègues ont besoin qu’on les corrige. Moi je sais écrire. » fait-il en s’en allant.</span></p>
<p class="messagedate"><span>Deux jours plus tard, alors que l’article avait été publié, Poncet revint la voir avec un demi-sourire gêné et lui dit : « Je viens vous faire mes excuses, Maria, si vous voulez bien les accepter. Vous aviez raison, votre rédaction était bien meilleure, plus élégante.</span></p>
<p class="messagedate"><span>—Merci de me le dire, Monsieur Poncet. J’essaie de faire mon travail le mieux possible.</span></p>
<p class="messagedate"><span>—Oui, j’en suis maintenant conscient. J’en ai parlé avec mes collègues : tous ceux qui ont affaire à vous en sont contents. Vous les aidez bien. Acceptez-vous mes excuses ?</span></p>
<p class="messagedate"><span>—Je vous ai déjà dit merci, Monsieur, N’est-ce pas suffisant ?</span></p>
<p class="messagedate"><span>—Si, si vous avez raison. C’est suffisant.»</span></p>
<p class="messagedate"><span>Lorsqu’il lui apporta un nouvel article, il lui dit : « Surtout, n’hésitez pas à me dire ce qui, selon vous, ne va pas. »</span></p>
<p class="messagedate"><span>C’est ainsi que tout commença entre eux.</span></p>
<p class="messagedate"><span>OOO</span></p>
<p class="messagedate"><span>Un samedi soir (pas de journal à composer avant le lendemain) René invita Maria « avec son mari » dans un<span>  </span>bon restaurant de la ville. « Je viendrai seule, si cela ne vous gêne pas.</span></p>
<p class="messagedate"><span>—Vous n’êtes pas mariée ? Pourtant, vous portez une alliance. </span></p>
<p class="messagedate"><span>—Je suis séparée de mon mari et en instance de divorce. Je porte encore mon alliance pour éviter d’être importunée, comme le sont toutes les femmes seules. </span></p>
<p class="messagedate"><span>—Excusez-moi, je ne voulais pas faire d’impair.</span></p>
<p class="messagedate"><span>—Vous vous excusez beaucoup, Monsieur Poncet, beaucoup trop, non ? » remarqua Maria en souriant.</span></p>
<p class="messagedate"><span>Au cours du repas, il reprit : « je suis aussi séparé de ma femme, et de ma fille. Je me suis marié trop jeune, avant la guerre, et Charlotte n’a pas supporté plus de quatre ans de solitude.</span></p>
<p class="messagedate"><span>—Vous lui en voulez ?</span></p>
<p class="messagedate"><span>—Non, cette période a été difficile pour tout le monde. Mais, comme elle veut garder Louise, notre fille, nous repoussons le divorce. Tant qu’il n’y a pas de jugement, je peux la voir tant que je veux. Elle va avoir dix ans, et elle est contente de me voir. </span></p>
<p class="messagedate"><span>—Elles vivent ici, à Clermont ?</span></p>
<p class="messagedate"><span>—Non, au Puy. Ce n’est pas très loin. Charlotte y est institutrice. Moi aussi je l’étais. En fait, je n’ai exercé que deux ans. Avant la guerre.</span></p>
<p class="messagedate"><span>—Moi aussi, j’étais institutrice. Pendant cinq ans. J’ai perdu mon poste lorsque j’ai quitté mon mari.</span></p>
<p class="messagedate"><span>—Wouah ! C’est vous qui l’avez quitté ? Quel courage !</span></p>
<p class="messagedate"><span>—Vous trouvez ? Moi, il me semble que j’ai été bien sotte de me marier.</span></p>
<p class="messagedate"><span>—Pourquoi donc ?</span></p>
<p class="messagedate"><span>—Parce que je ne l’aimais pas assez et que je connaissais tous les défauts que je ne pourrais pas supporter. En fait, je crois que je n’avais pas fait mon deuil de l’homme que j’aurais pu vraiment aimer et qui a disparu à la fin de la guerre.</span></p>
<p class="messagedate"><span>—Disparu ?</span></p>
<p class="messagedate"><span>—Oui, après une attaque accompagnée d’un bombardement intense, on n’a jamais retrouvé<span>  </span>André, ni mort ni vivant. Il s’appelait Poncet, comme vous.</span></p>
<p class="messagedate"><span>—Oh, André Poncet. Oui, c’était le fils d’un cousin germain de mon père. Alors c’est vous ? C’est vous la Maria qu’il a présentée à ses parents avant de partir se faire tuer ?</span></p>
<p class="messagedate"><span>—C’est moi, oui. </span></p>
<p class="messagedate"><span>—Quel gâchis cette guerre ! »</span></p>
<p class="messagedate"><span>OOO</span></p>
<p class="messagedate"><span>Ils prirent l’habitude de passer des moments ensemble, dès qu’ils avaient un peu de liberté. Ils se trouvaient bien. René attendait plus que ces petits rendez-vous, ces promenades dans les superbes montagnes d’Auvergne, ces baisers échangés, quelques timides caresses. Mais Maria la fière, l’indomptable, la femme libérée d’un autre temps, ne voulait pas donner et demander<span>  </span>plus tant que son divorce n’était pas prononcé, de préférence aux torts de Tramoulin. </span></p>
<p class="messagedate"><span>Le jour de juillet 1924 où la nouvelle lui parvint, elle emmena René chez elle.</span></p>
<p class="messagedate"><b><span>Tableau III.</span></b></p>
<p class="messagedate"><span>Jean, leur fils, l’ami qui m’a raconté cette histoire ne savait, bien sûr, que fort peu de chose de la vie intime de ses parents. J’ai donc dû<span>  </span>imaginer beaucoup à partir de ce que j’ai appris du caractère de Maria et de René, par Jean et par un roman écrit et publié par René avant sa mort.</span></p>
<p class="messagedate"><span>Maria trouva en René ce qu’elle espérait trouver : un homme, un vrai ; la force, surtout de caractère, mais aussi, et, peut-être, surtout, la douceur, la tendresse.</span></p>
<p class="messagedate"><span>Il n’avait plus qu’un bras complet, mais, de sa main unique, il savait pourvoir Maria en caresses et la serrer fort contre lui de ses membres incomplets. Après l’expérience ratée de sa vie conjugale, elle connut non seulement le bonheur de vivre aux côtés d’un homme aimé et aimant, mais aussi de prendre pleinement possession des plaisirs physiques qu’ils se prodiguaient l’un l’autre. René était un homme intelligent, engagé, bon écrivain et journaliste de talent, et un être de charme, buvant la vie à pleins bords, aimant le bonheur de l’érotisme. Maria, qui avait beaucoup de retard à ce sujet, le rattrapa<span>  </span>très vite et avec enthousiasme. Lorsque leurs moments de repos le leur permettaient, ils faisaient l’amour sans retenue, en toute liberté, aussi bien dans la nature que dans leur lit.</span></p>
<p class="messagedate"><span>Ils vivaient l’amour libre comme peu de jeunes gens osaient le faire dans les années 20 : sans ostentation, mais sans se cacher non plus. Les propriétaires de l’appartement que Maria occupait depuis son arrivée à Clermont-Ferrand, outrés qu’une femme divorcée osât vivre ouvertement avec un homme marié et père de famille, lui demanda de partir. Par l’intermédiaire du député Varenne, le patron du journal, il trouvèrent assez facilement des propriétaires<span>  </span>moins bégueules. Toutefois, Varenne leur recommanda de régler au plus vite leur situation en insistant auprès de Poncet pour qu’il divorce d’avec sa femme.</span></p>
<p class="messagedate"><span>En réalité, aucun des protagonistes n’était vraiment pressé. Féministe avant l’heure, Maria trouvait que l’union libre avait ses raisons d’être lorsque, comme elle, on avait vécu l’enfer d’un mariage trop hâtivement conclu. </span></p>
<p class="messagedate"><span>Charlotte, la femme de René, qui avait osé prendre des amants tandis que son époux était au front, et qui avait essuyé, pour cette raison, tant de propos malsonnants (« cette traînée qui fornique avec des planqués pendant que nos gars se font tuer !!! ») n’avait pas envie de connaître à nouveau ce genre de d’insultes. Elle était, elle aussi, une de ces femmes<span>  </span>décidées<span>  </span>que l’on trouvait souvent, en effet, parmi les institutrices qui, venant du peuple, étaient désireuses de défendre leur liberté, une fois celle-ci acquise. Son divorce, elle le savait, susciterait la convoitise d’un ou plusieurs prétendants. Elle ne voulait se lier à aucun d’eux : seulement<span>  </span>profiter d’eux, en tant qu’amants. René, qui ne lui avait jamais fait le moindre reproche, lui gardait beaucoup d’estime et trouvait « confortable » de pouvoir voir sa fille, Louise, comme n’importe quel père, en tant que mari de sa mère, même s’ils n’avaient plus, entre conjoints, aucun rapport « intime ». </span></p>
<p class="messagedate"><span>Maria et Charlotte apprirent d’ailleurs, en faisant connaissance, à s’estimer, et Louise aussi se lia de très près a Maria, avec qui elle resta en confiance bien après la mort et de son père et de sa mère.</span></p>
<p class="messagedate"><span>OOO</span></p>
<p class="messagedate"><span>Trois ans après le début de leur union, en 1927, naquit—hors mariage !!!— un premier fils : André. Résurrection, donc, d’André Poncet, grâce aux amours du cousin d’André avec sa promise, Maria. En 1929 et en 1931, ce fut le tour d’Annette puis de Jean ( de qui je tiens cette histoire) de venir agrandir la famille.</span></p>
<p class="messagedate"><span>Entre temps, surtout pour donner un statut social aux enfants, Maria demanda à René de régler sa situation avec Charlotte et de l’épouser. Ce qui fut fait en 1930.</span></p>
<p class="messagedate"><span>René, qui était très doué pour les relations humaines, avaient réussi à renouer des liens entre<span>   </span>Maria avec sa famille ; ce qui devint totalement effectif à partir de leur mariage. Jean se souvient encore avec émotion de ses vacances chez ses grands parents à Chabreloche, pays perdu aux pieds des superbes et sauvages Bois Noirs, sur la route de Roanne (ou de St Étenne) à Thiers et Clermont . </span></p>
<p class="messagedate"><span>René, tout en poursuivant son travail de journaliste, avait repris des études a la faculté des lettres de Clermont. Il voulait reprendre son métier d’enseignant en visant<span>  </span>des écoles professionnelles pour disposer d’un peu plus de temps pour ses projets d’écriture.</span></p>
<p class="messagedate"><span>Après un premier poste à St Étienne, de 1931 à 1934 il obtint, en 1934, une nomination à La Martinnière, à Lyon, un établissement qui avait, déjà à l’époque, une excellente réputation car il fournissait un fort contingent d’élèves aux Écoles des arts et métiers, en particulier à celle de Cluny. (Pour la petite histoire, il eut, dans cet établissement, un élève qui connut plus tard un immense succès populaire, Frédéric Dard ; celui-ci dédicaça à son prof sa première œuvre publiée, intitulée “La peuchère “ comme jean eut le plaisir de me le prouver.</span></p>
<p class="messagedate"><span>René Poncet abandonna définitivement le journalisme pour se consacrer à<span>  </span>l’enseignement du français et de l’histoire et à l’écriture. Il se lança dans un roman largement autobiographique sur ses années d’“apprentissage  de la vie“, c’est à dire, ses années de guerre et de journalisme. Cet ouvrage qui trouva un éditeur, paru en 1939, mais, peut-être en raison de la guerre qui s’annonçait, il n’eut qu’une maigre diffusion. Pour moi, ce fut une source très utile de renseignements pour compléter le récit de Jean Poncet.</span></p>
<p class="messagedate"><span></span><b><span>Tableau IV.</span></b></p>
<p><span></span></p>
<p class="messagedate"><span>La décennie 31-40 fut, à St Étienne puis à Lyon, pour la famille de Maria et René Poncet, riches d’évènements heureux et d’autres fort inquiétants. </span></p>
<p class="messagedate"><span>Leur amour, leurs trois enfants qui grandissent dans ce bonheur—quatre même avec Louise qui souvent était avec eux pour ses études d’histoire à Lyon. Tout les incitaient à voir l’avenir avec espoir. René travaillait à son bouquin et Maria l’aidait de son mieux, non seulement en assurant l’intendance, mi aussi en travaillant sur l’œuvre de René. En même tant qu’elle<span>  </span>la dactylographiait page après page,<span>  </span>elle ne pouvait s’empêcher, encouragée d’ailleurs par René, d’en traquer les imperfections. </span></p>
<p class="messagedate"><span>La santé de René, qui devenait préoccupante, à mesure que les années s’écoulaient, était une de leurs inquiétudes.</span></p>
<p class="messagedate"><span>Mais aussi, leur ancien état de journalistes leur maintenait les yeux ouverts sur un monde dangereux. La montée du fascisme en Allemagne, la forte emprise du régime mussolinien en Italie, la guerre civile contre la république en Espagne, les visées expansionnistes du Japon, les purges staliniennes…Tout cela à peine modulé par les avancées sociales dues au Front Populaire en France. Car la faiblesse, l’incurie même, de la politique des occidentaux<span>  </span>à l’égard de Hitler, son abandon de la Tchécoslovaquie, entraînaient l’Europe, puis on le comprit bien assez vite, le monde entier dans la plus effroyable des guerres.<span>  </span></span></p>
<p class="messagedate"><span>Pour que René, atteint de poussées d’hypertension excessive qu’on ne savait pas alors réduire, puisse profiter au calme, et au frais, des longues vacances des enseignants, la famille prit l’habitude de passer l’été dans une ancienne ferme, à Chabreloche, près des parents de Maria. Là, tout le monde était heureux, même si leur habitat était spartiate. La nature, tout autour, leur réservait le meilleur accueil…</span></p>
<p class="messagedate"><span>C’est là qu’il apprirent, durant l‘été 38 que le livre de rené allait être publié. C’est aussi là que un an après, le 3 septembre 39, arriva la nouvelle que la France et la Grande Bretagne déclaraient la guerre à l’Allemagne qui, le 1<sup>er</sup>, avait envahit la Pologne, suivie bientôt par l’Union Soviétique.</span></p>
<p class="messagedate"><span>René et Maria rentrèrent pour reprendre le travail en laissant Annette et Jean, les deux plus jeunes avec les grands-parents…Ils passèrent toute l’année scolaire à l’école de Chabreloche. Pour Jean, à près de quatre-vingts ans maintenant, cela reste un des plus beau souvenir de sa vie .</span></p>
<p class="messagedate"><span>Au printemps quarante-deux, lorsque le malheur fondit sur cette heureuse famille, la guerre n’avait pas encore atteint la grande région sud-est, non occupée, de la France. Ce n’est qu’au début de novembre 1942 que les troupes de la Wehrmacht occupèrent la zone sud. Sept mois plus tôt René Poncet avait succombé, à 51 ans, à une hémorragie cérébrale, comme on disait alors pour AVC (accident vasculaire cérébral). À 42 ans Maria se retrouvait veuve avec trois enfants à élever avec un salaire d’institutrice et la maigre demi-pension qui lui revenait de René mais qu’elle ne touchât pas avant la fin de la guerre, tellement les services étaient désorganisés. Elle abandonna son poste pour entrer, en qualité de secrétaire, dans une usine de Villeurbanne. Sa paye, plus conséquente, lui permit de louer un appartement en ville, ce qui était plus commode pour les études des enfants. </span></p>
<p class="messagedate"><span>OOO</span></p>
<p><span>Maria fit face. Ce fut dur et difficile, mais elle fit face. Elle assura. Elle vécut encore plus de cinquante ans. Son seul vrai bonheur : ses enfants et petits-enfants. Et, en tant que femme, le fait<span>  </span>de devenir citoyenne à part entière en 1945. À soixante-cinq ans, elle se retira, avec comme compagnon, un de ses anciens collègue de l’école de Champagne au Mont d’Or, dans la ferme que ses parents avaient fini par acheter, à Chabreloche.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°</p>
<p><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   1744   9943   82   19   12210   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal"><span><b>2-L’amour et le sexe dans les années cinquante…</b></span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal"><u><i>(D&#39;abord mis en ligne sur Roomantic.fr)</i></u></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><b>Récit</b></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal">Mon vieil ami, Jean Poncet, né en 1931, me raconta donc la vie de sa mère<span></span><span></span>. À une autre occasion, il me confia aussi<span>  </span>une partie de sa vie sentimentale et sexuelle alors qu’il avait 24 à 30 ans. Ce sont ses confidences que je rapporte dans ce récit, avec, bien entendu, son assentiment, dans la mesure où, j’ai, obligatoirement, dû y introduire ma “touche“ personnelle.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal">Jean a d’abord cru nécessaire de me rappeler le contexte dans lequel, à l’époque,<span>  </span>s’établissaient, entre les jeunes gens, les premiers rapports sexuels :</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> « Croyez bien que, dans ma jeunesse, on ne se livrait pas aux plaisirs du sexe avec les mêmes<span>  </span>facilités qu’aujourd’hui. Nombre de mes congénères ont dû se marier pour pouvoir baiser. C’était le cas quasi général pour les filles, qui ne voulaient pas prendre les risques d’une<span>  </span>grossesse, et nombre<span>  </span>de garçons, s’ils n’avaient pas assez d’argent pour aller aux putes, ou si cela leur déplaisait, étaient dans le même cas. D’ailleurs, à cette époque, les mariages étaient beaucoup plus précoces que maintenant, soit parce qu’il fallait régulariser d’urgence une situation qui avait dérapé, soit parce que, si un couple d’amoureux voulait vraiment aller au bout de leur désir, il n’y avait guère d’autre solution, à cause de la réticence des filles. Aujourd’hui, où les couples ont tout le loisir de s’essayer, il y a beaucoup de divorces. En ce temps-là, les divorces étaient plus rares parce que la règle voulait qu’on ne divorçât pas, soit parce que dans la famille ou la société, c’était mal vu, soit parce que les couples s’obligeaient<span>  </span>à<span>  </span>rester ensemble à cause des enfants. Aussi, les ménages boiteux étaient légion. Et, le plus souvent, c’était les femmes qui en souffraient le plus.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]-->« Il faut dire aussi que nous étions, filles et garçons, d’une ignorance crasse. Non seulement nous n’avions pas d’autres moyens de contraception efficace que, dans l’ordre d’usage, le coitus interruptus, et le préservatif, mais en outre, nous ignorions tout de notre anatomie, et plus encore de celle de notre partenaire, et, pour les filles, du<span>  </span>cycle sexuel. C’est pourquoi la méthode contraceptive dite du calendrier, ou méthode Ogino, outre son caractère trop probabiliste, a conduit a tellement de grossesses non désirées. Quant à la douche vaginale, elle<span>  </span>ne pouvait guère se pratiquer derrière les buissons ou les portes d’entrée des immeubles et elle devait être pratiquée immédiatement après un rapport non protégé pour être quelque peu efficace!</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]-->« Dans presque tous les cas, c’était les filles qui y perdaient en plaisir, d’autant que le premier<span>  </span>souci des garçons n’était pas d’assurer le plaisir des filles. Ils n’en connaissaient rien ou pas grand-chose.<span>  </span></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><b>Francine.</b></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal">« C’est d’elle que j’ai tout appris sur le plaisir qu’une<span>  </span>femme et un homme<span>  </span>peuvent se donner. Et recevoir. Ce n’est pas “ma“ première femme, mais je crois que c’est d’elle que je sus tout. Pourtant, je ne crois pas qu’entre nous il y ait eu de l’amour, mais seulement, à coup sûr, beaucoup de tendresse et une grande considération. Elle n’était pas belle, elle avait même un physique ingrat, de visage. Sauf ses yeux qui étaient d’une beauté éblouissante : une fois que je les ai eu repérés, sombres, profonds, tendres, je n’ai jamais plus pensé «Oh, comme cette femme est moche ! » Et son corps ? Ah, quelles formes, quelles rondeurs, quelle douceur aussi dans ses courbes ! Et dans l’amour, dans le plaisir, l’orgasme illuminait tout son visage par ses yeux superbes.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]-->« Oui, Manon, je dois vous paraître grotesque, à mon âge, de me souvenir de cette relation de mes vingt-quatre ans, alors que depuis j’ai connu l’amour, le véritable amour, avec la femme qui m’accompagne encore aujourd’hui. Voyez-vous, je me demande encore si j’aurais été capable d’aimer une femme sans les quelque deux ans—un peu moins, en fait, disons dix-huit mois— où j’ai fréquenté, presque quotidiennement Francine.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> « À<span>  </span>ce moment-là, j’étais à Besançon, au Lycée. C’était mon premier poste de jeune agrégé de lettres, en 1954. Il y a donc 55 ans (1).<span>  </span>J’avais vingt-quatre ans et elle quarante. J’avais loué un petit deux-pièces, meublé, d’un rez-de-jardin d’une petite maison individuelle somme toute assez modeste, et elle était ma propriétaire.<span>  </span>Elle vivait seule avec son enfant, une fillette d’une dizaine d’années.<span>  </span>Son mari vivait avec une autre femme, à Paris. Pratiquement, il n’était jamais là. Elle avait un petit emploi de bureau à l’hôtel de ville.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> « Françoise, la petite fille, avait des difficultés scolaires, qui, alors qu’elle était en CM2, risquaient de retarder son entrée en sixième. Elle me demanda de l’aider, ce que je fis bien volontiers, d’autant que la gamine était agréable et le loyer que je payais vraiment modéré. C’est ainsi que j’ai fréquenté Francine. Quand elle rentrait du travail, j’étais souvent occupé, dans son appartement, à faire travailler Françoise. Parfois, elle me retenait à dîner, et lorsque je n’étais pas trop pressé de travail, nous bavardions, une fois Françoise au lit. Une sorte de connivence, d’amitié tendre, d’affinité sentimentale, même, naquit entre nous, et sans que ce soit prémédité, au moins de mon côté, nous nous sommes retrouvés dans mon lit.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> « J’ai tout de suite aimé son corps, ses gestes, ses mots chuchotés, parfois très crus, ses cris rauques, son désir toujours renaissant…Ses précautions aussi “n’oublie pas la capote ! “. Elle détestait que je m’interrompe et que je finisse sur son ventre, ou entre ses gentils nichons. “Moi aussi je veux jouir. N’oublie plus d’en acheter.“ Elle ne se permettait de baiser sans protection que quelques jours par mois. Après l’amour, elle vérifiait toujours que le préservatif avait résisté à notre furie. S’il y avait un<span>  </span>doute, elle filait se laver. Certains jours, particulièrement risqués, elle préférait être sodomisée. C’est avec elle que j’ai appris ça, aussi, dont je me suis servi ensuite avec des filles plus jeunes qui ne voulaient pas d’un coït vaginal.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> « Nous avons fini par ne plus nous cacher, ni de Françoise, ni des autres. Nous allions nous promener en ville tous les trois. Besançon, très petite ville cancanait. Au lycée, on se moquait de moi :  “Tu couches avec une femme qui pourrait être ta mère !</p>
<p class="MsoNormal">—Mais, justement, elle n’est pas ma mère !</p>
<p class="MsoNormal">—Oui ? Mais elle moche et vieille…</p>
<p class="MsoNormal">—Ta gueule, connard, tu n’y connais rien…“</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> « Même le proviseur m’a dit un jour :“Poncet, vous devriez cesser de vous commettre avec une femme mariée et plus âgée que vous. Sinon, je vais être contraint de demander votre mutation, bien que vous soyez un bon prof.“ Ce qu’il a fait. En Juin—c’était ma deuxième année—j’ai été muté à St Étienne (j’aurais aussi pu choisir Nîmes ou Le Puy) pour<span>  </span>un motif digne de l’époque :“fréquentations indignes de la part d’un professeur de lycée“.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> « Je suis resté avec Francine et Françoise jusqu’à la rentrée. En août, nous avons loué une maison de paysan (on ne parlait pas encore de “gîte rural“) dans le Jura et passé en amoureux un mois formidable. Le dernier.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> « Francine est toujours restée dans un coin de mon corps et de mon cœur, comme un heureux souvenir. »</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><b>Irène.</b></p>
<p class="MsoNormal"><b><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></b>« D’elle, j’ai vraiment été amoureux ! Et elle de moi ! Mais, là encore ça a mal tourné…</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> « À St Étienne, je fus accueilli par un proviseur plutôt sympathique. Il m’a demandé :“ Qu’est-ce qui vous est arrivé ? Je n’ai rien pu savoir ! Vous êtes quoi ? Pédé ? Moi, vous savez, chacun vit comme il veut…</p>
<p class="MsoNormal">—J’avais une relation avec une femme mariée, mais séparée, et de quarante ans…</p>
<p class="MsoNormal">—Quoi, c’est pour ça ? Et alors ? Ils ont le cul bien serré dans le Doubs ! Ils doivent faire ça en cachette, les cons ! Enfin ! Si j’ai un conseil à vous donner, c’est de tout faire pour partir d’ici au plus vite. C’est un lycée professionnel, et les profs de lettres ne sont pas à la noce.“</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> « J’y ai passé deux ans. Sans m’y<span>  </span>sentir malheureux. Bien sûr, mes élèves se fichaient de la littérature comme de l’an quarante. Cependant, en partant des BD qui les passionnaient, j’ai réussi à tirer quelques élèves vers la lecture, certes, pas de Stendahl, mais vers les Maigret et les premiers San Antonio. Ce n’était déjà pas si mal, non ? Les autres me fichaient la paix, et j’étais plutôt bien vu, ce qui étonna le protal. Et puis, par rapport au sexe, je n’ai manqué de rien, mais en me limitant aux femmes mariées : l’adultère était fort prisé, en raison des mariages précoces et ratés. Finalement, tout le monde y trouvait son compte. J’ai fait, pour une fois, comme tout le monde.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> « Enfin, 1959, j’ai obtenu un poste d’assistant à la fac des lettres de Lyon. J’avais vingt-huit ans. Dès la fin novembre, j’étais amoureux fou d’Irène, une de mes étudiantes. Elle avait vingt ans à peine. Ce n’était pas malin, et nous devions faire très attention. À l’époque, on ne plaisantait pas à ce sujet : les relations entre prof et étudiante étaient très sévèrement ressenties. Nous ne devions pas nous exhiber ensemble dans des lieux publics tels que la rue, les cafés ou les cinémas. Ou alors, il fallait être fiancés, officiellement, c’est-à-dire en instance de mariage. Mais, ni elle ni moi, n’en étions à ce stade.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> « Elle venait donc chez moi. J’habitais dans un logement quelque peu vétuste du quartier de la Guillotière, près de la fac, rue Béchevelin. Elle m’y rejoignait en catimini, après avoir semé en route copains et copines de fac dont certains habitaient dans le coin. Elle était jolie comme un cœur, Irina ! Elle était née début quarante, de parents polonais qui étaient arrivés en France en1938 par un chemin curieux passant par l’Europe centrale, la Grèce, la Turquie et le Moyen-Orient. Pourquoi ne sont-ils pas restés en Palestine, je n’en sais rien. Ce que je sais, c’est qu’ils ont vivoté en se cachant pendant deux ans à la campagne, en Vivarais, à partir du moment où les Allemands ont occupé la zone Sud.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]-->« Pendant plusieurs semaines, nous nous sommes contentés de caresses. Au lit, nus, nous avons tout essayé, je crois : même la sodomie, sans risque, mais aussi sans grand plaisir pour nous. Elle adorait que je la fasse jouir en la caressant des mains, de la bouche, de la langue. Elle faisait de même avec mon sexe. Puis un jour, nous avons franchi ce qu’elle considérait comme un interdit. Quand je l’ai pénétrée pour la première fois, il y avait longtemps déjà que son pucelage avait<span>  </span>sauté sous mes doigts plongeant dans son sexe. Aussi, ce fut d’emblée merveilleux, tout en restant fait avec prudence. Tout aurait pu continuer longtemps si un jour son père ne l’avait pas vu entrer dans l’immeuble que j’habitais. Il la suivit jusqu’à ma porte et se manifesta tandis que je la faisais entrer. C’était la cata ! comme on dit maintenant. J’ai proposé, tout de suite, le mariage, bien sûr, mais le père a répondu : « Même si ma fille était enceinte, je ne la laisserais pas épouser un “goy“. » J’ai dit à Irène : « Je t’attends jusqu’à ta majorité, dans un an. »</p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> « Je ne l’ai jamais revue. Elle a quitté la fac. Ils ont déménagé pour aller où ?, je n’en sais rien. Peut-être en Israël ? Le père d’Irène a écrit au Doyen de la faculté une lettre dans laquelle il m’accusait d’avoir suborné sa fille. En conséquence de quoi je n’ai pas été renouvelé dans mon poste d’assistant et remis à la disposition de l’enseignement secondaire. Compte tenu de mon histoire de Besançon avec Francine, l’inspection générale m’a réintégré en me proposant, cette fois, le choix entre Constantine, Mende et Bergerac.<span>  </span>J’ai choisi Bergerac, car j’étais déjà allé en Algérie, pendant mon service militaire, en 53-54. Mais j’y suis tout de même retourné, comme sous-lieutenant de réserve, rappelé “sous les drapeaux“, en 60-62, pour la fin de la guerre, pendant 22 mois.</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> « Je suis revenu à Bergerac où je me plaisais bien, jusqu’en 1970. C’est là que j ‘ai connu Denise, celle qui devint ma femme. Mais ça, c’est une autre histoire. Elle ne m’appartient pas. »</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p><span> ———————————————————</span></p>
<p><span>(1) cet entretien s‘est déroulé en 2009.</span><!--EndFragment--></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/03/une-vie/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>RESSENTIR L&#8217;ABSENCE.SE SOUVENIR DES BELLES CHOSES</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/03/ressentir-labsence/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/03/ressentir-labsence/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 03 Feb 2010 09:23:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Souvenirs intimes]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/03/ressentir-labsence/</guid>
		<description><![CDATA[     
1-Ressentir l’absence…
(D&#39;abord mis en ligne sur Roomantic.fr)
Parfois, avant l’aube, elle s’éveille, dans l’angoisse. Le silence l’oppresse comme un moment d’éternité, comme un grand vide suspendu au-dessus d’un trou noir sans fond. Si Justine  est près d’elle l’angoisse se dissout, se dilue, dans le silence, elle se calme, et elle peut [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   1639   9346   77   18   11477   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} h1 	{margin-right:0cm; 	mso-margin-top-alt:auto; 	mso-margin-bottom-alt:auto; 	margin-left:0cm; 	mso-pagination:widow-orphan; 	mso-outline-level:1; 	font-size:24.0pt; 	font-family:Times;} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--></p>
<h1 align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">1-Ressentir l’absence…</font></h1>
<p align="justify"><i><font size="2">(D&#39;abord mis en ligne sur Roomantic.fr)</font></i></p>
<h1 align="justify"><font size="3"><i><font face="verdana,geneva"><span>Parfois, avant l’aube, elle s’éveille, dans l’angoisse. Le silence l’oppresse comme un moment d’éternité, comme un grand vide suspendu au-dessus d’un trou noir sans fond. Si Justine<span>  </span>est près d’elle l’angoisse se dissout, se dilue, dans le silence, elle se calme, et elle peut se rendormir. Sinon, si elle est seule, la panique s’empare d’elle, elle doit alors se précipiter pour vérifier, pour constater que les petites, Emma et Pauline, sont là, endormies, au calme. La vie est bien là, le silence aussi, mais le temps n’est pas suspendu. Elle se recouche sans pour autant, le plus souvent, se rendormir. Pas assez vite, en tout cas. Elle ressent l’absence, leur absence qui dure depuis si longtemps : 27 ans.</span></font></i></font></h1>
<p><font size="3"><i><font face="verdana,geneva"><span>« Se souvient-elle ? » a-t-elle si souvent entendu dire dans son dos. « Elle ne parle jamais d’eux… S’agit-il d’une forme d’amnésie, volontaire ou pas ? »</span></font></i></font><span></span></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><span> <!--[endif]--></span><font face="verdana,geneva" size="3">« Peut-on se souvenir d’un traumatisme que l’on a subi à cinq ans et neuf mois ? » a-t-elle un jour demandé à deux médecins amis, les neurologues qui ont pris soin de Claire, et<span>  </span>en qui elle a toute confiance. « Bien sûr, si le traumatisme n’a pas laissé de lésion capable de causer une<span>  </span>amnésie ponctuelle » ont-ils répondu en chœur. Elle avait posé<span>  </span>cette question, comme ça, un<span>   </span>jour pour savoir ce<span>  </span>que F. et P. en pensaient. Mais au fond<span>  </span>d’elle-même, elle savait bien que<span>   </span>le temps ne s’était arrêté pour elle que pendant le temps qu’elle a passé dans le coma ; et encore, pas totalement, car elle<span>  </span>se souvient bien d’avoir entendu parler d’elle, ou quelqu’un lui parler, alors qu’elle était dans l’incapacité de bouger, même d’ouvrir les yeux, et de parler.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Elle se souvient même d’avoir entendu Odile, l’infirmière, dire au Dr Hakim : « Comment va-t-on lui dire ?</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Lui dire quoi, Odile ?</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Pour ses parents, son frère ?</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Tout naturellement, bien sûr ! Pourrait-on le lui cacher ? Le mieux serait que la psy s’en occupe, mais elle ne sera pas là au bon moment, c’est certain. Malheureusement, il faut que vous le sachiez, Odile, car vous, vous serez sûrement là ! J’en suis désolée.»</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Bien sûr, elle a reconstruit<span>  </span>ces propos après coup, mais elle est certaine d’avoir entendu une conversation comme ça. Et même, elle croit qu’Assia Hakim pensait qu’elle pouvait être entendue et que ses paroles s’adressaient, à la fois, à Odile et à elle-même.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">En fait, elle se souvenait de beaucoup de choses vécues avec sa famille à partir de ses trois ans, peut-être même avant, mais il n’y avait personne pour lui dire quel était son âge quand ils avaient fait ceci ou cela. Pour ce qui est de ce 20 mars 1983, un dimanche, elle se souvient très bien : ils étaient allés tous les quatre piqueniquer, « pour fêter l’arrivée du<span>  </span>printemps » avait dit maman. Ils s’étaient installés au bord d’une rivière, un torrent, plutôt ; Diego avait essayé d’attraper des truites à la main et il avait glissé sur les pierres, et bien mouillé son pantalon. « Jacques », avait dit maman  « quel sot tu fais ! Heureusement que j’ai pris un pantalon de rechange ! » Avec papa, ils ont beaucoup ri. Ils étaient près d’un village avec un château presque tout démoli et un vieux pont très étroit. Bien plus tard, elle a redécouvert, ce village. Il s’appelle Belcastel et la rivière, c’est l’Aveyron.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">En rentrant à Albi, en fin d’après-midi, (elle a vérifié bien après que c’était entre Villefranche-de-Rouergue et Albi), elle se souvient que papa chantait, comme d’habitude. Elle est même certaine que c’était  « A galopar ». Papa aimait beaucoup Paco Ibanez qu’il chantait, comme beaucoup d’autres chansons, dans sa langue :</font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> &#8220;<i>Las tierras, las tierras, las tierras de España,</i><span><i><br />
</i></span><i>las grandes, las solas, desiertas llanuras.</i><span><i><br />
</i></span><i>Galopa, caballo cuatralbo,</i><span><i><br />
</i></span><i>jinete del pueblo,</i><span><i><br />
</i></span><i>al sol y a la luna.</i></p>
<p class="MsoNormal"><i><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></i></p>
<p class="MsoNormal"><i>¡A galopar,</i><span><i><br />
</i></span><i>a galopar,</i><span><i><br />
</i></span><i>hasta enterrarlos en el mar!“</i></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><!--[if !supportEmptyParas]--> <font face="verdana,geneva" size="3">Il chantait, et tout à coup, il a dit : « Voyez-moi ce fou ! » et presque tout de suite après, la voiture s’est envolée dans un champ. Après un choc, la portière de son côté s’est ouverte : elle s’est envolée à son tour, l’herbe s’est précipitée vers elle, et puis, rien, le noir complet. Quand elle reprit conscience, c’était la nuit, elle était dans un lit ; elle ne pouvait faire aucun mouvement. Il y avait un appareil à côté du lit qui faisait du bruit. Elle a sombré à nouveau dans le néant.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Elle entendait parler près d’elle. « Bonjour, je suis Odile, je suis ton infirmière. Si tu m’entends, ouvre au mois un œil. Allons, Marion, réveille-toi. » Elle entendait, mais elle ne pouvait pas bouger ou parler. Elle est encore partie. Puis enfin elle s’est réveillée complètement. Les yeux ouverts. </font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">(1)« J’ai faim, j’ai soif. </font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Voilà une bonne nouvelle : il y<span>  </span>trois semaines que tu étais<span>  </span>inconsciente.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Trois semaines ? C’est beaucoup ! Pourquoi je suis attachée ?</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Pour éviter que tu te fasse mal en bougeant. Tu es un peu blessée, au cou, à la tête, à un bras et au bassin.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Le bassin ? C’est quoi, le bassin ?</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—C’est au niveau de tes hanches. </font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Et maman, papa, Diego ?</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Marion, dit une autre voix, je suis Assia, » et j’aperçus tout près de moi une petite dame très brune, brune et frisée, un peu comme maman, mais avec des yeux bleu sombre. L’air gentil. </font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">« Marion, Odile, ton infirmière, et moi, ton médecin on doit te dire que tes parents, ton frère aussi, tu ne vas pas pouvoir les voir.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Pendant longtemps ? Pourquoi ? Ils sont blessés aussi ?</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Oui ma chérie, pendant longtemps, plus jamais.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Ils sont morts ?</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Oui, ils ont été tués dans l’accident. »</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Elle comprenait, et en même temps, elle ne voulait pas comprendre. Une autre dame est venue presque tout de suite. Hélène, elle s’appelait Hélène. Elle est restée près de Marion, longtemps. Elle lui parlait doucement, en expliquant que, comme sa ceinture s’était ouverte, elle était sortie de la voiture, en tombant sur la tête. La voiture avait continué en faisant des tonneaux jusqu’au bas du pré où elle s’est écrasée contre les arbres qui bordaient le ruisseau. </font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Elle ne voulait pas<span>  </span>croire Hélène. Elle a pleuré et encore perdu connaissance, ou bien,<span>  </span>elle s’est rendormie, ou bien, elle a fait semblant ; elle ne sait plus très bien.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Marion est restée trois mois à l’hôpital d’Albi. Ensuite, elle est allée dans une maison de rééducation, dans le Gers, à Beaumont. Elle ne disait rien. Maman n’avait pas de famille. Papa avait bien un cousin, mais en Espagne. Personne ne pouvait s’occuper d ‘elle. La DDASS du Tarn s’en est occupée. Bien. Elle l’a retirée par deux fois de familles d’accueil où elle n’était pas aimée. Alors, elle est restée dans un orphelinat où elle fut bien traitée, mais malheureuse. Elle sait aujourd’hui que les siens, maman, papa, Diego, lui manquaient cruellement. Mais elle n’en parlait pas. </font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Un jour, comme elle allait vers ses huit ans, Pauline et Jean Gerbeault sont venus la voir. Puis ils sont revenus. Ils lui ont proposée, enfin, de venir vivre avec eux et leur fille, Claire. Elle ne le savait pas encore, mais elle avait retrouvé une famille.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Marion a fait plusieurs rechutes, plusieurs retours dans l’inconscience, ou dans une demie-<span>   </span>conscience. Le Dr Assia Hakim, médecin interniste de l’hôpital d’Albi, qui avait aussi une formation de neurologue, suivait de près la fillette pour laquelle elle s’était prise d ‘affection.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Tous les matins, elle passait lui dire bonjour, lui parler, lui donner un baiser, qu’elle soit consciente ou pas. Parfois, elle repassait le soir, et faisait son possible aussi pour venir dès qu’Odile, ou une autre soignante, lui signalait un fait particulier, alarmant ou au contraire satisfaisant.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Elle lui demandait toujours son nom, son âge, le nom de ses parents.(1) « Pourquoi tu me poses toujours les mêmes questions ?</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Pour savoir si tu vas bien, si ta mémoire est intacte. Si le choc sur ta tête et ton cou  n’a rien abîmé.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Je m’appelle Marion Ortega » répondait-elle docilement.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Es-tu espagnole ?</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Non, française.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Tes parents alors sont espagnols ?</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Non, ils sont français. Les parents de mon papa étaient espagnols : le vrai nom de papa est Paco Ortega Vasquez.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Pourquoi deux noms ?</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Parce que en Espagne c’est comme ça. Vasquez est le nom de ma grand-mère, la maman de papa et Ortega, est le nom de mon grand-père.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Mais en France, je m’appelle seulement Ortega, car on ne porte que rarement le nom de la maman. Ma maman est française, elle est née en Corse.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Dis-moi son nom, s’il te plait.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Emma Colombani.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Et le nom de ton frère ?</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Jacques Ortega. Mais papa l’appelle toujours Diego. Et moi aussi.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Et toi, comment se dit Marion en espagnol ?</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Ça n’existe pas, je crois. Ou bien ça s’écrit pareil mais ça se dit Marionne, peut-être. Mais papa m’appelle toujours Lola, ou même Lolita, ou Lolitita.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—C’est bien Marion, ton cerveau va bien.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Dis, docteur, c’est vrai que je ne vais plus les voir, c’est vrai qu’ils sont morts ?</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Oui, ma chérie, hélas ! c’est vrai. »</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Un autre jour, Assia Hakim lui demanda la profession de ses parents. « Papa donne des leçons d’espagnol au lycée et maman des leçons de français. Mon papa aussi écrit des livres : en ce moment, il écrit un gros livre où il parle d’un poète espagnol qui a été le grand ami du grand-père de mon papa et de son cousin. Le cousin se battait contre les taureaux dans les arènes et il est mort comme ça, tué par un taureau.<span>  </span>C’était un torero célèbre et le poète a écrit un grand<span>  </span>poème sur la mort du torero. Papa récitait souvent ce long poème qui commence comme ça:</font></p>
<h1><font face="verdana,geneva" size="3"><span><i>¡Que no quiero verla!</i></span><span><i><br />
</i></span><span><i>Dile a la luna que venga,</i></span><span><i><br />
</i></span><span><i>que no quiero ver la sangre</i></span><span><i><br />
</i></span><span><i>de Ignacio sobre la arena.</i></span></font></h1>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="3">Mais il aimait dire très fort, en criant presque une des dernières strophes de la poésie :</font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="3"><i>¡Qué gran torero en la plaza! ¡Qué gran serrano en la sierra! ¡Qué blando con las espigas! ¡Qué duro con las espuelas! ¡Qué tierno con el rocío! ¡Qué deslumbrante en la feria!¡Qué tremendo con las últimas branderillas de tiniebla! (2)</i></font></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><i><!--[if !supportEmptyParas]--> </i>—Tu te souviens du nom de ce poète ?</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Non. Si ! Papa disait toujours Lorca en parlant de lui. C’est peut-être son nom.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><i>—</i><span>Oui, sûrement. Tu parles espagnol ?</span></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—Un peu avec papa. il nous apprend des chansons et des poèmes. »</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">À Assia Hakim— ce médecin qui l’aima, qui vint la voir plus tard à l’orphelinat et lui écrivit toute sa vie—Marion parlait volontiers. À Odile, la douce infirmière, également. À ses camarades aussi, à l’orphelinat et à l’école. Mais avec les autres, surtout les adultes, elle est restée très renfermée, jusqu’à ce qu’elle arrive chez les Gerbeault. Ensuite elle fut au contraire très ouverte, parlant beaucoup, de tout avec Pauline, Jean et Claire.</font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">De tout ? Non. Jamais elle ne parla de sa vie si heureuse pourtant avant l’accident. En elle-même elle garda tout : sa mère si belle si douce. Son père si tendre et si drôle, toujours prêt à leur dire des poèmes, des chansons, des histoires…Diego/Jacques ce frère que jamais elle ne put remplacer.<span>  </span>Jamais, même avec Claire, son grand amour. Pourquoi n’avoir jamais parler de cette absence pourtant si lourde, si pesante, si opaque ?</font></p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal">————————————————————————————</p>
<p class="MsoNormal">(1)La restitution des paroles échangées entre la jeune Marion et les soignants, est  évidemment sujette à caution près de trente ans plus tard par la Marion adulte.</p>
<p class="MsoNormal">(2) Traduction en français du poème de Garcia Lorca (Llanto por Ignacio Sanchez Mejias) par Sylvie Corpas et Nicolas Pewny:</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p><span><i>Quel grand torero dans l&#39;arène!<br />
Quel grand montagnard dans la montagne!<br />
Si doux avec les épis!<br />
Si dur avec les éperons!<br />
Si tendre avec la rosée!<br />
Eblouissant à la féria!<br />
Si terrible avec les dernières<br />
banderilles des ténèbres!</i></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   464   2649   22   5   3253   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;} @font-face 	{font-family:Arial; 	panose-1:0 2 11 6 4 2 2 2 2 2; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;} @font-face 	{font-family:Verdana; 	panose-1:0 2 11 6 4 3 5 4 4 2; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} h1 	{margin-right:0cm; 	mso-margin-top-alt:auto; 	mso-margin-bottom-alt:auto; 	margin-left:0cm; 	mso-pagination:widow-orphan; 	mso-outline-level:1; 	font-size:24.0pt; 	font-family:Times; 	mso-font-kerning:18.0pt; 	font-weight:bold;} h3 	{mso-style-next:Normal; 	margin-top:12.0pt; 	margin-right:0cm; 	margin-bottom:3.0pt; 	margin-left:0cm; 	mso-pagination:widow-orphan; 	page-break-after:avoid; 	mso-outline-level:3; 	font-size:13.0pt; 	font-family:Arial; 	font-weight:bold;} a:link, span.MsoHyperlink 	{color:blue; 	text-decoration:underline; 	text-underline:single;} a:visited, span.MsoHyperlinkFollowed 	{color:purple; 	text-decoration:underline; 	text-underline:single;} p 	{margin-right:0cm; 	mso-margin-top-alt:auto; 	mso-margin-bottom-alt:auto; 	margin-left:0cm; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:10.0pt; 	font-family:Times;} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} span.gras 	{mso-style-name:gras;} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--></p>
<h3><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></h3>
<h1><span><b><font size="4"><font face="verdana,geneva">2-SE SOUVENIR DES BELLES CHOSES.</font></font></b><br />
</span></h1>
<h1><span><i><font size="2">(D&#39;abord mis en ligne sur roomantic.fr en août 2009)</font></i><br />
</span><span><i></i></span><span></span></h1>
<p><span>C&#39;était en juin. Justine était dans son arctique natale. Un mardi soir. Le lendemain, il n&#39;y avait pas d&#39;école, a fait valoir Emma. &#8220;Maman, descendons en ville, s&#39;il te plait !&#8221; Le festival n&#39;a pas encore commencé, mais, malgré tout, par ce beau soir des premiers jours de l&#39;été, sur le cours Mirabeau, coule la foule. Un petit courant essentiellement local ; les indigènes peuvent encore posséder les soirs et les nuits de leur belle ville. </span></p>
<p><span>Emma m&#39;entraîne, et Pauline à ma suite, en sautillant, sous les arbres du cours. Soudain, elle s&#39;arrête, se rétracte, se colle contre moi. À notre rencontre arrive un vieux couple : elle dans un fauteuil roulant électrique, lui, à sa suite, surveille les manœuvres de sa compagne, prêt à intervenir sur le boîtier de commandes situé à l&#39;arrière du véhicule. </span></p>
<p><span>&#8220;Petite, je te fais peur ? </span><span><br />
</span><span>—Oh non, Madame !&#8221; </span></p>
<p><span>J&#39;interviens : &#8220;il ne faut pas lui en vouloir, Madame ; c&#39;est que vous lui rappelez un mauvais souvenir.&#8221; </span></p>
<p><span>&#8220;Un mauvais souvenir ? Pauvre petite ! Comment t&#39;appelles-tu ? </span><span><br />
</span><span>—Emma, Madame. Et ma sœur Pauline. Et Maman, Manon. Et Maman Claire, la sœur de Maman, Claire : elle était dans un fauteuil comme le vôtre. </span><span><br />
</span><span>—Ainsi, c&#39;est donc cela !&#8221; </span></p>
<p><span>Puis elle remarque : &#8220;Pauline, Manon, c&#39;est toute la Provence ! Giono et Pagnol réunis. Et Claire aussi, claire comme l&#39;eau vive&#8230; &#8221; Et elle se met à fredonner la chanson&#8230; Puis elle dit à son mari : &#8220;Pierre, si nous allions prendre un verre à cette terrasse ? </span><span><br />
</span><span>—Bien sûr Manon, si ces dames le souhaite, ce sera avec plaisir.&#8221; </span></p>
<p><span>&#8220;Manon !&#8221; s&#39;exclame Emma, &#8220;vous vous appelez aussi Manon ? </span><span><br />
</span><span>—Eh, oui ! Je suis de par ici, et mes parents adoraient Pagnol, tout comme Giono.&#8221; </span></p>
<p><span>&#8220;C&#39;est drôle&#8221; remarque Emma, mon grand-père s&#39;appelait Jean, comme Giono et ma grand-mère, Pauline, comme la mère de Giono, et aussi comme la dame du “Hussard sur le toit“. </span><span><br />
</span><span>— Moi auffi&#8221; conclut Pauline, sans un brin d&#39;hésitation. </span></p>
<p><span>&#8220;Mais c&#39;est que tu parles déjà bien, Pauline, comme une grande fille !&#8221; </span></p>
<p><span>Nous bavardons tranquillement jusqu&#39;à la nuit tombée : un verre de vin blanc pour les grands, des glaces pour les filles. La gêne d&#39;Emma s&#39;est envolée comme par enchantement, la vieille dame a su la mettre à l&#39;aise. Et son mari aussi. Étonné qu&#39;elle ait lu le “ Hussard “ à son âge, il l&#39;a questionnée. &#8220;Qu&#39;est-ce qui t&#39;a plu dans ce livre difficile ? </span><span><br />
</span><span>—Non, je ne l&#39;ai pas trouvé difficile, seulement un peu triste à cause de tous ces malades, de tous ces morts. J&#39;ai bien aimé Angelo : il est courageux et drôlement vaniteux. Orgueilleux même. Il aime Pauline, sans le lui dire. Et il la sauve du choléra. Mais j&#39;aime surtout Pauline, elle est courageuse et belle comme Maman. </span><span><br />
</span><span>—Voyez-vous ça ! Quel beau compliment, Madame !&#8221;</span></p>
<p><span class="gras"><span>Avant que nous nous séparions, la vieille Dame a dit :</span></span><span> </span></p>
<p><span class="gras"><span>&#8220;Vois-tu Emma, je suis vieille, malade, je ne peux plus marcher, et pourtant je ne suis pas trop malheureuse. Mon mari s&#39;occupe bien de moi et, surtout, avec lui, je peux parler des belles choses de notre vie. </span></span><span><br />
</span><span class="gras"><span>&#8220;Souviens-toi toujours des belles choses.&#8221;</span><span> </span></span><!--EndFragment--></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/02/03/ressentir-labsence/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>DE TEMPS À AUTRE II</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/01/20/de-temps-a-autre-ii/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/01/20/de-temps-a-autre-ii/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 20 Jan 2010 15:19:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal de route]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2010/01/20/de-temps-a-autre-ii/</guid>
		<description><![CDATA[ 3 février 2010
&#160;

Voici la surprise de ce matin: mon compte Roomantic.fr a été bloqué sans préavis&#8230;

Bien entendu j&#39;ai contesté une décision justifiée par &#8220;agressivité et manque de respect &#8221; (voyez-vous ça, ces tartuffes!) et des mises en garde qui remontent à plusieurs mois! sans nouveau préavis alors que personne, à ma connaissance ne se plaignait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font size="3"><font face="andale mono,times"> 3 février 2010</font></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/01/dunoyer.vignette.jpg" alt="dunoyer.jpg" /><br />
<font face="verdana,geneva" size="3">Voici la surprise de ce matin: mon compte Roomantic.fr a été bloqué sans préavis&#8230;<br />
</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="3">Bien entendu j&#39;ai contesté une décision justifiée par &#8220;agressivité et manque de respect &#8221; (voyez-vous ça, ces tartuffes!) et des mises en garde qui remontent à plusieurs mois! sans nouveau préavis alors que personne, à ma connaissance ne se plaignait auprès de moi. Quelle hypocrisie!!!</font></p>
<p class="italique" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">J&#39;ai contesté, mais je ne fais évidemment pas appel.  </font></p>
<p class="italique" align="justify">&nbsp;</p>
<p class="italique" align="justify">
<p class="italique" align="justify"><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   50   290   2   1   356   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal"><font size="4"><span><b>On ne peut pas être et avoir été.</b></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font size="4"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></b></span></font></p>
<p><font size="4"> </font></p>
<p class="italique" align="justify"><font size="4"><span><b>Ce proverbe me laisse depuis longtemps perplexe. En effet, si en première acception, il est évident qu’on ne peut pas, en même temps, être vivante et<span>  </span>morte ( avoir été vivante, donc),<span>  </span>il est non moins évident que l’on peut avoir été quelque chose (vivante, imbécile, amoureuse, boulangère, membre de roomantic, etc…) et l’être encore !</b></span> <b> Ou non!</b></font><!--EndFragment--></p>
<p class="italique"><font size="3"><font face="andale mono,times">28 janvier 2010</font></font></p>
<p class="italique"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/01/276225.vignette.jpg" alt="276225.jpg" /></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">J&#39;ai retrouvé Claudie. Très éprouvée. Ce qui lui est arrivé est horrible. Et je ne sais pas comment lui venir en aide.</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Je suis moi-même mal en point. J&#39;ai l&#39;impression de faire le grand écart. Non seulement avec Justine (j&#39;attends avec angoisse la venue d&#39;Ertan&#8230;) mais aussi avec Michaël qui, je le crains, ne se contentera pas du virtuel.</font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font size="3"><font face="andale mono,times">26 janvier 2010</font></font></p>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/01/293673.vignette.jpg" alt="293673.jpg" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font size="3"><font face="verdana,geneva">J&#39;ai besoin d&#39;être &#8220;boostée&#8221;&#8230;Mais qui pourrait le faire? Justine, pour le moment, n&#39;est pas aussi solide que Claire l&#39;a presque toujours été. Il me faut de la force pour deux. Heureusement, Emma, du haut de ses 10 ans est clairvoyante et veille. Elle ne dit rien de spécial, mais je sais qu&#39;elle sait à la façon dont elle me prend la main, ou vient se glisser dans mon lit lorsque Justine n&#39;est pas là.</font></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font size="3"><font face="verdana,geneva">J&#39;ai écrit ces pages sur l&#39;absence des miens. Je n&#39;en suis pas très contente, mais cela m&#39;a fait du bien. Et je n&#39;ai pas tout dit. Je n&#39;ai pas dit que maman était enceinte six mois. Je n&#39;ai pas dit qu&#39;Assia avait voulu m&#39;adopter, mais que la DDASS avait fait opposition parce qu&#39;elle vivait seule et avait un métier trop prenant. Elle m&#39;en avait parlé pour avoir mon avis. J&#39;étais d&#39;accord et ça fut une grande déception.  </font></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font size="3"><font face="andale mono,times">22 janvier 2010</font></font></p>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/01/cestassezfbenvenistehttpwwwzphotofrnonphoto392501.vignette.jpg" alt="cestassezfbenvenistehttpwwwzphotofrnonphoto392501.jpg" /><br />
<font size="3"><font face="verdana,geneva">Ressentir l&#39;absence. Presque chaque matin, au réveil, cela me prend. Je me précipite dans la chambre d&#39;Emma, puis dans celle de Pauline:bien entendu, elles sont là et je me sens rassérénée. Parfois, si Justine n&#39;est pas à mes côtés, lorsqu&#39;elle est en déplacement, parce que, le reste du temps, elle se lève toujours après moi, son absence, bien réelle, m&#39;angoisse. Cela me renvoit à la mort de Claire, au départ d&#39;Hervé, et à l&#39;accident qui me laissa seule en vie, il y  si longtemps déjà. L&#39;absence de mes parents, de mon frère. La voiture qui s&#39;envole dans un champ, une portière qui s&#39;ouvre, le sol qui s&#39;approche. Puis le trou noir. Ressentir cette absence-là est trop douloureux. Il va falloir que j&#39;écrive cela. L&#39;absence de Claire, ce n&#39;est plus nécessaire. Mon deuil, je l&#39;ai fait, ou presque. J&#39;ai déjà beaucoup écrit sur elle. Ça m&#39;a aidé. Mais je me rends compte, que je n&#39;ai pas fait le deuil de mes parents et de mon frère. Pourtant il y a si longtemps, comme c&#39;est curieux. C&#39;est ça qui me travaille. Je ressens cette absence. Et de quoi puis-je me souvenir? J&#39;étais si jeune, je n&#39;avais même pas encore six ans.</font></font></p>
<p><font size="3"><font face="verdana,geneva">Quelle absurdité, non? Et justement je disais à Audrey, il y à quoi? Quelques heures à peine qu&#39;il ne fallait pas se retourner sur son passé&#8230;Quelle ironie!     </font></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="andale mono,times" size="3">20 janvier 2010.</font></p>
<p><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/01/275762.jpg" class="imagelink" title="275762.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/01/275762.vignette.jpg" alt="275762.jpg" /></a></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Je suis restée silencieuse depuis septembre. Pourquoi? En fait je ne sais pas. Je n&#39;avais pas envie de me pencher sur</font><font face="verdana,geneva"> <font size="3">moi- même</font>, <font size="3">peut-être? Je n&#39;avais pas le désir de faire connaître aux quelques ami(e)s qui suivent ce blog, les soucis qui parfois m&#39;envahissent?</font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Pas mal d&#39;entre eux se sont évanouis depuis les jours passés en Californie avec Justine. Hervé voulait voir sa fille et il m&#39;a envoyé un billet d&#39;avion. Je suis partie avec Pauline, mais je ne suis pas restée chez Hervé qui vit maintenant avec une compagne—française, qu&#39;il connait depuis qu&#39;il a vécu &#8220;seul&#8221; à Paris pendant que Claire, Emma et moi-même étions à Draguignan. je m&#39;abstiendrais de commenter, cela ne fait que renforcer mes convictions antérieures, comme quoi l&#39;appel fait à lui par les américains, n&#39;était qu&#39;un excellent prétexte à son départ d&#39;Aix.Je suis allée à l&#39;hôtel, et il n&#39;a rien fait pour me retenir. Deux jours plus tard, Justine est arrivée, venant de Tromsø, où elle était allée, comme chaque année. Nous avons eu huit journées merveilleuses rien que pour nous (exploration de San Francisco et quelques virées vers le Nord et l&#39;intérieur, où Claire et moi n&#39;étions pas allées). Les choses sont claires désormais entre nous:l&#39;épisode Marie était un simple incident de parcours, sans signification.J</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">J&#39;avais écrit, sans précaution d&#39;ailleurs, ce qui n&#39;est pas malin, ce &amp; sur Justine et moi, dans Roomantic. </font></p>
<p align="justify">&#8220;Maintenant qu&#39;Erik Olafson (le père de Justine) vit avec Pénélope, avec laquelle Justine fut vraiment très intime. Se sent-elle plus libérée ? Je ne sais pas, si ce n&#39;est que depuis quelque temps, elle me parle d&#39;un germano-turc, Ertan Demirel. C&#39;est un homme de quarante ans au moins qui fait partie de l&#39;équipe d&#39;informaticiens de Hambourg avec laquelle elle collabore. Elle a couché avec lui, ce qui, pour Justine est une grande première&#8230; et me parle de plus en plus souvent de lui. Elle m&#39;a laissée entendre qu&#39;il pourrait venir s&#39;installer à Aix pour travailler directement avec elle sur la mise au point de ses progiciels qu&#39;elle élabore sur demande en échange d&#39;un contrat. Ertan assurerait aussi la liaison avec l&#39;équipe allemande plus spécialisée dans la mise en œuvre et le service après vente des productions de Justine. Il va sans doute falloir que je partage.&#8221;</p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="verdana,geneva">Nous avons enfin parlé de Ertan.Il existe réellement pour Justine. Elle y tient, &#8220;comme je tiens à toi&#8221; m&#39;assure-t-elle. Bien entendu, je connais maintenant assez bien Justine, pour savoir que ce n&#39;est pas un caprice. Je lui ai demandé comment elle voyait l&#39;avenir. Presque ingénument, comme si ça allait de soi, elle envisage qu&#39;il s&#39;installe chez nous, et vive dans la même maison que mes filles et moi. Un ménage à trois, ai-je demandé? Oui, pourquoi pas?, pense-t-elle. </font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="verdana,geneva">Je lui ai répondu que je ne me sentais pas prête à me résoudre à cette extrémité, comme ça, sans faire connaissance. Je ne suis pas en manque de mâle, mais je serai en manque d&#39;elle-même si elle me quittais. Elle aussi, m&#39;assure-t-elle. Alors j&#39;ai proposé que Ertan s&#39;installe dans l&#39;appartement du rez-de-jardin, maintenant que Maria et Sara ont pris un appartement, que nous verrons, à partir de là, quel genre de rapports pourra s&#39;établir entre nous trois.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="verdana,geneva">Ertan doit arriver début février. La situation s&#39;est éclaircie entre nous, mais j&#39;ai toujours peur!</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="verdana,geneva">Pauline Claire semble avoir passé avec son père et la compagne de celui-ci des jours tranquilles. Mais, ce qui me pose problème, et même ce qui m&#39;inquiète réellement, c&#39;est qu&#39;elle les a quittés sans manifester le moindre signe de regret&#8230; N&#39;est-ce pas surprenant?</font></font></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2010/01/20/de-temps-a-autre-ii/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>KARINE</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/09/03/karine/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/09/03/karine/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 03 Sep 2009 06:52:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Nouvelles &amp; Récits.]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2009/09/03/karine/</guid>
		<description><![CDATA[(Cette nouvelle a été publiée, en second, sur Roomantic.fr)
&#160;

 
1-Été 1988.
&#160;
Elle est, aux yeux de ses parents, pense-t-elle, une jeune fille sage, agréable et studieuse. Studieuse, elle l’est en effet. À seize ans, elle vient de terminer sa première S. Elle devrait donc avoir son bac à dix-sept ans, sans doute brillamment, ce qui n’est pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><u><i>(Cette nouvelle a été publiée, en second, sur Roomantic.fr)</i></u></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/09/httpwwwfotocommunityfrpcpcextrafavdisplay15803836.vignette.jpg" alt="httpwwwfotocommunityfrpcpcextrafavdisplay15803836.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font size="5"><b><font face="verdana,geneva"><span>1-Été 1988.</span></font></b></font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><span></span></font><span><font face="verdana,geneva" size="4">Elle est, aux yeux de ses parents, pense-t-elle, une jeune fille sage, agréable et studieuse. Studieuse, elle l’est en effet. À seize ans, elle vient de terminer sa première S. Elle devrait donc avoir son bac à dix-sept ans, sans doute brillamment, ce qui n’est pas mal. Elle aime l’étude et y réussit bien. Son ambition ? Entrer dans une École Normale Supérieure, ou une autre grande école. Pour l’instant, elle s’intéresse à la physique des planètes, dont la terre.</font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>Agréable ? Elle l’est aussi : avec ses parents comme avec tout le monde ; toujours gracieuse, et le sourire aux lèvres, elle paraît belle alors qu’elle n’est que jolie. Je parle de son visage, car son corps, finement charpenté et arrondi devant et derrière, bien comme il faut, est superbe. </span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>Sage ? Tout dépend de ce que l’on entend par là. Il y a longtemps qu’avec ses amis des deux sexes, elle n’a plus tellement à découvrir en ce qui concerne le sexe. C’est-à-dire que les plaisirs que des filles jeunes peuvent se rendre ne lui sont pas inconnus, ce sont même ceux qu’elles préfèrent. Sans pour autant être innocente côté garçons. Elle sait ce que les garçons de son âge attendent de la bouche des filles, après les premiers baisers, mais elle n’a pas vraiment encore trouvé une grande jouissance en baisant avec eux. Ils sont toujours maladroits et pressés, en fait très égoïstes. Ils semblent ne pas vouloir savoir ce qui plait aux filles. C’est pourquoi, sans se désintéresser des garçons, Karine trouve un grand plaisir dans les relations saphiques, qu’elle préfèrent, et de loin, aux plaisirs solitaires.</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>Elle pense que ses parents ne savent pas tout cela. Elle n’a pas encore assez vécu pour imaginer, un seul instant, qu’ils feignent simplement de ne pas savoir. Pourtant sa mère lui a donné toutes les informations et autorisations souhaitables afin qu’elle puisse accéder aux moyens contraceptifs et son père n’oublie jamais de lui dire de se protéger toutes les fois qu’elle « sort ». Autrement dit, ils lui font confiance—et ne sont pas tombés de la dernière pluie !</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>Karine est née en1972. Ses parents se sont connus en mai 1968 sur les pavés parisiens. Et se sont imprégnés des slogans de liberté qui fleurissaient alors tel que: « il est interdit d’interdire » ou bien, « faites l’amour, pas la guerre ». Ils ont fait l’amour ! Avec ardeur… </span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>Jacques Ravier, encore à Polytechnique à ce moment-là, école relevant du ministère de la défense, donc militaire, ne pouvait pas se permettre d’être catalogué comme « émeutier » et se tenait éloigné des points les plus chauds. Nicole Aubert était étudiante en Sorbonne, en lettres modernes et terminait son diplôme d’études supérieures sur le poète Du Bellay, afin de pouvoir préparer l’agrégation l’année suivante. Ils faisaient partie de ces jeunes non politisés, qui, nés dans les classes moyennes, ont été marqués, pour la vie, par les « évènements ». Sans devenir des militants<span>  </span>de gauche, ils ont gardé « le cœur à gauche », tout en s’assurant une vie confortable, grâce à leurs études. Karine, a ainsi bénéficié, sans forcément s’en rendre compte, d’une éducation<span>  </span>marquée par les idées sociales et culturelles de la gauche modérée, et, joui<span>  </span>d’une grande<span>  </span>liberté dans ses choix en bien des domaines, notamment pour ses fréquentations. Rarement, elle entendit : « Non ma fille, ce soir tu ne sors pas : non, ma fille, tu n’iras pas danser ».<span>  </span></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>Cet été-là, alors que Jacques et Nicole faisaient un voyage en Scandinavie, Karine préféra rester à Valezan, au pied du Beaufortain et face à la Vanoise, où ses parents disposaient d’un petit chalet. De Grenoble, où ils vivaient, c’était une résidence commode, aussi bien en hiver, qu’en été. Karine, qui aimait marcher et même randonner, s’y plaisait beaucoup. Elle se sentait à l’aise dans ce village minuscule, encore alors très rustique, et ne craignait pas d’y rester seule.</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>C’est durant cette deuxième quinzaine de juillet, qu’elle rencontra l’homme qui devait lui faire connaître des plaisirs jusqu’alors ignorés. </span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span><i>Ce jour-là, elle était montée de Valezan jusqu’au refuge de Presset (2500 m), pour un tour dans les monts du Beaufortain. Du refuge, elle pensait rejoindre le lendemain le refuge du Plan de la Lai (1800 m) par le Cormet de Roselend (2000 m)  en montant à l’Aiguille du Grand Fond (2900 m), une arête rocheuse assez facile ; puis, revenir à Valezan le surlendemain par le pied de la Pierra Menta (2700 m). C’était peut-être un peu ambitieux, mais elle pouvait, si nécessaire, contourner par le sud l’Aiguille du Grand Fond et faire une étape supplémentaire en allant coucher au refuge de la Coire (2000 m) après être passée par le lac de Roselend, avant de monter vers la Pierra-Menta.</i></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>Au refuge de Presset, elle rencontra son prof de français, Gilles Mermet, accompagné de sa femme Anne et de son beau-frère Pierre Armanet. « Quelle bonne surprise ! » fit Mermet « bonjour Karine ! » Et de la présenter comme la meilleure élève de Champollion, de quoi faire rougir cette fille blonde, à la peau claire, de seize ans ! Elle aimait bien Mermet, mais détestait ce genre de compliment qu’elle trouvait hors de propos. La femme et le beau-frère lui firent bon accueil, sans se répandre en félicitations. Ce qu’elle apprécia.</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>Anne Mermet s’étonna de la voir faire de la montagne sans être accompagnée. « Oh, vous savez, j’ai l’habitude.</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>—Peut-être, mais ce n’est pas prudent. Vos parents doivent être très inquiets.</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>—Non, car je suis prudente. Je ne m’embarque jamais par mauvais temps prévu, et je sais revenir sur mes pas si nécessaire. Je ne vais pas sur des itinéraires à risque lorsqu’ils sont peu fréquentés : vous verrez ce refuge sera plein tout à l’heure et je ne serai pas seule à monter demain au Grand Fond que d’ailleurs j’ai fait bien souvent avec mon père à pied ou à skis. »</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>Pierre Armanet, un type d’une trentaine d’années, était manifestement attiré par Karine. Pour sa part, elle trouvait, peut-être pour la première fois, cet homme digne d’intérêt : beau brun au long corps de sportif et à l’air intelligent. Bien qu’il soit timide, elle était tellement à son goût,<span>  </span>qu’il ne faisait pas d’effort pour le cacher.</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>C’était tellement visible que Karine entendit Gilles Mermet lui dire, en aparté « attention, Pierre, ne t’emballe pas, elle n’a que seize ans… »</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>Karine pu choisir une couchette en coin, de façon à n’avoir qu’un seul voisin, mais, bien que le refuge soit en effet plein, Pierre se débrouilla pour avoir la place contiguë à celle qu’elle avait choisie ! Dans la nuit, il lui prit la main. Elle le laissa faire, mais lorsqu’il se pencha pour lui voler un baiser, elle le repoussa, Toutefois sans violence, car elle aussi était troublée. Le matin, au petit-déjeuner, ils se sourirent. Encouragé, Pierre remarqua : « nous aussi, nous allons au Plan de la Lai, n’est-ce pas Gilles ? Nous pourrions peut-être nous joindre à vous, puisque vous connaissez le terrain ?</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>—Oui, bien sûr.</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>—Cependant » objecta Gilles « nous n’avions pas l’intention de monter au Grand Fond.</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>—Oh, vous savez, c’est une simple arête rocheuse, sans véritable difficulté, et voyez comme il fait beau. C’est un peu plus difficile, mais c’est aussi plus court. »</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>C’est Anne qui trouva la solution : « Pierre peut aller avec Karine, et nous nous attendrons au Cormet de Roselend. » Ainsi<span>  </span>fut fait.</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>La rando avec Pierre fut une partie de plaisir : Ils étaient de force comparable et ni Karine ni Pierre n’eut à attendre l’autre. Arrivés au sommet, ils eurent plein les yeux du spectacle qui s’offrait autour d’eux : la Vanoise, vers le Sud; le piton de la Menta, tout près, à l’Ouest ; le glorieux Mont Blanc à l’Est. Et à leurs pieds, partout, les lacs, petits et grands. Ils firent une pause casse-croûte et spectacle, et causette.</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>« Vous ne m’en voulez pas trop, Karine, pour cette nuit ?</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>—Et de quoi donc ?</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>—D’avoir voulu vous embrasser ?</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>—Oh, mais non ! Au contraire ! C’était gentil, de votre part. je ne pensais pas vous intéresser à ce point…</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>—Vous me plaisez beaucoup, mais vous m’avez repoussé.</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>—Mais Pierre, la promiscuité des refuges ne m’incite pas aux épanchements ; d’ailleurs, je ne vous ai pas vraiment repoussé :<span>  </span>vous m’avez tenu la main toute la nuit, non ? J’étais bien, ça m’a permis de bien dormir.</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>—Et si j’essaie de vous embrasser, maintenant que nous sommes seuls, accepterez-vous ?</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>—Non, je crois que vous êtes trop pressé : nous ne nous connaissons pas, et je suis très jeune, et naïve. Je ne sais rien de vous, je ne sais rien de la vie, alors que vous avez beaucoup vécu, déjà, non ?</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>—J’ai vécu, c’est vrai, mais je suis sans attaches, je suis libre de vous aimer. Vous ne croyez donc pas au coup de foudre ? »</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>Prudemment, elle s’abstint de relever sa déclaration et laissa la question sans réponse. Cet homme, deux fois plus âgé qu’elle, lui plaisait ; elle se sentait en sécurité près de lui. Il donnait confiance, c’est sûr, mais coup de foudre ou pas, il n’y avait pas urgence, pensait-elle. </span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>Elle lui prit simplement la main—et c’était déjà comme un aveu !—pour descendre l’arête rocheuse vers le col où ils retrouvèrent Gilles et Anne. </span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>Le lendemain, ils quittèrent ensemble le refuge du Plan de la Pia, et se séparèrent à la pointe Sud du lac de Roselend. Elle se dirigea vers le Sud et eux repartirent en direction d’Arêches où ils avaient laissé une voiture pour retourner à Hauteluce, leur lieu de séjour. Karine laissa son numéro de téléphone à Valezan. </span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>Deux jours plus tard, alors qu’elle venait à peine de rentrer, Pierre appela : « Bonjour, est-ce que la fin de la rando s’est bien passé ?</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>—Oh, Pierre, bonjour. Oui, très bien, sauf que seule, je n’ai pas osé grimper sur la pointe de la Pierra, mais pour le reste, ce fut parfait. Je viens tout juste d’avoir pu faire une grande toilette et de me rafraîchir. Et pour vous, tout s‘est bien passé ?</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>—Oui, très bien, sauf que vous me manquez déjà.</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>—Oh, Pierre, comme vous êtes impatient ! </span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>—Oui, Karine, et encore bien davantage ! Je suis à l’entrée de Valezan…Peut-être accepterez-vous<span>  </span>de m’accompagner pour dîner quelque part ?</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>—Mais Pierre, c’est du harcèlement ! » dit-elle en souriant. Et elle lui indiqua comment arriver à son chalet, tout en haut du village.</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>Elle avait passé une courte robe chasuble toute simple, blanc cassé, qui mettait à ravir en valeur sa blondeur, ses yeux bleu, transparents, ses longues jambes, ses bras et ses épaules hâlées, sans toutefois souligner ses rondeurs avenantes. </span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span>Un fois qu’il fut entré, elle ne résista pas. Elle se laissa embrasser, dévorer par une bouche hardie, fouillée par une langue puissante et caresser par des mains indiscrètes qui prenaient la mesure de ses seins, de ses fesses, et même, tentaient une visite aventureuse, sous sa robe, de sa cuisse vers ses reins puis son ventre. Elle sentit, sans déplaisir, un sexe d’homme durcir à son contact. Elle l’entraîna dans sa chambre.</span></font></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="verdana,geneva" size="4">Quand ils furent nus, ce fut un enchantement. Karine ne savait finalement toujours rien de Pierre. </font></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><font face="verdana,geneva" size="4">Mais, pour la première fois, elle goûta les plaisirs de l’amour avec un homme doux, tendre et expérimenté. </font></span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Pierre aussi fut ébloui.  </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Le corps sensuel de cette fille si jeune lui donnait une irrépressible envie de palper des seins fermes, harmonieux et aux bouts hérissés de désir. De prendre cette bouche pulpeuse, qu&#39;il imaginait vierge de baisers, en attente de tendres morsures. De lécher la fente qui s&#39;écartait entre les cuisses ouvertes, d&#39;y boire les sucs qui sourdaient de cette source tiède, dans ce décor de mousses blondes, pleines de senteurs enivrantes de sous-bois estivaux. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Son sexe, recouvert, tendu à l&#39;extrême, se laissait guider par une main malhabile. Il la pénétra tout en douceur, sans rencontrer, à son étonnement, la moindre résistance. Cette fille, pourtant si pudique, n&#39;est pas à déflorer, pensa-t-il. Tant mieux, le plaisir n&#39;en sera que plus grand. Comme pour faire écho à sa réflexion, Karine murmura : &#8220;ne t&#39;inquiète pas, je ne suis plus vierge, et je suis protégée, enlève ce capuchon si tu es propre et baise-moi, je t&#39;attends&#8221;. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Cette longue et épaisse queue, sans latex, emplit délicieusement sa chatte encore bien resserrée. Elle enferma les reins de Pierre entre ses cuisses puissantes et accompagna d&#39;une houle instinctive le labour conquérant du glaive turgescent. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">&#8220;Ooh, soupira-t-elle, cette vague qui me soulève, cette tempête en mon obscure intimité, quelle puissance ! Comment y résister ? Pourquoi, d&#39;ailleurs, y résister ? Non, je me laisse aller&#8230; Aah! Woua, quelle puissance, quelle douceur! Ooh, c&#39;est bien autre chose que tout ce que, jusque-là, j&#39;ai connu!&#8221; </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"> Et elle sentit soudain le coup de fouet d&#39;une giclée puissante frapper le fond de son calice. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Pierre s&#39;affala sur elle après l&#39;ultime effort. Ce grand corps si lourd faisant corps sur son corps après ce corps à corps sensuel et glorieux la remplit tout entière d&#39;une félicité prodigieuse et, elle se plut à pister les derniers soubresauts, les ultimes tressaillements de leurs sexes, après l&#39;orgasme partagé qui les a terrassé. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Elle analyse. &#8220;Pierre se retire, s&#39;écroule sur le côté. Mais je n&#39;entends pas en rester à ce premier essai, je veux le transformer.&#8221; Elle caresse ce tout neuf amant. L&#39;embrasse, sa bouche et sa langue titillent ses tétons d&#39;homme, sa main flatte son sexe gluant de leurs humeurs ; pour lui redonner une virile vigueur, elle le prend en sa bouche et trouve les mouvements de langue qu&#39;il attend. Lorsque l&#39;érection magique atteint son apogée, elle chevauche ce corps, s&#39;enfile sur ce dard et s&#39;emballe comme une amante chevronnée en suivant dans les yeux de Pierre la progression du plaisir qu&#39;elle lui offre entre ses cuisses, dans son ventre brûlant. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Plus tard, dans un modeste restaurant de Bourg-Saint-Maurice, ils s&#39;observent avec tendresse. Les yeux noirs de Karine tentent de percer ce mystère que Pierre représente encore à ses yeux ? Qui es-tu, pense-t-elle ? Un homme ordinaire qui voulait s‘offrir une jeune pucelle ? Ou bien t&#39;ai-je réellement terrassé d&#39;un éclair ? En tout cas, j&#39;ai vraiment eu plaisir à jouir par toi ? Ce fut autre chose que les minables fornications des quelques rares camarades de classe auxquels j&#39;ai accepté de me livrer ! Ils attendaient surtout que je leur suce la pine, sans tenter quelque chose de sérieux pour me donner du plaisir. Le foutre dans la bouche, c&#39;est, à la rigueur, acceptable lorsqu&#39;il y a aussi autre chose. Toi, au moins, tu es un homme, un vrai. Même si notre relation en restait à ce stade, encore quelques jours, ce serait déjà un bon deal ! </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Karine pense, ou, peut-être même, dit:  </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">&#8220;C&#39;est curieux, j&#39;ai l&#39;impression de devenir cynique, comme une déjà vieille Lolita&#8230; Mais ne te méprends pas, même si j&#39;use de mots crus, je suis en fait encore très fleur bleue. Et j&#39;aimerais vraiment commencer avec toi un vrai amour, très fort, très sensuel, bien sûr, mais aussi très profond, très vrai.&#8221; </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Tout cela, en fait, ne passe, mais cependant très bien, que par le regard de Karine.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Pierre sait qu&#39;il va devoir parler, qu&#39;elle attend de lui des paroles convaincantes. De lui, l&#39;homme de 34 ans, de près de 20 ans de plus qu&#39;elle. À travers la table, il pose sa main sur la sienne. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">&#8220;Que diront tes parents ?</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas. Ils me mettront en garde, sûrement.</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—À cause de mon âge ? Ils ne sont peut-être pas beaucoup plus vieux que moi ! </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—À cause de mon âge, surtout. J&#39;ai juste 16 ans, et je n&#39;ai pas encore passé le bac. Et ils connaissent mes projets, mes ambitions. </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Aimerais-tu vivre avec moi ? Ce serait possible, sais-tu ?, je te l&#39;ai dit, j&#39;ai déjà vécu, c&#39;est vrai, j&#39;ai été marié, j‘ai une enfant de dix ans, mais je suis libre, disponible. Je pourrais t&#39;épouser si tu le veux et si tes parents n&#39;y font pas obstacle. Ils pourraient aussi me poursuivre pour détournement de mineure. C&#39;est toi, tout à l&#39;heure, qui parlais de harcèlement, non ?</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Je plaisantais ! Vivre avec toi ? Peut-être ! Nous marier ? Non ! Nous ne nous connaissons pas. Nous avons peut-être seulement, tout simplement, envie l&#39;un de l&#39;autre. Tu m&#39;as désirée, tu me désires encore. Moi aussi, j&#39;ai envie de ton corps, j&#39;ai envie que tu me caresses, que tu me baises. Où vis-tu ? Où travailles-tu ?</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Je vis à Grenoble, comme toi. Je suis glaciologue. Et ça, c&#39;est un problème, car je suis souvent parti, loin, et longtemps. J&#39;ai commencé à travailler sur les glaciers alpins, mais maintenant, je passe beaucoup de temps dans les régions polaires, arctiques, et surtout antarctiques. Je viens de rentrer d&#39;une campagne de six mois en antarctique. La fin du dernier été, l&#39;automne, et le début de l&#39;hiver de l&#39;hémisphère sud. Mais, je ne pense pas repartir avant le début de l&#39;été austral 1990. J&#39;ai beaucoup de travail à faire sur les échantillons qui vont m&#39;arriver par bateau. Ça nous donne du temps pour essayer de vivre ensemble. </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Tu travailles donc sur les bulles d&#39;air dans les glaces ? Pour étudier les variations des climats ? </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Oui, c&#39;est cela.<br />
</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Moi, j&#39;aimerais m&#39;occuper, plus tard, de chimie et de physique des planètes. Mais je peux changer d&#39;avis, car il me reste encore bien des années d&#39;études à faire : au moins sept ans avant de commencer un doctorat, non ?<br />
</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Oui, c&#39;est à peu près ça.<br />
</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Tu vois que je suis bien trop jeune pour envisager de vivre en couple.<br />
</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Je ne sais pas. Nous ne pouvons pas encore le dire. C&#39;est vrai qu&#39;il faut poursuivre, d&#39;abord, tes études. Le mieux est de commencer à sortir ensemble. Commençons par profiter de cette soirée, puis de ces vacances.<br />
</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—C&#39;est vrai, Pierre, allons baiser !“</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><br />
</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Une fois rentrés à Valezan, ce fut un nouveau feu d&#39;artifices sensuels. L&#39;expérience de Pierre faisait merveille : Karine se pliait, sans soumission, toujours dans une &#8220;positive attitude&#8221;, à ses désirs, à ses plaisirs. C&#39;était bien sûr très différent de ce qu‘elle faisait avec Françoise, son amie de cœur. Pendant un moment de répit, elle osa demander :</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><br />
&#8220;Est-ce que tu couches avec beaucoup de femmes ? </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Je t&#39;ai dit que j&#39;étais disponible&#8230; </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Oui, j&#39;ai bien compris : mais cela ne t&#39;empêches pas de faire l&#39;amour à des dames, non ? Tu ne m&#39;as pas attendue, depuis ton divorce, sans baiser. Tout comme moi.</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—ßien sûr, j&#39;ai eu des amies. Assez nombreuses. </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—En antarctique, il y a des femmes ? </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Oui, mais beaucoup moins que des hommes. </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Alors, comment ça se passe ? </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Ce sont les femmes qui choisissent. Oui, on peut dire ça comme ça&#8230; </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Et bien sûr tu as été choisi.</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Oui, mais je n&#39;ai pas toujours accepté. </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Durant ta dernière mission, tu as eu combien de femmes ? </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Trois : une principale, et deux autres.<br />
</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Eh bien! ce n&#39;est pas si mal pour des exilés! Si tu y retournes, tu vas recommencer ?<br />
</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Sans doute, oui. Et toi, avec qui couches-tu ?<br />
</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Avec trois filles, une principale, Françoise, ma chérie, et deux autres, secondaires.<br />
</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Avec des filles ? Comme une gouine ?<br />
</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Mais oui, ça te choque ?<br />
</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Non, je ne crois pas. Pas de garçons alors ?<br />
</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Pas ces derniers temps. Sauf toi, depuis tout à l&#39;heure.&#8221; </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><br />
</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Quelques jours plus tard, fin juillet, Pierre vient juste de rentrer à Grenoble, passer quelques jours avec sa fille avant de reprendre le travail au laboratoire de glaciologie du CNRS, lorsque Jacques et Nicole Ravier rentrent de leur voyage en Scandinavie. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Ils retrouvent leur fille avec plaisir : elle déborde de bonheur. </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">&#8220;Qu&#39;est-ce qu&#39;il t&#39;arrive ?&#8221; demande Nicole &#8220;je ne t&#39;ai pas vu depuis longtemps aussi radieuse.</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Il m&#39;arrive que je suis amoureuse, Maman. Vous vous rendez compte, amoureuse! J&#39;ai rencontré Pierre. Nous nous aimons. J&#39;ai fait l&#39;amour comme une débauchée. </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Comme une débauchée? Tu exagères, non? </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Non, nous avons vraiment beaucoup baisé&#8230;</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Comme tu parles, Karine! En voilà une nouvelle ! </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Une bonne et grande nouvelle&#8221; ajoute Jacques. &#8220;Qui est l&#39;heureux élu ? </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Cela vous plaira peut-être moins : c&#39;est un &#8220;jeune homme&#8221; de 34 ans, chercheur au CNRS, en glaciologie. Il s&#39;appelle Pierre Armanet. Il est divorcé et père d&#39;une fille de dix ans.&#8221; </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Les parents, saisis, restent muets. Longtemps. Puis Jacques questionne et soliloque : comment l&#39;as-tu rencontré ? Qu&#39;avez-vous fait ? Tu te rends compte, bien sûr, que tu n&#39;as que seize ans! Que tu as de longues études à faire. Etc&#8230; </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Finalement, c&#39;est Nicole qui détend l&#39;atmosphère en affirmant : &#8220;Jacques, à seize ans une fille comme Karine est une femme. Moi aussi je me sentais femme à seize ans, même si j&#39;ai attendu encore deux ans avant de coucher avec un premier garçon. Si elle a du goût pour ce monsieur, tu n&#39;y changeras rien, et nous devons, toi et moi, lui faire confiance. Elle saura, j&#39;en suis sûre concilier cet amour et ses études, et le cas échéant, faire la part des choses, faire les bons choix.</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Comme toujours, ma chérie, tu as raison, mais, Nicole, c&#39;est difficile pour moi d&#39;avoir une femme pour fille. Et une fille-femme &#8220;qui baise comme une débauchée&#8221;. Karine comment comptes-tu organiser ta vie avec ton ami ? </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">—Si cela peut vous rassurer, je ne me sens pas prête à partager chaque jour de ma vie avec Pierre. Pour l&#39;année scolaire prochaine, je demeure avec vous, je prépare et passe mon bac, et je prendrai tout ou partie de mes week-ends avec lui, en fonction du travail à faire. L&#39;année suivante, en prépa ou en fac, je ne sais pas encore ce que nous ferons, d&#39;autant que lui-même est astreint à de longs séjours en antarctique ou au Groenland. Il est d&#39;accord pour vivre ainsi, et n&#39;entend pas brusquer les choses, surtout pas avant ma majorité. Il voudrait aussi vous rencontrer.&#8221; </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Après un temps de réflexion, Nicole, après avoir consulté Jacques du regard, déclare: &#8220;Ça me parait sage de voir les choses ainsi.&#8221; Puis, se reprenant, &#8220;et Françoise, qu&#39;en pense-t-elle?&#8221; </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Karine est interloquée! Ainsi, elle savait! Ils savaient car quand Maman sait&#8230;  </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">&#8220;En fait, je ne sais pas, je ne lui en ai pas encore parlé. mais pour moi, cela ne change rien, elle reste mon amie chérie, une amie que j&#39;aime beaucoup. Elle va venir passer quelques jours ici. Nous verrons bien. Mais, tu as raison, je vais lui parler de Pierre </font><font face="verdana,geneva" size="4">avant qu&#39;elle n&#39;arrive.&#8221; </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p><!--[if !mso]&amp;gt;  v\:* {behavior:url(#default#VML);} o\:* {behavior:url(#default#VML);} w\:* {behavior:url(#default#VML);} .shape {behavior:url(#default#VML);}  --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   3824   21799   181   43   26770   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;} @font-face 	{font-family:Georgia; 	panose-1:0 2 4 5 2 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;} @font-face 	{font-family:"Trebuchet MS"; 	panose-1:0 2 11 6 3 2 2 2 2 2; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} a:link, span.MsoHyperlink 	{color:blue; 	text-decoration:underline; 	text-underline:single;} a:visited, span.MsoHyperlinkFollowed 	{color:purple; 	text-decoration:underline; 	text-underline:single;} p 	{margin-right:0cm; 	mso-margin-top-alt:auto; 	mso-margin-bottom-alt:auto; 	margin-left:0cm; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:10.0pt; 	font-family:Times;} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} span.italique 	{mso-style-name:italique;} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--></p>
<p><span><font color="#000000"><b><font face="verdana,geneva" size="5">2-automne 1998.</font></b></font></span></p>
<p align="justify"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"></font></span></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><span>Dix années plus tard, nous retrouvons Karine dans sa vingt-sixième année. Son idylle avec Pierre a duré jusqu&#39;à son entrée à Normale Sup&#39;. Pendant la même période, elle a connu après Françoise, quelques autres filles, et Pierre, d&#39;assez nombreuses femmes. </span></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><span><br />
D&#39;un commun accord, ils se sont séparés après trois ans d&#39;une relation qui, globalement, fut positive. Karine a beaucoup appris de Pierre.</span></font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Pendant ces trois années le penchant érotique de son ami, son expérience, aussi, les petites soirées entre ami(e)s qu&#39;il se plaisait à organiser pour elle, lui ont été très profitables.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Nous allons faire connaissance avec une nouvelle Karine, femme accomplie, femme de plaisir, dans le bon sens du mot, une femme qui recherche à donner et à recevoir les plaisirs des sexes.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">C&#39;est une remarquable représentante de la seule espèce animale dont le sexe ne sert plus simplement à la reproduction. L&#39;évolution de l&#39;espèce humaine et les avancées des sociétés qu&#39;elle a formées, l&#39;a conduite à faire aussi l&#39;amour par plaisir.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Karine appartient à un courant hédoniste; pour elle la vie est trop courte pour ne pas saisir tous les instants de plaisir que l&#39;on peut échanger avec d&#39;autres hommes et femmes.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Faire l&#39;amour par plaisir n&#39;exclut pas, bien entendu, de faire aussi l&#39;amour par amour. Karine est une amoureuse. Pour elle les sentiments ne sont pas méprisables, bien au contraire.</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Elle est aussi une intellectuelle accomplie.</font></p>
<p align="justify">°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><span>Ingrid s&#39;éveille. La douce chaleur du corps nu de Karine la retient au lit, en ce frais début d&#39;octobre, immobile dans le souvenir et les senteurs des tendres caresses nocturnes, de la vigueur des seins de son amie durcis sous ses doigts, de sa bouche sur les lèvres de ce sexe et de sa langue suçant la douce et humide muqueuse de cet insatiable puits d&#39;amour&#8230;</span></font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">La complicité charnelle, amoureuse et intellectuelle qui les unit depuis leur rencontre, cinq années plus tôt, à l&#39;école normale, est indéfectible. Bien que très souvent séparées, les deux amoureuses n&#39;imaginent pas un avenir dont l&#39;autre serait absente.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Pourtant, Ingrid sait que Karine, qui prend l&#39;avion en fin de matinée pour Tbilissi, va retrouver ce soir ou demain au plus tard, Nina et Yuri, son double amour géorgien. Sensuellement parlant, elle-même sera bientôt éloignée, tandis que de son côté, elle retrouvera les frénétiques assauts de Sébastien Fournier, son mari. Non sans plaisir, mais sans une totale satisfaction.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Elle se lève enfin, enfile sur sa nudité encore tout émue des tendresses de l&#39;amour, un vaste ticheurte de coton qui, cependant, cache à peine sa touffe sombre. À la cuisine, elle lance la cafetière et prépare la table en vue d&#39;un copieux et bon petit-déjeuner.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Les effluves de café frais chatouille les narines de Karine. Elle arrive bientôt vêtue de son court déshabillé de soie. Elle s&#39;approche d&#39;Ingrid assise à la table et lui dépose un baiser sur le sommet de la tête, sur sa chevelure sombre. Ingrid attire Karine contre elle, approche son visage de la poitrine somptueuse de son amie, respirant les senteurs moites de l&#39;amour dans la douce vallée de ses seins. Ses mains passent sous les pans du léger vêtement, caressent les reins, les fesses et les cuisses de Karine avant de se glisser au plus près de son sexe.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">&#8220;Tu auras tôt fait de m&#39;oublier, égoïste chérie !<br />
—Erreur, mon amour !Tu sais bien que c&#39;est faux. Même en baisant avec Nina et Yuri, je pense à toi avec ardeur. Je suis ainsi, capable de cultiver et entretenir plusieurs amours en même temps ! Tout comme toi, d&#39;ailleurs. Tu sais que je ne pars pas pour plus d&#39;un an, cette fois-ci, en faisant d&#39;ailleurs quelques retours à Paris. Du reste, cet été, tu viendras passer quelque temps avec nous à Dmanisi. Nina et Yuri seront heureux de faire, enfin, ta connaissance.<br />
—Bien sûr, ma Karine, mais je ne tiens pas à connaître, en ton absence, quelqu&#39;autre fille qui ne pourrait te remplacer.<br />
—En est tu certaine ? À mon avis rien n&#39;est moins sûr, et si cela t&#39;arrivait, je m&#39;en réjouirais, même si égoïstement je me réjouis encore davantage de me savoir ta seule, ton unique amie. Heureusement, Sébastien est là.<br />
—Sébastien, comme homme, tu t&#39;en es aperçue, est très vigoureux, mais pour la tendresse, la douceur, la compréhension de ce que souhaite mon corps, c&#39;est toi que je préfère, et de loin. Déjeune vite maintenant, je voudrais que tu me fasses encore l&#39;amour avant ton départ.&#8221;</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Karine entra à l&#39;École Normale Supérieure par le concours scientifique MP (Math &amp; physique). Son intérêt, au départ, la portait vers l&#39;astrophysique, mais pendant ses deux années de préparation au concours, après le bac, peu à peu, elle sentit sa vocation se modifier. Elle se passionna alors pour les sciences de l&#39;évolution et, notamment pour les origines de l&#39;homme.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Elle persista toutefois à préparer le concours MP, ayant appris qu&#39;elle pourrait changer d&#39;orientation, en cas de succès. C&#39;est ce qu&#39;elle fit en suivant un cursus mixte avec des mathématiques, de la biologie et des sciences de la terre : elle put ainsi s&#39;engager dans une thèse de paléoanthropologie qu&#39;elle prépara dans un laboratoire du Collège de France, et avec une équipe internationale travaillant en Géorgie, sur le site de Dmanisi, où l&#39;on avait trouvé, peu avant, des restes humains vieux de près de deux millions d&#39;années.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">À la fin de septembre 1997, elle a soutenu sa thèse sur <span class="italique">Homo georgicus</span> (un variant local d&#39;<span class="italique">Homo erectus</span>, un de nos ancêtres lointains). Les restes de l&#39;homme de Géorgie furent datés avec précision à 1,8 million d&#39;années. </font></p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><span><br />
Recrutée en 1998 au CNRS, elle est sur le point de repartir pour une année en Géorgie pour parachever ses travaux, au sein de l&#39;équipe locale, avant de partir, plus tard, vers d&#39;autres pistes, plus anciennes, en Afrique.</span></font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Ingrid Aubert, l&#39;amie de cœur de Karine Ravier à Paris, entra à Normale Sup&#39;, la même année que Karine. Son patronyme, Aubert, identique à celui de Nicole, la mère de Karine, n&#39;implique pas l&#39;existence d&#39;une parenté attestée entre elles, bien que la famille d&#39;Ingrid, comme celle de Nicole, soit d&#39;origine alpine (région de Corps).</font></p>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/09/gorgie.jpg" alt="gorgie.jpg" /><br />
<font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Elle entra à l&#39;École par le concours “littéraire“ et orienta ses études vers l&#39;histoire ancienne en vue de se consacrer à la recherche archéologique. Elle est en train de terminer son doctorat par une thèse sur une partie des fouilles permises par la construction du TGV-Est.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Karine et Ingrid se sont connues alors qu&#39;elles étaient au début de leur troisième année à Paris, car elles ont suivi un même enseignement de géologie stratigraphique récente utile pour leurs futures recherches. Ce fut entre elles le vrai coup de foudre immédiat. La sensualité d&#39;Ingrid était beaucoup moins établie que celle de son amie, mais elle progressa vite. Karine, dont la curiosité était insondable, et qui ne s&#39;imposait aucune barrière dans ses expériences, eut tôt fait de l&#39;initier à l&#39;art de multiplier les partenaires et les pratiques de l&#39;amour saphique ou bisexuel, à trois ou en groupes plus nombreux.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Leur amour n&#39;en fut pas perturbé, bien au contraire, leur attachement complice n&#39;en fut que renforcé. C&#39;est à l&#39;occasion de ces parties fines que Sébastien Fournier entra dans leur vie, et s&#39;attacha à elles, notamment à Ingrid.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Nettement plus âgé que les deux filles, c&#39;est grâce à son métier d&#39;ingénieur en travaux publics qu&#39;il put introduire Ingrid sur les terrains de fouilles de l&#39;Est parisien.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Bien que marié, il devint leur amant, et toutes deux explorèrent avec lui les moindres recoins de leurs sexualités explosives&#8230; Pendant les longues absences de Karine, Sébastien est le partenaire dévoué et fidèle d&#39;Ingrid, tandis que Karine rencontra sur son terrain de recherche à Dmanisi, une jeune femme Géorgienne, Nina Karishvili, dont elle devint l&#39;amante. Nina lui fit connaître son mari, Yuri Bednieridze, et bientôt, lorsque les deux femmes pouvait le rejoindre à Tbilissi où il travaillait, ils formèrent un heureux ménage à trois.       </font></p>
<p><font color="#000000"> </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><span>Dans l&#39;avion, en vol vers Tbilissi, Karine songeait : &#8220;Quelle femme bizarre je fais donc    ! Je viens de quitter Ingrid dans les larmes, et je me réjouis par avance de me retrouver tout à l&#39;heure dans les bras de Nina et dans ceux Yuri    ! Est-ce qu&#39;à l&#39;école, les gars, et même certains profs, qui me considéraient comme une femme “facile“ (avec tout le mépris qui s&#39;attache d&#39;habitude à ce qualificatif), et quelques filles lesbiennes, comme une copine toujours prête à passer au lit, avaient raison    ? Est-ce que ma libido débordante me porte, en effet, à coucher à tort et à travers    ? Est-ce que ma sensualité exacerbée me conduit à faire ce qu&#39;une saine morale réprouve    ? Est-ce que je suis incapable d&#39;aimer    ? Est-ce que mon besoin d&#39;orgasmes à répétition motive, seul, ma recherche de partenaires, femmes et hommes    ?</span></font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Non, bien sûr que non   !&#8221;</font></p>
<p>°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"> <span>Peu après son entrée à Normale Sup&#39;, Karine, sur la lancée de ses débordements nymphomaniaques si bien cultivés par Pierre Armanet, son amant d&#39;extrême jeunesse, s&#39;est bien, en effet, livrée avec facilité, joyeusement même, à des joutes érotiques, en bandes organisées, à des hommes et des femmes sans autre exigence que la propreté de ses partenaires—et aussi, notons le bien, une préférence marquée pour les beaux corps sensuels !</span></font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Cependant, à partir du moment où elle rencontra Ingrid, ce fut bien différent. Elles tombèrent amoureuses l&#39;une de l&#39;autre, et si Karine accepta de baiser avec Sébastien Fournier,  c&#39;est seulement pour être au plus près de son amie.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">En effet, elle considère Sébastien, quant à sa pratique sexuelle, comme un rustre, sans nuance, brutal, seulement fier de sa puissante queue, point barre !</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Elle ne le supporte, sur ce plan, que pour plaire à Ingrid. Et elle croit, à tort ou à raison, qu&#39;Ingrid ne s&#39;en satisfait que parce qu&#39;elle trouve auprès d&#39;elle ce que Sébastien ne lui apporte pas : la douceur, la tendresse, la complicité, l&#39;amour&#8230;</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Mais bien sûr, il y a Nina !</font></p>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/09/bis1tbilissi07.jpg" alt="bis1tbilissi07.jpg" /></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Elle s&#39;est souvent posé la question. Peut-elle aimer avec la même profondeur, la même sincérité, et Ingrid, et Nina ? Sans oublier Yuri, pour qui elle éprouve une réelle tendresse, pour ne pas employer encore le mot amour.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Toujours, elle s&#39;est répondue : oui ! Sans hésitation, sans ambiguïté !</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Et Ingrid, Nina et Youri la croient, croient en sa totale sincérité. Karine est ainsi faite qu&#39;elle peut véritablement aimer trois personnes. Karine est une amoureuse, capable d&#39;offrir à ces trois-là le meilleur d&#39;elle-même.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Cela ne l&#39;empêche d&#39;ailleurs pas, le cas échéant, de faire l&#39;amour avec des partenaires occasionnels. Car elle ne confond pas les deux situations : faire l&#39;amour avec ceux qu&#39;elle aime, faire l&#39;amour par amour, et baiser avec d&#39;autres partenaires simplement pour le fun&#8230;</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Nina est entrée dans sa vie, comme toujours, par hasard. Du moins elle le croit. Nina s&#39;est trouvée à Dmanisi en même temps qu&#39;elle, bien sûr, mais elle n&#39;est pas la seule femme dans ce cas. Donc, s&#39;il y a une part de hasard, il y a aussi autre chose, comme toujours.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Cependant, entre elle et Nina, il n&#39;y eut pas, comme avec Ingrid, un coup de foudre. Cet amour se forma plus lentement : l&#39;étincelle initiale, faible, invisible, alluma un feu qui couva longtemps, plusieurs mois, avant de les incendier.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Dmanisi, aujourd&#39;hui modeste village de la région centrale Sud de la Géorgie, près de sa frontière avec l&#39;Arménie, fut autrefois, au Moyen-Âge, une ville active, une étape sur la Route de la Soie : elle a donc un grand intérêt archéologique. Depuis longtemps déjà, on y fouille les ruines de la citadelle médiévale.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Cette région fut sûrement aussi un chemin de migration des anciens hommes de l&#39;Afrique vers l&#39;Asie via le Moyen Orient puisqu&#39;on y découvre des restes humains très anciens ( squelettes et artéfacts lithiques datés de près de deux millions d&#39;années) sur lesquels travaille Karine.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Elle était en train de dégager des restes humains fossilisés associés à un squelette de tigre &#8220;à dents de sabre&#8221;, lorsqu&#39;une femme l&#39;interpella en géorgien du bord de la fouille au fond de laquelle elle se trouvait. Elle répondit : &#8220;gagimarjos !&#8221;, c&#39;est-à-dire bonjour ! et ajouta en anglais : &#8220;C&#39;est à peu près tout ce que je sais dire en géorgien !&#8221; &#8220;Ah !&#8221; reprit la femme en français : &#8220;tu es la fille française qui travaille avec Ordkipanidzé sur ses bouts d&#39;os de singe ?<br />
— Ou là ! Tu parles bien français !<br />
— Oh non, seulement un peu ! Je suis Nina Karishvili, archéologue.<br />
—Et moi, Karine Ravier, apprentie paléoanthropologue. Oui, je suis française, je travaille en effet avec l&#39;équipe du Dr Ordkipanidzé. Non, ce ne sont pas des os de singe mais d&#39;hommes vieux de 2 millions d&#39;années. En quelque sorte, nos ancêtres&#8230; &#8220;</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Nina se mit à rire, tout en disant &#8220;ne te fâches pas, je plaisantais ! Nous sommes très contents que tu travailles ici, et très fiers de ce que Ordkipanidzé et son groupe font sur ce site. Je venais juste dire que ce soir nous faisons une petite fête et que nous serions très heureux si le groupe pouvait se joindre à nous.&#8221;</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Et voilà la première rencontre de Nina et Karine. Nina devait avoir une trentaine d&#39;années, ou, peut-être, un peu plus. Elle était vêtue, ce jour-là, d&#39;une tenue de travail, comme Karine, c&#39;est-à-dire qu&#39;elle portait une sorte de battle-dress grisâtre, assez peu seyant. Ce que Karine remarqua, ce furent ses cheveux noirs et courts, son teint foncé et sa poitrine généreuse qui fortement tendait son vêtement.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">En fait, Nina venait d&#39;arriver pour prendre la tête du groupe de recherches archéologiques. Et la petite fête était pour elle, une façon de se présenter aux paléoanthropologues et à quelques &#8220;notables&#8221; de Dmanisi.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">À la soirée amicale, où l&#39;on but, mangea et dansa, les deux femmes se côtoyèrent, sans plus. Nina avait changé de tenue et paru aux yeux de Karine, plutôt coquette dans sa petite robe rouge et noire, à bretelles, courte et très ajustée. Elle remarqua, cette fois: son visage rond et plein, ses yeux, à peine étirés vers le haut, gris ardoise, un peu métalliques et cependant très doux; ses épaules, larges, bien en chair, et équilibrées par rapport à son corsage, à peine échancré, qui moulait encore plus clairement que le matin, une belle et forte poitrine. Nina eut beaucoup de succès auprès des hommes, malgré la présence souriante de son mari, Yuri, un homme très beau, grand et apparemment fort, qui était venu de Tbilissi pour la circonstance. Un homme fier de sa femme&#8230;</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><font color="#000000">Au cours des semaines qui suivirent, Nina et Karine se retrouvèrent souvent, sur l&#39;un ou l&#39;autre des sites de fouilles. Elles devinrent amies. Se parlèrent beaucoup, soit en français, soit en anglais. Elles firent ensemble des promenades en montagne. </font>Étant bien ensemble, elles ne cherchèrent bientôt plus de prétexte à se voir. </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Un week-end, Nina emmena Karine à Tbilissi, chez elle. Yuri était en déplacement pour son travail, et c&#39;est alors que tout commença. L&#39;incendie qui couvait, éclata. Il n&#39;y eut pas de foudre mais un embrasement soudain, et irréversible !  Le samedi soir, après s&#39;être promenées dans les anciens quartiers de la ville habillement restaurés, après leur repas pris dans un petit restaurant typique, après une toilette plus confortable qu&#39;à Dmanisi, grâce à la salle de bain du modeste appartement de Nina et Yuri, les deux amies se sont retrouvées côte à côte sur le canapé de la petite salle de séjour.  Sans peut-être réfléchir à ce qu&#39;elle faisait, Nina s&#39;étendit et posa sa tête dans le giron de Karine. Surprise, mais charmée, celle-ci alors se pencha et posa ses lèvres sur celles de Nina. Qui répondit à son baiser en passant son bras autour du cou de Karine pour le faire durer, ce baiser. Puis elle lui caressa les seins, ces beaux seins plantureux, bien fermes, qu&#39;elle avait remarqué dès le premier jour. Puis sa main, écartant la légère robe d&#39;intérieur passée après le bain, glissa vers les cuisses de Nina, et vers son sexe qu&#39;elle caressa à travers la petite culotte.  &#8220;Tu sais, Karina, je n&#39;ai jamais fait l&#39;amour avec une femme.  —Ça te gène, je te choque, tu ne veux pas Nina ?  —Non, je le veux, mais je ne sais pas faire. Toi, tu fais cela avec l&#39;amie dont tu m&#39;as parlé, Ingrid, n&#39;est-ce pas ?  —Oui, nous le faisons.<br />
—Tu l&#39;aimes ?<br />
—Oui, je l&#39;aime. Toi aussi, je t&#39;aime.<br />
—Je t&#39;aime aussi, fais-moi l&#39;amour !<br />
—Dans ce cas, faisons l&#39;amour, faisons-nous l&#39;amour.<br />
—Oui, Rina, c&#39;est cela. Apprends-moi à nous faire l&#39;amour&#8230; &#8220;</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">À genoux sur le canapé, elles se dévêtir l&#39;une l&#39;autre sans cesser de se prendre la bouche; les robes, les soutien-gorge s&#39;envolèrent, les mains s&#39;emparèrent des seins, puis firent glisser les culottes. Quand elles furent complètement nues, les bouches se dessoudèrent pour qu&#39;elles puissent se contempler. Elles sourirent d&#39;abord, avant de rire franchement de se découvrir si femmes entre femmes. Elles étaient belles—et joyeuses. Rina, comme dit Nina, prit l&#39;initiative: de sa bouche et de sa langue elle excita les tétons de Nina—grosses framboises bien rouges, au milieu des aréoles larges et mauves. Nina s&#39;empara à son tour des seins de Karina, jusqu&#39;à ce que ses bouts longs à l&#39;extrémité plate, soit bien érigés. Puis elles recommencèrent à se baiser la bouche, faisant durer le plaisir, se mordillant les lèvres, se bécotant, riant à nouveau, puis explorant de la langue la bouche de l&#39;autre.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Ah ! Comme ces préliminaires durèrent longtemps; on eut cru qu&#39;elles ne voulaient pas se presser d&#39;aller plus loin, plus bas. Elles ne se pressèrent pas, tout étonnées de se plaire tellement&#8230;</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Finalement, Rina entraîna Nina dans la chambre, sur le lit conjugal. Elle la fit étendre, lui écarta les jambes et plongea son visage entre les cuisses. Nina ne mouillait pas encore assez. Alors, de son index elle caressa les lèvres de la fente jusqu&#39;à ce que la cyprine lubrifie bien l&#39;ouverture du calice. Du doigt et de la langue, elle dégagea le gland de Nina: elle le trouva petit, ce bouton du désir, mais très réactif. Nina eut rapidement un bref mais intense orgasme. Elle poussa un petit cri de surprise.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">&#8220;Continue&#8221; dit-elle;&#8221;Karina ma douce, Rina ma jolie, continue, baise-moi longtemps, fais-moi jouir.&#8221;<span></span></font></p>
<p><!--[if !supportLineBreakNewLine]--><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><br />
<!--[endif]--></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><span>Lorsque Karine s’éveilla, la matinée du dimanche étant déjà bien avancée, elle s’aperçut que Nina n’était plus à ses côtés et entendit parler dans la pièce voisine : la douce voix de Nina répondait à une voix plus grave, une voix d’homme, une voix d’homme en colère ! Puis, soudain, la porte s’ouvrit et elle vit qu’un jeune homme blond, légèrement barbu, grand, et très beau, entrait dans la chambre. Nina était sur ses talons, offrant à Rina un sourire ambigu. Karine reconnut alors le mari de son amie. Elle se redressa confuse, s’assit sur le lit sans même se souvenir qu’elle était nue et commença à balbutier : « excusez-moi j’ai pris votre place…</span></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><span>—Inutile, la belle, Nina m’a tout expliqué » fit-il dans une langue où se bousculaient des mots géorgiens, français et anglais. Elle compris néanmoins qu’il disait quelque chose comme<span>  </span>« je comprends qu’elle ait craqué pour toi, tu es vraiment craquante. Et je crois que je vais te croquer, si tu n’y vois pas d’inconvénients» ajouta-il en commençant à se déshabiller.</span></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><span>Puis, à demi nu, il disparut dans la salle de bain.</span></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><span>« Ne m’en veut pas, Karina, je ne l’attendais pas si tôt. Je ne l’ai entendu<span>  </span>que lorsqu’il nous a découvertes en ouvrant la porte de la chambre.<span>  </span>Je me suis levée aussitôt pour aller au-devant de lui. Étant donné ma tenue, il a compris sur<span>  </span>l’instant. Je lui ai dit notre amour.<span>  </span>Il a été surpris, bien sûr, et il a d’abord ricané, me traitant de gouine.Mais peu à peu, il a mieux pris la chose que je le craignais, mieux, en tout cas que si tu avais été un homme… L’homosexualité, chez nous, n’est pas trop bien vue, en général, mais l’adultère, c’est bien pire. Mais vois-tu, Yuri est intelligent, beaucoup moins retardataire que la plupart de nos compatriotes. Et comme nous nous aimons et qu’il m’a déjà trompé lui-même, il va seulement vouloir te baiser, m’a-t-il dit. Sans doute pour me montrer<span>  </span>qu’il<span>  </span>est bien le maître. Si tu ne veux pas, il n’insistera pas, car c’est un doux. Si tu veux de lui, il sera content, mais te méprisera. Pour moi, envers toi, ça ne changera rien, je t’aime. Fais pour le mieux. »</span></font></p>
<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/09/bis1tbilissi06.jpg" alt="bis1tbilissi06.jpg" /></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><span>Yuri arriva, encore humide, nu, la flamberge au vent, un rien agressif. Il tira le drap qui recouvrait Karine et se jeta sur elle. Karine le repoussa : </span></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><span>« Attends un peu, Yuri, tu fais erreur quelque part. Je ne suis pas une femme qu’on prend de force. Imagine ce que pensera de toi Nina, si tu me violes sous ses yeux ! Et imagine aussi, si tu le peux, ce que tu penseras de toi-même, ensuite.</span></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><span>—Qu’est-ce que tu veux dire ? Tu prétends me faire la leçon ! Toi, que je trouve dans le lit de ma femme, dans mon lit !</span></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><span>—Je ne veux pas te faire la leçon, seulement te faire entendre raison. Nous nous aimons, Nina et moi, ce n’est pas un crime, que je sache. Et Nina t’aime, et tu l’aimes. Tu ne vas pas lui faire honte en me baisant de force. Si je te plaisais, et si tu ne me déplaisais pas, ce serait différent, nous pourrions peut-être faire l’amour ensemble, par plaisir, pour le plaisir. Peut-être même : faire l’amour à trois, gentiment, sans forcer qui que ce soit. Réfléchis plutôt à ça. Qu’en penses-tu ? »</span></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><span>Karine se leva, exposant toute sa nudité aux yeux de Yuri, sans fausse pudeur, presque avec innocence. Innocence ? Non, n’exagérons pas. Elle sait depuis longtemps qu’elle est belle, sexy ; elle sait depuis longtemps qu’elle plait. Elle connaît bien, sans fausse honte, sans fausse pudeur, l’effet dévastateur de son sex-appeal. Elle n’a vu aucun homme, dans cette situation, y résister.</span></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><span>Yuri se reprend. « Attends, ne pars pas, oui, tu as raison, c’est d’accord, faisons l’amour tout les trois, viens Nina, viens Karine.</span></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><span>Nina pris Yuri dans ses bras, l’embrassa. Karine s’empara de son sexe qui s’était affaissé. De ses mains, elle caressa ses bourses, puis commença à masturber sa queue, elle se pencha pour le prendre dans sa bouche. Il s’écarta, presque violemment : « Chez nous ça se fait pas !</span></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><span>—Comment ça ? Tu ne veux pas que je te suce ?</span></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><span>—Non, chez nous, c’est les putes qui sucent.</span></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><span>—Chez nous, toutes les femmes sucent, sauf certaines bourges au cul serré. Et les hommes adorent ça. Et les femmes aussi. Moi, j’aime bien sucer une belle bite bien juteuse. Laisse-moi faire, tu verras comme c’est bon. Nina aussi a besoin d’apprendre comment une femme qui aime peut faire plaisir à son homme, sans passer pour une pute ! Dans l’amour, rien de ce qui fait plaisir est interdit »</span></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><span>Il se laissa aller, et ne le regretta pas. Il en redemanda. Et, avant la fin du dimanche, même Nina lui fit sa gâterie. </span></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><span>À eux trois, ils passèrent une fabuleuse journée. Dans la soirée, quand les femmes repartirent à Dmanisi,<span>  </span>dans la voiture des archéologues, Yuri dit en les embrassant : « Merci Karina, merci tu as raison d’aimer ma femme, elle le mérite. Et revenez au prochain week-end, je vous attends. Je suis déjà impatient. »</span></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><span>« Bravo ma chérie, bravo ! Comme tu as été habile avec Yuri…Tu l’as vraiment conquis ! Il ne va plus pouvoir se passer de toi.<span>  </span>Tu as même réussi à lui faire accepter la fellation, ce que les hommes de chez nous vont chercher chez les prostituées. Je vais finir par être jalouse !</span></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><span>—Ô ma Nina, tu plaisantes j’espère. Tu aurais plus de raisons d’être jalouse de mon amie Ingrid.</span></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><span>—Non, je ne crois pas : je sais que tu es sincère quand tu m’assures que tu nous aimes toutes les deux. Je ne te comprends pas, mais je te crois. Je ne<span>  </span>comprends pas davantage comment tu as pu faire l’amour, sous mes yeux avec Yuri, je crois que je n’aurais pas pu être comme toi ; je ne te comprends pas, mais je t’accepte ainsi, sans m’offusquer de ta liberté. </span></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><span>— Mais, Nina, ton Yuri est un bel homme, je l’ai trouvé très beau, furieux comme il était, à juste titre, dans le fond, il faut bien l’avouer. Et c’est un homme bon. Et intelligent : n’a t’il pas<span>  </span>compris très vite qu’il valait mieux accepter la situation. Il a même trouvé plaisante, excitante, libératrice, non conformiste, l’idée de faire ménage à trois…<span>  </span>Il baise bien, et j’adore les hommes beaux, intelligents et qui baisent bien. Je suis comme ça ! »</span></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><span>Peu avant d’arriver à Dmanisi, Nina dit : « Tu sais, Karinotchka » (Nina adore les diminutifs à la russe !) « il faudra être prudentes. Notre société est peu évoluée, et il ne faut pas que l’on se doute de notre relation. Nous devons rester simplement des amies. Ne pas révéler notre sensualité. Le temps est maintenant chaud, nous nous aimerons, loin du village, à la belle étoile. »</span></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><span>De semaine en semaine, l’amour de Nina et de Karine se confirma, se conforta, se fit—si c’était possible !—plus vrai. Et Rina se prit d‘une grande tendresse pour Yuri, et ce fut réciproque. En octobre, les archéologues et les paléoanthropologues se replièrent sur leur base d’hiver : le Muséum de Tbilissi. Karine resta jusqu’à la mi-décembre pour exploiter les pièces anatomiques et lithiques récoltées, préparer avec Ordkipanidzé, son directeur de fouilles les articles scientifiques qu’ils pouvaient envisager de publier. </span></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><span>Ce fut un véritable déchirement lorsqu’elle dû s’envoler pour rejoindre Paris, son laboratoire du Collège de France afin d’y terminer sa thèse. « Reviens dès que tu peux, lui dire, et Nina et Yuri, les larmes aux yeux. Reviens vite, tu nous manques déjà.»</span></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000"><span>Elle ne leur rappela pas qu’elle retrouverait dans quelques heures, Ingrid, délaissée depuis si longtemps…</span></font></p>
<p align="justify"><span><font face="verdana,geneva" size="4" color="#000000">Voilà tout ce dont Karine se souvenait, en volant vers Tbilissi, près de deux ans plus tard , impatiente à son tour de retrouver Nina et Yuri. Tout en pensant que ce serait pour moins d’un an, son avenir professionnel l’appelant ensuite vers d’autres cieux. Les hommes étaient passés par la Géorgie durant leur évolution et leur migration vers l’Asie et l’Europe. Mais le « berceau » de l’humanité était toujours l’Afrique, aux yeux des scientifiques…<span>  </span></font></span></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">(à suivre: troisième partie 2008)</p>
<p align="justify">NB: <i><font size="3"><font face="verdana,geneva">la troisième et dernière parie de cette nouvelle, qui se situe , en grande partie en Afrique de l&#39;Ouest, en est encore à l&#39;état de brouillon, assez avancé, mais néanmoins inachevé. J&#39;ai de nombreux points de documentation à vérifier, voire même à rechercher, et à faire contrôler par des spécialistes. Je prie mes lecteurs et lectrices, qui pourraient à juste titre s&#39;en trouver offensés  ou même simplement se sentir floués, de bien vouloir m&#39;en excuser.</font></font></i></p>
<p><!--EndFragment--></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal"><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   1077   6141   51   12   7541   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal"><font face="verdana,geneva" size="4"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><!--EndFragment--></p>
<p class="MsoNormal" align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><span><!--[if !supportEmptyParas]--><span>   </span></span></font></p>
<p class="MsoNormal"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<p><!--EndFragment--></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/09/03/karine/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>DE TEMPS À AUTRE (I)</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/07/15/de-temps-a-autre/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/07/15/de-temps-a-autre/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 15 Jul 2009 06:15:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal de route]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2009/07/15/de-temps-a-autre/</guid>
		<description><![CDATA[08 septembre 2009.

J&#39;ai commencé l&#39;écriture d&#39;une longue nouvelle. Pour l&#39;instant sous le titre de Karine. La première partie se passe l&#39;été de ses seize ans:elle rencontre l&#39;amour avec un homme qui a dix-huit ans de plus qu&#39;elle.Auparavant, les relations hétérosexuelles ne lui ont apportées aucune joie. Au contraire, avec Françoise, elle connait l&#39;amour lesbien et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><font size="4"><font face="andale mono,times">08 septembre 2009.</font></font></p>
<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/09/293673.vignette.jpg" alt="293673.jpg" /></p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="andale mono,times">J&#39;ai commencé l&#39;écriture d&#39;une longue nouvelle. Pour l&#39;instant sous le titre de Karine. La première partie se passe l&#39;été de ses seize ans:elle rencontre l&#39;amour avec un homme qui a dix-huit ans de plus qu&#39;elle.Auparavant, les relations hétérosexuelles ne lui ont apportées aucune joie. Au contraire, avec Françoise, elle connait l&#39;amour lesbien et même l&#39;aventure saphique avec plusieurs autres femmes en compagnie de Françoise.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="andale mono,times">Avec Pierre Armanet tout change:cet homme la conduit au septième ciel.Comment sa sensualité, et sa vie même, vont-elles évoluer? J&#39;ai l&#39;intention de reprendre dix ans plus tard:elle aura 26 ans, et aura terminé ses études, mais je ne sais pas encore ce qu&#39;elle sera devenue. Il me faut y rêver. J&#39;ai l&#39;impression que je pars sur un type de personnage qui ressemble beaucoup à Sandrine (Gazelle) c(est à dire, je le crains, à Claire et à moi. Ce n&#39;est pas ce que je voulais faire, et je peux encore, en me donnant dix ans, faire quelque chose d&#39;autre. Le problème, c&#39;est que je ne suis pas sûre de savoir ce que je veux.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="andale mono,times">J&#39;ai mis en ligne la première partie, peut-être provisoire.Cela dépendra du tour que prendra la suite. </font></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font size="3"><font face="andale mono,times">04 septembre 2009.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="andale mono,times"><font size="4">Rencontre avec Cécile Malvert. Cette fille que j&#39;ai inventée, n&#39;est plus du tout fictive! Elle est bien réellement devenue ma collègue, sous un autre nom, bien sûr, après son séjour en Nouvelle-Zélande. Nous avons discuté de ses cours ensemble, car je suis maintenant, depuis mon empoignade avec X., devenue la &#8220;patronne&#8221; du département de français. Elle va faire un cours de 1ere année(L1) sur la littérature francophone mondiale au xxième et participera avec moi, en Master1, au séminaire de littérature comparée. Surtout, elle accepte, avec joie de se joindre à Adeline (qui finalement reste au moins cette année)et à moi pour faire tourner l&#39;Atelier d&#39;écriture que nous allons ouvrir aussi, cette année, aux candidats non-étudiants. Nous centrerons encore davantage, mais pas exclusivement, sur l&#39;érotisme.</font></font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="andale mono,times"><font size="4">Cette nouvelle collègue est aussi sympa qu&#39;elle m&#39;est apparue dans son &#8220;été en pente douce&#8221;. je l&#39;ai invitée à souper, mais je me suis aperçue que Justine est inquiète, voire jalouse de l&#39;intérêt que je lui porte. Elle a tort, car il n&#39;y a aucune affinité sensuelle entre nous deux! </font></font></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font size="3"><font face="andale mono,times">03 septembre 2009</font></font></p>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/09/261336.vignette.jpg" alt="261336.jpg" /><br />
<font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">C&#39;est alors que l&#39;ennui s&#39;empara de mon corps !  </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Il se jeta sur moi peut-être comme un soudard sur une fille de bordel&#8230;  </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Peut-être ? Je ne sais pas, car je n&#39;ai jamais fait</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">                                               Ce métier-là ! </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Le poids de son corps m&#39;écrase chaque fois qu&#39;il revient.<br />
De plus en plus vite maintenant.</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Son ventre claque sur le mien.</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">                                                Sans succès, </font><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">j&#39;essaie, </font><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">de le retenir.</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Son emballement s&#39;accélère et mon fourreau s&#39;échauffe </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">                                                 Sans plaisir !   </font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><b>                               Et surtout, je m&#39;ennuie&#8230; </b> </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><br />
</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Pourtant, c&#39;est moi qui l&#39;ai sollicité, entraîné dans la chambre, dévêtu. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">J&#39;ai pris son sexe en mains, ce beau sexe qui m&#39;a si souvent tant émue ! </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Je l&#39;ai câliné, pris en bouche, caressé de la langue jusqu&#39;à ce qu&#39;il enfle, se gonfle, se redresse, enfin !</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><br />
Comme un bon p&#39;tit soldat partant à la bataille, le gland tout violacé et prêt à pénétrer comme un vivant bélier dans le chaud sanctuaire de nos amours charnelles.  </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Mais voilà !<br />
En service commandé, il n&#39;est point de plaisir !<br />
Et il se débarrasse de la corvée sans prendre même le temps de me bien préparer.  </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Il en va ainsi après dix ans d&#39;amour, de sensualité partagée, entre nous, et même parfois, tellement nos désirs débordaient, avec des couples amis&#8230;</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Sans que notre tendresse en soit aucunement altérée, bien au contraire !  </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Et maintenant, à mon corps, il préfère celui de jeunes filles en fleurs, plus fraîches, plus avenantes.</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">À mes caresses, il en préfère de moins savantes. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Et je reste en friche !</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Mais la jachère fut, dans le temps, un moyen efficace de régénérer des terres fatiguées. Tout espoir est donc permis ! </font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">C&#39;est à mon tour de préférer les corps doux et chauds, les cœurs tendres et  fidèles </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Des femmes. </font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/09/httpwwwzphotofrlucywalterbarthelemiphoto364732.jpg" class="imagelink" title="httpwwwzphotofrlucywalterbarthelemiphoto364732.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/09/httpwwwzphotofrlucywalterbarthelemiphoto364732.jpg" alt="httpwwwzphotofrlucywalterbarthelemiphoto364732.jpg" width="400" /></a><br />
<font face="andale mono,times" size="3">30 août 2009 </font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="3">L&#39;été s&#39;achève, je fais surface. Je pense à Céline, Nat, Claudie, Grégoire, de qui je n&#39;ai pas de nouvelle. Je pense aussi à Basile. Je l&#39;ai fâché, il m&#39;a plaquée!</font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="3">Pour celles et ceux qui se demandent peut-être ce que deviennent Emma, Pauline et Justine: elles vont bien, et moi aussi. Après un été en pente douce et dans la tendre fidélité, nous nous apprêtons à entamer une nouvelle année (commencée pour moi le 24 juin!) de bonheur, très unies toutes les quatre.</font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="3">À bientôt, peut-être. </font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="3">Manon</font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="andale mono,times" size="3">12 août 2009<br />
</font></p>
<p class="conteneur_blogs_entete"><font size="3"><font face="andale mono,times"><i>            </i></font></font><i><font face="andale mono,times" size="3">C&#39;était en juin. Justine était dans son arctique natale. Un mardi soir. Le lendemain, il n&#39;y avait pas d&#39;école, a fait valoir Emma. &#8220;Maman, descendons en ville, s&#39;il te plait !&#8221; </font></i></p>
<p class="blogs_introduction"><i><font face="andale mono,times" size="3">Le festival n&#39;a pas encore commencé, mais, malgré tout, par ce beau soir des premiers jours de l&#39;été, sur le cours Mirabeau, coule la foule. Un petit courant essentiellement local ; les indigènes peuvent encore posséder les soirs et les nuits de leur belle ville. </font></i></p>
<p><font face="andale mono,times" size="3">Emma m&#39;entraîne, et Pauline à ma suite, en sautillant, sous les arbres du cours. Soudain, elle s&#39;arrête, se rétracte, se colle contre moi. À notre rencontre arrive un vieux couple : elle dans un fauteuil roulant électrique, lui, à sa suite, surveille les manœuvres de sa compagne, prêt à intervenir sur le boîtier de commandes situé à l&#39;arrière du véhicule. </font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="3">&#8220;Petite, je te fais peur ?<br />
—Oh non, Madame !&#8221; </font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="3">J&#39;interviens : &#8220;il ne faut pas lui en vouloir, Madame ; c&#39;est que vous lui rappelez un mauvais souvenir.&#8221; </font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="3">&#8220;Un mauvais souvenir ? Pauvre petite ! Comment d&#39;appelles-tu ?<br />
—Emma, Madame. Et ma sœur Pauline. Et Maman, Manon. Et Maman Claire, la sœur de Maman, Claire : elle était dans un fauteuil comme le vôtre.<br />
—Ainsi, c&#39;est donc cela !&#8221; </font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="3">Puis elle remarque : &#8220;Pauline, Manon, c&#39;est toute la Provence ! Giono et Pagnol réunis. Et Claire aussi&#8230; <b>comme l&#39;eau vive</b>&#8230; &#8221; Et elle se met à fredonner la chanson&#8230; Puis elle dit à son mari : &#8220;Pierre, si nous allions prendre un verre à cette terrasse ? —Bien sûr Manon, si ces dames le souhaite, ce sera avec plaisir.&#8221; </font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="3">&#8220;Manon !&#8221; s&#39;exclame Emma, &#8220;vous vous appelez aussi Manon ?<br />
—Eh, oui ! Je suis de par ici, et mes parents adoraient Pagnol, tout comme Giono.&#8221; </font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="3">&#8220;C&#39;est drôle&#8221; remarque Emma, mon grand-père s&#39;appelait Jean, comme Giono et ma grand-mère, Pauline, comme la mère de Giono, et aussi comme la dame du “Hussard sur le toit“.<br />
— Moi auffi&#8221; conclut Pauline, sans un brin d&#39;hésitation. </font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="3">&#8220;Mais c&#39;est que tu parles déjà bien, Pauline, comme une grande fille !&#8221; </font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="3">Nous bavardons tranquillement jusqu&#39;à la nuit tombée : un verre de vin blanc pour les grands, des glaces pour les filles. La gêne d&#39;Emma s&#39;est envolée comme par enchantement, la vieille dame a su la mettre à l&#39;aise. Et son mari aussi. Étonné qu&#39;elle ait lu le “ Hussard “ à son âge, il l&#39;a questionnée. &#8220;Qu&#39;est-ce qui t&#39;a plu dans ce livre difficile ?<br />
—Non, je ne l&#39;ai pas trouvé difficile, seulement un peu triste à cause de tous ces malades, de tous ces morts. J&#39;ai bien aimé Angelo : il est courageux et drôlement vaniteux. Orgueilleux même. Il aime Pauline, sans le lui dire. Et il la sauve du choléra. Mais j&#39;aime surtout Pauline, elle est courageuse et belle comme Maman.<br />
—Voyez-vous ça ! Quel beau compliment, Madame !&#8221;</font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="3"><span class="gras">Avant que nous nous séparions, la vieille Dame a dit :</span></font></p>
<p><i><b><font face="andale mono,times" size="3"><span class="italique"><span class="gras">&#8220;Vois-tu Emma, je suis vieille, malade, je ne peux plus marcher, et pourtant je ne suis pas malheureuse. Mon mari s&#39;occupe bien de moi et, surtout, avec lui, je peux parler des belles choses de notre vie.</span></span></font></b></i></p>
<p><i><b><font face="andale mono,times" size="3"><span class="italique"><span class="gras"><br />
&#8220;Souviens-toi toujours des belles choses.&#8221; </span></span></font></b></i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="andale mono,times" size="3">15 juillet 2009 </font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="andale mono,times" size="3">Pour rassurer les quelques rares ami(e)s qui me restent et consultent peut-être encore ce blog, je suis toujours bien vivante, mais complètement débordée par ma participation à un jury d&#39;agrégation. L&#39;oral touche maintenant vraiment à sa fin, et je vais sous peu je l&#39;espère être en mesure de refaire surface&#8230;</font></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/07/15/de-temps-a-autre/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>AU JOUR LE JOUR IV</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/04/30/au-jour-le-jour-iv/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/04/30/au-jour-le-jour-iv/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 30 Apr 2009 06:33:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal de route]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2009/04/30/au-jour-le-jour-iv/</guid>
		<description><![CDATA[Mardi 16 juin. 
Justine, de son bateau, m&#39;envoie un message, qui, comme toujours lorsqu&#39;elle est en voyage, est plein de tendresses et d&#39;amour contenu. Comme elle lit régulièrement  mon voyage intérieur, elle sait toujours où j&#39;en suis de mes divagations, si je prends la peine  d&#39;écrire, bien sûr.
Elle me dit de ne pas m&#39;en faire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><font size="3"><font face="andale mono,times">Mardi 16 juin. </font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="andale mono,times">Justine, de son bateau, m&#39;envoie un message, qui, comme toujours lorsqu&#39;elle est en voyage, est plein de tendresses et d&#39;amour contenu. Comme elle lit régulièrement  mon voyage intérieur, elle sait toujours où j&#39;en suis de mes divagations, si je prends la peine  d&#39;écrire, bien sûr.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="3"><font face="andale mono,times">Elle me dit de ne pas m&#39;en faire pour B, qu&#39;il reviendra sûrement.De même, je n&#39;ai pas à m&#39;opposer au départ des filles avec Hervé, bien au contraire, il est nécessaire qu&#39;elles ne vivent pas seulement avec des femmes. Et elle revient encore sur le besoin que j&#39;aie d&#39;avoir un homme dans mon lit, au moins de temps en temps. Comment peut-elle être aussi affirmative? </font></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Lundi 15 juin</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Plus de deux semaines encore se sont écoulées! Au jour le jour devient de temps à autre. C&#39;est ce que j&#39;afficherai bientôt&#8230;Le temps s&#39;écoule sans que je m&#39;en aperçoive, sans qu&#39;il m&#39;en reste des faits marquants. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Si, pourtant. Justine est partie samedi pour aller prendre sa &#8220;potion&#8221; annuelle d&#39;été arctique, à Tromso, toujours en empruntant l&#39;Express Côtier à partir de Bergen. Je reste seule avec mes deux filles, Maria et Sara s&#39;étant maintenant installées chez elles. Je les vois toutefois chaque jour car le local non occupé, et non équipé, situé au même niveau que le garage, s&#39;est transformé en atelier informatique pour tout ce qui concerne les activités de graphismes des deux filles. Peut-être que Justine y installera-t-elle aussi son équipement pour pouvoir bénéficier d&#39;une température plus acceptable pour la bonne santé des ordinateurs. Nous avons dû faire des aménagements onéreux  pour la climatisation et surtout pour mettre en sécurité tant de matériel coûteux!</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Autre fait marquant qui me laisse cafardeuse: B s&#39;est mis en colère car j&#39;ai refusé d&#39;aller avec lui à un des concerts de La Roque. Il refuse toujours d&#39;admettre que j&#39;ai renoncé depuis un essai malheureux avec A de rencontrer les connaissances que je fais sur le net, via les sites comme Room. Il ne comprend pas cette césure établie entre ma vie réelle et ma vie virtuelle. J&#39;y tiens. Qu&#39;y puis-je? Vais-je perdre un ami? Il m&#39;écrit: </font><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="3"> &#8220;je n&#39;ai pas envie de vous imiter dans la violence et le repli sur soi, car je ne crois pas qu&#39;il y ait une once de bonheur dans cette direction&#8221;.<font face="andale mono,times">Est-ce ainsi qu&#39;il me voit? Ce n&#39;est pas possible! </font><font face="andale mono,times" size="3">Je ne me reconnais pas dans cette caricature&#8230;Un peu plus tôt, il avait écrit pour me dépeindre:&#8221;</font></font>Egoïsme, cynisme, manque de confiance ou de courage ? Un peu tout cela ?&#8221; <font size="3"><font face="andale mono,times">C&#39;était peu flatteur, mais peut-être vrai, après tout?</font></font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Raffaella va mieux mais Claudie, elle, est dans la panade. Comme c&#39;est dommage! Nathalie est muette, tout comme Céline: en voilà deux qui &#39;éloignent, sans bruit&#8230;</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Ce w-e Sophie m&#39;a accompagnée à Bonnieux. Il a fait très chaud et nous avons pu profiter de la piscine en même temps que Sara et Maria. Sophie progresse:elle n&#39;a pas été choquée de nous voir nues avec mes filles; elle s&#39;est même baignée dans le même appareil. Pauline et Emma s&#39;entendent bien avec elle. Moi aussi, finalement : mais il n&#39;est pas question entre nous d&#39;autres relations que strictement amicales.Je la sens choquée par l&#39;amour de Maria et Sara.Il faut dire que, en bonnes scandinaves, elles ne se privent pas de petits câlins en sortant de l&#39;eau : mais pour moi cela reste assez anodin. C&#39;est curieux, car Justine est, bien que nordique, très pudique.</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Autre nouvelle qui me pose problème:Hervé s&#39;annonce pour la fin juin, alors que je serai à Paris pour les oraux de l&#39;agrégation. Il se propose de prendre les deux filles avec lui, en vacances près de la côte Basque (il a déjà retenu quelque chose là-bas, dans l&#39;arrière-pays):mon sentiment est mitigé. Je ne peux pas m&#39;y opposé pour Pauline, bien sûr. Pour Emma, il faut que je demande son accord à François. Mais je sais qu&#39;elles seraient ravies de ces vacances avec ce père devenu si lointain.je ne sais pas s&#39;il sera seul ou si sa copine californienne (en fait, roumaine!) l&#39;accompagne. Il m&#39;a confirmé, ce qui ne m&#39;a pas surprise, qu&#39;il était confirmé à Berkeley pour quatre ans. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Vendredi 29 mai</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">La première version de Gazelle est en ligne, je n&#39;en suis pas contente, j&#39;attends les retours avant de me mettre à la seconde version.</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Plus d&#39;inquiétudes quant au rapprochement éventuel de Sara et Justine. Je suis une idiote.</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Raffaella est entrée  dans mon espace virtuel. Qui est-elle ? Je ne sais pas encore. J&#39;aime ce nom, mais ça ne suffit pas!!! Bien sûr, Justine qui sait tout puisqu&#39;elle a accès à tous mes sites, me recommande la prudence. C&#39;est vrai que j&#39;ai déjà eu tant de déboires.</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"><br />
</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Mardi 26 mai</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Gazelle avance. Mais je n&#39;en suis pas très satisfaite. Je tiens ça pour un essai qui me donne surtout la mesure de ce que j&#39;ai à faire pour parvenir à un résultat satisfaisant&#8230;La dernière partie est en cours, et j&#39;ai levé le codage du texte sur ce site. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Jeudi 21 mai</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">J&#39;ai oublié, mais n&#39;est-ce pas un acte manqué?, de dire hier que Maria et Sara sont arrivées. Pour le moment, elles habitent avec nous. Nous nous serrons davantage, Justine et moi. Justine est toute contente de retrouver sa sœur bien-aimée, et Sara, l&#39;amante  de Maria. Justine peut parler sa langue. Entre nous quatre, l&#39;anglais est  nécessaire, pour le moment.  </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Je suis inquiète. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Suis-je si peu sûre de moi, de Justine, de nous deux? Sara est une superbe fille, curieusement pas &#8220;nordique&#8221; pour un sou:on dirait plutôt une méditerranéenne, ou une femme du moyen-orient. Sont-ce ses origines sémitiques qui ainsi s&#39;expriment? </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Je n&#39;ose pas formuler mes craintes:Sara me ressemble un peu, en beaucoup mieux, et de loin. Justine et Sara se connaissaient à peine et en quelques jours elles paraissent bien s&#39;entendre. Presque comme des intimes.Je sens que Maria aussi, si peu sûre d&#39;elle-même, presque invisible parfois, est inquiète, et s&#39;interroge sur ce qui rapproche ainsi Justine et Sara. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">En revanche, Emma est radieuse. L&#39;anglais ne la rebute pas, bien au contraire. Plus il y a de mouvement à la maison, plus elle est contente. Elle a déjà piqué quelques mots et expressions norvégiennes! </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Pauline, comme toujours, est plus circonspecte, elle maintient encore une distance prudente.<br />
</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Mercredi 20 mai </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Quinze jours déjà!</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Je n&#39;ai pas vu le temps passer!</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Quelques jours de détente à savourer avec mes trois femmes avant de reprendre un train d&#39;enfer jusque vers le 20 juillet. Alors, j&#39;aurais le droit de prendre quelques vacances.</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Justine est belle comme les plus beaux jours de Provence, et bonne à croquer, comme la plus savoureuse des pommes d&#39;antan. Quel bonheur d&#39;avoir l&#39;esprit libre pour caresser ses formes, pour lècher ses sucs, pour s&#39;enivrer de ses baisers.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Je sens qu&#39;elle va protester devant tant d&#39;impudeur, elle, dont les paroles d&#39;amour sont si réservées, mais si tendrement chuchotées. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"> </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Gazelle, cette première œuvre impérissable, reste encore sous clé. je vais pouvoir y travailler un peu. Pour l&#39;instant, j&#39;en teste une version sur Room. Mais, celle que je révèlerai ici, sera, je le pense, sensiblement différente et plus proche de mon projet, même si la trame reste la même. Si vous êtes pressé aller sur Room. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="andale mono,times">Mercredi 6 mai</font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="3">Trop de boulot: encore un bon paquet de copies d&#39;agrégation à terminer (double correction comprise) d&#39;ici le 18. Je ferme la boutique et me terre pour quinze jours. À plus.</font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font size="3"><font face="andale mono,times">Jeudi 30 avril 2009</font></font></p>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/04/justine.vignette.jpg" alt="justine.jpg" /><br />
<font size="3"><font face="andale mono,times">Justine,d&#39;Istambul,m&#39;a envoyé hier un bref message:</font></font></p>
<p><font size="3"><font face="andale mono,times"><i>Mane chérie, demain soir je serai de retour. J&#39;en ai fini avec le travail. Bien. Malgré mon désir de te rejoindre, je me suis accordée un jour entier de tourisme à Istambul. </i></font></font></p>
<p><font size="3"><font face="andale mono,times"><i>Il faudra que l&#39;on revienne ensemble en Turquie, après la grippe, qui vient dit-on de faire son apparition aussi ici. J&#39;espère que je vais pouvoir partir d&#39;ici, ou arriver à CDG.</i></font></font></p>
<p><font size="3"><font face="andale mono,times"><i>J&#39;ai peur que cette épidémie ne retarde l&#39;arrivée de Maria et Sara prévue pour juillet.Tu sais comme Maria n&#39;est pas encore très fan de venir en France. </i></font></font></p>
<p><font size="3"><font face="andale mono,times"><i>Je te téléphonerai lorsque je serai à bord du TGV. Embrasse les puces et garde pour toi mes plus chauds baisers.(Si, comme à ton habitude, tu mets ce mot sur ton journal, corrige mes fautes.)</i></font></font></p>
<p><font size="3"><font face="andale mono,times"><i>Love,</i></font></font></p>
<p><font size="3"><font face="andale mono,times"><i>Justine.</i></font></font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="3">Je l&#39;attends impatiemment. Emma ne rentrera de chez son père que dimanche. Nous irons à B. dès vendredi je pense, puisque le temps s&#39;annonce convenable. Justine aura besoin de se reposer. Et la correction de mes copies d&#39;agreg avancera  au rythme que je mes suis fixé: 7 à 8 par jour (total:20 jours). Ensuite, harmonisation avec le co-correcteur (une dizaine de jours). </font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="3">Je crois que je vais abandonner le jury après cette session, car c&#39;est vraiment trop lourd. </font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/04/30/au-jour-le-jour-iv/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>1-GAZELLE &#38; 2-LE BONHEUR FOU.</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/04/22/gazelle/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/04/22/gazelle/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 22 Apr 2009 15:27:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Nouvelles &amp; Récits.]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2009/04/22/gazelle/</guid>
		<description><![CDATA[&#160;
1-GAZELLE. 
&#160;
 (une version de cette nouvelle a été, dans un second temps, publiée  sur Roomantic.fr)
&#160;
Première Partie.

 Gazelle par http-//www.zphoto.fr/photo369296

Ils se préparèrent et partirent de la maison, en petites foulées, côte à côte, pour un premier tour de 4,5 km. Le parcours débutait par quelque 500 mètres sur une minuscule route goudronnée, puis suivait chemins et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><u><b><font size="4"><font face="trebuchet ms,geneva">1-GAZELLE. </font></font></b></u></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><u><i> (une version de cette nouvelle a été, dans un second temps, publiée  sur Roomantic.fr)</i></u></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="5" color="#000033"><b>Première Partie.<br />
</b></font></p>
<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/05/gazelleparhttpwwwzphotofrphoto369296.vignette.jpg" alt="gazelleparhttpwwwzphotofrphoto369296.jpg" /> <font face="andale mono,times" size="3"><font size="1">Gazelle par http-//www.zphoto.fr/photo369296</font><br />
</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"><span></span>Ils se préparèrent et partirent de la maison, en petites foulées, côte à côte, pour un premier tour de 4,5 km. Le parcours débutait par quelque 500 mètres sur une minuscule route goudronnée, puis suivait chemins et sentiers tantôt en terrain découvert, tantôt en sous-bois, dans la forêt domaniale de Châtillon. Romain et Sandy, lorsqu&#39;ils venaient passer le week-end à Villiers-le-Duc, tout près de Châtillon-sur-Seine, avec Alain Gaubert, le père de Sandrine, et Sylvette, sa compagne, faisaient une course ensemble, tôt le samedi matin, puisqu&#39;ils pouvaient laisser Léna en bonnes mains.</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"> </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Après un premier tour complet, Sandrine courut encore avec Romain sur le tronçon goudronné, puis, n&#39;y tenant plus, partit comme une fusée, laissant sur place son compagnon en lui disant qu&#39;ils termineraient ensemble. &#8220;Oh, Gazelle, tu es vraiment incorrigible ! Pour une fois qu&#39;on pourrait être ensemble, tu me laisses encore en rade !&#8221;.</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"> </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Gazelle ! Ce surnom ne l&#39;agaçait pas. Tout en pensant qu&#39;elle était, maintenant, bien loin d&#39;avoir la grâce, l&#39;agilité et la souplesse de cet animal&#8230;</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"> </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Alors qu&#39;elle n&#39;était pas encore adolescente, on appelait déjà Sandrine la &#8220;gazelle&#8221; sans doute parce qu&#39;elle était toujours à galoper dès qu&#39;elle avait de grands espaces à sa disposition.</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"> </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">C&#39;est son père, son premier grand admirateur, qui l&#39;avait ainsi baptisée. Grande fillette fine et musclée, elle prenait déjà plaisir, dès ses huit ans, à courir par monts et par vaux, dans cette campagne où son père avait retapé et modernisé une grande ferme familiale, ou, sinon, dans les jardins et parcs parisiens.</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"> </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Il y avait, comme cela, des moments précieux où elle se sentait exister, avoir une personnalité, se dépasser. Par exemple, quand elle courait jusqu&#39;au bout de sa force.</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"> </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Mais aussi quand elle affrontait un travail scolaire qui résistait à ses brillantes &#8220;facilités&#8221; intellectuelles ou lorsque, au piano, dont elle jouait depuis l&#39;âge de cinq ans, elle parvenait à surmonter une difficulté qui l&#39;empêchait de rendre toute la fluidité et l&#39;expressivité désirables à l&#39;exécution de la partition.</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"> </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Sans esprit de compétition envers quelqu&#39;un d&#39;autre qu&#39;elle-même.</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"> </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Maintenant, elle était mère d&#39;une petite fille, Léna (Hélène), de six mois, et chercheur en génétique humaine.</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"> </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">À vingt-quatre ans, dans la foulée de brillantes études, Sandy, avait soutenu une thèse remarquée, dans un domaine difficile—la structure et les fonctions d&#39;une protéine, altérée à cause d&#39;un gène muté, dans différentes formes de myopathies. Elle avait fait, ensuite, un séjour postdoctoral en Californie dans un excellent laboratoire de neurobiologie. Maintenant, elle commençait, en tant que chargée de recherche à l&#39;INSERM, un travail sur le contexte génétique de l&#39;apparition d&#39;une maladie neurodégénérative, la maladie de Charcot, ou sclérose latérale amyotrophyque (SLA).</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"> </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Thèse, stage postdoctoral, et nouvelle recherche en tant que professionnelle &#8220;patentée&#8221;, elle ressentait tout cela comme un immense défi lancé à son potentiel intellectuel, à sa personnalité de combat.</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"> </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">En même temps, sa rencontre, en Californie, avec Romain Darquin, un mathématicien de trente-cinq ans, la naissance de Léna, la vie quotidienne d&#39;un couple avec enfant, tout devait aussi être confronté, concilié, harmonisé avec son travail de recherche, et formait un ensemble supplémentaire de défis qu&#39;elle se plaisait à affronter. De quoi combler une femme aussi volontariste que l&#39;était Sandrine Gaubert, alias Sandy ou Gazelle.</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"> </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Courir, même très vite, n&#39;empêchait pas Gazelle, de penser, de réfléchir. La course déclenchait chez elle, comme d&#39;ailleurs aussi le travail intellectuel ou la pratique intense du piano, un état euphorique, sans doute dû à la sécrétion d&#39;endorphines et autres hormones cérébrales, qui stimulaient nombre de ses fonctions corporelles ou intellectuelles.</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"> </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Pour l&#39;heure, elle se remémorait la nuit amoureuse qu&#39;elle venait de passer avec Romain. Elle avait l&#39;impression que, depuis la fin de sa grossesse et de son accouchement, six mois plus tôt, c&#39;était la première fois qu&#39;elle jouissait à nouveau de tout son potentiel érotique. Romain lui-même l&#39;avait senti et s&#39;était, avec empressement et avec joie, mobilisé et surpassé pour répondre à une sorte de nymphomanie propre à Sandy, qui lui avait tellement plu dès leurs premiers ébats. Gazelle, tout en courant au bout de ses forces pour rattraper son homme au plus vite afin de terminer avec lui sa troisième boucle, s&#39;étourdissait d&#39;avoir retrouvé tous ces plaisirs sensuels.</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"><br />
De retour à la maison, après un petit baiser à Léna, Gazelle et Romain passèrent sous la douche. Ensemble dans la salle de bain, l&#39;envie d&#39;un petit câlin vint lutter victorieusement contre l&#39;attrait du bon petit-déjeuner qui les attendait à l&#39;étage au-dessous. Elle se laissa d&#39;abord aller sous les lèvres et la bouche de Romain, puis se jeta à ses genoux pour prendre en mains et en bouche cette hampe tendue qui lui promettait tant de plaisirs. Sur le lit où il l&#39;entraîna, ils se chevauchèrent tour à tour, jusqu&#39;à ce qu&#39;ils soient comblés de jouissance. Ils se réservèrent des figures plus compliquées pour la sieste ou pour la nuit prochaines.</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"> </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">En descendant, elle murmura : <i>&#8220;Romain, mon amour, je crois bien que j&#39;ai retrouvé une grande envie de baiser&#8230;<br />
—Je m&#39;en suis rendu compte, non ? Tu ne crois pas ? Et je m&#39;en réjouis, ma belle. Est-ce en courant loin de moi que tu es parvenue à cette brillante conclusion ?<br />
—C&#39;est cette nuit que je me suis surprise moi-même, et en courant que je me suis sentie en forme pour ça aussi. J&#39;ai intégré dans ma vie et notre couple, et notre enfant. Voilà.<br />
—Et voilà, en effet ! Peux-tu me dire pourquoi tu as toujours besoin de savoir ce qui te rend heureuse?<br />
—Tu tiens à le savoir ?<br />
—Je crois que je le sais, mais j&#39;aimerais que tu me le dise, oui !<br />
—C&#39;est pour l&#39;être davantage! Heureuse, je veux dire! J&#39;ai besoin de bien me connaître. Pour dompter toutes les difficultés qui se présentent. C&#39;est une forme d&#39;égoïsme, non?<br />
—D&#39;égoïsme ? Tu parles ! Une forme d&#39;hédonisme plutôt ?<br />
—Quelqu&#39;un qui cultive l&#39;hédonisme, n&#39;est-il pas égoïste ?<br />
—Allons donc, le bonheur ne peut-être égoïste puisque, forcément, on doit le partager.&#8221;</i></font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"> </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Gazelle, à trente ans bientôt, semblait tout avoir pour être heureuse et pourtant, sans qu&#39;elle soit capable de définir les raisons de son malaise, elle ne parvenait pas à se sentir pleinement satisfaite de sa vie. De cette vie qu&#39;elle s&#39;était pour l&#39;essentiel construite elle-même&#8230;</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="5" color="#000033"><b><span><span class="gras">Deuxième Partie.</span></span></b></font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"><br />
Ce jour-là, à Villiers, après le petit-déjeuner, tandis que Romain s&#39;occupait de la toilette de Léna, et Sylvette du prochain repas, Gazelle et son père bavardèrent, comme ils aimaient le faire, en se promenant en forêt. Celle-ci commence en effet très près, à l&#39;arrière de la maison. </font></p>
<p align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3">&#8220;Tu sembles bien heureuse, aujourd&#39;hui, ma fille !<br />
—Ne le suis-je pas toujours, papa ?<br />
—Non, pas toujours. Je te sens songeuse, parfois, comme si quelque chose de grave manquait à ta vie pourtant telle que tu l&#39;as voulue, du moins je le crois. Mais, ce matin, ma chérie, cela éclate : tu me parais très heureuse.<br />
—Ça se voit tellement ? Oui, c&#39;est vrai, tu as bien vu, je suis très heureuse.<br />
—Est-ce trop intime pour que tu me dises pourquoi ?<br />
—Papa, entre nous, presque tout peut se dire, depuis si longtemps! Je suis très heureuse car depuis la naissance de Léna, je viens enfin de retrouver ce qui faisait, physiquement, le bonheur de ma relation avec Romain. Tu crois que tu peux entendre cela, sans plus de détails ?<br />
—Je le peux, oui, et j&#39;aime que tu aies assez confiance en moi pour me dire de pareils secrets.<br />
—Crois-tu que ma confiance en toi soit si exceptionnelle ?<br />
—Bien sûr que non. Nous avons toujours été très ouverts l&#39;un à l&#39;autre, non ?<br />
—Oui et non. Oui, nous avons toujours parlé ouvertement de moi, entre nous. Oui, tu m&#39;as toujours fait confiance, même quand je m&#39;embarquais dans des relations sentimentales, ou simplement sexuelles, qui n&#39;avaient pas forcément ton agrément : cette confiance et cette liberté, conjointement, ont sûrement beaucoup contribué à m&#39;éviter des erreurs, ou des désappointements. Et de ce fait, je ne t&#39;ai probablement pas caché grand chose.<br />
—Mais, il y a un non?<br />
—Bien sûr, je te l&#39;ai dit. Tu m&#39;as toujours fait confiance pour ce qui me concernait, moi, mais pas pour ce qui te touchait toi !<br />
—Par exemple ?<br />
—Tu vis, depuis que je suis partie à Berkeley, c&#39;est-à-dire depuis que j&#39;ai vraiment quitté la maison, avec Sylvette, et je suis heureuse que tu ne sois plus seul, crois le bien. Mais pendant vingt ans, depuis la mort de maman, je ne t&#39;ai jamais vu avec une femme, tu n‘as jamais amené une femme chez nous, tu n&#39;as jamais voulu en parler avec moi. Tu as fait comme si je ne pouvais pas comprendre que tu aies eu besoin de relations féminines. Pendant que j&#39;étais petite, c&#39;était sans doute vrai, sûrement que je n&#39;aurais pas aimé voir arriver une femme à la place de maman, mais tu n&#39;as jamais essayé. Et il y a déjà longtemps que je ne suis plus une enfant, non ?&#8221; </font></i></p>
<p align="justify"><font size="3"> </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Gaubert s&#39;arrêta, interdit, au milieu du chemin forestier qu&#39;ils suivaient. Le regard dirigé sur Sandy, mais si vague qu&#39;il ne devait pas la voir. Puis il marcha lentement devant elle, voûté, songeur, indécis. De longues minutes s&#39;écoulèrent. Gazelle s&#39;en voulait de ses mots, qui, dans son esprit, formaient plus un questionnement qu&#39;un jugement. Elle se rapprocha de son père, se serra contre lui en disant : &#8220;Papa, pardonne-moi, je n&#39;aurais pas dû te dire ça. C&#39;est vrai, c&#39;est ton affaire, pas la mienne.&#8221; Il l&#39;étreignit, l&#39;embrassa, et finit par dire : </font></p>
<p align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3">&#8220;Ma chérie, je suis troublé car tu m&#39;as pris de court. Mais oui, tu as raison, je n&#39;ai pas eu assez confiance en ton jugement. Tu as le droit de savoir. </font></i></p>
<p align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3">&#8220;Après la mort d&#39;Hélène, j&#39;étais triste et désemparé, comme toi d&#39;ailleurs. Pas exactement de la même façon que toi, bien sûr, mais sans doute autant que toi. Tu me restais, et je ne te remercierai jamais assez de tout ce que tu m&#39;as donné, mais j&#39;avais perdu la femme de ma vie. Tu as bien dû deviner, en grandissant, combien nous nous aimions, et pendant longtemps, très longtemps même, les femmes que je rencontrais, parce que bien sûr j&#39;en ai connu des femmes, les femmes que je rencontrais donc, me paraissaient fades, mièvres, sans substance. Je ne voulais en aucun cas remplacer ta mère par une de ces femmes. </font></i></p>
<p align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3">&#8220;Jusqu&#39;à ce que je fasse la connaissance de Sylvette, il y a dix ans. Tu avais alors dix-neuf ans, tu avais des aventures, depuis trois ou quatre ans, tu aurais pu comprendre. J&#39;aurais dû te parler d&#39;elle, sûrement. Mais, elle n&#39;était pas libre. Pas à cause de ses enfants, mais parce que son mari était devenu invalide, et bien que l&#39;amour entre eux se fut émoussé, elle n&#39;estimait pas loyal de le quitter, pas tant qu&#39;il avait toute sa conscience. Alors, nous nous sommes aimés en secret, en catimini, jusqu&#39;à ce que l&#39;état de son mari, devenu lamentable, nécessite son placement dans un établissement spécialisé. </font></i></p>
<p align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3"><span>&#8220;Voilà, je crois que tout, tout l&#39;essentiel en tout cas, est dit. Maintenant, elle a l&#39;intention de se refaire une vie avec moi, et moi avec elle. Pour l&#39;instant il n&#39;est pas possible de nous marier, pas nécessaire non plus. Je ne sais pas ce que nous ferons lorsque la mort de son mari surviendra. Ça ne nous paraît pas vraiment important. Je compte prendre ma retraite d&#39;ici deux ou trois ans. Si elle se plait ici, à Villiers, nous nous y installerons, au moins pendant la bonne saison. Ses deux filles sont maintenant mères de famille, comme toi. Nous n&#39;aurons bientôt sans doute plus d&#39;autres obligations que celles d&#39;être des grands-parents gâteux.&#8221;</span> </font></i></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Lorsque Gaubert eut dit que pendant longtemps, il n&#39;avait pas connu de femmes dignes de se comparer à sa mère, Gazelle se remémora qu&#39;elle ne parla guère d&#39;Hélène avec son père, avant qu&#39;elle ne fût dans sa quinzième année. C&#39;est en devenant jeune fille, lorsque son anatomie et sa physiologie se modifièrent, au moment peut-être où sa sensualité s&#39;éveilla, qu&#39;elle ressentit les premiers émois envers tel ou telle camarade, qu&#39;elle eut besoin de savoir ce qu&#39;avait été la vie de ses parents, comment ils s&#39;étaient rencontrés, ce qu&#39;était cet amour qu&#39;ils avaient ressentis, qui les avait réunis. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Elle lui rappela comment, déjà, dix ans pourtant après la mort d&#39;Hélène, son père se fit prier, pour parler de leur couple. </font></p>
<p align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3">&#8220;Tu ne te souviens pas ?<br />
—Si, bien sûr, je me souviens. J&#39;étais, bêtement, gêné de te parler de ma vie intime avec Hélène, alors que je te sentais, toi, notre fille, un peu déséquilibrée, toi si rationnelle, par tes hormones se déversant à grandes giclées dans ton tout nouveau corps de jeune femme ! C&#39;était idiot, je le reconnais, comme je reconnais que de commencer d&#39;en parler, m&#39;a libéré et nous a permis de nous rapprocher à nouveau beaucoup. Oui, je me souviens, je pense, de tout, et en particulier de ton étonnement, lorsque je t&#39;ai parlé du &#8220;coup de foudre&#8221; qui nous avait atteint dès, quasiment, le premier regard échangé entre nous.<br />
—Oh, je m&#39;en souviens aussi ! Je t&#39;ai demandé ce que c&#39;était, je croyais, moi, que le coup de foudre était une histoire de poète, une façon romantique de parler de l&#39;amour naissant entre deux êtres. Et tu m&#39;as dit alors quelque chose comme : &#8220;mais non pas du tout, c&#39;est vraiment brutal, ça arrive d&#39;un seul coup, on a soudain envie l&#39;un de l&#39;autre, on sait qu&#39;il faut, dans l&#39;urgence, se réunir, et que c&#39;est pour la vie&#8221;.<br />
—En effet, je crois, t&#39;avoir dit cela. C&#39;est ce que nous avons ressenti. À partir de cet instant, nous ne nous sommes plus quittés et je suis persuadé que si elle avait vécu, nous serions encore ensemble.<br />
—Je le crois aussi, papa. Mais je dois t&#39;avouer que je me demande encore en quoi ça consiste, un coup de foudre. Aujourd&#39;hui, alors que je me sens au mieux avec Romain et Léna, alors que je me sens heureuse comme je ne l&#39;ai jamais été, je ne me sens pas capable de dire, que c&#39;est pour la vie.&#8221; </font></i></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Gaubert ne dit rien, il pensa seulement que la raison pour laquelle il sentait chez sa fille une certaine insatisfaction, se trouvait dans sa relation avec Darquin. Ou, plutôt, une des raisons. Car il pensait aussi que sa fille, tout en étant passionnée par sa recherche, contente de ses succès professionnels, n&#39;était pas tout à fait à l&#39;aise, dans ce milieu dominé par ses maîtres et ses collègues. Dans ce monde aussi, les femmes, qui sont souvent aux avant-postes du travail et des idées, sont trop peu nombreuses à être aux commandes.</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="2"> </font></p>
<p align="justify"><font size="5"><b><font face="andale mono,times"><span class="gras"><span>Troisième Partie</span></span></font></b></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"><br />
Le père et la mère d&#39;Alain Gaubert étaient instituteurs à Vanvey, un village attenant à Villiers-le-Duc où vivaient les grands-parents Gaubert, agriculteurs. Puis, lorsque Alain commença sa sixième, ils furent nommés, à leur demande, à Châtillon-sur-Seine, sous-préfecture toute proche. Pour suivre les études d&#39;architecte, son ambition, il n&#39;y avait que Paris ou Lyon. À Dijon, le centre universitaire &#8220;naturel&#8221; le plus proche pour ce natif de Côte d&#39;Or, il n&#39;y avait pas d&#39;école d&#39;architecture. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">À Paris, sa mère avait une sœur, institutrice aussi, mariée à<br />
un médecin généraliste; ils pouvaient héberger leur neveu, d&#39;autant plus facilement qu&#39;ils étaient grandement logés, dans le 20ème arrondissement, et sans enfant. Il s&#39;est donc installé chez eux. Pendant trois ans, il eut une bourse au taux maximum, ensuite il trouva facilement des boulots à temps partiel dans des cabinets d&#39;architectes. De la sorte, les études d&#39;Alain Gaubert à Paris ne pesèrent pas trop lourdement sur le budget familial qui était modeste, surtout qu&#39;il y avait deux ans après lui, Julien, et plus tard, la petite dernière arrivée en prime, Caro. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"><br />
C&#39;est vers la fin de ses études, qu&#39;Alain rencontra Hélène. À<br />
l&#39;époque, il &#8220;sortait&#8221; avec une copine, Anne (c&#39;était bien la<br />
troisième, si l&#39;on ne compte pas les amourettes de son adolescence), et il pensait que cette liaison était très sérieuse ; d&#39;ailleurs, il avait amené à plusieurs reprises Anne à Villiers. Hélène aussi avait une solide relation avec un ami du conservatoire, Pierre Faraut. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Ils ont fait connaissance à une soirée d&#39;anniversaire de Robert Gandelin, architecte en formation, lui aussi étudiant en architecture, et ami d&#39;Alain depuis l&#39;école primaire de Vanvey. Et ce fut la fulgurante étincelle de l&#39;amour fou ! </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Ce &#8220;coup de foudre&#8221; fut si évident, pour Anne, son amie, et pour Pierre, l&#39;ami pianiste d&#39;Hélène, qu&#39;ils comprirent, avant même les intéressés, ce qu&#39;il se passait. Désespérés, ou du moins, résignés, ils quittèrent, ensemble, la soirée bien avant qu&#39;elle ne prît fin ! Curieusement, ils se mirent en ménage peu après, et, selon Alain, leur union dure toujours ! </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Hélène et Alain dansèrent ensemble toute la soirée et, au petit matin, ne pouvant se séparer, ni aller chez l&#39;un ou chez l&#39;autre de peur d&#39;y retrouver Anne ou Pierre, se précipitèrent dans un hôtel d&#39;où ils ne sortirent, sauf sans doute pour s&#39;alimenter, qu&#39;après la troisième nuit, tant la rencontre fusionnelle de leurs désirs était puissante. Ce grand amour, cette passion amoureuse tant sensuelle que sentimentale, dura pendant près de quinze ans, c&#39;est-à-dire au moins autant qu&#39;Hélène. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Pendant les trois mois qui précédèrent la mort d&#39;Hélène, Alain Gaubert ne la quitta, pour ainsi dire, pas. Architecte, il s&#39;entendit avec son associé, Robert Gandelin, avec qui il avait fondé un modeste cabinet. Chez lui, le travail qu&#39;il prenait en charge n&#39;était qu&#39;une modeste fraction de la part qu&#39;il abattait normalement. Mais l&#39;amitié qui unissait les deux associés permettait un tel arrangement. Celui-ci aurait tout aussi bien pu se faire dans l&#39;autre sens si le &#8220;destin&#8221; n&#39;avait pas frappé du côté d&#39;Alain. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Hélène et Alain savaient, depuis que le diagnostic de leucémie aiguë avait été formellement établi par le Professeur Jean Bernard, à l&#39;Hôpital Saint-Louis, que les jours qu&#39;Hélène avait encore à vivre étaient comptés : deux à quatre mois seulement. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Hélène, après quelques jours d&#39;abattement, pris sur elle pour<br />
faire bonne figure, au moins vis-à-vis de leur petite fille de cinq ans bientôt. Alain ne pouvait pas faire moins et tenait à ce que la maison reste un espace de vie supportable pour Sandy. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">La jeune sœur d&#39;Alain, Caro, alors âgée de vingt-trois ans, en cours d&#39;études à la Halle aux vins, en sociologie, à la récente Université de Paris VII, quitta sa chambre d&#39;étudiante pour venir s&#39;installer chez eux. Elle seconda son frère avec efficacité pour une bonne part des charges de la vie quotidienne. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Hélène avait obtenu d&#39;Alain qu&#39;il ne s&#39;opposerait pas à son transfert à l&#39;hôpital lorsque le moment de sa fin approcherait pour ne pas donner à sa fille le spectacle de sa mère mourante. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">————————————————<br />
</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Gazelle, lorsqu&#39;elle repense à cette période où sa mère disparut de sa vie, se demande toujours ce qui relève vraiment du souvenir de ce qu&#39;elle a pu reconstruire à partir de ce qu&#39;Alain, son père, ou Caro, sa tante, ont pu lui dire. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Ce qui lui reste de certain, est comme un de ces paysages de petits matins chauds et humides, où les plans successifs vers l&#39;horizon deviennent de moins en moins nets, car brouillés par la brume. Elle revoit maman, à la table du petit-déjeuner, puis entrain de déjeuner dans son lit, ensuite l&#39;image se brouille encore et c&#39;est papa qui la fait boire, et plus loin encore, maman est inerte dans son lit, avec des tuyaux qui descendent du plafond et arrivent dans son nez, et puis plus rien. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Jamais plus elle ne la verra et c&#39;est une immense douleur, sa<br />
première, et, jusqu&#39;à ce jour, la seule grande douleur de sa vie. Une immense tristesse qui lui semble avoir duré longtemps, très longtemps, si longtemps que lorsque ce souvenir refait surface, Sandy—elle était seulement Sandy à cette époque—Sandy a l&#39;impression qu&#39;elle ne s&#39;est jamais éteinte complètement, qu&#39;elle est simplement en veilleuse, mais intacte. Il lui arrive alors de pleurer, doucement, sans bruit. Ça peut arriver n&#39;importe quand, n&#39;importe où, sans crier gare. Alain, qui sait ce qu&#39;il se passe, quand il est témoin de cette résurgence du grand chagrin, ne dit rien, il se contente de lui poser une main sur l&#39;épaule ou de lui donner un baiser sur la tempe, mais Romain, lui, ne s&#39;est pas encore habitué et se demande encore ce qu&#39;il se passe. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"><br />
L&#39;image que Gazelle a de sa mère, elle sait que ce n&#39;est pas sa vraie mémoire ; c&#39;est une mémoire entretenue par les photos que son père a conservé, de différentes époques. Ainsi, celle qui lui revient souvent en mémoire, c&#39;est l&#39;image d&#39;une jeune femme de 18 ou 20 ans qu&#39;elle ne peut avoir connue puisque sa mère avait 35 ans quand elle est morte et elle, Sandy, pas tout à fait 5 ans.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Mais, elle se souvient d&#39;Hélène répétant des lieder de Schubert, à la maison, appuyée d&#39;une main au piano tenu par son accompagnatrice, Corinne. Même là, il y a un doute. Lorsque Gazelle entend ces lieder, l&#39;image de sa mère très jeune appuyée au piano, surgit, et elle ne peut entendre l&#39;Ave Maria, sans que des larmes noient ses yeux d&#39;un voile trouble. Elle ne peut, pense-t-elle, l&#39;avoir entendue ailleurs qu&#39;à la maison pendant les répétitions car la maladie a interrompu ce travail de sorte que l&#39;enregistrement n&#39;existe pas. C&#39;est sûrement, une des dernières images d&#39;Hélène, plus musicale que physique, qui reste dans la mémoire de Sandy. Mais l&#39;image de Corinne au piano, elle l&#39;a peut-être fabriquée, car d&#39;après Alain, Hélène ne préparait pas l&#39;enregistrement avec Corinne, mais avec Pierre Faraut, son ancien petit ami devenu, en tant que de besoin, son accompagnateur. En outre, ce n&#39;est pas à la maison que cela se passait, car les préparatifs se faisaient dans un studio où, effectivement, Alain et Sandy étaient allés écouter Hélène.  </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Corinne au piano doit donc plutôt renvoyer à Corinne en tant que professeur de Sandy, pendant cinq ou six ans, car Hélène avait demandé à cette pianiste, une de ses amies, de prendre sa fille comme élève. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Lorsque Gazelle parle de sa mère avec Romain, c&#39;est presque toujours en rapport avec la musique. D&#39;Hélène malade, elle ne dit mot. Elle parle peu de maman, bien vivante, enjouée, dans la vie quotidienne, car il ne lui en reste que des traces, ravivées de façon plus ou moins vraie, peut-être, par quelque photographie. Le seul souvenir vraiment vivace c&#39;est celui d&#39;Hélène cantatrice—douée, selon Alain Gaubert—, et encore, c&#39;est le seul souvenir de cette répétition des lieder de Schubert dont il ne reste que cette trace, finalement ténue, dans sa mémoire, puisqu&#39;il n&#39;y a pas d&#39;enregistrement en référence. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Au contraire il y a bien d&#39;autres chants enregistrés (Berlioz, Fauré, Gounot, Saint-Saëns, Debussy, Poulenc&#8230; ), sans oublier ses rôles au théâtre lyrique, qu&#39;elle aime écouter, mais comme si c&#39;était le répertoire d&#39;une autre cantatrice que celle qui chantait l&#39;Ave Maria. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Son apprentissage du piano, avec Corinne, elle en parle à Romain, comme d&#39;un devoir qu&#39;elle devait à sa mère, comme une promesse tenue qu&#39;Hélène devait constater à son retour. Comme une épreuve qu&#39;elle devait surmonter, comme un combat à livrer contre elle-même. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"><i>&#8220;Toi qui joue du violon, tu sais ce que c&#39;est que l&#39;apprentissage d&#39;un instrument, non ? Imagine ce que ça a dû être pour une gamine de cinq ans, qui ne sait pas encore lire couramment, ou même pas du tout, que d&#39;apprendre en même temps le solfège et le piano ! Tu imagines facilement la phase de désespérance qui ne peut manquer de survenir—et, parfois, de s&#39;installer pour longtemps—, alors qu&#39;il faut maîtriser assez vite et le clavier et le déchiffrage des portées pour être capable de reproduire la plus modeste partition. J&#39;ai, paraît-il, l&#39;oreille “absolue“, cela a pu m&#39;aider, mais seulement un peu, car, bien sûr, je ne jouais pas des airs connus, de mémoire. Et pourtant, je n&#39;en garde pas un mauvais souvenir—ou bien j&#39;ai refoulé tout ce qui m&#39;a trop coûté!&#8221;</i><br />
</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Gaubert et Caro ont confirmé que, à cette occasion, Sandy a révélé le trait dominant de ce qu&#39;elle allait devenir : une &#8220;affronteuse&#8221; d&#39;obstacles. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Elle gagna là son premier combat qui fit d&#39;elle, avant la fin<br />
de sa sixième année, une pianiste déjà très à l&#39;aise, comprenant vite que la gymnastique quotidienne—gammes et autres exercices techniques—était nécessaire pour pouvoir se faire plaisir en maîtrisant sans délai de petites pièces modestes. Elle est encore aussi exigeante envers elle, plus de vingt ans après; elle consacre au moins une heure par jour au piano, c&#39;est-à-dire à une activité pour elle vitale, bien que purement ludique, puisque sa profession s&#39;exerce dans d&#39;autres domaines. Les exercices auxquels elle se livre chaque jour lui permettent de se faire plaisir en jouant des œuvres difficiles de Bach, Beethoven ou de Schubert, mais aussi d&#39;Albéniz, Granados, ou même de Gershwin. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Elle croit, sans doute avec une grande naïveté, qu&#39;elle a tenu la promesse que sa mère s&#39;était faite : avoir une fille musicienne !</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="5" color="#000033"><b><font face="andale mono,times"><span class="gras"><span>Quatrième Partie : l&#39;éveil des sens.</span></span></font></b></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">De treize à dix-sept ans, Gazelle eut une vie sentimentale et sexuelle plutôt chaotique sans, curieusement, que cela retentisse, en quoi que ce soit, sur ses résultats scolaires, toujours excellents. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Son premier engouement fut pour Mme M., son professeur d&#39;histoire. Elle était alors en quatrième. Annette M., une petite brunette de 30 ans, célibataire ayant une vie relationnelle active et très variée—Gazelle l&#39;avait rencontrée, tantôt avec une femme, tantôt avec un homme, mais les bruits qui couraient en faisait une lesbienne pure et dure— avait organisé à l&#39;intention de ses élèves un voyage d&#39;une semaine en Allemagne, à l&#39;occasion des vacances de la Toussaint.</font></p>
<p align="justify"><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/05/annettehttpwwwzphotofrstphoto383109.jpg" class="imagelink" title="annettehttpwwwzphotofrstphoto383109.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/05/annettehttpwwwzphotofrstphoto383109.jpg" alt="annettehttpwwwzphotofrstphoto383109.jpg" width="400" /></a></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="1">Annette d&#39;après-http-//www.zphoto.fr/st_photo383109 </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Depuis, Gazelle, se sentait attirée par son prof qui, bien sûr, quelles que soient ses orientations sexuelles, savait fort bien ce qu&#39;il pouvait advenir lorsqu&#39;on se laissait aller à trop se rapprocher des ses élèves. Pourtant Annette avait beaucoup de sympathie pour Sandy, dont les aptitudes intellectuelles et son inlassable curiosité ne pouvaient que séduire un professeur digne de son métier. En outre, Gazelle était déjà à cet âge une jeune fille très mignonne, spontanément séduisante. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Gazelle tenta plusieurs fois de se rapprocher physiquement d&#39;Annette, de façon très maladroite mais suffisamment éloquente pour qu&#39;elle repousse, avec gentillesse, mais avec fermeté, son élève. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Alain Gaubert, qui suivait de très près, pas tellement la scolarité (qui ne posait aucun problème !) que la vie tout court de sa fille avec une grande attention, la sachant fragile en raison de l&#39;absence de sa mère, avait des conversations fréquentes avec la direction et l&#39;équipe pédagogique du collège, eut l&#39;occasion de parler avec Annette M. Celle-ci lui fit part du comportement de sa fille. </font></p>
<p align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3">&#8220;C&#39;est vrai qu&#39;elle me parle beaucoup de vous. Manifestement elle éprouve à votre égard des sentiments affectueux, mais vous savez, Sandy vit avec moi, sans mère et sans autre femme à la maison, depuis plus de huit ans, ce n&#39;est donc pas surprenant qu&#39;elle cherche à se rapprocher d&#39;une belle femme avenante, et brune, comme l&#39;était sa mère. En outre, vous avez à peu près l&#39;âge que celle-ci avait à sa mort.<br />
— Oui, Monsieur Gaubert, il y a sans doute cela, mais, votre fille est une ado qui mûrit très vite, et c&#39;est fréquent qu&#39;une élève devienne amoureuse de son professeur, homme ou femme, d&#39;ailleurs. Je me sens obligée de la repousser, de rester sur une réserve prudente avec elle. Comme ce n&#39;est pas, pour moi naturel, je suis en effet plutôt proche de mes élèves, cela pourrait la perturber, et vous devriez surveiller ses réactions.&#8221; </font></i></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">À quelque temps de là, Gazelle, qui avait avec son père, en effet, des relations détendues et de confiance, demanda :  </font></p>
<p align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3">&#8220;Papa, des femmes qui s&#39;aiment entre elles, on les appelle bien des lesbiennes ?&#8221;  </font></i></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Surpris, mais habitué à l&#39;insondable curiosité de sa fille, et la question de l&#39;homosexualité avait déjà été abordée entre eux, Alain lui répondit : </font></p>
<p align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3">&#8220;En effet, quand on parle des femmes homosexuelles on dit lesbiennes, de Lesbos, une île grecque où vécut Sappho, une poétesse qui aimait les femmes.<br />
—Alors papa, je suis une lesbienne.<br />
—Ah bon, et pourquoi penses-tu cela ?<br />
—Parce que j&#39;aime une femme ! Tu sais Madame M., ma prof d&#39;histoire.<br />
—Bien sûr, mais tu aimes aussi Monsieur X ton professeur de français, et lui c&#39;est un homme.<br />
—Mais Annette, elle nous a permis en Allemagne de l&#39;appeler par son prénom, elle, je l&#39;aime d&#39;amour, j&#39;ai envie qu&#39;elle me prenne dans ses bras, qu&#39;elle me donne des baisers, j&#39;en rêve la nuit. Mais elle, elle ne veut pas. Elle me repousse.<br />
—Sandy, tu dois voir les choses autrement : tu sais bien que les professeurs ne peuvent pas avoir avec leurs élèves des relations affectueuses. C&#39;est interdit pour toutes les personnes qui travaillent avec les enfants.<br />
—Mais je ne suis plus une enfant !<br />
—Tu es une très jeune adolescente, et pour les professeurs, c&#39;est la même chose. Si tu as une inclination pour les filles, tu devrais plutôt penser à tes amies. Et puis, il y a aussi les garçons : c&#39;est pas mal les garçons, tu sais&#8230;<br />
—Mais non, dans ma classe, ils sont tous des gamins stupides !&#8221; </font></i></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">L&#39;année suivante, en troisième, les garçons étaient toujours aussi stupides, mais Gazelle se lia avec Julia, une fille de quinze ans, donc un peu plus âgée qu&#39;elle-même qui en avait quatorze : les deux amies s&#39;entendaient très bien, et Gaubert n&#39;entendit plus parler de Madame M. Ni d&#39;ailleurs d&#39;homosexualité féminine. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">C&#39;est sûr que les deux jeunes filles firent des expériences qu&#39;il se garda bien de contrarier, pas plus que les parents de la jeune Julia, qui, par bonheur, pensaient que les jeunes doivent faire aussi, comme leurs aînés, leurs propres découvertes. L&#39;année se passa très bien, les grandes vacances aussi, pour partie chez l&#39;une, pour partie chez l&#39;autre. En seconde, les deux filles furent séparées par le départ à l&#39;étranger des parents de Julia. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Et, cette année-là, à quinze ans, Gazelle tomba amoureuse de Joël, un garçon de terminale. Cela se passait à la rentrée de Janvier. Julia était oubliée, ou plutôt si éloignée que, leur relation amoureuse ne put se satisfaire de simples liaisons par Internet. D&#39;ailleurs la nature de leur amitié, qui subsista, changea sans doute car Julia se rendit compte de son côté, que les garçons avaient méritaient aussi d&#39;être connus. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"><br />
——————————————————<br />
</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"><br />
Le journal intime de Sandy est sans équivoque. Gazelle y relate, en toute clarté, son inclination pour Annette M.  </font></p>
<p align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3"><span class="italique">“Papa s&#39;imagine je ne sais trop quoi, que je recherche auprès d&#39;elle, une relation de substitution. Maman me manque, c&#39;est sûr, et je suppose que cette absence durera toute ma vie. Mais lorsque je rêve à ma mère, je ne me réveille pas avec le “con mouillé“ (comme écrivent les auteurs de romans érotiques que je trouve à la maison, comme Pierre Louÿs, par exemple. Où Aragon qui a même écrit le “con d&#39;Irène“ !). J&#39;ai envie d&#39;Annette, de ses seins, que parfois j&#39;entrevois, de son corps, de sa bouche que je voudrais baiser, de sa “chatte“, que j&#39;imagine, et que je voudrais lécher, je crois bien, même si ça paraît dégoûtant. Je lui ai dit que je l&#39;aimais, et pourtant, c&#39;était difficile. Elle m&#39;a répondu : &#8220;Ma chérie, c&#39;est impossible, tu es beaucoup trop jeune, quand tu auras 18 ans, si tu penses encore à moi, nous verrons.&#8221; Et je dois me contenter de me caresser avec un doigt ! “</span></font></i></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Avec Julia, elle passa à l&#39;acte, et compris alors combien s&#39;était agréable de se retrouver corps contre corps avec son amie. Là encore, le journal est précis : </font></p>
<p align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3"><span class="italique">“ Aujourd&#39;hui, nous nous sommes déshabillées pour la première fois ! Quelle joie ! Julia à de jolis nichons, déjà bien plus gros que les miens. Et doux sous la main ! Le bout durcit quand je le caresse, ou que je le prends dans ma bouche. Et lorsque c&#39;est elle, ça me fait le même effet. Son ventre, et ses fesses, aussi, j&#39;ai adoré les caresser.“ </span></font></i></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Et, un peu plus tard :  </font></p>
<p align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3"><span class="italique">“Aujourd&#39;hui, j&#39;ai sucé le con de Julia et j&#39;ai trouvé le clitoris (c&#39;est comme ça que l&#39;on dit, j&#39;ai vérifié !). Ce n&#39;est pas sale du tout, le jus qui en coule est tiède, salé et à un bon goût que je ne sais pas dire. Et elle a tressailli et crié quand je l&#39;ai sucée fort et mordillée sur son bout ! “</span></font></i></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Gaubert, s&#39;imagina que Gazelle avait oublié Annette. Pas du tout ! Bien sûr, comme je le raconterai, elle avait découvert qu&#39;elle prenait aussi du plaisir avec les garçons, mais quand elle eut 18 ans, elle rechercha Annette, et quand elle l&#39;eut retrouvée, l&#39;attrait sensuel resurgit, et pendant quelques mois, elles s&#39;aimèrent, complètement, jusqu&#39;à satiété, seulement pour le plaisir, car l&#39;une et l&#39;autre avaient d&#39;autres intérêts. </font></p>
<p align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3"><span class="gras"><b>Une parenthèse, dans leur vie, pour combler un vide ancien. </b> </span></font></i></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Elles sont encore de grandes amies.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="5" color="#000033"><b><font face="andale mono,times"><span class="gras"><span>Cinquième Partie:Sensuelle!</span></span></font></b></font></p>
<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/05/sandrahttpwwwzphotofrphoto353398.vignette.jpg" alt="sandrahttpwwwzphotofrphoto353398.jpg" /> <font face="andale mono,times" size="1">Julia d&#39;après http-//www.zphoto.fr/photo353398</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"><br />
Dès la fin de sa quinzième année, la sensualité de Sandrine Gaubert, très masquée depuis sa puberté, devint évidente, s&#39;extériorisa, peut-être stimulée par sa tendre relation avec Julia. Durant l&#39;été qu&#39;elles passèrent ensemble, avant une séparation sûrement définitive, son corps se modifia. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Sa poitrine, qu&#39;elle trouvait maigrelette comparée aux seins arrondis, déjà bien pleins de Julia, prit de l&#39;ampleur. Sandy eut alors plaisir, non seulement à découvrir ses seins face à un miroir ou au moyen de ses mains, ou par celles de Bénédicte, qui succéda à Julia dès le premier mois de l&#39;année de seconde, mais aussi à les montrer, ou du moins à les laisser deviner par des vêtements plus moulants, et plus échancrés, à une époque où la mode ne dégageait pas encore tellement la poitrine. Dans son journal intime, elle note à la date du 16 octobre 1982, le jour même de ses quinze ans:</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"> <i><span class="italique">&#8220;mes nichons ont grossi, ils me plaisent beaucoup plus et je vois qu&#39;on les regarde, qu&#39;on les mesure et je sens même, dans certains regards, qu&#39;on aimerait bien les toucher, les caresser ; j&#39;adore cette sensation du désir qui me frôle. Et j&#39;aurais presque envie que quelqu&#39;un ose le faire, les effleurer, et me disant, je voudrais les prendre dans mes mains. Cela me fait chaud au creux des cuisses.&#8221; </span></i></font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Sa poitrine prend forme, mais aussi ses hanches s&#39;arrondissent. Pourtant, elle ne cesse pas de courir, Gazelle. Mais avec prudence, tout de même : elle porte un soutien-gorge de joueuse de tennis, pour éviter que ses seins ne ballotent, de peur qu&#39;ils se déforment. Elle fait sa gymnastique de façon à renforcer ses muscles pectoraux et abdominaux. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Son visage de jeune <i>ado </i>s&#39;est transformé en jeune fille : un peu plus épaté, des joues plus rebondies, des lèvres épaissies, souvent humides de désir. Sa chevelure très brune, presque noire, est soignée, brillante, tenue plus longue. Le contraste avec le bleu foncé, profond, un peu genre “mers du sud“, s&#39;en trouve renforcé et ne peut plus passé inaperçu, pour qui se laisse accrocher par cette silhouette pimpante. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Cette sensualité qui éclate a des correspondances dans ses goûts, vestimentaires bien sûr, mais aussi littéraires et musicaux. Elle a laissé de côté les ouvrages dont l&#39;érotisme un peu grossier ne lui semble plus aller de pair avec la soif que son corps a de troublantes et subtiles découvertes sensuelles : tendres caresses humides, jouissances nuancées issues des profondeurs intimes de son corps, saveurs insolites des fluides que répandent les corps assoiffés. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Elle répudie les mots crus qu&#39;elle murmurait avec délices hier encore et rejette Apollinaire et Louÿs trop grossiers selon son nouveau goût. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Elle recopie, cependant, du même Louÿs, dans son journal, ce sonnet qu&#39;elle qualifie de délicieusement sensuel pour l&#39;envoyer à Julia, le faire lire à Bénédicte, et, sans doute bientôt à Joël&#8230; </font></p>
<p align="justify"><b><i><font face="andale mono,times" size="3"><span class="italique">“Elle tourne, elle est nue, elle est grave; ses flancs<br />
Ondulent d&#39;ombre bleue et de sueur farouche.<br />
Dans les cheveux mouillés s&#39;ouvre rouge la bouche<br />
Et le regard se meurt entre les cils tremblants. </span></font></i></b></p>
<p align="justify"><b><i><font face="andale mono,times" size="3">Ses doigts caressent vers des lèvres ignorées<br />
La peau douce, la chaleur molle de ses seins.<br />
Ses coudes étendus comme sur des coussins<br />
Ouvrent le baiser creux des aisselles dorées. </font></i></b></p>
<p align="justify"><b><i><font face="andale mono,times" size="3">Mais la taille, ployée à la renverse, tend<br />
Le pur ventre, gonflé d&#39;un souffle intermittent,<br />
Et sous l&#39;arachnéen tissu noir de sa robe<br />
</font></i></b></p>
<p align="justify"><b><i><font face="andale mono,times" size="3">Ses bras tendres, avec des gestes assoupis,<br />
Ses pieds froids sur les arabesques des tapis,<br />
Cherchent l&#39;imaginaire amant qui se dérobe&#8230;“ </font></i></b></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">En musique, celle qu&#39;elle se donne à entendre à son piano, ses goûts aussi rejoignent des sonorités ou des rythmes qui s&#39;accordent avec l&#39;éveil de sa sensualité. Les partitions brillantes qui faisaient sa joie deux ans plus tôt (d&#39;auteurs très classiques à des compositions plus jazzées de Gershwin à Bernstein) sont délaissées, pour des partitions plus intimes, pleines de sensualité contenue, telles que celles de certaines Sonates, Impromptus ou Moments musicaux de Schubert. <i>(Dix ans plus tard, pendant son séjour en Californie, elle trouvera l&#39;occasion de jouer—enfin !— avec ferveur, le second trio pour piano, violon et violoncelle, du même Schubert, que Kubrick a su, avec tant de justesse, faire entendre en apposition à la majestueuse musique de Haendel dans son somptueux “Barry Lyndon“.)</i> </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Avec Bénédicte, une gentille blonde amoureuse et déjà bien évoluée, Gazelle ne se sentit pas passionnée comme avec Julia avec qui les affinités étaient beaucoup plus profondes et variées que le seul contact de deux épidermes ; mais elle apprécia beaucoup la tendresse et les jouissances que leur relation lui procura. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Assez vite, elle se fit remarquer par Joël, élève de terminale, de qui elle <i>tomba </i>(littéralement) amoureuse. C&#39;était un garçon superbe : une chevelure blonde assez longue encadrant un visage d&#39;ange&#8230; Timide, il remarqua Gazelle, mais n&#39;osa pas l&#39;aborder. C&#39;est elle qui fit tout. Décidée à connaître l&#39;amour avec un garçon, elle l&#39;entraîna chez elle. Ils s&#39;embrassèrent. Elle le dévêtit, et se dévêtit elle-même. La première fois, ils firent connaissance. Manifestement, Joël se trouvait pour la première fois en situation de montrer qu&#39;il était un homme. Et n&#39;était pas près à le faire. Il fut reconnaissant à Gazelle de lui faire une fellation .  Même bien maladroite, c&#39;était bien plus agréable qu&#39;une triste masturbation en solitaire&#8230; </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Sandy annonça à son père que sa période lesbienne était terminée, qu&#39;elle aimait un garçon et voulait coucher avec lui. Gaubert lui recommanda la prudence et l&#39;envoya chez une de ses amies, gynécologue, qui fit le nécessaire pour mettre Gazelle à l&#39;abri des mauvaises surprises. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Cette première expérience ne fut pas un succès, malgré les essais qui furent assez nombreux puisque leur liaison dura de janvier à juin. Sandy n&#39;éprouva jamais de vrai plaisir. Et continua à voir Bénédicte avant que celle-ci ne soit remplacée par Elsa, avec qui le contact fut excellent. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Muni de son bac, Joël partit en fac et ils se virent moins souvent, d&#39;autant moins que gazelle était dépitée par le peu de succès de ses rapports avec lui. </font></p>
<p align="justify"><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/05/sensuellehttpwwwzphotofrfrancoisbenvenistephoto362564.jpg" class="imagelink" title="sensuellehttpwwwzphotofrfrancoisbenvenistephoto362564.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/05/sensuellehttpwwwzphotofrfrancoisbenvenistephoto362564.jpg" alt="sensuellehttpwwwzphotofrfrancoisbenvenistephoto362564.jpg" width="400" /></a></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="1">Sensuelle-http-//www.zphoto.fr/francois_benveniste_photo362564 </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Heureusement, par Joël, Gazelle fit la connaissance de Sandra, la jeune tante de Joël. Sandra avait vingt-cinq ans, était bisexuelle. La jeune fille et la jeune femme tombèrent en amour. Et ce fut vraiment un grand amour sensuel qui amena la jeune femme à partager son amant du moment. Grâce à Sandra, Gazelle se libéra très vite des réserves qu&#39;elle manifestait à l&#39;égard des situations très érotiques et des mots crus. Elle connut enfin le plaisir complet dès la première visite qu&#39;elles firent ensemble à Antoine, un bel homme d&#39;une quarantaine d&#39;année.</font></p>
<p align="justify">———————————</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Très chaleureux, Antoine les accueille dans un transport enthousiaste : </font></p>
<p align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3">“Bienvenue dans mon nid d&#39;amour. Car, Gazelle, Sandra a dû vous prévenir, ici, c&#39;est un lieu de plaisir grivois, presque un lupanar, sauf que les femmes qui me rendent visite, ne sont pas des courtisanes, elles sont consentantes et pas vénales !“ </font></i></p>
<p align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3">“Bien sûr, Antoine, je l&#39;ai prévenue. Tiens, fais glisser le zip de sa robe.&#8221; </font></i></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Gazelle achève de se dénuder, avec l&#39;aide de Sandra, en faisant glisser son caleçon et son string, avant de s&#39;attaquer au pantalon d&#39;Antoine qui s&#39;exclame : </font></p>
<p align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3">&#8220;Quel beau lot tu m&#39;amènes, ma chérie ! Un si beau corps, et ces jeunes nichons troublants, et ce cul si sensible.&#8221; </font></i></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"><br />
Vite, le slip tendu est à portée de mains et, bientôt, un sexe distendu s&#39;en échappe. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Sandra, amusée par l&#39;effroi de Gazelle achève le déshabillage d&#39;Antoine qui se laisse faire avec volupté. </font></p>
<p align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3">“Allez, Gazelle, voilà un très beau mâle qui va se faire plaisir en t&#39;envoyant au ciel.<br />
Mais d&#39;abord occupe-toi bien de lui,<br />
prends ce sceptre dans ta bouche et fais-le donc gonfler encore bien davantage ! “ </font></i></p>
<p align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3">“Mais, chérie, comment veux-tu que je le suce, il est trop gros pour ma petite bouche, et aussi trop pour mon étroite chatte!“ </font></i></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"><i>“Tu veux rire, jeunette, je n&#39;ai encore jamais blessé,<br />
ni bouche,<br />
ni con,<br />
ni cul,<br />
de mon phallus dressé.<br />
Je puis te l&#39;assurer, je suis doux et soigneux, ô très belle Sandrine !“</i> </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Désemparée devant ce prodige de la nature, Gazelle ne sait comment s&#39;y prendre. Elle tient l&#39;organe phénoménal à deux mains, fait jaillir le gland et le porte à ses lèvres ; de sa langue, elle le lèche, le titille. Mais cela ne suffit pas à Antoine qui, impatient, appelle Sandra au secours. </font></p>
<p align="justify"><i><font face="andale mono,times" size="3">“Cette charmante pucelle est à peine nubile!Ma jolie montre-lui comment faire !“ </font></i></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Sandra prend la place de Gazelle. Elle enfourne la hampe jusqu&#39;au fond de sa gorge et se met à aller et venir en serrant bien les lèvres sur cette tige bien chaude. Antoine commence à gémir de plaisir, en maintenant la tête de Sandra à deux mains.Et l&#39;arrête avant que la giclée s&#39;annonce&#8230; </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Lorsque Antoine se met en devoir de pénétrer Gazelle par l&#39;arrière, Sandra saisit le sexe turgescent d&#39;Antoine, le lèche à nouveau, l&#39;humecte de salive et le dirige enfin dans la fente mouillée qui l&#39;attend. Antoine pénètre Gazelle lentement et l&#39;énorme pénis pénètre facilement jusqu&#39;au fond du vagin. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Grâce à la grande maîtrise de Sandra et d&#39;Antoine, dans cet enchaînement à trois, Gazelle et Antoine parviennent ensemble à l&#39;orgasme. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Le commerce de ces trois-là dura assez longtemps, plusieurs mois, pour que Sandy n&#39;ait plus beaucoup à apprendre sur les plaisirs que l&#39;on peut espérer d&#39;une somptueuse sensualité bisexuelle.</font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Du reste, après Antoine, il y eut d&#39;autre mâles expérimentés qui s&#39;intéressèrent à nos deux amoureuses qui restèrent en couple, enchantées l&#39;une de l&#39;autre, pendant la fin des études secondaires et les premières années de fac de Gazelle.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="5" color="#000033"><b><font face="andale mono,times"><span class="gras"><span>Sixième Partie : Studieuse !</span></span></font></b></font></p>
<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/05/gazelleparhttpwwwzphotofrphoto369296.vignette.jpg" alt="gazelleparhttpwwwzphotofrphoto369296.jpg" /> <font face="andale mono,times" size="3"><font size="1">Gazelle par http-//www.zphoto.fr/photo369296</font></font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Gaubert invita Gazelle dans un grand restaurant, pour fêter son bac et parler avenir : c&#39;était début juillet, en 1985, l&#39;année de ses dix-sept ans, qu&#39;elle fêta, avec Alain, Sandra et Caro, sa tante,plus tard, en octobre. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Ce bac S, elle l&#39;avait obtenu avec tous les honneurs, sans rien abandonner de ses &#8220;hobbies&#8221; : sport, musique, amour et érotisme. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Avec Sandra, c&#39;était aussi bon qu&#39;aux premiers jours, et, si Antoine avait cédé la place à d&#39;autres amants, son amie ne faisait pas mystère de ses nouvelles conquêtes. Elle partageait toujours avec elle, très volontiers, les plaisirs qu&#39;elle savourait avec l&#39;autre sexe. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/05/sandrahttpwwwzphotofrphoto376780.jpg" class="imagelink" title="sandrahttpwwwzphotofrphoto376780.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/05/sandrahttpwwwzphotofrphoto376780.jpg" alt="sandrahttpwwwzphotofrphoto376780.jpg" width="400" /></a></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="1">Sandra d&#39;après http-//www.zphoto.fr/photo353398 </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Gazelle, bien que de dix ans sa cadette, se faisait, toujours avec un certain étonnement, la réflexion que les choix de Sandra—car c&#39;était elle la séductrice—étaient toujours compatibles avec ses propres goûts : Gazelle jouissait avec tout les plaisirs possibles, dans leurs parties à trois, sous les assauts phalliques de l&#39;élu du moment, avec une constance jamais démentie. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Il faut dire que Sandra n&#39;entraînait Sandy qu&#39;après avoir fait l&#39;essai du nouveau chevaucheur brandissant son braquemart. Gazelle n&#39;avait plus jamais, de la sorte, eu à pâtir d&#39;un partenaire pitoyable, et se contentait avec un curieux détachement de cette situation de simple consommatrice. Elle reconnaissait tout le plaisir partagé avec l&#39;amant de son amie, sans éprouver, ni l&#39;envie, ni le besoin de contribuer elle-même à débusquer le mâle. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Depuis sa passade avec l&#39;immature Joël, et tant que Romain ne croisa pas son chemin, elle ne ressentit pas de nouvel attrait pour un partenaire masculin. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Sa liaison avec Sandra, qui durait depuis près de deux ans, lui suffisait. Même si, parfois, un élan la poussait vers une fille nouvelle, jamais elle n&#39;éprouva le besoin du passage à l&#39;acte. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Sandra et Gazelle, c&#39;était du solide. Et pas que du sensuel, même si la sensualité de la femme déjà mûre et celle de l&#39;encore jeune fille entraient en résonance dès qu&#39;elles s&#39;approchaient. En plus de l&#39;attrait physique, indéniable, il y avait aussi du sentiment, que ni l&#39;une ni l&#39;autre ne rejetait&#8230; Ce sentiment également indéniable, un partage mal défini entre leurs personnalités si différentes, qu&#39;elles n&#39;appelaient pas de l&#39;amour, peut-être par pudeur, mais qui pourtant devait bien en être aux yeux, en tout cas, des proches de Gazelle, son père, Alain et sa tante, Caro. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"><br />
Sandra, quant à elle, éprouvait un plaisir certain à étoffer son tableau de chasse, sans pour autant, se laisser aller avec un médiocre goujat : certes, elle aimait l&#39;autre sexe, mais pas sans que le porteur ait seulement ce qu&#39;il fallait entre les jambes. Il devait aussi avoir quelque chose entre les oreilles. Néanmoins, Sandra ne semblait jamais tomber en amour pour un de ses amants. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Pendant tout le temps que dura leur liaison—au total cinq bonnes années, jusqu&#39;à l&#39;accident stupide, mais fatal, qui plongea Sandra dans un coma dont elle ne sortit pas—il n&#39;y eut jamais d&#39;autres femmes entre elles. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">À une exception près, cependant, lorsque, avec la bénédiction de Sandra, Gazelle, ayant atteint les dix-huit ans fatidiques, fut prise d&#39;un impérieux besoin de retrouver Annette, sa prof, son premier amour resté inabouti, non consommé. Même pendant les quelques semaines que dura cette idylle inéluctable, Sandra attendit patiemment le retour de l&#39;amante. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"><br />
——————  </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"><br />
Gaubert, fier de Gazelle, heureux de la savoir heureuse avec Sandra qui n&#39;était pas invitée ce soir-là car il voulait avoir sa fille pour lui seul, mais qu&#39;il voyait souvent chez eux, en tant qu&#39;amante de sa fille, sans le besoin d&#39;une quelconque hypocrite façade, savourait et le beau succès de Sandy, et la bonne chère de Robuchon. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Depuis plusieurs mois, un débat opposait le père à la fille. Lui penchait pour qu&#39;elle vise quelque grande école, à partir des classes préparatoires des lycées, la voie “royale“ selon lui. Mais Sandy n&#39;y était pas décidée. Elle envisageaitt plutôt la fac. Pour plusieurs raisons. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">D&#39;abord, elle était attirée par la biologie, et les grandes écoles dans ce domaine, principalement les écoles d&#39;agronomie, ne la prépareraient pas à ce qu&#39;elle voulait faire, de la recherche. Seules, les écoles normales supérieures répondaient à ce critère, mais le nombre de places en biologie était si faible ( à peine 75 ) que le risque de se retrouver en agro, et pas dans une ENS, était trop élevé à son gré, même pour une excellente candidate, ce qu&#39;elle aurait certainement été. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">La seconde raison, c&#39;est qu&#39;elle n&#39;avait pas, mais alors pas du tout, envie de subir le régime abrutissant des “prépa“, dont elle avait connaissance par les élèves plus âgés de son lycée, dans lequel, justement, il y avait des “prépas“. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Elle s&#39;était bien sûr renseignée sur les facultés parisiennes, notamment en passant par des connaissances de Caro, sa tante, sociologue, en poste à l&#39;école des hautes études en sciences sociales. Ainsi, elle savait que l&#39;Université Paris 7 avait un bon 1er cycle en biologie. Il y existait même une section spéciale, sélective, avec numerus clausus autorisé, au motif qu&#39;elle préparait aussi aux concours externes des ENS et autres écoles.</font></p>
<p><font face="andale mono,times" size="3">Pour satisfaire son père, Gazelle avait déposé des dossiers d&#39;admission aux classes préparatoires de quelques lycées réputés, mais aussi à Paris 7. Sa candidature avait été retenue dans tous les lycées et elle avait l&#39;assurance, après avoir pris contact avec quelques profs, qu&#39;il en serait de même à Paris 7. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Un point important, pour Gazelle, c&#39;est que la sœur de son père, Caro, soutenait son projet. Elle savait que Gaubert finirait par se rendre aux vœux de sa fille chérie. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">C&#39;est effectivement ce qu&#39;il advint au cours de ce dîner ! </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"><br />
—————— </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"><br />
Cinq ans plus tard, à vingt-deux ans, après avoir beaucoup travaillé, contrairement à ce que l&#39;on dit du régime laxiste des universités, Gazelle commençait une thèse dans un laboratoire de l&#39;Institut Pasteur après y avoir déjà travaillé pour sa cinquième année d&#39;études, l&#39;année du DEA. Durand ces années de formation à la recherche, elle acquit une excellente expertise en biologie moléculaire du développement et de la différenciation des cellules musculaires ; son intérêt, à plus long terme, visait à comprendre les mécanismes de la différenciation musculaire qui pouvaient expliquer comment des anomalies génétiques étaient susceptibles de causer des affections très graves, comme les myopathies de Duchenne, de Becker et autres. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Elle consacra tous ses efforts à ses recherches—sauf à réserver deux heures sur vingt-quatre au piano et à la course, ainsi que, tout de même, quelques heures au sommeil. D&#39;autant que la perte de Sandra au cours de ses études la laissa complètement désemparée, vidée de tout désir sexuel et sentimental. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Son départ pour l&#39;Université californienne de Berkeley, une fois sa thèse soutenue, ouvrit une nouvelle phase dans sa vie professionnelle et affective. Elle y séjourna pendant deux ans comme chercheur “postdoctoral“. Dans un laboratoire réputé et dans l&#39;environnement stimulant de l&#39;institut des neurosciences de ce campus prestigieux, elle se livra à des recherches sur les interactions entre le système nerveux moteur et les muscles, en prenant comme modèles des affections humaines comme les myasténies. Celles-ci, en effet, s&#39;expliquent par des anomalies des motoneurones, éléments du système nerveux indispensables au fonctionnement musculaire normal. Gazelle s&#39;attacha à comprendre les mécanismes de la dégénérescence de ces cellules nerveuses. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">C&#39;est dans ce contexte que sa candidature à l&#39;INSERM, sur la base d&#39;un projet portant sur des affections neuromusculaires humaines comme la sclérose latérale amyotrophique (SLA) aboutit à son recrutement ; elle regagna la France et son poste à l&#39;hôpital de la Salpétrière, à Paris, en octobre 1996 : elle avait 28 ans. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"><br />
——————— </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"><br />
À Berkeley, elle fit le deuil de sa grande amie Sandra et refit surface avec une nouvelle énergie. Elle fréquenta un club de rencontres très libres dont les parties les plus chaudes se déroulaient, lorsque la température le permettait, dans le cadre enchanteur d&#39;un camp naturiste très privé. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Gazelle y fit la rencontre de plusieurs filles lesbiennes ou bisexuelles avec qui sa nature si sensuelle put s&#39;exprimer sans contraintes. C&#39;est avec une nouvelle Julia, fringante pouliche d&#39;origine slave, très succulente, qu&#39;elle connut Romain Darquin, mathématicien français égaré, lui aussi, à Berkeley. Si, pendant quelques mois, le trio ne se sépara guère, un tendre sentiment naquit cependant entre Sandy et Romain. Lorsque la blonde et sulfureuse Julia repartit vers sa Pologne natale, les deux Français éprouvèrent de moins en moins le besoin de se joindre à d&#39;autres “partouzeurs&#8221; pour copuler entre eux. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Oh, ce n&#39;était pas le coup de foudre auquel, au fin fond de son for intérieur, Gazelle s&#39;attendait toujours, quoi qu&#39;elle en dise ! Non, mais c&#39;était une solide affection doublée d&#39;une complicité sexuelle, toute simple mais, ô combien !, explosive, qui les rapprochaient dans la fureur des nuits et la douceur des jours. Gazelle se laissa porter en toute sérénité par cet amour naissant. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Lorsque son admission à un poste de chercheur à l&#39;INSERM se confirma, Romain, pour sa part, se décida à demander sa réintégration dans son poste de professeur à l&#39;Université Paris VI et à l&#39;ENS. À la demande expresse de Romain, Sandy accepta même l&#39;idée de donner naissance à un enfant. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">C&#39;est ainsi que j&#39;ai pu vous faire connaître, dès la première partie de cette histoire, le couple Gazelle/Romain avec l&#39;enfant née depuis six mois, Léna&#8230;</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="5" color="#000033"><b>Septième Partie : 12 ans après.</b> </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"><br />
</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Cette dernière partie n&#39;est pas un &#8220;épilogue&#8221;, car, en fait ce n&#39;est pas une fin, mais plutôt l&#39;annonce d&#39;une nouvelle étape dans la vie de Gazelle, surnom que seul son père utilise encore parfois. Ses proches l&#39;appellent Sandy, les familiers moins proches, Sandrine ; dans son milieu professionnel, elle est devenue, Sandrine Gaubert, voire même, avec un grand respect, Madame Gaubert.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Douze ans ont passé. Nous sommes en avril 2009, la nuit, dans la chambre de Sandy à Villiers-le-Duc. Sandy (avec Anna sa compagne) est venue passer une petite quinzaine chez son père, Alain et sa belle-mère, Sylvette, maintenant retirés dans la vielle maison familiale. Léna âgée maintenant de près de 13 ans est en vacances avec son père, Romain. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Après l&#39;amour, Sandy ne trouve pas le sommeil. Anna, au contraire, s&#39;est aussitôt endormie, saoulée des plaisirs et des fragrances de leurs corps satisfaits. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Sandy revoit cette journée si particulière, marquée par l&#39;appel du Président du Conseil d&#39;Administration qui, en pleine session, l&#39;a appelée pour lui “mettre le couteau sous la gorge“ : </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">&#8220;Madame Gaubert, maintenant il faut vous décider. Mes collègues et moi, nous sommes en réunion et, à une large majorité, comme le montre le vote indicatif que nous venons de faire, nous tenons à proposer votre nom au Président de la République pour occuper le poste de professeur dont nous avons déjà longuement parlé avec vous. Mais nous voulons avant de procéder au vote définitif votre accord et pour le poste et pour l&#39;intitulé de la discipline. Pour suivre vos indications, et satisfaire votre modestie, nous supprimons les termes d&#39;épistémologie, de philosophie et même d&#39;histoire des sciences et nous proposons tout simplement pour votre chaire de professeur l&#39;intitulé que vous aviez suggéré, : “Production des savoirs en sciences de la vie“. Je vous le dis à nouveau, Madame Gaubert, je serai très honoré, et mes collègues le seraient également, de vous avoir pour collègue : nous sommes persuadés que dans ce domaine actuellement très chaud, vous devez rejoindre notre Institution. Vous avez démontré, à la fois, vos talents de chercheuse et la profondeur de votre réflexion sur l&#39;évolution de la construction des connaissances en biologie. Vous savez que vous trouverez chez nous toute la liberté et les moyens nécessaires pour développer votre pensée et vos recherches. Vous n&#39;avez même pas, si vous le désirez à quitter votre laboratoire.&#8221; </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Devant une telle insistance, elle n&#39;avait pu répondre que &#8220;oui&#8221; ! </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Peu après, elle apprenait que le vote positif avait été acquis à l&#39;unanimité des présents ! C&#39;était un beau succès auquel elle était loin de s&#39;attendre, il y a seulement deux mois lorsqu&#39;elle avait été invitée à faire une conférence et à rencontrer des membres de la vénérable confrérie. Bien sûr, elle n&#39;avait pas fait acte de candidature, cela ne se fait pas. On vient vous chercher, on vous teste, et, éventuellement, on vous adopte. À la vérité, Sandy n&#39;avait même pas pensé qu&#39;une telle éventualité puisse se produire ! </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Alain Gaubert, fier comme Artaban, avait alors déclaré : &#8220;Après un pareil vote, Sarko ne peut pas faire autrement que de nommer ma Gazelle, Prof au Collège de France. Bien quelle ne cesse de s&#39;opposer à la politique de la droite dans le domaine de la recherche. En plus, choisir une femme de quarante-deux ans, ça, ça s&#39;arrose!<br />
—Et comment !&#8221; ont repris Sylvette et Anna.  </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Ils allèrent dîner “À l&#39;Orée des Bois“, un petit restaurant calme et tout simple, très rustique, où la chère campagnarde était soignée et succulente. En bordure de la forêt de Châtillon, sur la commune d&#39;Aisey-sur-Seine. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Après une brève période d&#39;euphorie aussitôt que la nouvelle fut tombée, elle était devenue vraiment inquiète, tourmentée, tendue. Jusque-là, malgré les avances qui lui avaient été faites, c&#39;était un jeu, elle n&#39;y croyait pas vraiment, surtout pour un poste de titulaire. La jeune Alice Duflo était aussi, à trente-six ans, cette année, au Collège, mais comme professeur invitée pour une année. Elle, elle avait devant elle l&#39;incroyable durée de près de trente années pour travailler à ce qui était maintenant son hobby principal : l&#39;épistémologie en sciences biologiques! </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Elle savait que l&#39;on avait aussi pris contact avec Evelyn Fox Keller, une amie Professeur au MIT avec qui elle collabore depuis plusieurs années et de qui elle se considère plus élève que disciple ; elle n&#39;en revient pas. Il est vrai qu&#39;Evelyn bien au chaud à Cambridge, Massachusetts, n&#39;avait pas tellement de raison de s&#39;expatrier à Paris, même au Collège de France et avait dû, sûrement, la faire valoir, elle, Sandrine Gaubert&#8230; </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3"><br />
Elle prit une des mains d&#39;Anna et la posa sur son sexe. Sandy savait que pour dénouer son angoisse, faire de nouveau l&#39;amour, était vraiment le remède indiqué. Anna s&#39;éveilla et comprit bien sûr ce que son amie attendait d&#39;elle ; elle fit ce qu&#39;il fallait. Sandy se laissa chouchouter par les mains, la bouche et la langue expertes de sa chérie, roucoulant doucement de bonheur, de plaisir, en sentant ses nœuds se desserrer, se défaire petit à petit. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Plus tard, une fois le feu ralenti, le calme revenu, Anna trouva les bonnes paroles : &#8220;Tu sais très bien, chérie, que, comme d&#39;habitude, tu sauras t&#39;en tirer haut la main et pour, au moins, deux raisons. C&#39;est toujours ce que tu as fait : affronter la difficulté, relever le défi et passer à l&#39;aise. Ensuite, parce que ce que l&#39;on t&#39;offre sans que tu l&#39;aies même demandé, c&#39;est, et de loin, beaucoup mieux que ce à quoi tu rêvais depuis quelques temps, trouver le moyen d&#39;avoir le temps de penser et réfléchir, et écrire, que tu ne peux avoir, sans prendre sur tes nuits, sur le temps que tu dois à ta fille, tant que tu dirigeras ce grand laboratoire que tu as créer en dix ans.&#8221; </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Tout cela est si vrai que Sandrine se calme et finit par s&#39;endormir tout contre Anna. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Sandy avait, après son recrutement à l&#39;INSERM, réalisé le programme sur lequel elle avait été choisie : l&#39;étude des déficiences du renouvellement des neurones moteurs à l&#39;origine de neurodégénéréscences, responsables de graves maladies invalidantes. Elle avait reçu des financements élevés, notamment de la part de l&#39;Agence Nationale pour la Recherche et de l&#39;Association Française contre les Myopathies. Elle avait aussi, assez rapidement, pu créer et développer une équipe de recherche qui était finalement devenue une Unité autonome de recherche installée à La Salpétrière. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Mais en parallèle, Sandrine avait évolué, mécontente du contexte conceptuel dans lequel stagnait la recherche en neurosciences et, plus généralement en biologie. Les chercheurs, même les plus aguerris, se cantonnaient dans le cercle étroit de leurs spécialités, bloqués dans des attitudes réductionnistes qui ne pouvaient plus, selon elle, répondre aux exigences d&#39;une science de systèmes complexes qu&#39;est la biologie. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Elle avait développé ses réflexions dans des ouvrages sur les limites “du tout génétique“. Pour elle, et quelques autres, bien sûr, le développement et la physiologie des organes et des organismes ne pouvaient pas être gouvernés uniquement par les gènes à cause de leur redondance qui devenait de plus en plus évidente. Elle avait aussi écrit des articles polémiques sur les méfaits du réductionnisme “maladie infantile de la biologie“. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Dans son laboratoire, elle avait mis en pratique ses conceptions et des résultats nouveaux obtenus par des approches plus globales des systèmes commençaient à renouveler la compréhension, et par conséquent les traitements, des atteintes neurodégénératives. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">C&#39;est la nouveauté de cette “positive“ attitude en sciences biologiques qui avait attiré l&#39;attention du Collège de France sur cette chercheuse, doublée d&#39;une théoricienne, qui sortait de l&#39;ordinaire. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">L&#39;union de Gazelle et de Romain n&#39;avait pas tenu longtemps. Romain, pourtant lui-même scientifique, ne supporta pas que sa compagne passe le plus clair de son temps, y compris souvent le soir, soit au labo lorsque certaines expériences l&#39;exigeaient, soit à la maison, dans son bureau, lorsqu&#39;elle réfléchissait ou écrivait. Un mathématicien a un rythme de vie très différent, surtout lorsqu&#39;à près de quarante ans, sa période innovante, créatrice, est plutôt derrière lui que devant. Une situation strictement inverse à celle de Gazelle qui commençait une grande carrière féconde de biologiste. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Peu à peu, Romain s&#39;éloigna d&#39;elle, eut des aventures, et se trouva vite embarqué dans une liaison durable avec une jeune femme de vingt-cinq ans. Forcément, Léna subit le choc de l&#39;absence fréquente de sa mère et de la désertion du père. Mais, grâce à son grand-père et à Sylvette, avec qui elle eut des relations privilégiées, grâce aussi à la “gouvernante“ exceptionnelle que Sandy trouva pour s&#39;occuper de la maison et de la fillette, les dégâts sont peut-être limités. En tout cas, à presque treize ans, Léna semble une ado bien dans sa tête et dans sa peau. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Sandrine, prise par ses activités, resta seule quelques années, se contentant de rencontres occasionnelles, le plus souvent à l&#39;occasion de colloques ou congrès internationaux. Jusqu&#39;au jour où, il y a quatre ans, Anna entra dans sa vie comme un éclair aveuglant&#8230;Le coup de foudre, tant attendu, qui la frappa à trente-huit ans. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Anna, à peine plus jeune, lesbienne de toujours, hôtesse de l&#39;air sur Air France, et Sandy, se rencontrèrent sur un vol Paris-Boston. Cet amour fulgurant est le grand moment de la vie sentimentale et sensuelle de Sandy. Elles ne se quittent plus, depuis, sauf pour les obligations professionnelles de l&#39;une et de l&#39;autre. </font></p>
<p align="justify"><font face="andale mono,times" size="3">Anna s&#39;entend très bien avec Léna, et avec le père et la belle-mère de Sandrine. Cerise sur le gâteau, Anna est une sportive accomplie et, mélomane, une violoniste de talent, de sorte que les deux femmes s&#39;accordent on ne peut mieux.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/04/22/gazelle/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>AU JOUR LE JOUR III</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/04/15/au-jour-le-jour-iii/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/04/15/au-jour-le-jour-iii/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2009 15:09:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal de route]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2009/04/15/au-jour-le-jour-iii/</guid>
		<description><![CDATA[&#160;
&#160;
Mercredi 15 avril 2009

 Je me suis lancée dans une entreprise qui vise à rompre avec  mes actuels récits qui ne me satisfont plus réellement. Il y a déjà quelques temps que je m&#39;essaie, à l&#39;invitation tendre de J. à écrire autrement et autre chose. Sans encore parler de roman (cette ambition sans doute &#8220;inaténiable&#8221;!) je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="webdings" size="3">Mercredi 15 avril 2009</font></p>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/04/image01.vignette.jpg" alt="image01.jpg" /></p>
<p align="justify"><font face="webdings" size="3"> Je me suis lancée dans une entreprise qui vise à rompre avec  mes actuels récits qui ne me satisfont plus réellement. Il y a déjà quelques temps que je m&#39;essaie, à l&#39;invitation tendre de J. à écrire autrement et autre chose. Sans encore parler de roman (cette ambition sans doute &#8220;inaténiable&#8221;!) je pense à un fiction courte, une nouvelle, ou un récit, plutôt. Car la nouvelle est un genre difficile, qui, il me semble, est tout un roman en soi, une œuvre  complète. Je veux dire une œuvre qui forme un tout, qui a une complétude, pour la quelle tout délayage pour passer de 10-50 pages à 250 ferait en réalité perdre de la substance. L&#39;exemple qui me vient à l&#39;esprit est l&#39;œuvre d&#39;Edgar Poe. </font></p>
<p align="justify"><font face="webdings" size="3"> </font><font face="webdings" size="3">Un récit au contraire peut être une ébauche de nouvelle (roman court)</font><font face="webdings" size="3"> </font><font face="webdings" size="3">ou de roman: autrement dit, une œuvre inaboutie</font><font face="webdings" size="3">, </font><font face="webdings" size="3">inachevée, en somme, la matière, à l&#39;état brut, d&#39;un écrit à parachever, un brouillon, peut-être. Ou encore un synopsis.<br />
</font></p>
<p align="justify"><font face="webdings" size="3"> L&#39;histoire est celle de Gazelle, le rêve de ce que je ne suis pas. Et ne serait jamais. Une femme réalisée! </font></p>
<p align="justify"><font face="webdings" size="3"> Un peu plus jeune que moi (25-26 ans, mais ce n&#39;est pas important). Elle s&#39;est construite en franchissant des obstacles: viser la maîtrise du piano, à partir de cinq ans, pour se battre contre la perte de sa mère, quelques mois plus tôt; vingt ans plus tard, c&#39;est une pianiste accomplie, mais qui ne joue que pour vivre dans la joie. Le piano n&#39;est pas un métier. Ce qui compte, c&#39;est la maîtrise de l&#39;instrument, et sa capacité à exprimer une œuvre que l&#39;on aime.</font></p>
<p align="justify"><font face="webdings" size="3"> Deuxième obstacle à franchir et à dominer: la course. Ça peut paraître bizarre? Non! À partir de huit ans elle construit son corps (et forcément aussi son esprit, certains diraient son âme) par la course: son père la nomme alors de plus en plus souvent Gazelle. À 26 ans elle court toujours, pas tous les jours comme la pratique du piano, mais entre trois et six heures par semaine, c&#39;est, comme le piano, pour elle, vital et ludique. Rien de professionnel. Par cette pratique, associée à quelques autres exercices physiques, elle s&#39;est forgée un corps d&#39;athlète équilibré et en bonne santé: très mince, très fine, élancée. Même après sa récente maternité. Elle a simplement pris quelques cm de tour de hanches; une poitrine à peine plus opulente. Sa &#8220;féminitude&#8221; y a gagné en sensualité apparente (pas intrinsèque).</font></p>
<p align="justify"><font face="webdings" size="3">Troisième obstacle franchi vers les dix ans, qui a participé à la construction intellectuelle (de manière différente que le piano): ne jamais renoncer face à une difficulté scolaire que ses dispositions &#8220;naturelles&#8221; déjà bien développées ne lui permettaient pas de surmonter sans travail &#8220;forcé&#8221;. Cela dure encore puisque le métier qu&#39;elle s&#39;est choisie est chercheuse en biologie (ou en physique, je ne suis pas encore décidée). </font></p>
<p align="justify"><font face="webdings" size="3">Bien d&#39;autres obstacles qui se sont présentés (sensualité, sexualité, les amitiés, les  amours&#8230;) n&#39;ont peut-être pas fonctionné de la même manière. Actuellement, la vie en couple et la maternité, vont sans doute jouer des rôles plus puissants dans la construction de la femme &#8220;mûrissante&#8221;. Mais je ne sais pas si j&#39;aborderai cette phase. </font></p>
<p align="justify"><font face="webdings" size="3">Le père, Alain Gaubert, architecte (ou médecin, ou?), est aussi un élément  ayant joué un rôle fondamental dans la structuration de la personnalité de Gazelle. L&#39;interaction étroite, fusionnelle, de ces deux êtres, est un point fort auquel j&#39;ai beaucoup à réfléchir. Après la mort (leucémie aiguë quasifoudroyante) d&#39;Hélène Gaubert, Alain a évidemment connu, peut-être aimé, d&#39;autres femmes. Mais jamais il n&#39;a fait entrer une nouvelle épouse à la maison tant que Gazelle y a vécu. Sylvette, sa seconde et tardive épouse n&#39;a fait surface qu&#39;après que Sandy ait quitté le foyer de son enfance. Il a géré presque seul (c&#39;est à  peine si sa sœur, la tante, donc, est intervenue) la puberté, et d&#39;une manière générale, la transformation de l&#39;enfant en femme. Bien entendu, les amies et les mères d&#39;amies ont pu jouer un rôle. La permissivité cultivée avec intelligence par le père a sûrement facilité le délicat éveil de la sensualité et de la sexualité chez une fille aussi structurée que Gazelle.</font></p>
<p align="justify"><font face="webdings" size="3">Si je ne vieillis pas Gazelle de quelques années, la rencontre de Romain et de Sandrine et la conception, la grossesse et la naissance de l&#39;enfant, seront les évènements cruciaux de la fin du récit, si j&#39;adopte un plan chronologique, ce qui est utile dans un premier temps, mais ne restera pas forcément le fil directeur final.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="webdings" size="3">Inutile de dire que cela ne fera pas une audience sur Room. Je ne suis pas certaine de m&#39;en inquiéter. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="webdings" size="3">Vendredi 17 avril   </font></p>
<p align="justify"><font face="webdings" size="3">        </font></p>
<p align="justify"><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/04/15919794.jpg" class="imagelink" title="15919794.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/04/15919794.jpg" alt="15919794.jpg" width="400" /> DÉSIR de Fannette</a></p>
<p align="justify">(http://www.fotocommunity.fr/pc/pc/extra/fav/display/15919794)</p>
<p align="justify">Une photo volée? Non puisque je donne le nom de l&#39;auteur, et sa référence&#8230;</p>
<p align="justify">Elle correspond simplement à mon humeur du jour. Imaginez simplement qu&#39;il s&#39;agit de ma poitrine que j&#39;offre à voir.</p>
<p align="justify">Quant à l&#39;auteur, Fannette, allez donc voir ce qu&#39;elle fait: c&#39;est une artiste, une vraie.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Mardi 21 avril</font></p>
<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/04/soffrirhttpwwwzphotofrlilamichelbruleyphoto362308.jpg" alt="soffrirhttpwwwzphotofrlilamichelbruleyphoto362308.jpg" />  http://www.zphoto.fr/lila_michel_bruley_photo362308.html</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="arial black,avant garde" size="4">S&#39;offrir? Oui, mais dans l&#39;intimité&#8230;Et s&#39;offrir, même virtuellement, c&#39;est avec le désir de recevoir. Il s&#39;agit, c&#39;est essentiel, d&#39;un échange.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Mercredi 22 avril</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><i>(Voulez-vous jouer au soleil prisonnier?) </i></font></p>
<p align="justify"><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/04/laudie.jpg" class="imagelink" title="laudie.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/04/laudie.jpg" alt="laudie.jpg" width="400" /> Photo de Laudie:http://www.zphoto.fr/coucher_de_soleil_photo356226.html</a></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Message envoyé ce matin à Claudie:</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4"><br />
Les petites dorment encore (le mercredi leur est réservé), elles font d&#39;ailleurs bien car, s&#39;il fait grand beau temps, le mistral est tellement violent que toute sortie devra se faire en coin abrité. C&#39;est dommage, car le printemps déjà bien avancé permet de bien belles découvertes pour Pauline qui le voit pour la première fois. Emma, feint d&#39;en être blasée (c&#39;est de son âge, bien qu&#39;un peu en avance, comme en tout!) et trouve toujours à s&#39;occuper de ses livres et de ses &#8220;écritures&#8221;, comme maman! Pour l&#39;instant, elle met, ou remet, en forme des histoires de grand nord que Justine lui a racontées. Justine, depuis lundi est en voyage: Hambourg, d&#39;abord, pour régler quelques points avec ses associés allemands sur lesquels elle se repose pour une grande partie de la mise en place (et le suivi) des progiciels (programmes très élaborés qu&#39;elle concocte pour de nombreuses entreprises européennes et proche-asiatiques), ensuite elle passe par Vienne et Sofia avant d&#39;aller à Istanboul, pour y négocier quelques nouveaux contrats. Son bizenesse marche bien. Maria (sa sœur &#8220;de lait&#8221; de Tromso, sa patrie d&#39;au-delà du cercle polaire) et Sara la danoise, toutes deux associées à la &#8220;ville et dans la vie&#8221;, infographes à Oslo, vont venir la rejoindre pour mettre en commun leur savoir faire et étendre leur champ d&#39;action. De nouvelles connaissances à faire pour moi. Et pour Emma qui est toujours avide des nouveautés de toute nature.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Je vois d&#39;après ton message, que tu n&#39;avais pas vu le mot que je t&#39;avais laissé le matin même: Ewen lâche Room à son tour. Je trouve que ça commence à faire beaucoup trop de départs et je ne suis pas sûr de beaucoup m&#39;y rendre ces temps-ci. J&#39;ai encore en réserve quelques histoires tordues à leur servir, (pour de moins en moins de lecteurs!), mais, outre le travail qui s&#39;accumule (150 copies du concours d&#39;agrégation de 15 à 25 pages, à traiter en double correction, plus les oraux de fin juin à je ne sais quand en juillet, la fin des cours et les examens de juin (chez nous, c&#39;est plutôt calme et le travail est quasi normal!), je mes suis lancée dans une écriture plus difficile et de longue haleine dont je parle un peu dans &#8220;unblog&#8221;. Et cela ne me donnera pas du texte pour Room! Mais Gazelle, ce futur grand chef d&#39;œuvre!, restera peut-être à l&#39;état d&#39;ébauche: pour l&#39;instant, je n&#39;ai guère qu&#39;une vingtaine de pages d&#39;ordi dont je ne suis guère satisfaite, et dont la place n&#39;est pas arrêtée car mon plan ne l&#39;est pas non plus!</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Tu me dis que ton moral va mieux, je ne sais si je dois te croire, mais je le souhaite bien vivement.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Mardi 28 avril </font></p>
<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/04/uncertainregardredfoxdreamartphotographyhttpwwwfotocommunityfrpcpcextrafavdisplay15803836.vignette.jpg" alt="uncertainregardredfoxdreamartphotographyhttpwwwfotocommunityfrpcpcextrafavdisplay15803836.jpg" /></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Je n&#39;ai rien noté depuis une semaine. Pourtant, il s&#39;en passe des choses: Basile, Claudie, Grégoire et Nathalie. </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Justine aussi, bien sûr. </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Je me suis mise aussi à écrire Gazelle: chaque jour quelques lignes, voir un ou deux paragraphes. Dimanche, j&#39;ai même repris la totalité, et terminé—provisoirement, bien sûr— le chapitre I de la nouvelle. Je m&#39;astreins à cet effort malgré les copies d&#39;agreg, les cours et les examens à préparer, pour ne pas être tentée de laisser tomber. </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Grégoire me dit de continuer. </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Basile ironise sur mon incapacité à me mettre dans la peau d&#39;une pianiste et préconise de m&#39;intéresser davantage à la biologiste ou à la sportive, comme si j&#39;étais plus compétente!!! </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Ni Nathalie, ni Claudie ne m&#39;ont  encore rien dit; elles ont l&#39;une et l&#39;autre d&#39;autres chats à fouetter.</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">J&#39;attends le retour de Justine, Jeudi sans doute. Elle est aujourd&#39;hui à Ankara pour réger des problèmes administratifs à la capitale. Quand elle rentrera, si j&#39;ai un peu avancé, je lui ferait lire ce que j&#39;ai écrit. D&#39;elle, j&#39;aurai un point de vue brut de décoffrage.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/04/15/au-jour-le-jour-iii/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>AU JOUR LE JOUR II</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/03/24/au-jour-le-jour-ii/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/03/24/au-jour-le-jour-ii/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 24 Mar 2009 15:41:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal de route]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2009/03/24/au-jour-le-jour-ii/</guid>
		<description><![CDATA[ (jobPix photography, fotocomunity.fr)
Mardi 24 mars 2009
&#160;
Ce face à face ci-dessus pourrait certainement stimuler Nat et c&#39;est à son intention que je le place en tête de ce deuxième parcours au jour le jour que je débute ainsi, sans autre intention particulière. Je trouve ces deux photos érotiques,  tout simplement.
&#160;
Mercredi 25 mars
Nat me demande [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/03/facefacedejobpixphotography.jpg" class="imagelink" title="facefacedejobpixphotography.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/03/facefacedejobpixphotography.jpg" alt="facefacedejobpixphotography.jpg" width="400" /> (jobPix photography, fotocomunity.fr)</a></p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">Mardi 24 mars 2009</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">Ce face à face ci-dessus pourrait certainement stimuler Nat et c&#39;est à son intention que je le place en tête de ce deuxième parcours au jour le jour que je débute ainsi, sans autre intention particulière. Je trouve ces deux photos érotiques,  tout simplement.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">Mercredi 25 mars</font></p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">Nat me demande pour quelles raisons je m&#39;inquièterais si Justine ou moi tombions amoureuse d&#39;un homme. Tout simplement car je me sens si bien avec elle que je ne me sentirais nullement en l&#39;état de la partager avec un type quelqu&#39;il soit. Mes expériences précédentes n&#39;ont pas tellement été heureuses et ont parfois été à l&#39;origine de cafouillages sérieux. En outre les hommes, pour la plupart se croient tellement supérieurs à la moindre femme, qu&#39;ils sont toujours prêts à nous dire ce qui est bon et bien pour nous. Je ne me sens même pas prête à les utiliser comme simples objets sexuels.</font></p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">Il me semble qu&#39;une femme entre nous, bien qu&#39;elle ne me semble pas nécessaire, serait moins toxique.</font></p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">Ceci n&#39;a rien à voir avec cela, mais Sophie S., depuis qu&#39;elle a rendu son rapport, n&#39;hésite plus à accepter nos invitations. Elle viendra avec nous à B. le prochain w-e si le temps le permet. Sinon, elle viendra dîner à la maison samedi soir.</font></p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">Bien qu&#39;elle soit &#8220;bien élevée&#8221; et très &#8220;catho&#8221;, nous avons de la sympathie, et peut-être même de l&#39;amitié pour elle, car elle est cultivée, ouverte et tolérante. Elle est actuellement seule, car séparée, par consentement mutuel je crois, de son mari.</font></p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">Il y a bien longtemps que j&#39;ai omis de parler d&#39;Anne et de Pierre. Anne est maintenant installée dans son agence bancaire. Pierre, toujours à Draguignan, est candidat à un poste de chef de service à l&#39;hôpital d&#39;Avignon qui se libère fin septembre; il a toutes les chances de l&#39;emporter. Sinon, il lui restera la possibilité d&#39;une autre succession en Arles, au 1er janvier prochain. </font></p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">Samedi 28 mars</font></p>
<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/03/quisuisjedesamy2wwwfotocommunityfrpcpcchannel508extranewdisplay14610744.vignette.jpg" alt="quisuisjedesamy2wwwfotocommunityfrpcpcchannel508extranewdisplay14610744.jpg" /><font size="1"> SaMY2-www.fotocommunity.fr/pc/pc/channel/508/extra/new/display/14610744.jpg</font></p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">Mauvais temps. Restons à la maison. Repas à préparer pour ce soir pour recevoir Sophie ainsi que Anne et Pierre.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">Dimanche 29 mars</font></p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">Le repas (combiné autour d&#39;un beau bar sauvage de méditerranée et d&#39;un bandol blanc 2003 superbe )et la soirée ont été réussis, de l&#39;avis de tous. Sophie gagne vraiment à être connue et fréquentée. Elle n&#39;est pas du tout aussi coincée que je le pensais. Justine a été ravie de faire la connaissance d&#39;Anne et de Pierre. Ces deux-là font plaisir à voir. Pierre est méconnaissable et Anne se passe bien (dit-elle) de Sabine. Celle qui lui manque le plus, bien qu&#39;elle n&#39;ait jamais eu de rapports intimes avec elle et ne souhaite pas en avoir(dit-elle)c&#39;est la compagnie ce Petite Julie.</font></p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">Claudie est dans les ennuis, et m&#39;a semblé malheureuse; en toutcas pas au top. Que faire pour la soutenir?</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">Lundi 30 mars</font></p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">Mon couplet du 25 ( <i>&#8230;</i></font><font face="helvetica" size="3"><i>je ne me sentirais nullement en l&#39;état de la partager avec un type quel qu&#39;il soit. Mes expériences précédentes n&#39;ont pas tellement été heureuses et ont parfois été à l&#39;origine de cafouillages sérieux. En outre les hommes, pour la plupart se croient tellement supérieurs à la moindre femme, qu&#39;ils sont toujours prêts à nous dire ce qui est bon et bien pour nous. Je ne me sens même pas prête à les utiliser comme simples objets sexuels.</i>) a choqué (et même davantage!) un de mes amis.</font></p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">J&#39;ai dû lui préciser aussitôt qu&#39;il ne devait pas se sentir visé, tout en précisant ma &#8220;pensée&#8221;: </font></p>
<p align="justify"><i><font face="helvetica" size="3"> &#8221;Vous savez aussi bien que moi que, en effet, la plupart de vos congénères considèrent les femmes, pour la plupart, comme des êtres à cervelle réduite à une portion limbique ( un peu mieux que la partie reptilienne, tout de même!), intellectuellement limités et qui ne demandent qu&#39;à être dominés. C&#39;est tellement plus confortable de voir en nous, non pas des &#8220;concurrentes&#8221; possibles mais des &#8220;compagnes&#8221; ( juste bonnes à faire l&#39;amour, des enfants, la cuisine et le ménage, et éventuellement apporter un petit salaire de complément) gouvernées par leurs émotions et leurs hormones, au néocortex avorté ou embryonnaire! Ce n&#39;est pas tellement étonnant, toutes les religions monothéistes sont responsables de cette situation, et, toutes &#8220;les ni putes ni soumises&#8221; n&#39;y changerons rien avant longtemps.&#8221;</font></i></p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">C&#39;est malheureusement un constat que je ne suis pas seule à faire. Même dans mon milieu professionnel &#8220;privilégié&#8221;, les femmes, pour la plupart, sont reléguées aux niveaux inférieurs des responsabilités.</font></p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">Il serait temps que les hommes cultivés, intelligents, etc&#8230; se décident enfin à prendre en considération le statut de &#8220;moitié&#8221; accordé, au mieux, à leurs partenaires occasionnelles ou permanentes. </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">Vendredi 3 avril</font></p>
<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/04/joiedefuchsheikewwwfotocommunityfrpcpcchannel501extranewdisplay14365310.vignette.jpg" alt="joiedefuchsheikewwwfotocommunityfrpcpcchannel501extranewdisplay14365310.jpg" /></p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">B n&#39;a toujours pas compris que je ne le crois pas de mauvaise foi. C&#39;est désespérant de constater que tous les hommes intelligents que je connais ne veulent pas admettre que, dans nos sociétés, les femmes, en général, sont considérées comme, au mieux, des &#8220;moitiés&#8221; d&#39;hommes!  C&#39;est tout de même inadmissible que cet état de fait ne leur saute pas aux yeux! </font></p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">J&#39;enrage. Je me demande bien dans quel milieu protégé ils vivent. Et encore, dans notre société occidentale, sans être privilégiées, nous bénéficions d&#39;un sort qui est maintenant  très éloigné de celui de nos consœurs des pays musulmans!</font></p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">Je renonce à faire comprendre cela à B. Parmi les hommes que je connais bien, seul Pierre est à peu près lucide sur ce terrain&#8230; </font></p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">Vendredi 10 avril</font></p>
<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/04/isabellechttpwwwfotocommunityfrpcpcextrafavdisplay11031907.vignette.jpg" alt="isabellechttpwwwfotocommunityfrpcpcextrafavdisplay11031907.jpg" /></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">Une semaine sans un mot! Une semaine vide?</font></p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">Je m&#39;interroge: ne s&#39;est-il rien passé? </font></p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">Si, j&#39;ai eu enfin, un mail de B qui m&#39;assure que je suis enfin comprise! </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3"><span><i></i></span></font><font face="helvetica" size="3">Bien sûr j&#39;adhère à tout ce qu&#39;il dit. Mais, s&#39;il a enfin accepté de reconnaître une grande partie de ce que je dis ou sous-entends, il lui reste un pas important à franchir, pour qu&#39;il sorte lui-même de cet &#8220;homme en général&#8221; qui le froisse tellement. j&#39;ai cru, un moment qu&#39;il allait le franchir en avançant &#8220;la notion de structure et de contexte&#8221;, mais ce ne fut pas pour partir là où j&#39;espérais le voir aller: la structure de nos sociétés humaines où, depuis fort longtemps (sauf dans certaines sociétés matriarcales, ce qui n&#39;était, à mon sens pas mieux!) le genre masculin domine le gente féminin. </font><font face="helvetica" size="3">  </font><font face="helvetica" size="3"></font><font face="helvetica" size="3">Les sociétés occidentales les plus avancées font, bien sûr, depuis (à peu près) une trentaine d&#39;années surtout, une place à des femmes surdouées dans certains postes de tradition réservés aux hommes, ou à des femmes plus &#8220;ordinaires&#8221; dans des fonctions désertées par les hommes car plus assez respectables ou plus assez bien payées (enseignement primaire, secondaire, et, pour partie, supérieur; médecine). La recherche, avec quelques variations selon les disciplines, reste, pour ce qui est des postes de responsabilité, essentiellement, masculine. La vie littéraire et artistique est également, pour l&#39;essentiel, masculine. Et bien sûr, la politique aussi (malgré quelques exemples qui ne font que confirmer la règle et rassurer les hommes dans leur bonne conscience!</font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="helvetica" size="3"> </font></p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">D&#39;ailleurs qu&#39;a-t-on inventé pour &#8220;promouvoir&#8221; l&#39;accès des femmes à la vie publique? La parité! C&#39;est à dire la discrimination positive, comme pour d&#39;autres communautés. C&#39;est, il me semble, de façon difficile à contredire, la preuve même que ce que j&#39;avance est, hélas, une réalité.</font></p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">B m&#39;oppose que les femmes elles-mêmes, sont pour une part responsables de la situation. Bien sûr, et je le sais, hélas, bien. Mais cela ne prouve pas que mon analyse ne soit pas correcte. Ainsi, les femmes ont appris pendant longtemps que la démocratie se caractérisait par le suffrage UNIVERSEL alors que dans le même temps elles n&#39;avaient pas le droit de vote!  Elles n&#39;ont pas fait la révolution pour autant!  </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">Mardi 14 avril</font></p>
<p align="justify"><font face="helvetica" size="3">Voici à l&#39;attention de B, un texte de 1783, signé Laclos:</font></p>
<p align="justify"><i><font face="helvetica" size="3">&#8220;</font></i><span><i><font face="helvetica" size="3"> O femmes ! Approchez et venez m&#39;entendre. Que votre curiosité, dirigée une fois sur des objets utiles, contemple les avantages que vous avait donnés la nature et que la société vous a ravis. Venez apprendre comment, nées compagnes de l&#39;homme, vous êtes devenues son esclave ; comment, tombées dans cet état abject, vous êtes parvenues à vous y plaire, à le regarder comme votre état naturel ; comment enfin, dégradées de plus en plus par une longue habitude de l&#39;esclavage, vous en avez préféré les vices avilissants mais commodes aux vertus plus pénibles d&#39;un être libre et respectable. Si ce tableau fidèlement tracé vous laisse de sang-froid, si vous pouvez le considérer sans émotion, retournez à vos occupations futiles. Le mal est sans remède, les vices se sont changés en mœurs. Mais si au récit de vos malheurs et de vos pertes, vous rougissez de honte et de colère, si des larmes d&#39;indignation s&#39;échappent de vos yeux, si vous brûlez du noble désir de ressaisir vos avantages, de rentrer dans la plénitude de votre être, ne nous laissez plus abuser par de trompeuses promesses, n&#39;attendez point les secours des hommes auteurs de vos maux : ils n&#39;ont ni la volonté, ni la puissance de les finir, et comment pourraient-ils vouloir former des femmes devant lesquelles ils seraient forcés de rougir ? Apprenez qu&#39;on ne sort de l&#39;esclavage que par une grande révolution. Cette révolution est-elle possible ? C&#39;est à vous seules à le dire puisqu&#39;elle dépend de votre courage. Est-elle vraisemblable ? Je me tais sur cette question ; mais jusqu&#39;à ce qu&#39;elle soit arrivée, et tant que les hommes régleront votre sort, je serai autorisé à dire, et il me sera facile de prouver qu&#39;il n&#39;est aucun moyen de perfectionner l&#39;éducation des femmes.&#8221;  </font></i><br />
</span></p>
<p align="justify">(publié par Ewen sur un post de Roomantic.fr)</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/03/24/au-jour-le-jour-ii/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>AU JOUR LE JOUR</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/03/05/au-jour-le-jour/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/03/05/au-jour-le-jour/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 05 Mar 2009 08:03:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal de route]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2009/03/05/au-jour-le-jour/</guid>
		<description><![CDATA[Lundi 23 mars 2009
1-Le passage d&#39;Hervé a comblé Pauline bien au-delà de ce qu&#39;elle peut exprimer. Emma en revanche s&#39;est montrée réservée, pour ne pas dire bougonne. Justine et lui se sont rencontrés pour la première fois, plutôt avec sympathie.
Pour nous deux rien de nouveau à en dire. Je n&#39;avais qu&#39;une hâte, c&#39;est de le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><font face="trebuchet ms,geneva" size="3">Lundi 23 mars 2009</font></p>
<p align="justify"><font face="trebuchet ms,geneva" size="3">1-Le passage d&#39;Hervé a comblé Pauline bien au-delà de ce qu&#39;elle peut exprimer. Emma en revanche s&#39;est montrée réservée, pour ne pas dire bougonne. Justine et lui se sont rencontrés pour la première fois, plutôt avec sympathie.</font></p>
<p align="justify"><font face="trebuchet ms,geneva" size="3">Pour nous deux rien de nouveau à en dire. Je n&#39;avais qu&#39;une hâte, c&#39;est de le voir repartir. Nous avons pu rencontrer samedi le notaire en présence de mon avocat (notre avocat) pour régler officiellement la question de ma propriété sur la maison. Hervé cessera, à la fin de cette année, de participer, pour moitié, au remboursement du prêt qui court encore ensuite sur deux ans. Pauline et Emma seront héritières à parts égales, de cette maison. Hervé continuera, bien sûr, à verser une pension alimentaire pour Pauline, selon un arrangement entre nous qui n&#39;a pas besoin de la justice tant que nous ne divorçons pas. </font></p>
<p align="justify"><font face="trebuchet ms,geneva" size="3">2-Problème avec &#8220;Cha&#8221; sur Room. Une fois de plus, je suis à deux doigts de m&#39;éclipser. Cette fois, il se pourrait bien que cela se fasse.</font></p>
<p align="justify"><font face="trebuchet ms,geneva" size="3">3-Une question me turlupine: que se passerait-il si l&#39;une de nous deux tombions amoureuses d&#39;un homme? Je me pose cette question à froid sans trouver une réponse pour ce qui me concerne. Justine me dit que, en ce qui la concerne, ça a peu de chance de se produire, ce que je ne crois pas. Et ajoute que si cela m&#39;arrivait, ça ne changerait rien entre nous, ce que je ne crois pas non plus.</font></p>
<p align="justify"><font face="trebuchet ms,geneva" size="3">C&#39;est sans doute le type même du faux problème&#8230;  </font></p>
<p><font face="arial black,avant garde" size="3">Vendredi 20 mars 2009</font></p>
<p><font face="arial black,avant garde" size="3">J&#39;essaie d&#39;écrire à Pauline pour son 1er anniversaire, mais je ne suis pas très satisfaite. Je l&#39;ai déclamée, cette esquisse, à l&#39;intéressée. Ça lui a plu; elle a agité les bras, applaudi, crié bôo! bôo! ma, ma! Emma, elle, a trouvé cette espèce de poème, superbe. Elle s&#39;est empressée de le transcrire sur son ordinateur. Je suppose qu&#39;elle va y mettre sa patte.</font></p>
<p><font face="arial black,avant garde" size="3">Elle m&#39;a donné, en effet quelques idées, voilà ce que cela donne  :</font></p>
<p class="blogs_introduction"><i><font face="arial black,avant garde" size="3">Une première bougie pour Pauline!</font></i></p>
<p><i><font face="arial black,avant garde" size="3">Pauline Claire<br />
claire Pauline<br />
beau bébé de printemps<br />
ma fille<br />
que Claire voulait attendre avant de s&#39;en aller. </font></i></p>
<p><i><font face="arial black,avant garde" size="3">Pour Claire<br />
Pauline<br />
trop tard tu es venue<br />
ou plutôt<br />
Pauline<br />
c&#39;est bien trop tôt<br />
que Claire nous a quittées.  </font></i></p>
<p><i><font face="arial black,avant garde" size="3">Ce soir<br />
Pauline<br />
ma fille<br />
mon rêve<br />
tu vas souffler ta première bougie<br />
sur ce gâteau qu&#39;Emma<br />
ta sœur déjà si grande a préparé pour toi. </font></i></p>
<p><i><font face="arial black,avant garde" size="3">Demain<br />
ce vingt-et-un mars<br />
commencera ta deuxième année&#8230;  </font></i></p>
<p><i><font face="arial black,avant garde" size="3">Un an !<br />
C&#39;est peu un an.<br />
Est-ce long un an ?<br />
C&#39;est comme l&#39;on voudra !  </font></i></p>
<p><i><font face="arial black,avant garde" size="3">Mais à ton âge<br />
un an<br />
c&#39;est un morceau de vie<br />
où déjà s&#39;impriment<br />
tant de sensations<br />
et tant d&#39;apprentissages<br />
où se préparent<br />
peut-être<br />
tant de bonheurs possibles<br />
tant de malheurs probables. </font></i></p>
<p><i><font face="arial black,avant garde" size="3">Enfin quoi tout ce qui fait une vie ! </font></i></p>
<p><i><font face="arial black,avant garde" size="3">Et pour toi ton père pour ton bonheur fugace<br />
oui<br />
mais combien nécessaire<br />
pour que tu gardes<br />
en toi pour la vie son image<br />
et qu&#39;aussi tu t&#39;imprègnes de l&#39;amour qu&#39;il te porte<br />
ton père a chaussé ses bottes de sept lieues<br />
pour traverser encore<br />
et tout un continent et tout un océan. </font></i></p>
<p><i><font face="arial black,avant garde" size="3">Pauline ma fille mon cœur tu le mérites tant.</font></i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font size="3"><font face="arial black,avant garde"><i></i></font></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="verdana,geneva" size="3">Dimanche 15 mars 2009</font></p>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/03/156659291.vignette.jpg" alt="156659291.jpg" /><br />
<font face="verdana,geneva" size="3">J&#39;aime les mots, ils m&#39;aident à vivre. Avec Claire, nous avons toujours joué avec eux, du moins depuis notre rencontre; nous avions huit ans et lire, écrire et parler était notre univers. Déjà, si tôt, nous ne pouvions nous en passer: nous fabriquions à deux de petites histoires. C&#39;est bizarre, il n&#39;en reste pas trace. Emma est aussi comme ça: aux jeux vidéos, à la télévision aussi, elle préfère les livres et l&#39;écriture. Elle a commencé à s&#39;amuser aux mots, comme elle disait, avec Claire. Pendant la dernière année de Claire. Emma et Claire passaient de longs moments ensemble. Claire lui racontait des histoires et Emma les transcrivaient. Elle aime la poésie et s&#39;essaie à en écrire. Je crois que dans son collège, elle semble un peu spéciale, mais cela ne l&#39;empêche pas de se faire des amis, garçons et filles. Avec ceux, au moins,  qui l&#39;acceptent différente. Et ils ne sont pas trop rares. À cet âge, on est encore curieux, et pas trop conformiste.<br />
</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="3">J&#39;aime les mots, ils me sauvent, souvent. J&#39;arrive, je crois, assez bien a en faire des histoires, mais j&#39;ai du mal à les organiser en poèmes. Souvent ils font de la résistance. Parfois, rarement cependant, cela vient simplement, cela vient comme un ruisseau, comme une cascade.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="3">Je crois que j&#39;ai un assez bon sens du rythme, les mots s&#39;agencent bien, ça bat, ça chante&#8230;Mais je suis une très mauvaise &#8220;rimeuse&#8221;. D&#39;ailleurs, cela m&#39;agace. Je ne sens pas toujours la nécessité des rimes. La cadence, même en vers libres, me semble plus importante. Et le chant des mots, les sons qui se répondent le mieux, ne sont pas forcément en bout de vers bien calibrés. Mes rares poèmes (mes prétendus poèmes!) je me les dis, tout haut, en écrivant, de façon à en faire bien éclore la musique et le rythme que je souhaite leur imposer. C&#39;est, du moins, ce qui m&#39;importe le plus. Comme dans &#8220;une langue de colibri&#8221; par exemple, dont je suis assez fière bien que beaucoup de ses mots viennent d&#39;un autre auteur, peu académique d&#39;ailleurs (http://manonmoreno.unblog.fr, 22/11/2008)!</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="3">Avec Justine, c&#39;est différent. Le français, et même l&#39;anglais qu&#39;elle maîtrise bien, ne sont pas, pour elle, ni l&#39;un ni l&#39;autre, des langues de culture. En Norvégien, je ne sais pas, bien sûr. Parfois, cependant, elle écrit sur nous de façon a être comprise, sans plus. Mais elle lit beaucoup de littérature, dans les trois langues, indistinctement, sans tellement, pour le moment, vouloir en parler. Je ne sais pas, donc. C&#39;est un champ à défricher.    </font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="verdana,geneva" size="3">Samedi 14 mars 2009</font></p>
<p><font size="3"><font face="verdana,geneva">Justine est en passe de réussir son projet : sa collaboration avec Maria et Sara sur la mise au point de progiciels adaptables</font></font> à des problèmes <font face="verdana,geneva" size="3">spécifiques au graphisme dans l&#39;édition de la bande dessinée, et dans la création d&#39;infographies, non seulement se développe bien à distance, mais Maria est sur le pont de se laisser fléchir (Sara est acquise à cette idée depuis déjà quelques temps). Il est maintenant très probable qu&#39;elles quitteront Oslo pour venir nous rejoindre. </font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="3">La vie avec Justine est douce:avec elle, j&#39;ai retrouvé mon calme et la joie de vivre qui m&#39;avait quittée depuis la mort de Claire. Même cette histoire avec les services de la protection de l&#39;enfance, qui m&#39;avait, sur le coup, mise en colère, c&#39;est apaisée rapidement à son contact, et aussi parce que, je ne sais comment, elle a réussi à convaincre Sophie (l&#39;inspectrice qui est maintenant en passe de devenir une amie) de l&#39;imbécibilité de cette plainte de la crèche!</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="3">Avec Emma, et même Pauline, elle s&#39;entend si bien que j&#39;ai parfois l&#39;impression que Justine est, pour Emma, comme une grande sœur.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="3">Le beau temps nous incite à partir dès midi (en prenant Emma à la sortie de son cours de piano déplacé exceptionnellement) pour Bonnieux chercher (voir, car parc oblige!) les nouvelles fleurs sur les pentes du Luberon.</font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="verdana,geneva" size="3">Jeudi 12 mars 2009</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="3">Ânerie lue en un lieu publique comme &#8220;pensée&#8221; du jour:</font></p>
<p><font size="4"><i><font face="arial black,avant garde">&#8220;Si chacun fait un pas, nous irons tous plus loin&#8221;.</font></i></font></p>
<p><font face="trebuchet ms,geneva" size="4">À proposer comme sujet de dissertation au prochain concours d&#39;entrée à l&#39;ENA et comme problème de math à celui de Polytechnique. </font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Mercredi 11 mars 2009</font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b><i><font size="2"> Folie érotique inspirée par &#8220;Le printemps des poètes&#8221; </font></i></b></p>
<p><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/03/prologuedearnaudboulanger.jpg" class="imagelink" title="prologuedearnaudboulanger.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/03/prologuedearnaudboulanger.jpg" alt="prologuedearnaudboulanger.jpg" width="400" /></a><br />
<font size="4"><i><font face="arial black,avant garde">La nuit fut brève hélas et nos corps émoussés</font></i></font></p>
<p><font size="4"><i><font face="arial black,avant garde">N&#39;étaient pas en état de fondre et de s’aimer</font></i></font></p>
<p><font size="4"><i><font face="arial black,avant garde">Instants tant attendus que nous étions taries</font></i></font></p>
<p><font size="4"><i><font face="arial black,avant garde">Que nos vœux enfin  soient exaucés  chérie</font></i></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font size="4"><i><font face="arial black,avant garde">De nouveau ce matin abreuvons nos désirs </font></i></font></p>
<p><font size="4"><i><font face="arial black,avant garde">Éduquons bien nos sens saoulons-nous de plaisirs </font></i></font></p>
<p><font size="4"><i><font face="arial black,avant garde">De nos langues dardées sur nos tendres tétins </font></i></font></p>
<p><font size="4"><i><font face="arial black,avant garde">Et de nos douces mains affûtons le destin </font></i></font></p>
<p><font size="4"><i><font face="arial black,avant garde">De notre fruit juteux buvons-en la liqueur </font></i></font></p>
<p><font size="4"><i><font face="arial black,avant garde">De sorte que la joie ne quitte plus nos  cœurs</font></i></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="verdana,geneva" size="3">Mardi 10 mars 2009</font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="verdana,geneva" size="3">Je suis effarée du nombre de fautes que l&#39;on peut dénombrer dans le moindre billet, le plus insignifiant des commentaires, mis &#8220;en ligne&#8221; sur les blogs, notamment sur Roomantic.fr, même de la part de certains administrateurs et modérateurs. Pourtant, Roomantic, le site de la sexualité au féminin,<b> &#8221; a été créé avec la volonté d&#39;obtenir une image <span class="gras">raffinée, subtile et élégante</span> </b><i>(de qui? de quoi?)</i><b> sans jamais tomber dans la vulgarité. C&#39;est pourquoi nous apportons un soin particulier autant à la mise en page de nos contenus qu&#39;à la manière dont est traité(*) la sexualité.&#8221;</b></font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="3">Ce n&#39;est évidemment pas ce que peut ressentir une lectrice, ou un lecteur, même &#8220;moyennement&#8221; éduqué! </font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="3">Et dans sa charte de confiance, il est recommandé au modeste membre de:</font></p>
<ol>
<li><font face="verdana,geneva" size="3">Ne pas faire de fautes de frappe.</font></li>
<li><font face="verdana,geneva" size="3">Utiliser une ponctuation correcte.</font></li>
<li><font face="verdana,geneva" size="3">Mettre des majuscules au début de chaque phrase.</font></li>
<li><font face="verdana,geneva" size="3">Ne pas écrire de messages entièrement en masjucules.</font></li>
<li><font face="verdana,geneva" size="3"><b>Porter le plus grand soin à la bonne conjugaison et grammaire des titres et messages.</b></font></li>
<li><font face="verdana,geneva" size="3"><b>Veiller à ce que mes messages et mes titres soient correctement orthographiés.</b></font></li>
</ol>
<p><font face="verdana,geneva" size="3">Je n&#39;ai pas pu m&#39;empêcher d&#39;en parler à Nat. </font><font face="verdana,geneva" size="3">Elle est de mon avis mais trouve que je suis trop puriste et bêcheuse! </font></p>
<p>____________________<br />
<font face="verdana,geneva" size="3"><b>(*)</b></font> Même dans ce texte qui aurait dû être lu et relu on n&#39;est pas capable d&#39;écrire <b><font face="verdana,geneva" size="3">traitée</font></b>!</p>
<p><font face="verdana,geneva" size="3">Lundi 9 mars 2009</font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="verdana,geneva" size="3">La protection de l&#39;enfance va devoir me laisser tranquille. S. l&#39;inspectrice, m&#39;a fait lire le résumé et une première ébauche des conclusions de son rapport (qui n&#39;est pas complètement écrit, car il manque encore la réponse écrite d&#39;Hervé à ses demandes orales). Elle est très positive. Et convaincue que la directrice de la crèche me voulait du mal. Mais pourquoi? Mystère! De toute façon, je m&#39;en fous, mais je vais tout de même faire passer( par une journaliste amie) un article dans la presse locale. Histoire de me faire du bien.</font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="verdana,geneva" size="3">Jeudi 5 mars 2009</font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Je passe avec Au jour le jour à un journal de routine. De routine? Quelle méchante appelation!Comme si vivre avec  Justine était déjà devenu routinier! Non bien sûr&#8230;</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Mais comme nous espérons bien vivre ensemble longtemps, je ne peux plus afficher Vivre avec Justine plus longuement. Ça manquerait d&#39;imprévu, non?</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Au jour le jour, n&#39;est pas un titre très alléchant, mais cela reflète bien ce que peut être un journal intime. Et puis, comme je n&#39;y écris pas régulièrement, pour ceux qui me lisent, chaque intervention peut révéler une surprise, petite ou grande.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Rien ne m&#39;empêche, en outre, de rompre la monotonie par un bille à part, ou un récit qu&#39;il ne me conviendrait pas de publier ailleurs. À ce propos, je précise que tout ce que je &#8220;post&#8221; sur Roomantic.fr est plus ou moins rapidement transféré sur http://evermore13.over-blog.com/. Pour satisfaire mes lecteurs, et mon propre goût, j&#39;ai supprimé les images les plus choquantes, c&#39;est à dire de très mauvais goût.</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Je précise que ce site n&#39;est pas un blog actif en lui-même mais une sorte de &#8220;conservatoire&#8221; des textes auxquels j&#39;ai la faiblesse de tenir. C&#39;est donc un site de sauvegarde. J&#39;y conserve d&#39;ailleurs aussi des fichiers qui viennent de ce blog. Inutile de déposer des commentaires sur over-blog, je préfère vous lire sur mon mail ( monomore13@yahoo.com) dans la mesure ou il me semble que vous ne pouvez commenter directement sur ce site sans y être vous-même.</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">À Paris, la semaine dernière, je suis allée farfouiller dans les archives de la BNF, à la recherche de quelque document inconnu sur Laclos et sur D. Vivant Denon. Basile, s&#39;étonne que l&#39;on puisse encore rechercher des nouveautés sur Laclos. Je reporte ici la réponse que je lui ai faite hier pour m&#39;éviter de réécrire la même chose autrement: </font></p>
<p align="justify"><i><font face="verdana,geneva" size="3">&#8220;Laclos n&#39;est pas aussi bien connu que vous le pensez. J&#39;ai trouvé  10 lettres dont trois portant sur sa relation avec Marie-Solange( ou Soulange). Duppéré, ou Duppré, ou Dupré, qui en outre n&#39;est sans doute pas son nom. Les autres ne sont qu&#39;anecdotiques d&#39;un militaire qui s&#39;ennuie. Mais surtout, j&#39;ai mis la main sur deux  manuscrits de 15 et 20 pages qui concernent la &#8220;libération&#8221; des femmes par l&#39;éducation, qui ne se trouvent pas dans son texte publié en 1783 je crois.(J&#39;ai vérifié, c&#39;est bien ça.) Premier( ?) homme féministe, n&#39;oublions pas. Ces notes (hélas non datées) ne semblent pas connues, et révèlent des positions  plus radicales que les idées publiées dans &#8220;Des femmes et de leur éducation&#8221;. Je suis contente. En outre j&#39;ai trouvé aussi des manuscrits comprenant des variantes de certaines lettres des&#8221; Liaisons&#8221;, qui n&#39;apparaîsent dans aucune édition savante de langue française.</font></i></p>
<p align="justify"><i><font face="verdana,geneva" size="3">&#8220;Vous me choquez un peu en rapprochant le nom de Sade de celui de Laclos, car Sade n&#39;est pour moi, tout au plus, qu&#39;un objet d&#39;étude que je suis obligée de connaître, alors que je me délecte avec Laclos. Chez Sade, seule la langue est belle lorsqu&#39;elle n&#39;est pas sale (J&#39;ajouterai aujourd&#39;hui, hélas! même quand elle l&#39;est, sale!). Mais il y a bien d&#39;autres auteurs, dont Laclos, qui emploie avec une belle aisance la somptueuse langue de ce siècle-là!&#8221;</font></i></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Vivant Denon, plus jeune que Laclos, puisqu&#39;il a chevauché les deux siècles, a, semble-t-il, peu écrit, car, je suppose, il s&#39;est dispersé dans de multiples activités tant il avait de talents. Je n&#39;ai rien découvert de nouveau sur lui: c&#39;est bien dommage car il possédait lui aussi une belle plume. Je vais sans doute publier des extraits de &#8220;point de lendemain&#8221; une nouvelle de dix à quinze pages, selon les versions. Je vais placer ça sur Room, bien que les gentils membres ne soient guère attachés à la belle langue française! </font></p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/03/05/au-jour-le-jour/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>VIVRE AVEC JUSTINE</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/01/31/vivre-avec-justine/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/01/31/vivre-avec-justine/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 31 Jan 2009 15:18:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal de route]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2009/01/31/vivre-avec-justine/</guid>
		<description><![CDATA[Lundi 23 février

En vacances, studieuses. Emma est chez son père, à Nice. En fait à Isola. Demain, je pars pour Paris deux ou trois jours: j&#39;ai quelques archives à consulter pour enfin pouvoir achever mon &#8220;Laclos&#8221;. Je cherche aussi des inédits de Vivant Denon, sur lequel je commence un Que Sais-je?
Justine reste chez nous avec [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Lundi 23 février</font></p>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/02/sushy.vignette.jpg" alt="sushy.jpg" /><br />
<font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">En vacances, studieuses. Emma est chez son père, à Nice. En fait à Isola. Demain, je pars pour Paris deux ou trois jours: j&#39;ai quelques archives à consulter pour enfin pouvoir achever mon &#8220;Laclos&#8221;. Je cherche aussi des inédits de Vivant Denon, sur lequel je commence un Que Sais-je?</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Justine reste chez nous avec Pauline. Nous irons à Bonnieux à mon retour.<br />
</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Vivre avec Justine m&#39;apporte beaucoup de bonheur: nous nous entendons bien, sur beaucoup de plans. Je ne dis pas tous, car il y a forcément des désaccords. Sur des points mineurs jusqu&#39;à présent; mais nous ne nous sommes pas encore  confrontées sur tout, bien sûr! Justine m&#39;apporte le calme qui me manquait. La sérénité, plutôt, car calme je ne serai jamais.</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Vivre avec Justine m&#39;a aussi causé la désapprobation de femmes de la crèche de Pauline—sa directrice, sans doute; apparemment, deux femmes qui vivent ensemble, ça sent encore le fagot, malgré le laxisme moral dans lequel notre société, parait-il, se délecte. Heureusement que le trio que nous formions Claire, Hervé et moi, s&#39;est dissocié par la perte de Claire et le départ d&#39;Hervé, sinon, nous serions tous bons pour le bûcher. J&#39;ai reçu la visite d&#39;une inspectrice départementale de la protection de l&#39;enfance, ou quelque chose comme ça. En tant que lesbienne, je ne serais pas une mère acceptable: je me demande comment il se fait que Pauline et Emma respirent la joie de vivre. Sans parler des exploits scolaires d&#39;Emma qui a une année d&#39;avance sur les plus jeunes (d&#39;âge normal) de sa classe, qui est capable de converser en anglais avec Justine et en espagnol avec moi, et aussi bien sûr en excellent français.  je ne serais pas une mère capable d&#39;élever mes PROPRES ENFANTS, que j&#39;ai fait, qui ont, chacune, un père qu&#39;elles voient. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Donc la question de mes droits parentaux  (et de mes aptitudes à les exercer) est posée. Une enquête est ouverte sur mes antécédents, et même sur mes droits à vivre dans MA maison!</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Bon, je me calme, persuadée que quand ils auront fini de farfouiller dans  mon passé, tout va rentrer dans l&#39;ordre. Je cherche une autre crèche pour quand tout ça sera terminé. Ma belle nordique se demande si les français son fous. Pourtant, elle aime la France, et n&#39;envisage pas de repartir s&#39;établir en Norvège, ni même au Danemark. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">J&#39;en suis heureuse! </font><br />
<font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Dimanche 15 février</font></p>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/02/kincharlotterd.vignette.jpg" alt="kincharlotterd.jpg" /><br />
<font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Je suis restée silencieuse bien longtemps! Le bonheur se vit sans bruit, sans manifestation?</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Est-ce possible?Sans doute puisque je n&#39;ai pas ressenti le besoin de parler à se journal et aux rares amis qui en connaissent l&#39;existence! il faut dire que nous avons été très occupées cette semaine, Justine et moi, chacune dans notre domaine. Beaucoup de travail pour mes cours et Justine a dû aller à Hambourg pour rencontrer ses partenaires et Maria et Sara, venues exprès d&#39;Oslo pour peaufiner leur collaboration. Elle ne désespère pas de convaincre Maria de quitter sa Norvège. Sara, étant danoise, est plus mobile, et elle est je crois déjà convaincue que venir s&#39;installer à Aix avec Justine serait la bonne solution. Mais elle ne veut pas brusquer Maria qui fait valoir, à juste titre, que Justine travaille bien avec toute l&#39;Europe et une partie de l&#39;Asie, sans se déplacer, ou si peu. </font><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Je ne me mèle évidemment pas de leurs affaires.</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Justine et son père, qui est ici (à Bonnieux) pour une semaine avec Pénélope, sont sortis avec Emma pour marcher un peu. Je suis restée au chaud avec Pauline et Pénélope, car je me sens un peu frileuse. Il fait beau, mais froid. et le mistral est de la partie. </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Nous avons eu un échange aujourd&#39;hui, moi et Kassy (Claudie) et je lui ai donné l&#39;adresse de ce journal. J&#39;espère qu&#39;elle ne va pas être trop choquée par ma façon de vivre! J&#39;ai beaucoup de sympathie pour elle, et qu&#39;elle rejoigne Céline, Nathalie, Basile et bien sûr Daniel, me fait plaisir, quelque soit le jugement qu&#39;elle portera sur nous: ces avis sont sûrement bons à connaître.</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Justine est toujours aussi sereine, aimante, tout en exigeant de moi que je me prenne plus solidement en mains. Elle a raison, il faut que je consacre plus de temps à Emma et même à Pauline. D&#39;un autre côté, son calme me rassure! Elle s&#39;intéresse plus à mon travail que moi au sien. Il faut dire que je suis complètement ignare en informatique! Elle vient, quand le boulot ne la presse pas trop, écouter mon cours du mardi sur Laclos et &#8220;les liaisons dangereuses&#8221;. C&#39;est méritoire, car son français n&#39;est pas très littéraire.</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"> C&#39;est la joie entre nous quatre, et le plaisir et plus entre nous deux. </font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>CE MÊME JOUR CES QUELQUES MOTS</p>
<p>POUR TOI, JUSTINE.<i><font face="arial black,avant garde"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/02/269591.vignette.jpg" alt="269591.jpg" /></font><font face="arial black,avant garde" size="3">  </font></i></p>
<p><i><font face="arial black,avant garde">À contre-jour<br />
l’image sage du corps nu de mon amie<br />
est comme un songe<br />
qui pèse lourd<br />
et qui me plonge<br />
dans les douceurs de l’incendie<br />
de mes sens en éveil<br />
je ne vois que les contours<br />
d’un objet vivant<br />
qui dans mon lourd sommeil<br />
se livre à son tour<br />
face au levant</font></i></p>
<p><i><font face="arial black,avant garde"><br />
Je te connais par coeur</font></i></p>
<p><i><font face="arial black,avant garde">et mon imaginaire</font></i></p>
<p><i><font face="arial black,avant garde">jamais ne me te cache</font></i></p>
<p><i><font face="arial black,avant garde">ni jamais ne me leurre</font></i></p>
<p><i><font face="arial black,avant garde">parfois tu es dans l’air</font></i></p>
<p><i><font face="arial black,avant garde">et sans que tu le saches</font></i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><i><font face="arial black,avant garde"></font></i></p>
<p><i><font face="arial black,avant garde">Toi ma belle amour insensée. </font></i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="verdana,geneva" size="3">Dimanche 1er février </font></p>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/02/terrasse.jpg" alt="terrasse.jpg" /><font size="1">(sur la terrasse, au bord de la piscine)</font></p>
<p><font size="1"></font><br />
<font face="verdana,geneva" size="3">Les filles sont ravies </font><font face="verdana,geneva" size="3">car </font><font face="verdana,geneva" size="3">Justine et moi sommes entièrement disponibles pour elles. Le temps n&#39;est pas terrible, mais n&#39;empêche pas de sortir: nous sommes à Bonnieux, dans une maison confortable et bien chauffée depuis samedi dans la nuit ( la programmation par ordinateur a du bon ). Avec Justine, ce genre de gadgets est sans problème et je la laisse bien réfléchir aux aménagements de ce type à mettre en place à Aix. </font></p>
<p><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/02/bonnieux138.jpg" class="imagelink" title="bonnieux138.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/02/bonnieux138.jpg" alt="bonnieux138.jpg" width="400" /></a><font face="verdana,geneva" size="3">Ce matin, en fait, vers midi-1 heure, tant qu&#39;il faisait encore soleil, promenade jusqu&#39;à Céreste, dont une bonne portion à pied.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="3">Justine qui s&#39;est plongée hier soir dans ce Voyage intérieur, m&#39;a rejointe au lit toute douceur et caresse en me disant qu&#39;elle espérait que bientôt mes interrogations se calmeront, et que je passerai plus de temps à consacrer à elle et à nous deux, plutôt qu&#39;à remuer le passé. Du passé, dit-elle, tu ne dois garder que le bonheur de ta vie avec Claire et avec Hervé. Ce bonheur tu ne l&#39;as volé à personne et il t&#39;appartient, comme il appartient à tes filles, et, aussi à moi, car ce que tu es maintenant pour moi, c&#39;est ce bonheur qui l&#39;a fabriqué.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="3">Nous nous sommes aimées avec tellement de joie que j&#39;en ai pleuré, bêtement. </font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="3">Justine, mon bien le plus précieux, lui ai-je dit. Elle a corrigé: avec tes souvenirs de bonheur, et avec Emma et Pauline. Elle n&#39;oublie jamais les petites. La manière dont elle s&#39;entend avec Emma, me rappelle la relation si tendre, si pleine, de Claire et d&#39;Emma.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="3">C&#39;est une belle journée de joie.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="3">J&#39;ai posté sur Room hier et tt à l&#39;heure des histoires absolument grotesques que j&#39;avais écrites avec Claire, il y a longtemps, pour tester le degré d&#39;intérêt des membres de auFéminin.com que nous fréquentions alors, pour des écrits stupides. Cela la distrayait.</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="3">Nath et Kassy ne s&#39;y sont pas trompées, ça fait plaisir. Je crois qu&#39;elles ont compris mon intention.     </font></p>
<p><font size="3"><font face="verdana,geneva">Samedi 31 janvier 2009 </font></font></p>
<p><font size="3"><font face="verdana,geneva">J&#39;entreprends une nouvelle phase de notre vie. Je dis notre car j&#39;associe à mes filles et moi, désormais, Justine. Ce &#8220;désormais&#8221; est malvenu. En effet, Justine fait partie de ma vie depuis la fin août et nous vivons ensemble, tous les quatre depuis son retour de Norvège, depuis trois semaines.</font></font></p>
<p><font size="3"><font face="verdana,geneva">J&#39;ai dû faire le point,grâce à elle. Elle a mis le doigt sur une faille de notre histoire à trois:Claire, Hervé et moi. Hervé était amoureux de Claire, alors que je croyais que c&#39;était de moi. La maladie, puis la mort de Claire, a déstabilisé notre entente, entre Hervé et moi. Il est parti, peut-être malgré les filles, Pauline tout au moins, parce que moi sans Claire, ce n&#39;était plus suffisant pour le retenir. J&#39;en souffre, mais je ne dois en vouloir à personne. Reviendra-t-il? Je ne sais pas. Je ne sais même pas si c&#39;est important.</font></font></p>
<p><font size="3"><font face="verdana,geneva">Si je fais ma vie avec Justine, en étant séparée de lui, il est probable que cette séparation est définitive. J&#39;ai fais le ménage en moi, je crois que maintenant je vois clair, il faut aussi qu&#39;entre Justine et moi tout soit clair. Nous sommes bien ensemble, notre sensualité est comblée, nos corps s&#39;entendent à merveille, nos caresses ne vont jamais à contre sens. Nous sommes émues chaque jour de nous retrouver. Il faut que que, intellectuellement, nous nous entendions pour reconnaitre à l&#39;autre le droit d&#39;être éventuellement différente. Tout ça est à construire. Et j&#39;avoue que je m&#39;interroge.</font></font></p>
<p><font size="3"><font face="verdana,geneva">Ce que j&#39;ai vecu avec Claire ne peut servir. Nous nous sommes adoptées à huit ans:à partir de là, nous nous sommes construites, côte à côte.</font></font></p>
<p><font size="3"><font face="verdana,geneva">Avec Justine comment faire? Nous sommes deux adultes déjà bien engagées dans la vie. Notre entente ne peut être que difficile à mettre en oeuvre.  </font></font></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/01/31/vivre-avec-justine/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>2-LE BONHEUR FOU.</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/01/30/le-bonheur-fou/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/01/30/le-bonheur-fou/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 30 Jan 2009 09:44:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Nouvelles &amp; Récits.]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2009/01/30/le-bonheur-fou/</guid>
		<description><![CDATA[&#160;
&#160;
(Ce texte  ensuite été mis en ligne—légèrement modifié—sur Roomantic.fr)

&#160;
Avec Célia, ce fut le bonheur fou, pendant douze ans.
 
Ensuite, j’ai erré quelque temps, sans manquer de sexe, mais en manquant d’amour. Puis, par le plus heureux des hasards j’ai rencontré Caty .
 
Elle m’a dit vers la fin du week-end magique de notre rencontre : “ça t&#39;arrive [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">(<i>Ce texte  ensuite été mis en ligne—légèrement modifié—sur Roomantic.fr)<br />
</i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Avec Célia, ce fut le bonheur fou, pendant douze ans.</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Ensuite, j’ai erré quelque temps, sans manquer de sexe, mais en manquant d’amour. Puis, par le plus heureux des hasards j’ai rencontré Caty .</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Elle m’a dit vers la fin du week-end magique de notre rencontre : “ça t&#39;arrive souvent, ce coup de folie, ce désir brutal et urgent de t&#39;unir à une femme ? Et cette tendresse, cette chaleur, qui les accompagnent ; ce doux plaisir qui en résulte. “</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">“ Non ma chérie, ça ne m&#39;est arrivé que deux fois : le jour de mes dix-huit ans, lorsque Célia et moi nous nous sommes découvertes. Et hier, lorsque c’est toi que j’ai rencontrée, et j&#39;espère que cela va durer au moins autant de temps.“</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">“Tu ne m&#39;a pas encore parlé de Célia ; pourquoi êtes-vous séparées ? Et il n&#39;y a pas eu, dans ta vie, d&#39;autres femmes que Célia ?“</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">“Non je n&#39;ai pas connu tellement d&#39;autres femmes : quelques rares partenaires d&#39;un soir et Jenny, qui fut mon amie jusqu&#39;à fin août, depuis presque un an. Mais avec elle, c&#39;était autre chose : je dirai une amitié amoureuse, quelque chose de différent de ce que j&#39;ai vécu avec Célia et que je sens revivre avec toi.“</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">&#8220;Bien sûr, je vais te parler de Célia, mais ce sera une longue histoire! Et si je te parle de Célia, je dois aussi te parler de Renaud, car en fait dans cette belle aventure, nous avons été longtemps, trois inséparables.</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">                                                                                           </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">  </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Célia Michaud est entrée un matin d’octobre dans ma classe, c’était le 9 octobre 1994, jour de mon anniversaire, le jour même de mes dix-huit ans. Ce fut pour moi, comme un soleil d’été qui soudain m’illuminait, me réchauffait, me brûlait même, en ce jour d’automne un peu lugubre. À la fin de la matinée, nous nous sommes vues, et reconnues, pour la vie, pensions-nous alors. Pour sa vie, en fait. Car elle n’est plus. </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Je l’ai abordée après les cours : « bonjour, je suis Lola Machado, aujourd’hui est un jour très particulier ; tu arrives le jour même de mes dix-huit ans. » </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">L’amour entre nous est né à l’instant même de notre rencontre, mais ce n’est que quelques semaines plus tard que nous l’avons vraiment compris. Elle avait six mois de moins que moi, mais c’était la première fois qu’elle tombait en amour. Moi, c’était la première fois que je me sentais amoureuse d’une fille, mais, bien qu’il soit resté jusque-là platonique, enfin presque, j’étais aussi certaine d’en pincer pour Renaud Laffitte, un homme de trente ans, marié, professeur de lettres à l’université de Poitiers, et que j’avais rencontré l’été précédent, sur la plage de Saint-Palais, près de  Royan. </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Je m’étais liée aussi, et même d’abord, avec Odile, sa femme, professeur également, mais d&#39;une santé fragile qui la tenait souvent éloignée de la plage, de sorte que nous avons souvent fait des promenades à deux le long de la côte, Renaud et moi. C’était—c&#39;est toujours d&#39;ailleurs— un bel homme, et il me plaisait. Je voyais bien que je ne lui été pas indifférente : souvent il me regardais, presque nue— en très simple bikini— à ses côtés, avec une concupiscence qu’il s’efforçait de cacher.</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Un jour, pendant une promenade, je lui ai pris la main qu’il ne m’a pas retirée tout de suite. Je lui ai dit que je l’aimais, et il a paru inquiet : « Voyons Lola, moi aussi je t’aime bien, mais j’ai Odile que j’aime davantage. Et tu es très jeune.» « Bien sûr je suis jeune, mais ce n’est pas interdit d’aimer à presque 18 ans. Et je vois bien que je t’intéresse plus que tu ne veux me l’avouer. »</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Je me suis serrée contre lui, et je l’ai embrassé sur la bouche. Il ne s’est pas écarté, et j’ai senti contre moi son sexe durcir. C’était pour moi vraiment une première. Je l’ai entraîné entre deux rochers, et nous avons passé là un bon moment avant que la mer arrive à nous rejoindre, et ainsi, à nous chasser : il avait défait le haut de mon bikini,  caressé et baisé mes seins. </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Jusque-là, j’étais la seule à m’être caressée. Je découvrais un nouveau plaisir. Celui d&#39;une main—sa main— sur mon corps. Un main qui s&#39;est même insinuée sous mon slip, mais sans s&#39;attarder, hélas!, sur mon fruit. Moi aussi, j’ai pris son sexe entre mes mains, avec hésitation et, en même temps, avec émotion. Grande découverte là encore ! </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Nous sommes revenus plusieurs fois en ce lieu avant notre départ, mais sans que jamais notre désir commun ne fut alors consommé…</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Une fois rentrés de vacances, nous correspondions en secret par mail, mais si, de mon côté, je ne  me gênais pas pour lui écrire des messages d’amour en insistant sans vergogne sur mes désirs insatisfaits, lui se tenait sur une extrême réserve et se limitait, ce qui me faisait enrager, simplement à une tendre amitié.</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Mon coup de foudre pour Célia, me déstabilisa jusqu’à ce qu’elle-même me dise qu’il était, selon elle, tout à fait possible d’aimer deux personnes en même temps, surtout s’ils étaient de sexes différents. </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">J&#39;ai donc repris ma correspondance avec Renaud, en lui renouvelant mon amour et mon désir pour lui. En même temps, je lui parlais de Célia, de notre amour, en lui faisant part en détail de nos caresses,de sa beauté de blonde, de ses seins coniques et plein de sève, de sa fente mouillée de son miel, et bien d&#39;autres polissonneries encore, sans doute pour l&#39;exalter aussi envers moi. </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Je me rends compte aujourd&#39;hui, en t&#39;en parlant, que ce n&#39;était sans doute pas très honnête de ma part d&#39;agir ainsi, aussi bien à l&#39;égard de Renaud que vis à vis de Célia. Mais je n&#39;ai pas de raison de vouloir te faire croire que je suis sans reproches à me faire.</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Célia arrivait de New York où son père, diplomate, avait été en poste, à l’ONU, pour le gouvernement français, pendant dix ans.  Il avait maintenant un poste d’ambassadeur à Prague, et il avait jugé meilleur que Célia fasse sa terminale en France, pour se préparer à l&#39;enseignement dans le pays où elle allait faire ses études supérieures. Et pourquoi à  Bordeaux?  Tout simplement parce  que  sa tante,  une sœur de sa mère ( morte quelques années plus tôt), vivaient dans la ville où j&#39;étais moi-même chez mes grands-parents maternels.</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Nous avons échangé nos premiers baisers et caresses, à la rentrée de janvier, une après-midi où nous nous sommes trouvées seules chez elle. D’abord très maladroitement, mais nous avons pris plaisir dès ce jour-là, à nous dévêtir et à nous découvrir nues dans entre nous. Nous étions toutes deux pucelles en tout ce qui touche le sexe&#8230;et toutes deux désireuses d&#39;en découvrir les plaisirs.</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Caty, à ce point de mon récit, remarqua :</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">« Tu te réjouis du hasard qui nous a réunis, mais avec Célia, et aussi avec Renaud, n’était-ce pas déjà un coup du hasard ? </font><font face="arial,helvetica,sans-serif"><br />
</font> <font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">—Bien sûr, Caty ! Toujours le hasard, ou, si tu préfères, si tu crois à la prédestination, la force du destin, ce fabuleux destin !»</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">« Lola » reprend Caty « parle-moi encore de Célia. De vous deux ; et de Renaud aussi. Je suis impatiente.</font><font face="arial,helvetica,sans-serif"><br />
</font> <font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">—Je te dirai tout, mais sois patiente, au contraire, car elle est longue notre histoire. »</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Célia était superbe. C’est de sa mère, peut-être, une Italienne que son père a rencontrée à Rome, à l’un de ses premiers postes de diplomate, qu’elle devait sa superbe chevelure d’un blond cuivré de toute beauté—ce roux appelé “blond vénitien“ et que l’on voit bien sur ce fameux tableau de Botticelli intitulé, “la naissance de Vénus “. </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Le soleil de sa chevelure qui m’a éblouie d’abord, et illuminée ensuite, pendant toute sa courte vie. Sa peau claire, parsemée de petites taches de rousseur, ses seins en cônes, très fermes, pointés vers moi, ses longues jambes fines dont les cuisses venaient se réunir aux bords de sa touffe abondante et, elle aussi, joliment cuivrée ; tout en elle me séduisait, m’émouvait, toujours. Comme un éternel renouveau.</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Nous étions bien appariées, de taille comparable, l’une blonde, l’autre brune, nous mettant en valeur par contraste. Nous attirions les regards, des hommes, bien sûr, mais des femmes aussi, qui curieusement décelaient vite en nous un couple d’amantes, et parfois voulaient s’imposer.</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Pendant cette année de terminale, nous avons appris à travailler ensemble, nous complétant, en somme, ce qui donnait un résultat surprenant d’efficacité : nous avons obtenu notre bac brillamment, malgré le temps que nous avons passé à nous aimer. Intéressées toutes les deux par l’histoire de l’art et des civilisations, ainsi que par l’archéologie, nous avions passé, avec succès, au printemps, le test probatoire à l’entrée de l’École du Louvre.  </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Le jour de ses dix-huit ans, le 1er  avril, j’avais présenté Célia à mes grands-parents, en leur disant : « voilà Célia Michaud, dont je vous ai parlé, nous nous aimons, nous voulons vivre ensemble. Est-ce que vous acceptez qu’elle s’installe chez vous, avec moi, dans ma chambre ? »</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">C’était un peu brutal, penses-tu ? Oui, peut-être, direct en en tout cas ! Mais j’avais déjà parlé de Célia, ils avaient sûrement commencé à comprendre. Et puis, mes grands-parents étaient très ouverts, modernes, et ils ne pouvaient rien refuser à leur unique petite-fille, enfant de leur fille unique, disparue tragiquement depuis déjà dix années.</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Ils se sont regardés un instant, juste un coup d’œil, et mon grand-père a dit : « laisse-nous quelques jours, ma chérie, laisse-nous au moins le temps de faire connaissance avec Célia, non ? » </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Je savais que c’était gagné. Ils se sont montrés très gentils, tout de suite avec elle,  et bientôt elle fut adoptée. Du côté de la tante et du père de Célia, ce fut un peu plus difficile, mai bien vite tout rentra dans l’ordre.</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">L’été qui suivit, nous le passâmes moitié à Prague, chez son père, moitié à Saint-Palais, où mes grands-parents avaient une maison. Renaud et Odile ne vinrent pas cette année. Renaud avait décidé de ne pas se rapprocher de moi. Et même de me tenir éloignée. Il ne répondait plus à mes messages. J’étais à peine déçue car Célia et moi, très amoureuses l’une de l’autre, nous goûtions avec de  grands plaisirs notre union, désormais au grand jour. </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Nous avons fait la connaissance, sur la plage de Saint-Palais, d’Armelle et de Sébastien, un couple de dix ans plus âgé que nous et du genre libertin, qui cherchait des partenaires pour parties érotiques. Nous nous sommes laissées tenter à plusieurs reprises. Nous n’avons pas du tout apprécié de faire l’amour avec Armelle, ni avec Christine, une autre de leur copines. En dehors de notre propre relation fondée sur notre amour, le libertinage lesbien n’était pas notre “truc“ ! </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">À l’inverse, avec Sébastien, nous avons connu nos premières relations hétérosexuelles. Sans en retirer une satisfaction à la hauteur ni de notre curiosité ni du désir que le garçon avait su faire émerger en nous, mais sans dégoût non plus. Simplement, nous en avons retiré l’envie et la nécessité de faire des expériences plus concluantes.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Peut-être que cela te choque, Caty chérie, mais nous n’étions pas des anges, et si les filles, à de très rares exceptions près, ne nous ont pas intéressées, nous avons eu, parfois, et notamment pendant notre première année à Paris, une véritable fringale de sexe masculin, que nous avons toujours assouvie ensemble. Nous ne nous sommes “assagies“ que pendant la deuxième année, et surtout lorsque j’ai pu, toujours accompagnée de Celia, reprendre contact avec Renaud à partir de notre troisième année au Louvre. Nous avions alors 21 ans.</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">« Pourquoi penses-tu que je pourrais être choquée ? J’ai à peine plus de vingt ans, tu es mon premier amour, je n’ai pas connu d’autres femmes, avant toi, et les rares garçons avec qui je suis sortie ne m’ont pas fait une impression inoubliable. Je ne peux pas te  dire que j’ai maintenant envie de connaître le grand frisson avec les hommes. Peut-être que c’est avec toi que cette “fringale“, comme tu dis, me viendra. Tu fais bien aussi l’amour avec des hommes, toi. Avec ce Martin dont tu m’as parlé avec une certaine admiration, par exemple.<br />
—Tu fais erreur, Caty, je n’ai pas d’admiration pour Martin. Je t ‘ai dit seulement qu’il baisait bien, et que j’appréciais les hommes qui ont cette qualité, car tout le plaisir que j’ai eu avec Célia, avec Jenny et maintenant avec toi, ne remplace pas celui que m’apporte la pénétration d’un sexe d’homme : contrairement à beaucoup de femmes, je ne prends pas mon pied avec des “sex-toys “, aussi perfectionnés soient-ils. Bon, mais je continue.»</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Comme je te l’ai dit, à Paris, nous avons en quelque sorte “pété les plombs“. Nous étions bien entre nous ; notre amour, loin de s’attiédir,  se renforçait, et nos études, à l’École  du Louvre, nous passionnaient. Mais notre sensualité, peut-être dévergondée, nous incitait à faire avec intensité, connaissance de ce que pouvait être la baise avec des hommes. Des vrais ! Et nous avons dragué, sans honte, avec acharnement même, non pas parce que nous n’avions pas de succès, au contraire. Imagine le succès que pouvaient rencontrer deux nénettes de 19 ans, pas mal du tout, auprès de la gent masculine de tous âges ! Non, c’était hyper facile, même ! Le problème, c’était de choisir ! Ça, quand on n’a pas d’expérience, c’est hyper difficile ! Alors nous avons beaucoup couché, beaucoup trop. Nous avons baisé dans une sorte de frénésie qui aujourd’hui me fait honte.</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Nous partagions toujours nos partenaires : pas question que l’un ou l’autre choisisse Célia plutôt que moi ; ou l’inverse.<i> Nous étions solidaires : c’était l’une <b>et </b>l’autre, ou aucune.</i> C’était, pour nous, je crois, un façon d’affirmer notre amour, et de le protéger. C’était puéril, bien sûr, mais nous étions des gamines. Jamais nous n’avons fait l’analyse de notre comportement.</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Inutile que j’entre dans les détails, car c’est à la limite de l’indicible ; en effet, il n’y a jamais eu le moindre sentiment dans cette attitude : seulement du sexe.  Ceux avec qui nous baisions plus d’un soir, car leurs performances nous avaient convaincues, nous traitaient au mieux de cinglées, au pire de gouines nymphomanes.</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Au cours de notre deuxième année à Paris, sans cesser vraiment de rencontrer des hommes et de baiser avec eux, nous avons considérablement ralenti cette activité. Nous avions des relations plus longues, toujours à trois, toujours sans sentiment pouvant s’apparenter à l’amour, mais en cultivant des rapports impliquant une plus grande considération, voire une réelle affection, ou, du moins, un plaisir autre que sensuel à être ensemble. J’ai encore conservé de cette époque quelques véritables amis.</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Nous vivions de l’allocation mensuelle que recevait Célia de son père et d’une bourse à taux maximum que j’ai obtenue, car mes grands-parents ne pouvaient pas m’aider de façon très importante. Malgré tout, même en vivant au plus juste dans une chambre de bonne, c’était difficile sans recettes complémentaires.</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Nous avons d’abord fait comme beaucoup d’étudiants : divers travaux au noir, généralement sous-payés, jusqu’à ce que deux pistes plus lucratives s’offrent à nous.</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">La première, pas trop rémunératrice, mais peu fatigante : modèles dans des cours de dessin, peinture et arts plastiques. Nous acceptions de poser nues et parfois en couple, dans des positions plus ou moins lascives. Note bien que nous étions un peu vicieuses malgré toute notre naïveté, car nous nous amusions des pulsions que notre nudité déclenchait chez les élèves de ces cours, sans parler de peintres plus “installés“ qui ne dédaignaient pas de se rincer l’œil aussi.</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Le deuxième emploi, plus intéressant financièrement, mais peu satisfaisant au plan éthique a consisté à fonctionner comme figurantes, voire un peu plus, dans des films X ou des vidéo publicitaires. Nous avons évidemment dû offrir nos académies—ce qui, à cette époque, ne  nous posa pas le moindre problème— mais, en terme d’action, nous ne sommes jamais allées plus loin que le “lesbian kissing“, anodin, somme toute, mais qui peut être aussi, comme tu ne le sais peut-être pas, extrêmement érotique pour de simples voyeurs, s’il est accompli avec sensualité.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"> </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Enfin, tu le vois, nous n’avons pas été très sages. Il m’arrive de rencontrer, dans l’exercice de mon métier, des personnes pour qui nous avons posé nues, et qui possèdent encore des dessins ou des aquarelles de Célia et de moi dans des exhibitions parfois audacieuses, bien au-delà de la limite de la décence. Dans ce cas, même en lançant de manière désinvolte, « que voulez-vous, il nous fallait bien vivre ! », j’ai du mal à ne pas me sentir gênée…</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Je t’ai dit que nous éprouvions comme une jouissance à donner envie de nous en posant ainsi devant ces jeunes gens qui tenter de faire de nous une œuvre d’art, mais il y a pire, en quelque sorte : nous aimions nous exposer, être scrutées dans nos moindres recoins parfois. Célia et moi nous en parlions souvent en nous demandant s’il était normal de ressentir une telle jubilation. Ne crois-tu pas que ce voyeurisme à rebours, cet exhibitionnisme, est une forme plutôt rare de perversité ?</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">« Lola, ma chérie, je suis si jeune et je te connais à peine, comment veux-tu que je sache ce qui est pervers ou pas ? Je ne me suis jamais exposée nue en public, mais je sais que j’aime être admirée lorsque je suis peu vêtue, en été, ou sur une plage, les seins nus, et j’adore déjà te voir me dévorer des yeux quand je suis dévêtue, sans avoir l’impression de devenir perverse.<br />
— Bon, alors ça va, tu me rassures. Mais n’est-il pas heureux tout de même  que Renaud soit revenu dans ma vie après la mort d’Odile ? Célia, a ainsi pu le connaître et l’apprécier ? En tout cas, c’est, je crois bien, grâce à la relation amoureuse que nous avons eue toutes les  deux avec lui qu’enfin nous  avons accédé à une sensualité mieux maîtrisée. »</font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Ça c’est passé à l’automne 1997. Célia et moi, nous avions alors 20 et 21 ans, et nous étions au début de notre troisième année d’École ; dans le cadre d’une des spécialités que nous avions choisie, en archéologie, un mémoire à faire sur des aspects de la civilisation étrusque, et nous avions profité d’une semaine de vacances à la Toussaint pour nous rendre en Italie, sur quelques sites de l’ancienne Étrurie, puis à Rome. C’est à la Villa Giulia, musée dédié à la civilisation étrusque, auprès du “Sarcophage des époux“, que nous avons rencontré Renaud Laffitte.</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Absorbé dans la contemplation de ce chef d’œuvre en terre cuite peinte provenant des fouilles du site de Cerveteri, il ne nous avait pas encore   aperçues lorsque je me décidai à lui toucher le coude. En me reconnaissant, il fut à la fois surpris et content. « Lola, quelle bonne surprise » fit-il en me serrant dans ses bras, « et voici, je suppose, Célia, non ? » en lui tendant la main avec un bon sourire. « Qu’est-ce qui me vaut le plaisir de cette rencontre inattendue ?<br />
—Quelques jours de vacances et un travail à préparer sur les civilisations étrusques » lui ai-je répondu.</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Nous avons bavardé un moment, autour de notre sujet de mémoire, puis, Renaud qui arrivait de Florence et ne faisait qu’un court passage à Rome avant de rentrer en France, visiblement impressionné par Célia, remarqua : « Lola, qui vous a présentée comme la plus belle fille de la création, n’a pas menti ; vous me faites penser à la Venus de Botticelli, que j’ai revue, il y a deux ou trois jours.  Seriez-vous Italienne ? Célia n’est-il pas un prénom dérivé de Cecilia ?<br />
—C’est ma mère qui  était Italienne. Oui, je pense qu’elle a francisé Célia, à partir de Cecilia.<br />
— Parlez-vous italien ?<br />
— Je connais la chanson, car ma mère m’a toujours parlé italien, mais, depuis que je l’ai perdue, je n’ai pas beaucoup pratiqué. Aussi, j’ai un bon accent, mais mes connaissances sont très basiques. Avec Lola, nous avons décidé de nous y mettre afin de maîtriser une langue presque indispensable dans les métiers de l’art. »</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Nous étions en fin de journée, et Renaud nous invita à dîner avec lui. C’est alors que je lui demandai si Odile allait nous rejoindre. J’ai vu son visage s’assombrir, se durcir, et il dit : « Comment, tu n’es pas au courant ? Tu n’as rien su ? J’aurai dû te l’écrire, bien sûr, mais je me suis contenté d’un faire-part dans quelques quotidiens. Oui, elle est morte, Odile. Il y aura bientôt un an. D’un accident vasculaire cérébral. Tu sais comme elle était fragile à cause de cette hypertension qu’elle avait de naissance et qui a été la cause d’une hémorragie soudaine et massive contre laquelle on n’a rien pu faire. »</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Je n’ai trouvé à dire qu’un convenu « je suis désolée » avant d’ajouter « tu penses bien que je t’aurais écrit et même que je me serais déplacée, si je l’avais su !<br />
— Oui, c’est vrai, je t’en prie, ne m’en veux pas. Bien que nous sachions tous les deux que ça pouvait se produire, c’est arrivé si brusquement que j’en ai été déboussolé.<br />
— A-t-elle souffert ?<br />
— Non, je ne crois pas, elle n’a rien vu venir. À moins que l’on souffre lorsqu’on tombe dans le coma… »</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Lorsque nous nous sommes retrouvés deux heures plus tard au restaurant qu’il nous avait indiqué, il avait repris son air avenant et détendu, et la soirée, autour d’un repas typiquement italien, et d’une bouteille d’un excellent amarone, tourna autour de nos études, de nos projets et des siens. Il était toujours à Poitiers mais il postulait pour une mutation à ParisVII, pour la rentrée prochaine, avec des chances, a-t-il précisé, de voir sa candidature retenue.</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Nous avons décidé de nous revoir, et il devrait nous avertir de son prochain déplacement à Paris.</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Le soir, au lit, après l’amour, Célia m’a dit qu’elle trouvait Renaud séduisant, et qu’elle comprenait maintenant pourquoi « j’en avais été si  amoureuse. » j’ai réfléchi à cette remarque, en pensant que la mort de sa femme, aussi inattendue et triste qu’elle devait me paraître, risquait de remettre en cause pour lui, bien des a priori. Et je rétorquai : « mais Célia, je le suis toujours. »</font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"><br />
&#8220;Comment&#8221; me demanda Caty &#8220;comment Célia a-t-elle réagi?<br />
— Assez mal, vois-tu! Elle m&#39;a demandé si, à mon avis, il y avait encore une place pour elle dans mon coeur. Elle m&#39;a fait une grosse crise de jalousie, en fait.<br />
— Mais, elle t&#39;avait bien dit qu&#39;avoir un autre amour en même temps qu&#39;elle, surtout si c&#39;était un homme, était concevable?<br />
— Oui, elle me l&#39;a dit, mais, trois ans avaient passé depuis, nous étions un “vieux“ couple, très uni, très amoureux, chacune de nous deux très attachée à l&#39;autre. Nos relations avec des hommes avaient toujours été conduites à deux, et, comme tu le sais, toujours de nature sensuelle et érotique, mais pas sentimentale.<br />
— Et d&#39;après toi, elle craignait qu&#39;avec Renaud il s&#39;agisse d&#39;autre chose ?<br />
— En effet.&#8221;</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">J&#39;envoyai en rentrant un mail à Renaud. Il a été à l&#39;origine d&#39;une telle crise entre Célia et moi que je m&#39;en souviens mot pour mot : &#8220;Je suis encore sous le choc, et je me rends bien compte que je n&#39;ai pas été capable de te dire combien la disparition d&#39;Odile m&#39;étais insupportable à imaginer. Souviens-toi, cependant, que j&#39;ai pour toi les plus tendres pensées. Ce n&#39;est pas parce que, à ta demande, je me suis tenue éloignée, que j&#39;ai cessé d&#39;espérer connaître un jour la douceur de tes caresses.&#8221;</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">&#8220;Vraiment, ma chérie, tu as fait cela ?<br />
— Oui, Caty, oui, cette fois je te choque vraiment, non ?<br />
— Je suis triste de te le dire ! Mais oui, je trouve que ce n&#39;est pas très délicat de ta part.<br />
— Je ne t&#39;en veux pas, je me suis fait cette réflexion une fois mon message parti.<br />
— Et qu&#39;a-t-il répondu ?<br />
— D&#39;abord, rien. Puis, quelques semaines plus tard, à la mi-décembre, je crois, il m&#39;a envoyé quelques lignes qui disaient, à peu près quelque chose comme : “Chère Lola, j&#39;ai apprécié ton petit message, qui m&#39;a fait chaud au cœur. Je me suis dit que je n&#39;étais pas aussi seul que j&#39;en avais l&#39;impression. Finalement, je n&#39;ai pas eu à aller à Paris, et je pense que je n&#39;irai pas avant Noël. Si vous allez, toi et Célia, à Bordeaux pour les vacances, arrêtez-vous à Poitiers, j&#39;aurai plaisir à vous voir. Je pourrais d&#39;ailleurs vous loger si vous décidiez de rester un jour ou deux“.<br />
— Que s&#39;est-il passé ?<br />
— Eh bien, c&#39;est la suite de notre histoire.&#8221;</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">J&#39;ai parlé de ce projet avec Célia. Nous n&#39;avions pas reparlé de Renaud depuis notre retour, et tout semblait aller entre nous comme avant. Je me trompais, et de beaucoup. Quand elle eut lu le message de Renaud, elle a voulu voir celui que j&#39;avais envoyé moi-même. Je lui ai fait lire. Elle est devenue furieuse et m&#39;a dit que ce que j&#39;avais fait là était indigne de moi, que je m&#39;étais offerte à Renaud sans le lui dire et donc, que je lui avais fait une infidélité.</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">&#8220;Est-ce que tu réagirais de cette façon, toi, Caty ?<br />
— Lola, je ne sais pas, j&#39;espère que si la question se posait, si tu avais le désir de coucher avec un homme, tu m&#39;en avertirais, non ?<br />
— Mais, elle le savait, puisque je lui avais dit que j&#39;étais toujours amoureuse de lui !<br />
— Sans doute, cependant elle ne savait pas que tu lui avais écrit ce message, qui me choque pour deux raisons : d&#39;abord parce que, comme t&#39;a si bien dit Célia, tu t&#39;offres à Renaud sans en faire part à ton amie, et ensuite, et pour moi c&#39;est encore plus grave, tu t&#39;offres à quelqu&#39;un qui vient juste de t&#39;annoncer la mort de sa femme. Or, tu savais qu&#39;il aimait sa femme puisqu&#39;il t&#39;avait repoussée alors que tu lui inspirais un grand désir.<br />
— Oh, mais tu es bien sévère ! Plus que lui, d&#39;ailleurs. Est-ce que tu vas encore m&#39;aimer si je te raconte la suite ?<br />
— Oui, Lola, je suis jeune et je crois à notre avenir.&#8221;</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Célia m&#39;a quittée, elle est partie passer toutes les vacances avec son père, toujours à Prague. Et moi, en allant à Bordeaux, je me suis arrêtée à Poitiers. J&#39;ai compris tout de suite que Renaud était déçu que je ne sois pas venue avec Célia. Mais ce n&#39;est que bien plus tard que j&#39;ai compris pourquoi.</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Il m&#39;a installée dans la chambre qu&#39;il avait préparée pour Célia et moi. Dans la nuit, je me suis levée pour le rejoindre. Je me suis glissée dans son lit. Il ne m&#39;a pas repoussée. Loin de là ! Après Noël, je suis revenue, et nous avons passé le nouvel an ensemble.</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">C&#39;est ainsi que nous sommes devenus amants. Malgré tout le plaisir que nous nous sommes donnés, j&#39;ai senti que l&#39;absence de Célia lui pesait.</font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3"> </font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Après une longue période de crise entre Célia et moi, nous nous sommes réconciliées en vivant ensemble avec Renaud. Ce petit arrangement ente amantes, nous l&#39;avons vécu dans une profonde paix intérieure. J&#39;ai ressenti moi-même cette période, d&#39;une certaine manière aveuglément, comme celle du bonheur absolu, comme des années de bonheur fou. Jusqu&#39;à ce que la maladie fatale—qui chez elle ne fut pas “longue“—fondit sur Célia et l&#39;emporta en quelques mois.</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Nous restâmes seuls, Renaud et moi, anéantis.</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Comme pour conjurer le sort, nous nous sommes mariés, avec l&#39;intention de fonder une famille. Très vite cependant, nous nous sommes aperçus que notre couple était bancal.</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">La vérité un jour m&#39;est apparue clairement : si depuis mes premières rencontres avec Renaud, sur la plage de Saint-Palais de mes dix-huit ans, je devins, pour toujours, amoureuse de lui, lui-même n&#39;a jamais eu pour moi qu&#39;une grande affection associée à un ardent, mais maîtrisé, attrait sexsuel.</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">C&#39;est Célia qui, amoureuse et de moi et de Renaud, assurait la cohésion de notre trio.</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Renaud, pour sa part, était devenu vraiment amoureux de Célia, dès qu&#39;il la vit à la Villa Giulia, et après sa mort, malgré tous les efforts que nous avons consentis pour maintenir notre couple, celui-ci s&#39;est défait, peu à peu, mais inexorablement.</font></p>
<p><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="3">Nous nous sommes séparés et j&#39;ai erré pendant trois ans, de rencontres éphémères en liaisons un peu plus durables, jusqu&#39;à ce que le hasard, ou le destin, nous place, Caty et moi, sur le même chemin.</font></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/01/30/le-bonheur-fou/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>AU BORD DU GOUFFRE&#8230;Journal.</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/01/21/au-bord-du-gouffrejournal/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/01/21/au-bord-du-gouffrejournal/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 21 Jan 2009 15:33:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal de route]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2009/01/21/au-bord-du-gouffrejournal/</guid>
		<description><![CDATA[Il n&#8217;y pas d&#8217;extrait, car cet article est protégé.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<form action="http://manonmoreno.unblog.fr/wp-pass.php" method="post">
<p>Cet article est protégé par mot de passe. Pour le lire, veuillez entrer son mot de passe ci-dessous&nbsp;:</p>
<p><label>Mot de passe&nbsp;:<br />
<input name="post_password" type="password" size="20" /></label><br />
<input type="submit" name="Submit" value="Envoyer" /></p></form>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/01/21/au-bord-du-gouffrejournal/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>JUSTINE EST LÀ&#8230;Journal des premiers jours.</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/01/10/justine-est-la/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/01/10/justine-est-la/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 10 Jan 2009 12:47:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal de route]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2009/01/10/justine-est-la/</guid>
		<description><![CDATA[&#160;
&#160;
&#160;
Dimanche 18 janvier
 Je suis sous le coup de ma discussion avec Justine, l&#8221;autre nuit, et avec Nathalie qui va dans le même sens! Je tourne en rond sans parvenir à  sortir de ce cercle vicieux. Je sens qu&#39;elles ont raison et qu&#39;il a fallu que Justine parle pour que je découvre comme un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="verdana,geneva" size="3">Dimanche 18 janvier</font><br />
<img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/01/kincharlotterd.vignette.jpg" alt="kincharlotterd.jpg" /> <font size="3"><font face="verdana,geneva">Je suis sous le coup de ma discussion avec Justine, l&#8221;autre nuit, et avec Nathalie qui va dans le même sens! Je tourne en rond sans parvenir à  sortir de ce cercle vicieux. Je sens qu&#39;elles ont raison et qu&#39;il a fallu que Justine parle pour que je découvre comme un gouffre à mes pieds! Que d&#39;erreurs n&#39;ai-je pas commises avec mon orgueil démesuré. Je me demandais pourquoi Claire prétendait si souvent être égoïste: c&#39;est parce qu&#39;elle avait pour Hervé un sentiment prononcé qu&#39;elle croyait ne pas devoir avoir? L&#39;égoïste, c&#39;était moi, en fait, moi qui l&#39;aie poussée dans les bras de ce pauvre Xavier, alors que ce qui lui manquait, c&#39;était Hervé. J&#39;ai pourtant bien remarqué comme elle a été heureuse à La Roque lorsque nous étions tous les trois réunis, alors que physiquement rien n&#39;était plus possible entre eux. Simplement, le fait que souvent c&#39;est lui qui la levait, qui lui faisait sa toilette, qui la portait au bain, lui suffisait.</font></font></p>
<p><font size="3"><font face="verdana,geneva"> Daniel a bien dû s&#39;en rendre compte, lui si fin. Jamais il ne m&#39;en a dit quoi que ce soit. Est-ce que Claire, qui avait tellement confiance en lui, lui en a parlé dans des messages qu&#39;elle n&#39;aurait pas conservés ? Peut-être? Mais non je ne pense pas. Et je n&#39;ose même pas lui en parler&#8230; </font></font></p>
<p><font size="3"><font face="verdana,geneva">Que puis-je faire, maintenant? En parler avec Hervé? Il me dira que je me trompe. Qu&#39;il aimait Claire comme une soeur, comme si un homme mettait sa soeur dans son lit! J&#39;ai vraiment tout gâché!</font></font></p>
<p><font size="3"><font face="verdana,geneva">Justine me dit qu&#39;entre elle et moi, tout va bien, tout ira bien, longtemps. Est-ce possible?  Quelle sottise puis-je encore faire? </font></font><br />
<font face="verdana,geneva" size="3"></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><span>Vendredi 16 janvier</span></font></p>
<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/01/zyeutercomphoto276225.vignette.jpg" alt="zyeutercomphoto276225.jpg" /><font size="4">La nuit dernière, nous sommes restées longtemps éveillées après l&#39;amour. Nous avons papoter. Justine m&#39;a dit: &#8220;Pendant mon voyage, sur le bateau, j&#39;ai relu votre récit, à Claire et à toi. J&#39;ai été intriguée par le fait que, d&#39;un commun accord, il me semble, vous<font face="verdana,geneva"><font size="3"> avez laissé un vide à propos de ce qu&#39;il s&#39;est passé entre vous, après le retour de Claire des États-Unis, où plutôt de Buenos Aires. Et tu reprends, très rapidement sur les débuts de la maladie. Ça fait un trou de quatre ou cinq ans. Pourquoi?</font></font></font></p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva"><font size="3">—C&#39;est parce que nous avions trouvé un état d&#39;équilibre entre nous deux et Hervé, que notre ménage à trois fonctionnait bien et que nous étions heureux. Jusqu&#39;à ce que les premiers signes de la SLA se manifestent. Ou même, jusqu&#39;à ce que le diagnostic soit établi. Oui, cela fait environ quatre ans (printemps 2002- printemps 2006).</font></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—</font><font face="verdana,geneva" size="3"><span>Parce que vous étiez heureux, vous n&#39;aviez rien à en dire? C&#39;est bizarre, tu ne trouves pas?  Je me suis demandée comment vous aviez vécu ce ménage à trois. Tu sembles dire qu&#39;entre  Claire et Hervé, il y avait seulement de l&#39;affection. Tu crois vraiment  que pendant quatre ans, ils ont fait l&#39;amour sans amour.  Comment se fait-il, puisque votre besoin d&#39;homme était si puissant, au moins pour Claire, comment se fait-il qu&#39;elle se soit contentée de ce que tu lui laissais.  Elle aurait pu avoir des liaisons bien à elle.&#8221; </span></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><span>Elle m&#39;a vraiment poussée dans mes retranchements. Et j&#39;ai fini par reconnaître ce que je refusais de voir.</span></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><span>&#8220;Tu as raison, il devait y avoir entre Claire et Hervé plus que ce que je croyais. Et c&#39;est peut-être la raison de notre échec à Hervé et à moi. Claire et moi, pour lui, formions peut-être comme un seul amour et la maladie et la fin de Claire aurait tout remis en cause. </span><span>Tu crois que ce serait ça l&#39;explication?</span></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><span>—Je ne sais pas, c&#39;est  toi et Hervé seulement qui pouvaient répondre à cette question. Comment il était pendant sa maladie?</span></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><span>—Jusqu&#39;à ce qu&#39;elle parte à Draguignan, c&#39;était comme avant. Ensuite, lorsque nous avons été séparés, je ne revenais à Paris que tous les mois, il est devenu plus distant, malheureux. En fait il fréquentait Aline, la femme qui l&#39;a rejoint à Berkeley. Il me l&#39;a dit et j&#39;ai laissé faire puisque je ne pouvais pas faire plus pour lui. En juillet 2007, à La Roque d&#39;Anthéron, il est redevenu comme avant, s&#39;occupant de Claire autant que moi. Et il avait anticipé en se faisant muter à Aix pour la rentrée 2007. Mais la maladie a évolué très vite, et ce fut la fin décidée par Claire</span></font><font face="verdana,geneva" size="3">.</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">—</font><font face="verdana,geneva" size="3"><span>Ma chérie, tu devrais écrire toute cette période que Claire n&#39;a pas voulu aborder. Tu ne crois pas que c&#39;est parce qu&#39;elle avait compris tout ça?&#8221;</span></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><span>Je suis étonnée que Justine, rien qu&#39;en lisant attentivement ce que nous avions écrit, ait trouvé ce que je n&#39;arrivais pas à formuler. Et en plus elle m&#39;a dit aussi ce que je n&#39;arrivais pas à formuler moi-même: je suis bien avec toi, et je ne te laisserai pas tomber, sois en sûre, mais je crois que tu ne peux pas te passer</span></font><font face="verdana,geneva" size="3"><br />
</font> <font size="3"><span><font face="verdana,geneva">d&#39;homme ( Hervé, ou un autre, je ne sais pas!) pendant longtemps. Cette idée ne me choque pas, et si je le peux, je t&#39;aiderais. Peut-être que ça m&#39;aidera à me libérer moi-même de l&#39;attraction qu&#39;exerce mon père sur moi.</font> </span></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva"><font size="3">Jeudi 15 janvier</font></font></font></p>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/01/kincharlotterd.vignette.jpg" alt="kincharlotterd.jpg" />  <font size="3"><font face="verdana,geneva">Le petit repas de fête, hier soir, eut beaucoup de succès. Emma aime la fête! Repas sans prétention: petite salade de mâche et champignons à l&#39;huile de noix et d&#39;olives (à ma façon!), le saumon norvégien grillé préparé par Justine, bien sûr, le taramisu spécial Emma. Un flacon de bandol </font></font><font size="3"><font face="verdana,geneva">Pibarnon </font></font><font size="3"><font face="verdana,geneva">blanc 1999, pour les adultes, qui, ensuite, comme si elles avaient besoin de cela, étaient joyeuses. Après le coucher des filles, un peu de musique avec Hélène Grimaud et son piano, par révérence pour une Aixoise que j&#39;aime.</font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Et puis,un gros câlin.</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Dans la nuit, je me suis éveillée presque étonnée de sentir le corps nu de Justine contre le mien. Sa tête sur mon épaule, une main sur mon ventre, elle dormait comme une enfant. Son souffle, une brise fraîche, sur mon sein. D&#39;agréables effluves de nos sexes chatouillaient mes narines me rappelant nos jouissances de la veille, et me redonnant comme une envie de recommencer. Mais je respectais le repos de ma belle.</font><br />
<font size="3"><font face="verdana,geneva">Car une longue et intense journée de travail nous attendait l&#39;une et l&#39;autre.</font></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Mercredi 14 janvier</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/01/sophiethouvenin1.vignette.jpg" alt="sophiethouvenin1.jpg" /> </font><font face="verdana,geneva" size="3"><span>Aujourd&#39;hui, semi-repos: pas de cours, mais Emma, sans école est plein d&#39;exigences. Elle a bien raison de vouloir profiter et de sa mère, et de Justine</span>, dès qu&#39;elle sort de son bureau.  <span>Hier, avec mes étudiants de Master I, journée épuisante, mais ô combien intéressante et gratifiante. Il y avait un exposé de présentation générale de Casanova l&#39;aventurier écrivain libertin. J&#39;ai dû compléter, c&#39;est normal, je suis là pour ça. Fait intéressant, nombreux sont ceux qui se sont aperçus que ce Vénitien, dans ses mémoires, était un écrivain d&#39;expression française! Ils pensaient que je les faisais travailler sur des traductions! Ensuite, exposé sur le 1er  et le 2ème tome et explication d&#39;un passage du second tome où il fait la conquête de la femme de son patron: ils ont été étonnés de la modération des propos aussi bien de la femme  que du séducteur: tout est dit, mais, c&#39;est plus suggéré que décrit sans far. À l&#39;exception de l&#39;épisode où, vexé parce qu&#39;il n&#39;a pas eu accès à la chambre de la belle, il se laisse circonvenir par une prostituée qui lui flanque le &#8220;mal vénitien&#8221;, bien que cela se passe à Corfou. Là, les propos sont moins feutrés&#8230;</span></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Ce soir, Justine et moi allons nous mettre en cuisine toutes les deux, pour donner un air de fête, pour Emma, et aussi pour Pauline qui commence à comprendre et surtout à manifester beaucoup de choses, un air de fête, donc, à ce premier mercredi de vraie cohabitation. </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Entre Justine et moi, c&#39;est la joie, la tendresse, l&#39;amour, quoi!  Je lui ai parlé de Céline, de Nathalie aussi. Elle aime bien tes poèmes, Nat. Et elle n&#39;est jalouse ni de Céline, ni de toi.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="times new roman,times" size="3"> Lundi 12 janvier</font></p>
<p align="justify"><font size="4"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/01/sweetcharade.jpg" alt="sweetcharade.jpg" /> </font><font face="times new roman,times" size="4">Nous sommes rentrées, les filles, Justine et moi, tard hier soir à Aix, profitant à fond de ce si beau week-end. Maintenant, je fais mes derniers préparatifs pour mes cours de cet après-midi. En L1, je poursuis l&#39;explication de fond sur Laclos: ils sont peu nombreux ( 25) à avoir choisi mon option (littérature libertine  du XVIIIème) et c&#39;est un régal d&#39;avoir un ensemble aussi motivé pour découvrir ce qu&#39;il ne connaissait pas. De toute évidence, beaucoup découvrent que cette littérature n&#39;est pas vraiment ce que le terme de libertin signifiait pour eux. Demain, c&#39;est ma journée consacrée aux étudiants de Master I et nous devons avoir trois exposés sur les mémoires de Casanova: curieusement, ces journées d&#39;exposés faits par les étudiants me demandent beaucoup plus de travail que mes cours de L1 ou de L3!</font></p>
<p align="justify"><font face="times new roman,times" size="4">Justine finit d&#39;installer son équipement d&#39;informatique et d&#39;aménager et de ranger son bureau pour pouvoir se mettre à nouveau au travail: elle a de nouveaux contrats, signés avant son départ pour le grand nord de sa Norvège natale, qu&#39;il convient de commencer à honorer. Elle a aussi des projets d&#39;extension de son activité vers des progiciels d&#39;infographie, ou impliquant l&#39;infographie, pour lesquels elle s&#39;associe avec Maria et son amie Sara. Il s&#39;agit d&#39;abord, et peut-être pour longtemps, d&#39;une collaboration à distance, mais elle ne désespère pas de les amener jusqu&#39;à Aix! Elle est passionnée par son travail comme pour tou ce qu&#39;elle entreprend. Passionnée et calme. Pour moi qui suis parfois tellement excessive, c&#39;est un vrai bain calmant!</font></p>
<p align="justify"><font face="times new roman,times" size="4">Voilà l&#39;amour, oui! Mais le boulot aussi! Les deux activités reprennent tous leurs droits, sans s&#39;exclure.</font></p>
<p align="justify"><font face="times new roman,times" size="4">Dimanche 11 janvier</font></p>
<p align="justify"><font face="times new roman,times" size="4"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/01/261336.vignette.jpg" alt="261336.jpg" /> Justine me demande pourquoi je change souvent de vignette. En effet, pourquoi? Je lui réponds “parce que je suis multiple!” Mais ce n&#39;est pas pour cela. Multiple, compliquée, difficile à cerner, tout cela je le suis, au point de me rendre souvent insupportable…Est-ce parce que je ne me supporte pas moi-même, telle que je suis, ni vraiment belle, ni vraiment moche?</font></p>
<p align="justify"><font face="times new roman,times" size="4">Pour égarer les lecteurs qui voudraient me faire du gringue! Même pas, car ici je suis tranquille. Il faut passer par Room ou par over-blog pour me trouver. Où aller au tout début de ce blog, ce que les lecteurs ne font plus.</font></p>
<p align="justify"><font face="times new roman,times" size="4">J&#39;aime dérouter les gens que j&#39;intéresse, j&#39;aime me dérouter moi-même!!!</font></p>
<p align="justify"><font face="times new roman,times" size="4">Belle journée calme et ensoleillée. Tout à l&#39;heure, nous irons marcher un peu avec Emma et Justine. Pénélope s&#39;est offerte à “garder” Pauline pendant sa sieste. </font></p>
<p align="justify"><font face="times new roman,times" size="4">Très bonne nuit au grand calme dans cette superbe maison, confortable et bien chauffée. Erik nous suggère de venir souvent, même après son départ prochain pour le Danemark où il a trouvé un travail à prendre, en attendant de trouver quelque chose plus au sud. On peut faire le réglage de température par ordinateur, ce qui évite de laisser la maison chauffée vide ou de se geler en arrivant.</font></p>
<p align="justify"><font face="times new roman,times" size="4">Erik est un monsieur agréable. Il est content de notre amour. Sa fille lui est plus chère je crois bien que toutes les femmes qu&#39;il a sans faire beaucoup d&#39;efforts. Pourtant, il a un réel engouement pour Pénélope: ils semblent heureux tous les deux.</font></p>
<p align="justify"><font face="times new roman,times" size="4">Hier soir, cependant, Pénélope a tenter, sans qu&#39;Erik lui fasse la moindre remarque, de reprendre ses anciennes habitudes avec Justine. Bien sûr, j&#39;ai laissé Justine gérer ce problème; elle l&#39;a fait gentiment, sans drame. je n&#39;aurais pas su faire si bien. Pénélope voulait coucher avec elle et m&#39;envoyer rejoindre Erik en échange! Mais tout s&#39;est bien terminé.</font></p>
<p align="justify"><font face="times new roman,times" size="4">À mon grand soulagement… </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Samedi 10 janvier 2009</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/01/dunoyer.vignette.jpg" alt="dunoyer.jpg" />  Justine est arrivée en FRANCE  mardi, et à la maison mercredi. Grande fête, grande joie pour nous toutes. Même Pauline a manifestement été contente de la revoir.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Amour, beaucoup d&#39;amour. Caresses. Tendres caresses. Étreintes passionnées, corps contre corps, corps à corps, à bras le corps. Quel bonheur de se toucher, de jouir,  de crier.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">De rire, de parler de nous, des prochains jours, de l&#39;avenir.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Retour encore sur Hervé. Pour moi, c&#39;est un trait tiré. point barre! Justine promet de ne plus en parler entre nous: c&#39;est mon affaire et celle des filles. Elle m&#39;a dit &#8220;que faire si tu as besoin d&#39;un homme?&#8221; J&#39;ai répondu &#8220;nous verrons bien; pour le moment tu me suffis, tu es ma femme et mon homme: j&#39;en suis comblée.&#8221;</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Nous installons le bureau de Justine dans la chambre qui est à côté du mien. Elle sera bien, elle est vaste: on peut laisser un lit pour les jours de bouderie; ça arrivera forcément&#8230; Il reste  encore une chambre pour les visiteurs.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Nous partons après la sieste de Pauline pour Bonnieux: la maison est chauffée puisque Erik Olafson et Pénélope y sont . Ils nous attendent. Nous allons y chercher aussi le matériel de travail de Justine.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">Nous allons former un vrai couple&#8230;de femmes qui s&#39;aiment!</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3">J&#39;emporte un peu de travail: mon cours sur les mémoires de Casanova à compléter pour mardi.</font></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/01/10/justine-est-la/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Je voeux!</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/01/10/je-voeux/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/01/10/je-voeux/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 10 Jan 2009 09:40:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal de route]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2009/01/10/je-voeux/</guid>
		<description><![CDATA[&#160;
Nathalie a écrit le jeudi 08 Janvier 2009 à 20:52
&#160;
&#160;
&#8220;Et oui nous sommes dans la période des voeux&#8230; alors je joue le jeu du vœu&#8230; &#8230; par dix&#8230; &#8230;
&#160;
Je vœux&#8230; &#8230; (http://www.roomantic.fr/&#8230;)

J&#39;invite des amis cybernétiques d&#39;écrire à leur tour leurs dix &#8220;Je voeux&#8221; selon leurs critères de priorités, vos envies, vos désirs, vos rêves, vos [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="conteneur_blogs_entete">&nbsp;</p>
<h3 align="justify"><a href="http://www.roomantic.fr/blog-billet-611-je-voeux.html#billet" class="element_tooltip"></a><font face="verdana,geneva" size="4">Nathalie a écrit le jeudi 08 Janvier 2009 à 20:52</font></h3>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">&#8220;Et oui nous sommes dans la période des voeux&#8230; alors je joue le jeu du vœu&#8230; &#8230; par dix&#8230; &#8230;</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Je vœux&#8230; &#8230; (<a href="http://www.roomantic.fr/blog-billet-597-je-voeux-merci-swanie.html" class="element_tooltip lien_puce_page_externe">http://www.roomantic.fr/&#8230;</a>)</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><br />
J&#39;invite des amis cybernétiques d&#39;écrire à leur tour leurs dix &#8220;Je voeux&#8221; selon leurs critères de priorités, vos envies, vos désirs, vos rêves, vos espoirs, vos espérances&#8230; &#8220;</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Je me permets de recopier ici la réponse, sûrement trop sérieuse, que j&#39;ai faite en entrant dans son jeu, mais certains des voeux que je formule pourraient peut-être répondre à certaines des questions que se posent des lecteurs et des lectrices au sujet de mon billet sur Room (<a href="http://www.roomantic.fr/blog-billet-605-droit-de-reponse-tre-homme-aujourd-hui.html" class="element_tooltip lien_puce_page_externe">http://www.roomantic.fr/&#8230;</a>).</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><br />
</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"> </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"> </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">C&#39;est bien, Nathalie, parce que tu me le demandes que je m&#39;exécute; en effet, c&#39;est vraiment trop intime ce jeu-là, pour moi et trop sérieux aussi!</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"> </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><b><font face="verdana,geneva" size="4">Je voeux pouvoir penser à Claire sans pleurer.</font></b></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><b><font face="verdana,geneva" size="4">Je voeux boire la vie à la source de ma belle Justine.</font></b></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><b><font face="verdana,geneva" size="4">Je voeux que mes filles n&#39;aient pas à rougir de moi, à aucun moment.</font></b></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><b><font face="verdana,geneva" size="4">Je voeux pouvoir dire à mes filles qu&#39;elles appartiennent bien à la moitié de l&#39;humanité sans que les faits leur démontrent que ce n&#39;est pas vrai, qu&#39;elles font en réalité partie d&#39;une sous-espèce méprisée, battue*, violée*, excisée, lapidée, assassinée*.</font></b></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><b><font face="verdana,geneva" size="4">Je voeux rire, pleurer, baiser** en toute liberté.</font></b></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><b><font face="verdana,geneva" size="4">Je voeux pouvoir dire qui j&#39;aime et qui je n&#39;aime pas.</font></b></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><b><font face="verdana,geneva" size="4">Je voeux pouvoir être ivre de toute la beauté du monde sans que les massacreurs en tout genre la massacrent.</font></b></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><b><font face="verdana,geneva" size="4">Je voeux pouvoir en jouir aussi longtemps que possible de la façon qui me convient sans qu&#39;on me dise &#8220;ça ne se fait pas&#8221;.</font></b></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><b><font face="verdana,geneva" size="4">Je voeux que Nathalie soit heureuse, sans restriction, sans limite abusive et sans que quiconque lui dise, avec suffisance, quelle est sa voie.</font></b></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><b><font face="verdana,geneva" size="4">Je voeux enfin que Céline aussi soit heureuse, trouve un travail digne d&#39;elle et qu&#39;elle me pardonne.</font></b></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p>Manon.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Notes:</p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4"><i>*Savez-vous combien de femmes battues, violées, meurent en France, chaque semaine? En effet, faut-il constamment rappeler qu&#39;Il n&#39;y a pas que les intégristes musulmans qui se permettent de tuer leurs femmes?</i></font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4"><i>** Sans doute aurais-je dû préciser: (&#8230; ) baiser (avec les femmes ET les hommes que j&#39;aime ou qui me plaisent) en toute liberté.</i></font></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/01/10/je-voeux/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Être homme aujourd&#8217;hui ?</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/01/10/etre-homme-aujourdhui/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/01/10/etre-homme-aujourdhui/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 10 Jan 2009 09:29:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal de route]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2009/01/10/etre-homme-aujourdhui/</guid>
		<description><![CDATA[

&#160;
 Certains lecteurs qui suivent mes récits et billets depuis &#8220;Brève rencontre ?&#8221;(http://www.roomantic.fr/&#8230;) et &#8220;Tom Barton&#8221;(http://www.roomantic.fr/&#8230;) jusqu&#39;à &#8220;Pauvre Martin&#8221;(http://www.roomantic.fr/&#8230;) (http://www.roomantic.fr/&#8230;) estiment que je suis misanthrope (dans le sens restrictif du contraire de misogyne, rarement utilisé, et pour cause !), et donc, que je mésestime, non le genre humain, mais les humains de sexe mâle. J&#39;admets [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><a href="http://www.roomantic.fr/blog-billet-605-droit-de-reponse-tre-homme-aujourd-hui.html#billet" class="element_tooltip"><br />
</a></h3>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva"><i> Certains lecteurs qui suivent mes récits et billets depuis &#8220;Brève rencontre ?&#8221;(<a href="http://www.roomantic.fr/blog-billet-82-breve-rencontre.html" class="element_tooltip lien_puce_page_externe">http://www.roomantic.fr/&#8230;</a>) et &#8220;Tom Barton&#8221;(<a href="http://www.roomantic.fr/blog-billet-358-tom-barton-1-vivre-nues-faire-l-amour-et-peindre.html" class="element_tooltip lien_puce_page_externe">http://www.roomantic.fr/&#8230;</a>) jusqu&#39;à &#8220;Pauvre Martin&#8221;(<a href="http://www.roomantic.fr/blog-billet-471-pauvre-pecheur-baise.html" class="element_tooltip lien_puce_page_externe">http://www.roomantic.fr/&#8230;</a>) (<a href="http://www.roomantic.fr/blog-billet-485-pauvre-martin-pauvre-pecheur.html" class="element_tooltip lien_puce_page_externe">http://www.roomantic.fr/&#8230;</a>) estiment que je suis misanthrope (dans le sens restrictif du contraire de misogyne, rarement utilisé, et pour cause !), et donc, que je mésestime, non le genre humain, mais les humains de sexe mâle. J&#39;admets volontiers que, parmi les humains du &#8220;premier&#8221; sexe, je critique parfois férocement, en effet, les phallocrates qui restent, malgré une évolution sensible, très majoritairement dominants. </i></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva"><i>Je ne m&#39;attarderais pas à me lamenter sur les messages d&#39;insultes que je reçois, en MP ou par mail, mais il se trouve que l&#39;un de ses correspondants m&#39;écrit son point de vue, sous forme d&#39;un pamphlet assez joliment balancé, en me demandant de le publier, en tant que &#8220;Droit de réponse&#8221;.</i></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Voici son texte :</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&#8220;Peut-on encore être homme aujourd&#39;hui ?</p>
<p align="justify">&#8220;Nous n&#39;avons plus le champ libre. Nous ne tenons plus, seuls, le haut du pavé.</p>
<p align="justify">&#8220;Nous ne pouvons plus, simplement, prendre notre plaisir. Nous ne pouvons plus, simplement, nous faire servir, le moment venu, au moment voulu, une belle et bonne fellation. Nous ne pouvons plus, sur simple sommation, sodomiser nos femmes. Non, tout cela qui nous était dû, ne peut plus se concevoir sans entente préalable, sans prières, à genoux, la langue active, devant la chapelle ardente.</p>
<p align="justify">&#8220;Avant tout nous devons leur donner du plaisir.</p>
<p align="justify">&#8220;Ensuite nous aurons droit à quelque gâterie. À condition d&#39;avoir satisfait la 1ère, puis la 2ème et éventuellement les épouses ou “maîtresses“ suivantes.</p>
<p align="justify">&#8220;Sinon c&#39;est entre elles qu&#39;elles se satisferont. Avec ou sans l&#39;usage d&#39;objets de jouissance, de plus en plus perfectionnés, et animés.</p>
<p align="justify">&#8220;Plus question de dire par exemple : &#8220;c&#39;est moi qui t&#39;aie inventée ; je t&#39;ai fait découvrir ta “vraie“ sensualité, ta bisexualité, ton penchant pour la sodomie, le fouet, les menottes, la corde même! Ah, quelle jouissance il procure, le noeud coulant bien manœuvré, bien sûr !</p>
<p align="justify">&#8220;Non, tout cela n&#39;est plus permis ! Les marquis de Sade modernes ne peuvent plus s&#39;amuser impunément avec toutes les justines du monde. Ce sont eux que l&#39;on émascule, suspend, encorde, et bien pire encore.</p>
<p align="justify">&#8220;Qui plus est, nos femmes se permettent de se rendre indépendantes, de se passer, en toute conscience, d&#39;un époux, pour se choisir toutes seules des amants ou/et des amantes !</p>
<p align="justify">&#8220;Elles se permettent d&#39;être, en outre, au moins aussi intelligentes que nous, et plus efficaces ! Elles sont en tête de toutes les promotions où la compétition est serrée. Il n&#39;y aura bientôt plus d&#39;hommes en médecine. Elles ne se contentent plus d&#39;être aides-soignantes ou infirmières, elles veulent en plus être chefs de service ! Mais oui !</p>
<p align="justify">&#8220;Il y a des femmes PDG de grandes entreprises. Il y a des femmes qui dirigent quelques pays. C&#39;est vrai que d&#39;autres se contentent d&#39;un état de “première dame“, mais ça ne saurait durer.</p>
<p align="justify">&#8220;Il y a des femmes dans une vénérable institution comme l&#39;Institut de France (les Académies). Il y a des femmes au non moins vénérable Collège de France, et la dernière en date n&#39;a que trente-six ans !</p>
<p align="justify">&#8220;Qu&#39;allons-nous devenir ? Être mangé tout cru comme le mâle de la mante religieuse après l&#39;amour ?</p>
<p align="justify">&#8220;Ou simplement nous contenter de notre place, à côté d&#39;elles, à leur niveau, à notre niveau&#8230; Comme certains d&#39;entre nous semblent l&#39;accepter !</p>
<p><i><font face="verdana,geneva"><span class="gras"> <b><br />
&#8220;Je ne suis pas encore l&#39;un de ces résignés : je suis pour la discrimination positive en faveur des hommes.&#8221;</b> </span></font></i></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/01/10/etre-homme-aujourdhui/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>CORESPONDANCES (III)</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/01/04/corespondances-iii/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/01/04/corespondances-iii/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 04 Jan 2009 16:38:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal de route]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2009/01/04/corespondances-iii/</guid>
		<description><![CDATA[De Justine à Manon le 25 décembre.
Hier soir, ou plutôt cette nuit, autour de minuit, Maria et moi, comme presque chaque année, nous avons emprunté la voiture de Selma pour aller voir et respirer la nuit de Noël au nord de Tromso, assez loin derrière les montagnes, au bord du fjord, pour ne pas être [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/01/2695913vignette.jpg" alt="2695913vignette.jpg" /><font face="verdana,geneva" size="3"><i>De Justine à Manon le 25 décembre.</i></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>H</i></font><img src="///Users/jacquesdaillie/Desktop/2695913.vignette.jpg" /><font face="verdana,geneva" size="4"><i>ier soir, ou plutôt cette nuit, autour de minuit, Maria et moi, comme presque chaque année, nous avons emprunté la voiture de Selma pour aller voir et respirer la nuit de Noël au nord de Tromso, assez loin derrière les montagnes, au bord du fjord, pour ne pas être gênées par les lumières de la ville et des villages. Nous connaissons un endroit, complètement isolé, où nous trouvons ce que l&#39;on veut.</i></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>Aller voir et respirer la nuit, c&#39;est un peu bizarre à dire car nous ne voyons que le ciel et ses étoiles très brillantes car l&#39;atmosphère est très transparente et quant à sentir, c&#39;est difficile lorsqu&#39;il fait près de30 degrés au-dessous. Mais pourtant l&#39;odeur de la mer est très sensible pour nous. Près de la mer, justement, il y a un contraste très fort entre la terre blanche de neige et bien visible à cause de la clarté du ciel et la surface de l&#39;eau qui au contraire est très sombre.</i></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>Nous avons marché un peu, mais nous avons pris froid, alors, nous sommes montées à bord de la voiture, attendant des aurore boréales qui ne sont pas venues.</i></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>Au lit, nous avons bavardé un peu, puis Maria s&#39;est endormie, tandis que j&#39;ai mis longtemps à trouver le sommeil. Tu étais à la fois trop présente et trop lointaine. Manon chérie, j&#39;ai eu soudain très très envie de toi&#8230;(promets moi de ne pas mettre ce qui suit sur ton blog, je veux que ça reste uniquement entre nous )&#8230;Voilà, à quoi j&#39;ai pensé et ce que j&#39;ai fait en ton absence. </i></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>Mane, tu me manques et j&#39;ai maintenant hâte de te retrouver. Maria et moi allons nous embarquer vendredi  pour arriver samedi à Trondheim où nous passerons 24 heures avec un couple d&#39;amis de nos études à l&#39;université. Puis nous partirons vers Bergen où nous passerons les jours autour du 1erjanvier avec l&#39;amie de Maria.</i></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><i><font face="verdana,geneva" size="4">Baisers, </font></i></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>Love,</i><br />
</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Justine</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/01/kin182charlotte.vignette.jpg" alt="kin182charlotte.jpg" /><font face="verdana,geneva"><font size="4">De Manon à Justine, le 26 décembre.</font> </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva">Justine, ma belle chérie, </font></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva">Je n&#39;ai pas retranscris tes mots d&#39;amour, comme tu me le demandais; mais je suis toute entière avec toi. Je te baise partout sur ton corps, partout où tu veux que se posent mes lèvres. Hervé nous a emmené dans le sud marocain, comme je te l&#39;ai expliqué: tu es dans la nuit et le grand froid, et nous sommes dans le soleil et la chaleur. L&#39;océan, tout de même, est frais, mais Emma jubile malgré tout car elle peut se baigner. Moi aussi, mais un peu seulement! </font></font></p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva">Hervé n&#39;est pas content car je refuse de faire l&#39;amour avec lui. Nos relations sont très tendues. Si je me refuse à lui, ce n&#39;est pas à cause de toi, car tu m&#39;as encouragée à le faire. Ce n&#39;est pas parce que je n&#39;en ai pas envie, non, figure toi que, au contraire, j&#39;en ai très envie. Non c&#39;est parce qu&#39;il a confirmé qu&#39;il resterait à Berkeley, que maintenant s&#39;était décidé. </font></font></p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva">Je lui ai dit que je demandais le divorce, et il ne veut pas en entendre parler</font></font>, <font size="4"><font face="verdana,geneva">mais je suis désormais inébranlable.</font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">J&#39;ai hâte de te retrouver,</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Mane</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/01/2695913vignette.jpg" alt="2695913vignette.jpg" /><font face="verdana,geneva" size="4"> <i>De Justine à Manon, le 28 décembre. </i></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>Mane chérie, </i></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>Nous nous réembarquons ce soir pour Bergen (je m&#39;étais trompée d&#39;un jour); nous avons retrouvé Jan et Ingrid, des copains de l&#39;université de Trondheim qui se sont mariés en restant sur place:Jan est prof au lycée et Ingrid est institutrice. Avec Maria, nous avons été contentes de les retrouver, mais j&#39;éprouve une sorte de malaise car ils m&#39;ont reprochée de trahir mon pays en disant que ce que je fais en France, je pourrais aussi bien, et même mieux, le faire en Norvège. Que la Norvège est le plus beau et le plus riche et le plus fort pays d&#39;Europe (sans être à l&#39;UE!), etc&#8230;Ce n&#39;est pas la première fois que je ressens cette arrogance norvégienne, mais cette année je la trouve à la fois désagréable et puérile. Ils ne se rendent pas compte que nous formons un pays minuscule (4,5 millions d&#39;habitants) riche en pétrole, gaz et poissons, c&#39;est vrai, mais cela peut faire un pays riche, pas un grand pays.Cette attitude me rend triste, et pourtant , je l&#39;aime mon pays!<br />
</i></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>Je ne suis pas certaine que tu aies raison de te conduire aussi durement avec ton mari:ce qu&#39;il a fait en partant en Californie n&#39;est pas très joli, c&#39;est vrai, mais il a été un bon compagnon pour toi et pour Claire, et un père pour Emma, pendant une période difficile pour vous trois. Et puis, c&#39;est le père de Pauline, tout de même. je crois que tu ne devrais pas de presser d&#39;obtenir le divorce. Tu as le temps, non? Nous n&#39;allons pas nous marier, alors pourquoi te hâter. Il peut encore changer d&#39;avis. L&#39;essentiel n&#39;est-il pas qu&#39;il accepte ma présence auprès de toi</i></font>.</p>
<p align="justify"><i><font size="4"><font face="verdana,geneva">Et que je sois là! Que je t&#39;aime!</font></font></i></p>
<p align="justify"><i><font size="4"><font face="verdana,geneva">Love,</font></font></i></p>
<p align="justify"><i><font size="4"><font face="verdana,geneva">Justine</font></font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/01/kin182charlotte.vignette.jpg" alt="kin182charlotte.jpg" /><font size="4"><font face="verdana,geneva">De Manon à Justine, le 30 décembre. </font></font></p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva">Justine chérie,</font></font></p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva">je ne sais pas si tes compatriotes sont comme tu les décris, mais je suis triste qu&#39;ils t&#39;apparaissent de façon aussi négative, toi qui te faisait un si grand plaisir de partir partir pour ton voyage hivernal annuel. C&#39;est bien dommage! </font></font></p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva">Quant à ce que tu me dis au sujet de mon couple avec Hervé, tout ce que tu me dis est vrai, il a été et il est tout ce que tu dis, mais je ne peux, malgré tout, lui pardonner d&#39;être parti dans les conditions que tu connais, et encore moins de persister à vouloir faire passer sa carrière personnelle et son orgueil avant sa famille. Je veux bien temporiser pour ce qui est du divorce effectif, mais c&#39;est tout!</font></font></p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva">Il repart le 2 janvier, et d&#39;ici là rien ne sera régler entre nous. J&#39;ai presque hâte de le voir parti, et j&#39;attends déjà ton retour avec impatience. ma toute belle je voudrais te sentir contre moi, nue et caressante, comme tu sais si bien le faire.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva">Reviens nous vite,</font></font></p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva">Manon.</font></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/01/2695913vignette.jpg" alt="2695913vignette.jpg" /><font size="4"><font face="verdana,geneva"> <i>De justine à Manon, le 1er janvier 2009.À bord de l&#39;express côtier, en route pour Bergen.</i></font></font></p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva"><i>Manon, mon amour, tu me manques aussi, sois en certaine. Moi aussi, je te voudrais près de moi, très près de moi. Je nous voudrais nues et enlacées, dans la jouissance de nos caresses, dans le bonheur de nos baisers. </i></font></font></p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva"><i>En ce premier jour de l&#39;année, je nous souhaite l&#39;amour le plus fou et le plus complet que je puisse imaginer.</i></font></font></p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva"><i>En sachant bien que tu en as déjà connu un si beau que je suis bien naïve, non?<br />
</i></font></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva"><i>Nous avons pris du retard et n&#39;arriverons pas à Bergen avant tard demain, mais mon retour est toujours prévu pour lundi.</i></font></font></p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva"><i>Love,</i></font></font></p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva"><i>Justine.</i></font></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/01/kin182charlotte.vignette.jpg" alt="kin182charlotte.jpg" /><font size="4"><font face="verdana,geneva">De Manon à Justine, le 1er janvier, plus tard.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva">Justine, </font></font></p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva">ose rêver, ose m&#39;aimer, et tu verras que oui, l&#39;amour que tu nous souhaites est possible: il est là déjà, il nous tient fermement l&#39;une à l&#39;autre, l&#39;une dans l&#39;autre.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva">Pour moi c&#39;est un commencement, et non un recommencement, car l&#39;histoire ne se répète pas. Mais la nouvelle, si elle n&#39;efface pas la précédente, elle n&#39;en n&#39;est pas moins vraie, pas moins belle, crois-moi.</font></font></p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva">Merci! </font></font></p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva">Je te baise les lèvres,</font></font></p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva">Mane.</font></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/01/2695913vignette.jpg" alt="2695913vignette.jpg" /><font face="verdana,geneva" size="4"><i>De Justine à Manon, le 4 janvier 2009. </i></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>Manon, </i></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>demain, je rentre, sans m&#39;arrêter à Oslo, comme je l&#39;avais prévu. Je suis trop pressée de te retrouver. </i></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>Avec Sara, l&#39;amie de Maria, j&#39;ai eu un bon contact. Pas la moindre trace d&#39;arrogance chez cette femme, peut-être parce qu&#39;elle est danoise, et non norvégienne. Ça n&#39;a pas été le cas avec Erik et Dina un couple ami de Maria et Sara, qui sont encore plus chauvins que Jan et Ingrid de Trondheim. C&#39;est d&#39;autant plus étonnant que la couronne est en train de sombrer, ou au moins en train de perdre beaucoup de sa valeur par rapport à l&#39;Euro, tout comme la livre anglaise!</i></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>Voilà, je suis plutôt déçue de ma visite au pays, et curieusement soulagée de retrouver bientôt la France, qui n&#39;est pourtant pas sans défauts.</i></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>Je suis surtout heureuse, par avance, de pouvoir bientôt de serrer dans mes bras. </i></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>À très bientôt, </i></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>Mane chérie,</i></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>Justine. </i></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/01/kin182charlotte.vignette.jpg" alt="kin182charlotte.jpg" /> <font face="verdana,geneva" size="4">Justine, </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">je t&#39;attends, heureuse, sans impatience. </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Manon.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva"><i></i> </font></font></p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva">  </font></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2009/01/04/corespondances-iii/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>CORRESPONDANCES (II)</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/12/15/correspondances-ii/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/12/15/correspondances-ii/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 15 Dec 2008 16:56:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal de route]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2008/12/15/correspondances-ii/</guid>
		<description><![CDATA[ De Justine à Manon, le 15 décembre,
Ma si jolie Mane,
j&#39;aime ce voyage vers la nuit. En fait,le jour, autour de midi, est déjà presque virtuel.Nous allons vite vers les hautes latitudes.Dans la matinée, demain de bonne heure, nous allons dépasser le cercle arctique.J&#39;aime cette navigation entre les îles, dans les chenaux de la côte [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/12/2695913.vignette.jpg" alt="2695913.jpg" /> <font size="4"><font face="verdana,geneva"><i>De Justine à Manon, le 15 décembre,</i></font></font></p>
<p><font size="4"><font face="verdana,geneva"><i>Ma si jolie Mane,</i></font></font></p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva"><i>j&#39;aime ce voyage vers la nuit. En fait,le jour, autour de midi, est déjà presque virtuel.Nous allons vite vers les hautes latitudes.Dans la matinée, demain de bonne heure, nous allons dépasser le cercle arctique.J&#39;aime cette navigation entre les îles, dans les chenaux de la côte découpée de mon pays. </i></font></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva"><i>En cette période, la ligne (l&#39;Express Côtier est une institution nationale) est surtout empruntée par les gens d&#39;ici. pour moi, c&#39;est vraiment agréable de rencontrer mes compatriotes et de parler ma langue.</i></font></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva"><i>En m&#39;enfonçant dans la nuit polaire, dans ce curieux bain de jouvence que les gens du Sud ne peuvent pas comprendre, en m&#39;éloignant de vous, de tes superbes filles, de toi, ma superbe chérie, je me réjouis de m&#39;éloigner de vous, tout en me réjouissant de t&#39;avoir rencontrée, parce que je sais que dans deux semaines je vais vous retrouver.</i></font></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva"><i>Ma toute douce, ce que je vais t&#39;écrire maintenant, promets-moi de ne pas le mettre dans ton blog, parce que, c&#39;est trop intime&#8230;Je vais me contredire, je me sens perdue, sans toi près de moi, sans&#8230;</i></font></font></p>
<p align="justify">(&#8230;)<br />
<font size="4"><font face="verdana,geneva"><i>Je t&#39;aime, Manon, sois-en sûre, </i></font></font></p>
<p><font size="4"><font face="verdana,geneva"><i>Love, </i></font></font></p>
<p><font size="4"><font face="verdana,geneva"><i>Justine</i></font></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/01/kin182charlotte1.vignette.jpg" alt="kin182charlotte1.jpg" /><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">De Manon à Justine, le 16 décembre</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Ma chérie,</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Profite bien de ton retour aux sources. Tu nous reviendras en pleine forme. Je t&#39;aime aussi comme tu le voulais dans la partie privée de ton message.</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Je reviens à la question de mon mari: ce n&#39;est pas parce que tu es là désormais auprès de moi que je veux régler par le divorce notre situation. Le divorce ne changera rien pour lui: il restera le père de Pauline et, s&#39;il le veut toujours celui d&#39;Emma; il participera comme maintenant à leur vie matérielle, et les verras autant qu&#39;il le voudra et le pourra. Mais l&#39;autorité sur elles me reviendra principalement.  </font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Il m&#39;a quittée parce qu&#39;il ne pouvait plus supporter de vivre avec Claire, morte, entre nous deux. Je le comprends, et ne lui en veux pas. Mais je crois qu&#39;il vaut mieux en finir, si tant est que cela soit possible!</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Tu dois être arrivée maintenant, ou presque, auprès de ta famille. Passe du bon temps avec elle.</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Je t&#39;embrasse et te caresse comme tu aimes que je le fasse&#8230;</font></p>
<p align="justify"><font face="arial,helvetica,sans-serif" size="4">Manon</font></p>
<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/12/2695913.vignette.jpg" alt="2695913.jpg" /></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>                   De Justine à Manon, le 17 décembre</i></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>Mane, ma tendre amie,</i></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>Voilà, je suis arrivée à Tromso, dans la nuit, si l&#39;on peut dire, puisque la nuit est toujours partout. Il y avait, en plus du brouillard, et du crachin, comme vous dites. Selma, ma mère nourricière (est-ce bien ainsi qu&#39;il faut dire?), c&#39;est à dire la femme qui m&#39;a nourri après la mort de ma mère, car elle avait une enfant et beaucoup de lait, m&#39;attendait au port. Ma soeur de lait, Maria, était  là aussi. C&#39;est un vrai bonheur, pour moi, et pour elles, de se retrouver, tous les six mois pendant quelques jours. Selma, qui n&#39;est pas une des nombreuses femmes de mon père, est une bonne amie de moi et de ma famille toute entière. Et Maria, est une vraie soeur pour moi. Elle me ressemble beaucoup, peut-être parce que Selma est une cousine de ma mère. C&#39;est sûrement pour ça qu&#39;elle m&#39;a élevée: elles étaient très amies, et tout ce que je sais de ma mère qui s&#39;appelait comme moi Ingsford, c&#39;est de Selma que je le sais car Erik mon père n&#39;a jamais su ou pu m&#39;en parler. D&#39;après Selma, c&#39;était entre eux une vraiment grande amour. Avec Maria, ma soeur et ma cousine, on a tout fait ensemble jusqu&#39;à ce que je parte en France: elle a fait les mêmes, ou presque, études que moi à Tromso, puis, pour l&#39;université, à Trondheim puis à Bergen: des études scientifiques centrées sur l&#39;informatique: la différence, c&#39;est que j&#39;ai renforcé la formation de management et elle celle de graphisme. Elle travaille à Bergen, dans un cabinet qui fait beaucoup des infographies et des mises en page de publications diverses. Elle est en vacance pendant que je suis là. Elle est arrivée pour le week-end dernier pour être avec ses parents avant mon arrivée, car maintenant on ne va pas se quitter. Elle est comme moi, elle aime plus les filles que les garçons. Mais entre nous, nous ne sommes que des soeurs qui nous aimons bien, mais sans sexe. Est-ce comme cela que l&#39;on dit? N&#39;oublie pas de corriger mes fautes. Encore une chose: Maria aime mon père à la folie, comme moi. Mais pour elle, il n&#39;est pas son père, et ils ont fait l&#39;amour ensemble il y a quelques années, mais Erik est un instable, et ils se sont séparés. Maintenant, elle n&#39;arrive plus à trouver bon l&#39;amour avec les garçons, et elle a comme moi une jolie amie qu&#39;elle me fera connaître lorsque je repasserai à Bergen, avec elle, en revenant vers toi. Nous allons parler ensemble de nos belles amies.</i></font></p>
<p align="justify"><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/12/dsc02258.jpg" class="imagelink" title="dsc02258.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/12/dsc02258.jpg" alt="dsc02258.jpg" width="400" /></a><font face="verdana,geneva" size="4"><i>Je suis un peu perdue, et je vais essayer de dormir à côté de Maria.</i></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>Je t&#39;envoie une vue de Tromso (barre le o et dit eu!) que j&#39;ai prise l&#39;été dernier, le 21 juin. Le grand pont que tu voies traverse le fjord: Selma habite dans la partie de la ville que tu vois de l&#39;autre côté du port.</i></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>Je te fais beaucoup beaucoup de baisers bien chauds.</i></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>Love</i></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>Justine </i></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font size="4"><font face="verdana,geneva"><i> </i></font></font></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/12/15/correspondances-ii/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>CORRESPONDANCES(I)</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/12/13/correspondances/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/12/13/correspondances/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 13 Dec 2008 13:20:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal de route]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2008/12/13/correspondances/</guid>
		<description><![CDATA[&#160;
De Manon à Justine, le 12 décembre. 
Justine, ma toute belle, est-ce que tu me trouves trop impudique de &#8220;crier tant d&#39;intimités à la face du monde&#8221;? Aurais-tu honte de m&#39;aimer, d&#39;avoir envie de caresses, de désirs satisfaits entre mes mains, jouissances multiples déclenchées sous mes lèvres, par ma langue? Je brûle de te sentir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">De Manon à Justine, le 12 décembre. </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Justine, ma toute belle, est-ce que tu me trouves trop impudique de &#8220;crier tant d&#39;intimités à la face du monde&#8221;? Aurais-tu honte de m&#39;aimer, d&#39;avoir envie de caresses, de désirs satisfaits entre mes mains, jouissances multiples déclenchées sous mes lèvres, par ma langue? Je brûle de te sentir frémir par ma faute, je brûle de te porter à l&#39;ébranlement magique de l&#39;orgasme. Sans honte, sans voir là une quelconque impudeur. je ne veux pas vivre dans la contrainte, je ne veux pas me cacher ni pour t&#39;aimer, ni pour le faire, ni pour le  dire. Je veux pouvoir prendre le monde à témoin de cette grande amour.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Emma a été très heureuse et fière de recevoir de toi, un courrier  électroniique à son adresse personnelle. Elle te répondra m&#39;a-t-elle assuré.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Écris- moi  des petits mots doux, je les publierai  si tu le veut.</font></p>
<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/01/kin182charlotte2.vignette.jpg" alt="kin182charlotte2.jpg" /><font face="verdana,geneva" size="4">De Manon à Justine, le 13 Décembre</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Tu dois être maintenant à Bergen, peut-être déjà sur le bateau qui va t&#39;emmener vers le Nord, vers la nuit complète, vers le froid aussi sans doute.</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Hier, ce fut un jour heureux. Céline, l&#39;amie dont je t&#39;ai parlée et que j&#39;avais fâchée, ou plutôt peinée, car égoïstement, je m&#39;étais montrée jalouse, stupidement jalouse, m&#39;a fait un signe, auquel j&#39;ai répondu. Et ce matin j&#39;ai trouvé d&#39;elle un mail, et un autre tout à l&#39;heure. Peut-être que nous allons reconstruire cette amitié tendre qui nous a unies pendant plusieurs mois. Cette réconciliation en route complète le bonheur de t&#39;avoir.</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Justine chérie, j&#39;espère avoir un mot de toi depuis le bateau. Il doit bien y avoir une liaison internet  à bord, par satellite, non?</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">je t&#39;embrasse.</font></p>
<p align="justify"><i><font face="verdana,geneva" size="4">De Justine à Manon, le 13 décembre;</font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><i><font face="verdana,geneva" size="4"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/12/2695912.vignette.jpg" alt="2695912.jpg" />Mane chérie,</font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><i><font face="verdana,geneva" size="4">Oui, je suis en route, je vogue vers le Nord. Déjà à Bergen, la durée du jour était brève. cela va devenir de plus en plus court, jusqu&#39;à la nuit permanente: j&#39;attends cela avec impatience. j&#39;en ai besoin, chaque année, pour me retrouver. Tu viendras un jour avec moi dans mon pays, avec Emma et Pauline. Il faudra commencer  en juin pour faire connaissance avec les jours qui ne finissent pas, avec le soleil de minuit. Seulement après je vous emmenerai en hiver. seulement après, car c&#39;est dur pour ceux qui n&#39;ont pas connu ça petits.</font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><i><font face="verdana,geneva" size="4">Je suis contente que tu aies pu retrouver ton amie, elle t&#39;avais beaucoup aidée, c&#39;était dommage de te fâcher avec elle. Et aussi, je voulais de dire au sujet de ton mari: il n&#39;est, pour moi, pas nécessaire de te séparer de lui. Ce n&#39;est pas une obligation, pense à tes filles, à Pauline, surtout. Si tu veux faire plus avec lui, ne te gène pas. Je ne veux pas démolir ta famille. ce n&#39;est pas parce que nous nous aimons qu&#39;il faut tout casser. Lui aussi il t&#39;a aidée lorsque Claire était malade. Je ne sais pas te dire cela, mais tu peux m&#39;aimer et aimer lui aussi.</font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><i><font face="verdana,geneva" size="4">Je ne sais pas si je peux oser: j&#39;ai envie de toi, j&#39;ai envie de faire l&#39;amour avec toi, j&#39;ai envie de tes caresses et j&#39;ai aussi envie de ta bouche sur les endroits intimes de mon corps.</font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><i><font face="verdana,geneva" size="4">Embrasse les filles pour moi; dis-leur que je les aime;</font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><i><font face="verdana,geneva" size="4">Corrige mes fautes et supprime ce que tu trouves indécent.</font></i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><i><font face="verdana,geneva" size="4">Je te donne beaucoup de baisers.</font></i></p>
<p align="justify"><i><font face="verdana,geneva" size="4">Love,</font></i></p>
<p align="justify"><i><font face="verdana,geneva" size="4">Justine</font></i></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/12/13/correspondances/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>JUSTINE ÉCRIT</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/12/11/justine-ecrit/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/12/11/justine-ecrit/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 11 Dec 2008 08:27:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal de route]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2008/12/11/justine-ecrit/</guid>
		<description><![CDATA[J&#39;ai reçu un message hier soir:
&#160;
Ma douce Mane, à Francfort, le travail avec mes amis m&#39;occupe bien mais me laisse du temps pour penser à nous. J&#39;ai lu tes messages d&#39;amour sur ton blog au titre aussi évocateur que voyage intérieur. Je ne sais si je serais capable de crier tant d&#39;intimités à la face [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#39;ai reçu un message hier soir:</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>Ma douce Mane, à Francfort, le travail avec mes amis m&#39;occupe bien mais me laisse du temps pour penser à nous. J&#39;ai lu tes messages d&#39;amour sur ton blog au titre aussi évocateur que voyage intérieur. Je ne sais si je serais capable de crier tant d&#39;intimités à la face du monde! Je ne sais. </i></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>Ma grande amour, moi aussi je suis heureuse de toi, de nous. Moi aussi j&#39;espère que c&#39;est pour longtemps. Et j&#39;aime bien penser que tes filles sont aussi un peu les miennes.</i></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font size="4"><i><font face="verdana,geneva">Où tu as trouvé cette photo? Ce pourrait être la mienne&#8230;Sauf les cheveux longs, cette femme est très ressemblante à moi! c&#39;est vraiment surprenant. Tes photos du Nord sont aussi très bonnes. Je t&#39;envoie une de mes photos d&#39;aurores boréales prises en dehors de la ville de Tromso, pour te montrer toutes les étoiles que l&#39;on peut voir aussi dans la nuit complète de mon pays.</font> </i></font></p>
<p><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/12/auroreboreale.jpg" class="imagelink" title="auroreboreale.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/12/auroreboreale.jpg" alt="auroreboreale.jpg" width="400" /></a></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>Je devrais être triste de ne pas être dans tes bras</i> <i>en ce moment, de t&#39;avoir quittée si vite après ces nuits merveilleuses</i>, <i>toutes nos caresses, tout ce plaisir que nous nous sommes données. Mais non,  je suis  impatiente de te retrouver et de vivre  l&#39;avenir qui nous attend, sans en être triste. Je ne pense même pas à me caresser le soir quand je me couche seule, tellement je sais que ce serait beaucoup moins bien.</i></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>Ma chérie, tu es si belle que je tremble en pensant à ton corps au-dessus du mien: ton corps si sombre contre le mien si clair, tes seins si glorieux contre les miens si petits, ton sexe si touffu contre le mien si nu&#8230;</i></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>Embrasse tes puces pour moi et prend tous les baisers que je t&#39;envoie partout sur toi&#8230;Tu peux mettre mes mails sur ton blog si tu veux après avoir corrigé mes fautes.</i></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>Love</i></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><i>Justine</i></font><br />
Comme vous le constatez, je fais comme elle a dit; j&#39;ai seulement corrigé les fautes d&#39;orthographe (du moins je l&#39;espère).</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/12/11/justine-ecrit/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>ET LA VIE RECOMMENCE</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/12/10/et-la-vie-recommence/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/12/10/et-la-vie-recommence/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 10 Dec 2008 14:13:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal de route]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2008/12/10/et-la-vie-recommence/</guid>
		<description><![CDATA[ 
&#160;
Oui, c&#39;est un recommencement, oui j&#39;aimerais bien que du souvenir de Claire il ne me reste que le bonheur que nous avons connu ensemble, et si j&#39;y parviens, je le sens je vais pouvoir y parvenir, ce sera grâce à toi, ma belle, ma tendre étoile polaire, mon aurore boréale, entrée 

photo kin 182 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"> </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><b>Oui, c&#39;est un recommencement</b>, oui j&#39;aimerais bien que du souvenir de Claire il ne me reste que le bonheur que nous avons connu ensemble, et si j&#39;y parviens, je le sens je vais pouvoir y parvenir, ce sera grâce à toi, ma belle, ma tendre étoile polaire, mon aurore boréale, entrée </font></p>
<p align="justify"><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/01/kin182charlotte4.jpg" class="imagelink" title="kin182charlotte4.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2009/01/kin182charlotte4.jpg" alt="kin182charlotte4.jpg" width="400" /></a><font size="1"><br />
photo kin 182 </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">dans mon ciel tourmenté, sans fracas, sur la pointe de ta douce voix à l&#39;accent nordique à peine perceptible.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Tu m&#39;as dis: &#8220;Oui, je veux de donner mon amour, je veux être ta vie, je veux t&#39;adopter avec toute ton histoire, je veux adopter tes filles, et même, si un jour tu le souhaites, mais seulement dans ce cas, je te donnerai un fils, ou une autre fille, afin que nous puissions tout partager.&#8221;</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">C&#39;est trop, ma belle, je ne mérite pas tant, je veux juste le bonheur de ta présence, de ton amour, de l&#39;amour que je t&#39;offre, qui, je l&#39;espère, ne te semblera pas étriqué, mesquin, égoïste, mais au contraire, riche et triomphant, &#8220;ayant l&#39;expansion des choses infinies, qui chantent les transports de l&#39;esprit et des sens&#8221;—<i>pardon Baudelaire!</i></font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Justement, notre dernière nuit, la nuit de samedi à dimanche, fut une fête pour nos corps. Sur cette nuit sublime j&#39;ai écrit:</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i> &#8220;Le plus émouvant est que nous atteignons l&#39;une et l&#39;autre/à l&#39;orgasme/aux orgasmes répétés/aux cris et chuchotements/par l&#39;entrelacement étroit de nos corps/des mouvements à peine ébauchés/et de si tendres frémissements&#8221;</i></font></font></p>
<p align="justify"><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/12/02meaculpa.jpg" class="imagelink" title="02meaculpa.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/12/02meaculpa.jpg" alt="02meaculpa.jpg" width="400" /></a><br />
<font size="1">photo meaculpa,jpg </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Cette union parfaite, cette communion, de nos corps, de nos chairs, de nos âmes,  est comme le symbole de ce que nous attendons l&#39;une de l&#39;autre, c&#39;est pour moi, le recommencement &#8220;d&#39;une </font><font face="verdana,geneva" size="4">grande amour&#8221; comme tu dis en prenant sur toi de féminiser, au singulier, et pas seulement au pluriel, le beau mot &#8220;amour&#8221;.</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Nous n&#39;allons pas te revoir avant les tout premiers jours de janvier, mais c&#39;est confiante que je t&#39;attends. Entre temps, Hervé, aura passé quelques jours ici, avec nous, avant de repartir pour la Californie. C&#39;est sans angoisse, redevenue forte  grâce à toi, que j&#39;attends sa venue, et je te le dis, tout simplement, en sachant que pour toi ce ne serait pas un motif de mécontentement, je ne serai plus sa femme, il ne me fera pas l&#39;amour et je lui annoncerai que je mets en route la procédure de divorce.</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Je ne veux plus que toi. Je ne céderai pas non plus aux avances de qui que ce soit d&#39;autre. Et si nous devons nous prêter aux plaisirs sensuels de femmes ou d&#39;hommes, dans l&#39;avenir, ce sera ensemble. Et si cette sorte de promesse s&#39;avérait impossible à tenir, pour l&#39;une ou l&#39;autre, ou pour les deux, nous nous en délierons  d&#39;un commun accord.  </font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/12/10/et-la-vie-recommence/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>CALME &#38; VOLUPTÉ</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/12/09/calme-volupte/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/12/09/calme-volupte/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 09 Dec 2008 16:57:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Poesie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2008/12/09/calme-volupte/</guid>
		<description><![CDATA[

&#160;
&#160;
Justine 
mon bel oiseau polaire

je te sens irréelle
je peine à croire à ce qui nous arrive 
Pourtant oui c&#39;est bien toi c&#39;est bien moi c&#39;est bien nous qui jouissons
 ensemble 
dans la sombre nuit froide 
du samedi six décembre 
dans ce lit majuscule 
bien trop grand pour nous deux assemblées 
Le plus émouvant est que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/12/269591.jpg" class="imagelink" title="269591.jpg"><br />
</a></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>Justine </i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>mon bel oiseau polaire<br />
</i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>je te sens irréelle</i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>je peine à croire à ce qui nous arrive </i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>Pourtant oui c&#39;est bien toi c&#39;est bien moi c&#39;est bien nous </i></font></font><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>qui jouissons</i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i></i></font></font><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i> ensemble </i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>dans la sombre nuit froide </i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>du samedi six décembre </i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>dans ce lit majuscule </i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>bien trop grand pour nous deux assemblées </i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>Le plus émouvant est que nous atteignons l&#39;une et l&#39;autre </i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>à l&#39;orgasme </i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>aux orgasmes répétés </i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>aux cris et chuchotements<br />
</i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>par l&#39;entrelacement étroit de nos corps</i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>des mouvements à peine ébauchés</i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>et de si tendres frémissements </i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>La pudeur devrait me retenir d&#39;écrire cette jouissance </i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>mais il y a bien longtemps que je ne m&#39;embarrasse plus de cette contingence</i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>Justine dans tes bras</i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i> je tremble de bonheur</i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>Tu murmures: &#8220;ma douce ma tendre amie comme tu m&#39;es précieuse </i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>beaucoup plus et davantage encore</i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i> qu&#39;une part de moi-même.</i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>Je ne voudrais pas </i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>dans mes bras </i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>te faire oublier Claire </i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>seulement </i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>que son absence ne soit plus ta douleur</i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>que ce si bel amour si clair  </i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>devienne sereinement </i></font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="3"><font color="#330066"><i>ton plus beau souvenir de bonheur&#8221;.   </i></font>  </font></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/12/09/calme-volupte/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>JUSTINE, MON BEL OISEAU ARCTIQUE!</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/12/08/justine-mon-bel-oiseau-arctique/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/12/08/justine-mon-bel-oiseau-arctique/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 08 Dec 2008 08:25:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Nouvelles &amp; Récits.]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2008/12/08/justine-mon-bel-oiseau-arctique/</guid>
		<description><![CDATA[Il n&#8217;y pas d&#8217;extrait, car cet article est protégé.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<form action="http://manonmoreno.unblog.fr/wp-pass.php" method="post">
<p>Cet article est protégé par mot de passe. Pour le lire, veuillez entrer son mot de passe ci-dessous&nbsp;:</p>
<p><label>Mot de passe&nbsp;:<br />
<input name="post_password" type="password" size="20" /></label><br />
<input type="submit" name="Submit" value="Envoyer" /></p></form>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/12/08/justine-mon-bel-oiseau-arctique/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>ET TOUJOURS LA VIE CONTINUE&#8230;</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/30/et-toujours-la-vie-continue/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/30/et-toujours-la-vie-continue/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 30 Nov 2008 08:20:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Poesie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/30/et-toujours-la-vie-continue/</guid>
		<description><![CDATA[ 
&#160;
&#160;
&#8230;en ce dimanche sans grande fantaisie
entre nous trois nous soutenant
Pauline tout sourires et jacasseries
Emma
tantôt pré-adolescente  
soucieuse de sérieux
 mais quémandeuse de câlins 
tantôt enfant joyeuse insolente primesautière
et moi sombre inquiète ou soudain lumineuse
Anne ma chére Anne ne vois-tu rien venir
ce soir arrivera pour  la nuit et chauffera mon lit
sans pour autant 
mais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font face="helvetica" color="#0000ff"> </font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff">&#8230;</font><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>en ce dimanche sans grande fantaisie</i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>entre nous trois nous soutenant</i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>Pauline tout sourires et jacasseries</i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>Emma</i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>tantôt pré-adolescente  </i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>soucieuse de sérieux</i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i> mais quémandeuse de câlins </i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>tantôt enfant joyeuse insolente primesautière</i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>et moi sombre inquiète ou soudain lumineuse</i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>Anne ma chére Anne ne vois-tu rien venir</i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>ce soir arrivera pour  la nuit et chauffera mon lit</i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>sans pour autant </i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>mais c&#39;est déjà beaucoup n&#39;est-ce pas </i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>capter et faire jaillir mes sens réprimés </i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>Sabine la belle et jeune et explosive Sabine </i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>Sabine heureusement bien plus compréhensive</i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i> viendra dans la semaine </i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>chercher sinon fortune du moins à s&#39;employer </i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>car enfin  ça y est</i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i> elle s&#39;est décidée à suivre sa chérie </i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>et dès janvier </i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>toutes deux elles vivront ici </i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>ce qui nous  donnera un petit plus de vie </i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>Quand Pierre aussi viendra le soir du vendredi </i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>Sabine toute à moi pourra donner envie </i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>de son corps </i></font><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>au mien </i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i></i></font><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i> plein de spasmes </i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>et d&#39;orgasmes </i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>entre nous partagés </i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>Entre temps Justine ce bel oiseau arctique </i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>viendra aussi parfois se caler dans mes bras </i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>et chuchoter ma belle amante prend donc ce que la vie te donne<br />
</i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>en attendant d&#39;aller  dans sa nuit boréale </i><i>recharger</i><i> d&#39;énergie</i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>sa carcasse nordique </i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>Que tout ça soit fantasmes ou bien réalités </i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>est-ce bien important</i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3" color="#0000ff"><i>puisque maintenant</i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3"><i><font color="#0000ff">ma vie est ainsi faite que je n&#39;ai plus d&#39;amours</font></i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3"><i><font color="#0000ff"> que de passage </font></i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3"><i><font color="#0000ff">comme des écumes de mer</font></i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3"><i><font color="#0000ff"></font></i></font><font face="helvetica" size="3"><i><font color="#0000ff">que les vents du large </font></i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="3"><i><font color="#0000ff">déposent en passant&#8230;</font></i></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/cumesdemerdechrisfoll.jpg" class="imagelink" title="cumesdemerdechrisfoll.jpg">Photographie de chrisfoll   </a></p>
<p><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/cumesdemerdechrisfoll.jpg" class="imagelink" title="cumesdemerdechrisfoll.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/cumesdemerdechrisfoll.jpg" alt="cumesdemerdechrisfoll.jpg" width="400" /></a><br />
&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/30/et-toujours-la-vie-continue/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>CAPTIVE</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/28/captive/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/28/captive/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 28 Nov 2008 09:31:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Poesie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/28/captive/</guid>
		<description><![CDATA[&#160;
&#160;
Vent &#38; neige en tempête
Sans tambour ni trompette
Rend&#39;nt mon corps obsolète
&#160;
Et mon être ou  mon âme
Comme souvent l&#39;on clame
Se courbe comme une flamme
&#160;
Sous le flux furieux
D&#39;airs luxurieux
Venus non pas des cieux 
&#160;
Mais du fin fond de moi 
Moi captive de toi 
Et toujours aux abois

&#160;
 
Les souvenirs tenaces
Laissent bien plus de traces
Que les larmes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font size="4"><i><font face="helvetica">Vent &amp; neige en tempête</font></i></font></p>
<p><font size="4"><i><font face="helvetica">Sans tambour ni trompette</font></i></font></p>
<p><font size="4"><i><font face="helvetica">Rend&#39;nt mon corps obsolète</font></i></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font size="4"><i><font face="helvetica">Et mon être ou  mon âme</font></i></font></p>
<p><font size="4"><i><font face="helvetica">Comme souvent l&#39;on clame</font></i></font></p>
<p><font size="4"><i><font face="helvetica">Se courbe comme une flamme</font></i></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font size="4"><font face="helvetica"><i>Sous le flux furieux</i></font></font></p>
<p><font size="4"><font face="helvetica"><i>D&#39;airs luxurieux</i></font></font></p>
<p><font size="4"><font face="helvetica"><i></i></font></font><font face="helvetica" size="4"><i>Venus non pas des cieux </i></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="helvetica" size="4"><i>Mais du fin fond de moi </i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="4"><i>Moi captive de toi </i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="4"><i>Et toujours aux abois<br />
</i></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="helvetica" size="4"><i> </i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="4"><i>Les souvenirs tenaces</i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="4"><i>Laissent bien plus de traces</i></font></p>
<p><font face="helvetica" size="4"><i>Que les larmes fugaces  </i></font></p>
<p><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/jenymodels3.jpg" class="imagelink" title="jenymodels3.jpg">          photo de jenymodels</a><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/jenymodels3.jpg" class="imagelink" title="jenymodels3.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/jenymodels3.jpg" alt="jenymodels3.jpg" width="400" /></a></p>
<p><font color="#0000ff"> <i>(une très jeune Claire?)</i></font></p>
<p><font size="4"><font face="helvetica"><i><br />
</i></font></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/28/captive/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>MON GUIDE, NATHALIE&#8230;</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/27/mon-guide-nathalie/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/27/mon-guide-nathalie/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 27 Nov 2008 08:25:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Poesie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/27/mon-guide-nathalie/</guid>
		<description><![CDATA[

&#160;
&#160;

imaginaire Nathalie&#8230;
&#160;
&#160;
RÊVE
(Pardon Bécaud!)


Elle avait un joli nom, ma guide 
Nathalie
&#160;
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
&#160;
 Et quand la chambre fut vide 
Tous les amis étant partis 
Je suis restée seule avec toi
 Nathalie

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
&#160;
&#160;




Que ma vie me semble vide&#160;
Maintenant 
Nathalie


&#160;






]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table align="center">
<tr>
<td>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/kin182amlie.jpg" class="imagelink" title="kin182amlie.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/kin182amlie.jpg" alt="kin182amlie.jpg" width="400" /></a></p>
<p><i>imaginaire Nathalie&#8230;</i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font size="5" color="#000000">RÊVE</font></p>
<p><i>(<font size="2">Pardon Bécaud!)</font></i><br />
<font color="red"><br />
</font><br />
<font size="5"><i><font color="red">Elle avait un joli nom, ma guide </font></i></font></p>
<p><font size="5"><i><font color="red">Nathalie</font></i></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font size="5"><i><font color="red"> Et quand la chambre fut vide </font></i></font></p>
<p><font size="5"><i><font color="red">Tous les amis étant partis </font></i></font></p>
<p><font size="5"><i><font color="red">Je suis restée seule avec toi</font></i></font></p>
<p><font size="5"><i><font color="red"> Nathalie</font></i></font></p>
<p><font color="red"></font><br />
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<table align="center" width="584">
<tr>
<td width="20%"><b><br />
</b></td>
<td><b><font face="verdana,geneva" size="5" color="#000000">Que ma vie me semble vide</font></b>&nbsp;</p>
<p><b><font face="verdana,geneva" size="5">Maintenant </font></b></p>
<p><b><font face="verdana,geneva" size="5" color="#000000">Nathalie</font></b></td>
</tr>
</table>
<p>&nbsp;</p>
<p><font color="red"><br />
</font></td>
<td width="20%"></td>
<td></td>
</tr>
</table>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/27/mon-guide-nathalie/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>ET ENCORE&#8230;IL Y A PIRE!</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/24/et-encore/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/24/et-encore/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 24 Nov 2008 16:11:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Poesie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/24/et-encore/</guid>
		<description><![CDATA[
Qui veut bien me prendre la main
Pour me faire franchir l&#39;abîme 
Par vent pluie et froid qui durent ?
&#160;
&#160;


&#160;
&#160;
Et tout ça pourquoi?
&#160;
&#160;
Et encore
Il y a pire
Rien ne va plus
Faites vos jeux
Qui perd ne gagne rien 
Je ne joue plus!
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/leportraitprenoux49ac82ace85644c39bda4f254ac5a29d5.jpg" class="imagelink" title="leportraitprenoux49ac82ace85644c39bda4f254ac5a29d5.jpg"></a></p>
<p><font size="4"><font face="verdana,geneva">Qui veut bien me prendre la main</font></font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4">Pour me faire franchir l&#39;abîme </font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4">Par vent pluie et froid</font><font size="4"> </font><font size="4"><font face="verdana,geneva">qui durent ?</font></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/katya1.jpg" alt="katya1.jpg" /><br />
<font size="4"><font face="verdana,geneva"></font></font><font face="verdana,geneva" size="4"></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4">Et tout ça</font><font size="4"><font size="3"> <font face="verdana,geneva" size="4">pourquoi?</font></font></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4">Et encore</font></p>
<p><font size="4"><font face="verdana,geneva">Il y a pire</font></font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4">Rien ne va plus</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4">Faites vos jeux</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4">Qui perd ne gagne rien </font></p>
<p><font size="4"><font face="verdana,geneva">Je ne joue plus!</font></font></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/24/et-encore/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>DIMANCHE NOIR DÉSIR</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/23/dimanche-noir-desir/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/23/dimanche-noir-desir/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 23 Nov 2008 10:23:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Poesie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/23/dimanche-noir-desir/</guid>
		<description><![CDATA[&#160;
  Noir Désir 
&#160;
                                

&#160;
&#160;
Partir, fuir, bonjour tristesse!
Ai-je donc déjà trop vécu pour ne plus trouver à ma vie qu&#39;un mauvais goût de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><b><font size="5">  Noir Désir </font></b></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b><font size="5">  </font></b>                              <img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/rana.jpg" alt="rana.jpg" /><br />
<i><font size="5"></font></i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><i><font size="5">Partir, fuir, bonjour tristesse!</font></i></p>
<p><i><font size="5">Ai-je donc déjà trop vécu pour ne plus trouver à ma vie qu&#39;un mauvais goût de défaite?</font></i></p>
<p><i><font size="5">Qui saura me sortir de cet immense gâchis?</font></i></p>
<p><i><font size="5">Qui d&#39;autre que mes filles, qui me tiennent en survie?</font></i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><i><font size="5">Même le désir d&#39;un corps somptueux, d&#39;un beau corps de femme, d&#39;un corps tendre, doux, souple, exigeant, ne m&#39;éveille plus!</font></i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><i><font size="5">Même le désir d&#39;un amour, d&#39;une belle âme de femme ne m&#39;atteint plus!</font></i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font size="5"><b>Je n&#39;ai plus qu&#39;un noir désir de rien&#8230;</b></font></p>
<p><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/leportraitprenoux49ac82ace85644c39bda4f254ac5a29d5.jpg" class="imagelink" title="leportraitprenoux49ac82ace85644c39bda4f254ac5a29d5.jpg">  Photo P.Renoux                    <img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/leportraitprenoux49ac82ace85644c39bda4f254ac5a29d5.jpg" alt="leportraitprenoux49ac82ace85644c39bda4f254ac5a29d5.jpg" width="400" /></a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/23/dimanche-noir-desir/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;ÉTAT DES LIEUX&#8230;N&#8217;EST PAS GLORIEUX.</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/22/letat-des-lieuxnest-pas-glorieux/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/22/letat-des-lieuxnest-pas-glorieux/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 22 Nov 2008 15:21:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal de route]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/22/letat-des-lieuxnest-pas-glorieux/</guid>
		<description><![CDATA[En ce samedi 22 novembre, par ce temps de vent et de froidure, si je tente un bilan, il devient aussi mince qu&#39;une feuille de papier.
Je me sens ligottée&#8230;

Hervé, c&#39;est maintenant certain ne reviendra que si l&#39;on ne veut plus de lui. Autant dire que cela n&#39;a pas de chance de se produire.
Je fais le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font size="4">En ce samedi 22 novembre, par ce temps de vent et de froidure, si je tente un bilan, il devient aussi mince qu&#39;une feuille de papier.</font></p>
<p><font size="5">Je me sens ligottée&#8230;</font><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/aubade04.jpg" alt="aubade04.jpg" /><font size="5"><br />
</font></p>
<p><font size="4">Hervé, c&#39;est maintenant certain ne reviendra que si l&#39;on ne veut plus de lui. Autant dire que cela n&#39;a pas de chance de se produire.</font></p>
<p><font size="4">Je fais le vide autour de moi. Chloé, cette petite fofole dont j&#39;ai repoussé les avances lorsqu&#39;elle venait me réchauffer dans mon lit, et que j&#39;ai gentiment envoyée à Paris faire sa paix avec Julie, n&#39;est pas revenue, si bien que je dois chercher quelqu&#39;un pour garder Pauline lorsque j&#39;ai à travailler ou que je suis en cours.</font></p>
<p><font size="4">Anne et Pierre filent le parfait amour, et cherchent à se rapprocher pour vivre ensemble; Aix est un lieu commode de rassemblement à cause de la proximité de villes importantes aux alentours. Anne est déjà certaine d&#39;avoir, dès le 1er janvier, la direction de la filiale de la BBP pour la région PACA et une partie du Languedoc qui se trouve à Aix. Elle va loger chez moi, mais, tout en étant amicale avec moi, il n&#39;y a pas d&#39;affinités &#8220;électives&#8221; entre elle et moi. En outre, très attachée à Sabine, elle cherche à la faire venir à Aix.</font></p>
<p><font size="4">Pour compléter ce sinistre tableau, j&#39;ai réussi à éloigner Céline de moi, à cause d&#39;une stupide crise de jalousie. Jalousie qui a déjà causé bien des dégâts, il y a plus de dix ans, entre Claire et moi lorsqu&#39;elle a connu François. Le seul &#8220;bénéfice&#8221; de ma stupidité est la naissance d&#39;Emma. </font></p>
<p><font size="4">Je n&#39;avais à offrir à Céline qu&#39;une liaison virtuelle par Internet, mais j&#39;y tenais! et j&#39;ai trouvé malin d&#39;être abusivement jalouse d&#39;une   liaison (je ne sais même pas de quelle nature ) qu&#39;elle a avec une autre fille!</font></p>
<p><font size="4">Je gâche tout. Et Claire est toujours là, en moi. C&#39;est peut-être pour cela que rien ne va vraiment bien.</font></p>
<p><font size="4">Heureusement, il me reste Pauline et Emma.</font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/22/letat-des-lieuxnest-pas-glorieux/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>DÉLASSE-MOI!</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/22/delasse-moi/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/22/delasse-moi/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 22 Nov 2008 14:44:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Poesie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/22/delasse-moi/</guid>
		<description><![CDATA[&#160;
Ô ma douce gazelle

Délace mon corsage

Et ne soit pas si sage

De tes mains aussi belles

Déniche mes nichons
 Photo Marnia zyeuter.com                                   

Délasse ma nichée

Sans trop la ménager

Attrape mes tétons

Et du bout de ta langue

Durcit-les tant et tant

Qu&#39;a la fin de ce temps

Si fort que j&#39;en tangue

Puis descends lentement

Va va jusqu&#39;à mon calice

Lécher non sans malice

Le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><b><font size="5">Ô ma douce gazelle</font></b></p>
<p><b><font size="5"></font></b><br />
<i><font size="5">Délace mon corsage</font></i></p>
<p><i><font size="5"><br />
Et ne soit pas si sage</font></i></p>
<p><i><font size="5"><br />
De tes mains aussi belles</font></i></p>
<p><i><font size="5"><br />
Déniche mes nichons</font></i></p>
<p><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/marniazyeutercom.jpg" class="imagelink" title="marniazyeutercom.jpg"> Photo Marnia zyeuter.com                                   </a><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/marniazyeutercom.jpg" class="imagelink" title="marniazyeutercom.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/marniazyeutercom.jpg" alt="marniazyeutercom.jpg" width="400" /></a></p>
<p><i><font size="5"><br />
Délasse ma nichée</font></i></p>
<p><i><font size="5"><br />
Sans trop la ménager</font></i></p>
<p><i><font size="5"><br />
Attrape mes tétons</font></i></p>
<p><i><font size="5"><br />
Et du bout de ta langue</font></i></p>
<p><i><font size="5"><br />
Durcit-les tant et tant</font></i></p>
<p><i><font size="5"><br />
Qu&#39;a la fin de ce temps</font></i></p>
<p><i><font size="5"><br />
Si fort que j&#39;en tangue</font></i></p>
<p><i><font size="5"><br />
Puis descends lentement</font></i></p>
<p><i><font size="5"><br />
Va va jusqu&#39;à mon calice</font></i></p>
<p><i><font size="5"><br />
Lécher non sans malice</font></i></p>
<p><i><font size="5"><br />
Le bouton hardiment</font></i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>( mars 2008)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   150   855   7   1   1050   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;} @font-face 	{font-family:Arial; 	panose-1:0 2 11 6 4 2 2 2 2 2; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;} @font-face 	{font-family:Verdana; 	panose-1:0 2 11 6 4 3 5 4 4 2; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} h1 	{margin-right:0cm; 	mso-margin-top-alt:auto; 	mso-margin-bottom-alt:auto; 	margin-left:0cm; 	mso-pagination:widow-orphan; 	mso-outline-level:1; 	font-size:24.0pt; 	font-family:Times; 	mso-font-kerning:18.0pt; 	font-weight:bold;} p 	{margin-right:0cm; 	mso-margin-top-alt:auto; 	mso-margin-bottom-alt:auto; 	margin-left:0cm; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:10.0pt; 	font-family:Times;} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} span.gras 	{mso-style-name:gras;} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--></p>
<h1><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></h1>
<h1><span>Fantasmes </span></h1>
<p>Le samedi 03 Octobre 2009</p>
<p><font size="4"><i>Comme souvent elle a rêvé. </i></font></p>
<p><font size="4"><i>Cette nuit, tout avait bien commencé<br />
Entourée qu‘elle était d&#39;une joyeuse bande<br />
De femmes et d&#39;hommes nus<br />
S&#39;aimant à qui mieux mieux. </i></font></p>
<p><font size="4"><i>Ce n&#39;était que plaisirs capiteux,<br />
Soupirs, halètements, cris et chuchotements<br />
De femmes avec des femmes<br />
D&#39; hommes avec des hommes<br />
D&#39; hommes avec des femmes<br />
Et réciproquement<br />
Et elle avec les deux&#8230;<br />
Ô douceur des lèvres, des mains, des corps, et tendresses des sexes en son fourreau d&#39;amour   ! </i></font></p>
<p><font size="4"><i>Et soudain le rêve a failli tourner en cauchemar<br />
Quand elle vit accourir un géant cornu,<br />
Genre faune tout poilu,<br />
Hideuse bête à la bite fourchue,<br />
Menaçante<br />
Avec ses deux dards géants gonflés à bloc. </i></font></p>
<p><font size="4"><i>Il la prit en ses bras de colosse<br />
Et dans sa tanière au fond des bois<br />
Il l&#39;emporta et la pénétra par les deux voies<br />
Sans ménagement </i></font></p>
<p><font size="4"><i>Assoiffée de désirs<br />
Cette brute au phallus bifide,<br />
Déversa en son con<br />
Déchargea en son cul<br />
Ses torrents de fabuleux plaisirs   !</i></font></p>
<p><font size="4"><i><br />
Et elle sortit comblée de ce rêve monstrueux&#8230;  </i></font></p>
<p><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/vanessadeclubunion553.jpg" class="imagelink" title="vanessadeclubunion553.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/vanessadeclubunion553.jpg" alt="vanessadeclubunion553.jpg" width="400" /></a><br />
<!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   29   168   1   1   206   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></b></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><b><u><font size="5">Lily Rose…</font></u></b></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--> </b></span><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/venus.vignette.jpg" alt="venus.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal"><span>Elle s’appelait Lily Rose</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>On lui vola son nom</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Pour un compagnon </span></p>
<p class="MsoNormal"><span>De femme esseulée qui n’ose</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Se frotter à la réalité…</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Lily Rose en vérité</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Avait un très<span>  </span>bon secret</span></p>
<p><span>Pour satisfaire son minet </span><!--EndFragment--></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><!--[if gte mso 9]&gt;     Normal   0   0   1   101   581   4   1   713   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--></p>
<p class="MsoNormal"><span><b><u><i><font size="5">Aux sources du plaisir</font></i></u></b></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><b><!--[if !supportEmptyParas]--> </b></span><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/more2.jpg" class="imagelink" title="more2.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/more2.jpg" alt="more2.jpg" width="400" /></a></p>
<p class="MsoNormal"><span><b>En souvenir de « Manon des sources » dansant nue sous le soleil dans une flaque de pluie…</b></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><b><span> </span></b></span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Tendre fraîcheur matinale </span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Parfums du pays provençal</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Des bourgeons à peine entr’ouverts</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Des thyms, sarriette ou chênes verts </span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Des tortueux cactus à figues </span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Sous le dur soleil des garigues</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Ils fuseront après midi </span></p>
<p class="MsoNormal"><span>De la rudesse des maquis</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Des ossements rocheux brûlés</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Dominant les mazets chaulés</span></p>
<p class="MsoNormal"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<p class="MsoNormal"><span>La belle fleur de tes quinze ans<span>                            </span></span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Recherchée par tant de galants</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Ne la donneras de plein gré</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Et dans la foi ce don sacré</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Ce joyeux présent sans pareil</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Dans une danse du soleil</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Qu’aux bords des sources du soupir</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Dans un beau moment de plaisir </span></p>
<p class="MsoNormal"><span>De volupté</span></p>
<p><span>Et de gaîté</span><!--EndFragment--><br />
&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/22/delasse-moi/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>ENTRE FEMMES</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/22/entre-femmes/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/22/entre-femmes/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 22 Nov 2008 14:29:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Poesie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/22/entre-femmes/</guid>
		<description><![CDATA[Entre deux femmes,
Presque rien
Juste un rien
Une flamme
 http-//zfhg.digitaldesire.com
                                         


Entre femmes
Un tout petit coup d&#39;œil en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="blogs_introduction"><i><font size="4">Entre deux femmes,<br />
Presque rien<br />
Juste un rien<br />
Une flamme</font></i></p>
<p><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/httpzfhgdigitaldesirecomgals10486pics11.jpg" class="imagelink" title="httpzfhgdigitaldesirecomgals10486pics11.jpg"> http-//zfhg.digitaldesire.com</a><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/httpzfhgdigitaldesirecomgals10486pics11.jpg" class="imagelink" title="httpzfhgdigitaldesirecomgals10486pics11.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/httpzfhgdigitaldesirecomgals10486pics11.jpg" alt="httpzfhgdigitaldesirecomgals10486pics11.jpg" width="400" /></a></p>
<p><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/httpzfhgdigitaldesirecomgals10486pics11.jpg" class="imagelink" title="httpzfhgdigitaldesirecomgals10486pics11.jpg">                                         </a></p>
<p><i><font size="4"><br />
</font></i></p>
<p><i><font size="4">Entre femmes</font></i></p>
<p><i><font size="4"></font></i><i><font size="4">Un tout petit coup d&#39;œil en dit parfois plus long Qu&#39;un long regard mouillé Un air de connivence un sourire dit-on Un œil émoustillé Où perce le désir si peu inconvenant<br />
De souris et caresses<br />
De longs profonds et tendres baisers survenant<br />
Avec tant de tendresse<br />
Que rien ne peut ôter de si beau de si bon<br />
Et de si délectable<br />
À l&#39;esprit que l&#39;attraction des corps si ronds<br />
Des courbes si aimables</font></i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/garbadelle04.jpg" alt="garbadelle04.jpg" /><br />
<i><font size="4">Entre femmes qui s&#39;aiment<br />
Un tout petit signal un effleurement de peau<br />
Échauffée la vue même<br />
Du vallon à l&#39;orée de leurs seins pour que l&#39;eau<br />
De venir à la bouche<br />
Des belles énamourées alors il faudra bien<br />
Oh rien d&#39;aussi peu louche<br />
Que s&#39;approcher encor pour accroître le lien<br />
Qui arrime deux femmes<br />
Jeter les vêtements tout au loin de leurs corps<br />
Pour libérer les flammes<br />
Et offrir aux désirs les émois de l&#39;aurore</font></i></p>
<p><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/12/libertine1.jpg" class="imagelink" title="libertine1.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/12/libertine1.jpg" alt="libertine1.jpg" width="400" /></a><br />
(05 novembre 2008)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>ENCORE DES MOTS</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span></span></p>
<p class="MsoNormal"><span><!--[if !supportEmptyParas]--><!--[endif]--> On nous a dit: &#8220;Vous êtes trop belles&#8221;.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Et pourquoi donc, s&#39;il vous plait?</span></p>
<p class="MsoNormal"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Trop?</span></p>
<p class="MsoNormal"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Vraiment?</span></p>
<p class="MsoNormal"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Pourquoi trop?</span></p>
<p class="MsoNormal"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Trop n&#39;est pas encore assez</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Trop n&#39;est toujours pas assez</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Pour moi d&#39;ailleurs assez est un mot prohibé</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Car pour moi la vie roule à pleins bords</span></p>
<p class="MsoNormal"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Ma vie qui n&#39;est pas un long fleuve tranquille</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Mais un torrent de &#8220;pas assez&#8221; et d&#39;&#8221;encores&#8221;&#8230;</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Un torrent d&#39;exigences renouvelées</span></p>
<p class="MsoNormal"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Un torrent qui éclabousse</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Ceux qui</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Timorés</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Restent sur ses bords</span></p>
<p class="MsoNormal"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Un torrent furieux qui se heurte aux rochers</span></p>
<p class="MsoNormal"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Et se perd parfois pour</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Aussitôt surgir encore</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Se lover</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Câlin</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Dans les &#8220;marmites de géants&#8221;</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Creusées dans le lit de la vie</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Pour mieux rejaillir</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Rebondir</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Un peu plus loin.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Ce n&#39;est qu&#39;en arrivant au lac ou à la mer</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Que trop devient assez</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Car trop c&#39;est trop</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Trop d&#39;eau</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Là où la vie se noie</span></p>
<p class="MsoNormal"><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<p class="MsoNormal"><span>Et ce n&#39;est plus je crois</span></p>
<p><span>Le paradis.</span><!--EndFragment--><br />
&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/22/entre-femmes/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>UNE LANGUE DE COLIBRI</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/22/une-langue-de-colibri/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/22/une-langue-de-colibri/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 22 Nov 2008 13:23:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Poesie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/22/une-langue-de-colibri/</guid>
		<description><![CDATA[

&#160;

 
Ô Luz! 
(d&#39;abord publié sur Roomantic.fr sous le titre:&#8221;une langue de colibri&#8221;)

Douce andalouse
Phare de nos amours
Là sur notre lit dans ta chaude lumière
Mon corps a déjà signifié son désir
Je me suis exposée
Nue
Plus nue que nue
Les imperfections de mon corps me paraissent  criantes
Face à celle que je sais superbe sous son voile si ténu
Ce corps [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table cellpadding="0" cellspacing="0" width="396">
<tr>
<td class="forum_cadre_04">&nbsp;</td>
<td class="forum_cadre_05">
<p class="message_date"><b> </b></p>
<p class="message_texte"><b><i><font size="4">Ô Luz! </font></i></b></p>
<p class="message_texte"><i><font size="4"><font size="2">(d&#39;abord publié sur Roomantic.fr sous le titre:&#8221;une langue de colib</font></font></i><i><font size="4"><font size="2">ri&#8221;)</font></font></i></p>
<p class="message_texte"><b><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/cristianarealidenudeearticlebig.jpg" alt="cristianarealidenudeearticlebig.jpg" /><i><font size="4"><br />
Douce andalouse<br />
Phare de nos amours<br />
Là sur notre lit dans ta chaude lumière<br />
Mon corps a déjà signifié son désir<br />
Je me suis exposée<br />
Nue<br />
Plus nue que nue<br />
Les imperfections de mon corps me paraissent  criantes<br />
Face à celle que je sais superbe sous son voile si ténu<br />
Ce corps brun et si plein de ses fermes rondeurs<br />
Que je connais par cœur</font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">Je joue l’indifférente</font></i></b></p>
<p><b><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/ric.jpg" class="imagelink" title="ric.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/ric.jpg" alt="ric.jpg" width="400" /></a><i><font size="4"><br />
Je ferme les yeux<br />
Muette<br />
Un bon massage exige le silence<br />
Car parler  n’est en fait que révéler sa gêne</font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">Elle a posé<br />
Fermement<br />
Sur mon ventre<br />
Ses mains ointes d’huiles si odorantes et essentielles </font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">Ses mains puissantes </font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">Puissantes mais si douces !</font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">J’aime comme elle me masse<br />
J’aime ce temps qui s’arrête<br />
J’aime ses mains patientes qui dénoue les tensions<br />
J’aime ce cérémonial qui prélude à l’extase</font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">J’aime cette certitude<br />
que ses gestes se feront caressants avec le temps</font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">J’aime lorsque ses mains se font indiscrètes<br />
comme par mégarde </font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">C’est le pouce qui se perd dans ma toison pubienne </font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">Tandis que les autres doigts pétrissent encore le ventre</font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4"><br />
C’est la paume qui passe en entourant un sein alors que la main remonte vers l’épaule</font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">Messages discrets de massages que j’espère plus intimes<br />
et qui achèveront ce travail patient qu’en aucun cas il ne faudrait bâcler</font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">La complicité s’établit à cette ouverture<br />
Oh! presque imperceptible des cuisses </font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">À cette respiration plus profonde</font></i></b></p>
<p><b><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/jenymodelslucc.jpg" class="imagelink" title="jenymodelslucc.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/jenymodelslucc.jpg" alt="jenymodelslucc.jpg" width="400" /></a><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/jenymodelslucc.jpg" class="imagelink" title="jenymodelslucc.jpg"> </a><i><font size="4">Luz comprend qu’elle doit aller au bout<br />
et prodiguer une relaxation totale à ce corps </font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">Qui s’abandonne sous ses doigts</font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">Hors du temps</font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">Quand ses paumes reviennent entourer mes deux seins<br />
Quand ses doigts en pincent les tétons je ne peux résister au grand chambardement qui naît en moi </font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">Mon</font></i></b><b><i><font size="4"> corps appelle la jouissance </font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">De tous les pores de ma peau sourd le désir propre à me faire crier de plaisir</font></i></b></p>
<p><b><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/fanettehttpwwwfotocommunityfrpcpcextrafavdisplay15919794.jpg" class="imagelink" title="fanettehttpwwwfotocommunityfrpcpcextrafavdisplay15919794.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/fanettehttpwwwfotocommunityfrpcpcextrafavdisplay15919794.jpg" alt="fanettehttpwwwfotocommunityfrpcpcextrafavdisplay15919794.jpg" width="400" /></a></b> Photo par Fanette fotocommunity.<br />
<b><i><font size="4">Elle masse chaque sein<br />
Séparément<br />
D’un lent mouvement circulaire,<br />
Sans toucher le mamelon<br />
Ou si peu que c’en est un délicieux supplice<br />
La pointe s’érigedans l’attente  </font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">La caresse se précise  </font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">Les doigts daignent s’attarder</font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">Mais à nouveau la main s’éloigne vers l’épaule avant de redescendre se saisir de la base d&#39;un sein</font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">Et l’espoir renaît pourtant</font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">Par cette attente déçue<br />
le désir creuse son chemin </font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">Ma respiration se fait plus forte et ma poitrine se gonfle quand elle s’empare Oh! à peine encore hélas de mes deux seins </font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">Et les tenant entourés de ses mains Luz y  dépose un trop rapide baiser</font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">Je me sens prête à nos si vives amours</font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">Elle abandonne mes seins<br />
Vecteurs les plus sûrs vers ma jouissance</font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">C’est à eux que je dois ces orgasmes multiples qui la ravissent</font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">Mais non<br />
Elle les reprend<br />
Joue de ses doigts et de sa langue sur leur pointe<br />
Les agace les titille les mordille<br />
Et<br />
Ô suprême délice </font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">Les tète</font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">La houle qui m’emporte charge ma gorge de cris rauques haletants </font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">Toute frémissante j’écarte les cuisses Je ruisselle je tends vers elle mon sexe pour en faire saillir le bourgeon</font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">Et sa langue de colibri se glisse dans mon calice </font></i><i><font size="4"></font></i></b></p>
<p><b><i><font size="4">y chercher le miel de nos amours</font></i></b></p>
<p><b> </b></p>
<p><b><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/badb.jpg" class="imagelink" title="badb.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/badb.jpg" alt="badb.jpg" width="400" /></a><br />
(02 Juin 2008 )</b></td>
</tr>
</table>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/22/une-langue-de-colibri/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>POUVOIR RÊVER DE TOI ! POURQUOI?</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/14/pouvoir-rever-de-toi-pourquoi/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/14/pouvoir-rever-de-toi-pourquoi/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 14 Nov 2008 17:33:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Poesie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/14/pouvoir-rever-de-toi-pourquoi/</guid>
		<description><![CDATA[&#160;
Pouvoir rêver de toi ainsi me dira-on

Est aussi enviable qu’au Ciel de croire 

Car tant que tu me visiteras me dit-on

C’est qu’au fin fond de moi tu resteras l’espoir
&#160;

Pouvoir rêver que c’est bien toi encor

Qui dans ma nuit fait partie du décor

Pouvoir penser que ce rêve toujours

Rendra mes nuits &#8220;plus belles que vos jours&#8221;


Pourquoi, pourquoi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;<br />
<i><font face="helvetica" size="4">Pouvoir rêver de toi ainsi me dira-on</font></i></p>
<p><i><font face="helvetica" size="4"><br />
Est aussi enviable qu’au Ciel de croire </font></i></p>
<p><i><font face="helvetica" size="4"><br />
Car tant que tu me visiteras me dit-on</font></i></p>
<p><i><font face="helvetica" size="4"><br />
C’est qu’au fin fond de moi tu resteras l’espoir</font></i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><i><font face="helvetica" size="4"></font></i></p>
<p><i><font face="helvetica" size="4">Pouvoir rêver que c’est bien toi encor</font></i></p>
<p><i><font face="helvetica" size="4"><br />
Qui dans ma nuit fait partie du décor</font></i></p>
<p><i><font face="helvetica" size="4"><br />
Pouvoir penser que ce rêve toujours</font></i></p>
<p><i><font face="helvetica" size="4"><br />
Rendra mes nuits &#8220;plus belles que vos jours&#8221;</font></i></p>
<p><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/alice.jpg" class="imagelink" title="alice.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/alice.jpg" alt="alice.jpg" width="400" /></a><br />
<i><font face="helvetica" size="4"></font></i></p>
<p><i><font face="helvetica" size="4">Pourquoi, pourquoi faut-il que toute femme aimée</font></i></p>
<p><i><font face="helvetica" size="4"><br />
Ait de toi quelque aspect quelque image  animée</font></i></p>
<p><i><font face="helvetica" size="4"><br />
Pourquoi le deuil est-il si long à s’oublier</font></i></p>
<p><i><font face="helvetica" size="4"><br />
Qu’aucune de mes amies ne puisse te remplacer </font></i></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/11/14/pouvoir-rever-de-toi-pourquoi/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>RÊVE AUX YEUX VERTS</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/23/reve-erotique/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/23/reve-erotique/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 23 Oct 2008 15:05:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Poesie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/23/reve-erotique/</guid>
		<description><![CDATA[Amoureuse d&#39;une belle
Que je n&#39;ai jamais vue
Je rêve d&#39;un nuage
Qui l&#39;entraîne à la plage

Par les nuits de plein&#39;  lune
Car je la rêve celle
Qui a juste mon âge
Ell&#39; s&#39;étend sur la dune
Elle offr&#39; à mes mains nues
De son superbe corps
Tout luisant de cet or
Que diffuse la lune
La splendeur  toute nue
De ses seins si glorieux
Que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><i><font size="4">Amoureuse d&#39;une belle</font></i></p>
<p><i><font size="4">Que je n&#39;ai jamais vue</font></i></p>
<p><i><font size="4">Je rêve d&#39;un nuage</font></i></p>
<p><i><font size="4">Qui l&#39;entraîne à la plage</font></i></p>
<p><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/yxvertswwwfotocommunityfrpcpcchannel508extranewdisplay14686306.jpg" class="imagelink" title="yxvertswwwfotocommunityfrpcpcchannel508extranewdisplay14686306.jpg"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/yxvertswwwfotocommunityfrpcpcchannel508extranewdisplay14686306.jpg" alt="yxvertswwwfotocommunityfrpcpcchannel508extranewdisplay14686306.jpg" width="400" /></a><br />
<i><font size="4">Par les nuits de plein&#39;  lune</font></i></p>
<p><i><font size="4">Car je la rêve celle</font></i></p>
<p><i><font size="4">Qui a juste mon âge</font></i></p>
<p><i><font size="4">Ell&#39; s&#39;étend sur la dune</font></i></p>
<p><i><font size="4">Elle offr&#39; à mes mains nues</font></i></p>
<p><i><font size="4">De son superbe corps</font></i></p>
<p><i><font size="4">Tout luisant de cet or</font></i></p>
<p><i><font size="4">Que diffuse la lune</font></i></p>
<p><i><font size="4">La splendeur  toute nue</font></i></p>
<p><i><font size="4">De ses seins si glorieux</font></i></p>
<p><i><font size="4">Que mes mains peuv&#39;t  à peine</font></i></p>
<p><i><font size="4">Saisir tout ce  trésor</font></i></p>
<p><i><font size="4">Mais mes lèvr&#39; en sont pleines</font></i></p>
<p><i><font size="4">Et ses tétons mignons</font></i></p>
<p><i><font size="4">Se dressent sous ma langue</font></i></p>
<p><i><font size="4">De même que son bouton</font></i></p>
<p><i><font size="4">En son pré broussailleux</font></i></p>
<p><i><font size="4">Se durcit en ce con</font></i></p>
<p><i><font size="4">Si tant voluptueux</font></i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   117   672   5   1   825   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;} @font-face 	{font-family:Arial; 	panose-1:0 2 11 6 4 2 2 2 2 2; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;} @font-face 	{font-family:Verdana; 	panose-1:0 2 11 6 4 3 5 4 4 2; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} h1 	{margin-right:0cm; 	mso-margin-top-alt:auto; 	mso-margin-bottom-alt:auto; 	margin-left:0cm; 	mso-pagination:widow-orphan; 	mso-outline-level:1; 	font-size:24.0pt; 	font-family:Times; 	mso-font-kerning:18.0pt; 	font-weight:bold;} p 	{margin-right:0cm; 	mso-margin-top-alt:auto; 	mso-margin-bottom-alt:auto; 	margin-left:0cm; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:10.0pt; 	font-family:Times;} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} span.gras 	{mso-style-name:gras;} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--></p>
<h1><span><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></h1>
<h1><span>Fantaisie érotique </span></h1>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/11/yxvertswwwfotocommunityfrpcpcchannel508extranewdisplay14686306.vignette.jpg" alt="yxvertswwwfotocommunityfrpcpcchannel508extranewdisplay14686306.jpg" /></p>
<p>(Le dimanche 27 Septembre 2009)</p>
<p><span>Par une nuit sans lune </span><span><br />
</span><span>J&#39;ai rêvé d&#39;une femme </span><span><br />
</span><span>Elle dormait sur la dune </span><span><br />
</span><span>J&#39;ai rêvé d&#39;une femme </span><span><br />
</span><span>Par une nuit sans lune </span><span></span></p>
<p><span>Sous le ciel étoilé </span><span><br />
</span><span>Une femme dormait </span><span><br />
</span><span>Toute la voie lactée </span><span><br />
</span><span>De ses feux éclairait </span><span><br />
</span><span>La femme qui dormait </span><span></span></p>
<p><span>La femme qui rêvait </span><span><br />
</span><span>Sur la dune de sable </span><span><br />
</span><span>Était brune et sombrait </span><span><br />
</span><span>Dans un rêve ineffable </span><span><br />
</span><span>Qui partout la comblait </span><span></span></p>
<p><span>Par une nuit sans lune </span><span><br />
</span><span>J&#39;ai rêvé d&#39;une femme </span><span><br />
</span><span>Couchée dessus la dune </span><span><br />
</span><span>Elle était toute en flammes </span><span><br />
</span><span>Par cette nuit sans lune </span><span></span></p>
<p><span>Son beau corps agité </span><span><br />
</span><span>De soubresauts lubriques </span><span><br />
</span><span>—Une mer démontée     !— </span><span><br />
</span><span>Et des cris érotiques </span><span><br />
</span><span>De sa bouche baisée </span><span></span></p>
<p><span>Jaillissaient sur la dune </span><span><br />
</span><span>Des cris d&#39;Éve comblée </span><span><br />
</span><span>Les lèvres de sa prune </span><span><br />
</span><span>Par mes lèvres baisées </span><span><br />
</span><span>Frémissaient à la brune</span></p>
<p><span class="gras"><span>Je rêvais de pouvoir </span></span><span><br />
</span><span class="gras"><span>La coucher sur la lune.</span></span><!--EndFragment--></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     Normal   0   0   1   230   1316   10   2   1616   11.1282          --><!--[if gte mso 9]&amp;gt;     0         21   0   0      -->  <!--  /* Font Definitions */ @font-face 	{font-family:"Times New Roman"; 	panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; 	mso-font-charset:0; 	mso-generic-font-family:auto; 	mso-font-pitch:variable; 	mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;}  /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{mso-style-parent:""; 	margin:0cm; 	margin-bottom:.0001pt; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:12.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} a:link, span.MsoHyperlink 	{color:blue; 	text-decoration:underline; 	text-underline:single;} a:visited, span.MsoHyperlinkFollowed 	{color:purple; 	text-decoration:underline; 	text-underline:single;} p 	{margin-right:0cm; 	mso-margin-top-alt:auto; 	mso-margin-bottom-alt:auto; 	margin-left:0cm; 	mso-pagination:widow-orphan; 	font-size:10.0pt; 	font-family:Times;} table.MsoNormalTable 	{mso-style-parent:""; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} @page Section1 	{size:612.0pt 792.0pt; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; 	mso-header-margin:36.0pt; 	mso-footer-margin:36.0pt; 	mso-paper-source:0;} div.Section1 	{page:Section1;} -->   <!--StartFragment--><br />
&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/23/reve-erotique/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>LE CALVAIRE DES NUITS</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/17/le-calvaire-des-nuits/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/17/le-calvaire-des-nuits/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 17 Oct 2008 06:23:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Poesie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/17/le-calvaire-des-nuits/</guid>
		<description><![CDATA[ 
&#160;
&#160;
Interminable nuit            
Sombre matin 
À l&#39;aube déjà tardive
&#160;
&#160;
 juliette b.
&#160;
Malgré la  lune            

Pleine de sa lumière froide.
&#160;
Ô nuit qu&#39;il est profond        
Et interminable
Ton silence!
&#160;
Comment faire front en toute conscience aux souvenirs importuns?
Comment se protéger des spasmes indiscrets?
Comment retrouver la plénitude  de ma force?
Comment faire pour te retrouver? 
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font size="5"><i> </i></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font size="5"><i>Interminable nuit            </i></font></p>
<p><font size="5"><i>Sombre matin </i></font></p>
<p><font size="5"><i>À l&#39;aube déjà tardive</i></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/1205504322.jpg" alt="1205504322.jpg" /><i><font size="2"> juliette b.</font></i><br />
&nbsp;</p>
<p><font size="5"><i>Malgré la  lune            </i></font><font size="5"><i><br />
</i></font></p>
<p><font size="5"><i>Pleine</i></font><font size="5"><i> de sa lumière froide.</i></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font size="5"><i>Ô nuit qu&#39;il est profond        </i></font></p>
<p><font size="5"><i>Et interminable</i></font></p>
<p><font size="5"><i>Ton silence!</i></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font size="5"><i>Comment faire front en toute conscience aux souvenirs importuns?</i></font></p>
<p><font size="5"><i>Comment se protéger des spasmes indiscrets?</i></font></p>
<p><font size="5"><i>Comment retrouver la plénitude  de ma force?</i></font></p>
<p><font size="5"><i>Comment faire pour te retrouver? </i></font></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/17/le-calvaire-des-nuits/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>SOLITUDE</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/13/solitude/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/13/solitude/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 13 Oct 2008 14:06:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal de route]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/13/solitude/</guid>
		<description><![CDATA[
Je me sens seule. Je suis seule.
&#160;
Mes amis, ou ceux et celles qui se disent, ou se voudraient être mes amis, prétendent que je suis responsable de cette situation. 
Que je fais, par mes exigences, mes impatiences, mon intransigeance, mon égoïsme, le vide autour de moi, autour de nous trois, car je ne dois pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/01meaculpa.vignette.jpg" alt="01meaculpa.jpg" /></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="5">Je me sens seule. Je suis seule.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Mes amis, ou ceux et celles qui se disent, ou se voudraient être mes amis, prétendent que je suis responsable de cette situation. </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Que je fais, par mes exigences, mes impatiences, mon intransigeance, mon égoïsme, le vide autour de moi, autour de nous trois, car je ne dois pas oublier mes filles.</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">L&#39;amitié, me dit-on, c&#39;est savoir donner et recevoir, chacun pour l’autre. </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Que c’est une valeur tout à fait importante<span>. Je ne saurais pas ce que c&#39;est. Je ne saurais pas faire.  </span></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Ainsi, ai-je peu d’amis&#8230;  </font><font face="verdana,geneva" size="4"><br />
</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Ont-ils raison?</font></p>
<p align="justify"><font size="4"><font face="verdana,geneva">Est-ce moi qui les repousse?</font></font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Est-ce moi qui l&#39;aie fait fuir, lui, si loin?</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Même en cherchant en profondeur, très au fond de moi, je ne trouve pas de réponse. </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">En vérité, je ne crois pas que la question se pose. Je m&#39;aveugle moi-même, peut-être? </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Mais ces personnes sont-elles des amis?</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="5"><font size="4">Pierre et Anne ne m&#39;ont jamais dis cela. Ni  Sylvie et Fabien: mais ceux-là, bien qu&#39;ils soient les plus proches, se font rares. Pourquoi?</font> </font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="5">C. non plus, si proche et si lointaine, tout à la fois, ne me dit pas des paroles aussi affreuses. </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="5">Sur elle je peux compter.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><b><font face="verdana,geneva" size="5"><br />
</font></b></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/13/solitude/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>TROUBLANTES CONFIDENCES?</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/12/troublantes-confidences/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/12/troublantes-confidences/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 12 Oct 2008 12:36:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal de route]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/12/troublantes-confidences/</guid>
		<description><![CDATA[C. m&#39;a écrit hier soir:
&#8220;Je viens de lire ton dernier texte sur unblog&#8230;
Troublantes confidences surtout la fin, es-tu si sûre qu&#39;il ne reviendra pas ?&#8221;
Troublée par son trouble, je lui ai répondu aussitôt:




 Oui, il m&#39;a fait part de sa décision hier. S&#39;il n&#39;est pas &#8220;remercié&#8221; à la fin de sa première année, il a, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font face="verdana,geneva" size="4">C. m&#39;a écrit hier soir:</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4">&#8220;Je viens de lire ton dernier texte sur unblog&#8230;<br />
Troublantes confidences surtout la fin, es-tu si sûre qu&#39;il ne reviendra pas ?&#8221;</font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4">Troublée par son trouble, je lui ai répondu aussitôt:</font></p>
<table cellpadding="0" cellspacing="0">
<tr>
<td class="forum_cadre_04" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"><br />
</font></td>
<td class="forum_cadre_05" align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"> Oui, il m&#39;a fait part de sa décision hier. S&#39;il n&#39;est pas &#8220;remercié&#8221; à la fin de sa première année, il a, aujourd&#39;hui, l&#39;intention de faire les quatre autres et m&#39;engage à me préparer à partir. Mais tu connais ma propre décision puisque tu me lis sur unblog. </font>&nbsp;</p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4">Bien sûr, il reviendra aussi souvent que possible, tant que des liens plus forts que ceux qu&#39;il a en France ne le retiendront pas. Il ne parle pas de divorce. pas encore. </font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4">Et puis, il reste attaché à Pauline, et même à Emma, à moi aussi sans doute, sûrement même, mais ce n&#39;est pas pour moi une vie.  </font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4">Non, il n&#39;y a rien de troublant dans mes confidences: je souhaite avant tout le bonheur de Pierre et d&#39;Anne, s&#39;ils peuvent le trouver. Avec Sabine je ne le crois pas. </font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4">Quant à moi, ce dont j&#39;ai besoin, c&#39;est d&#39;un peu de chaleur. </font></p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4"><br />
Si je trouve mieux, avec eux ou avec d&#39;autres, tant mieux.</font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><font face="verdana,geneva" size="4">Rassure-toi, je ne me fabrique pas de nouvelles illusions.</font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</td>
</tr>
</table>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/12/troublantes-confidences/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>CONFIDENCE</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/11/confidence/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/11/confidence/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 11 Oct 2008 14:02:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal de route]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/11/confidence/</guid>
		<description><![CDATA[Anne Sielberg et Pierre, mon ami médecin, celui qui a pris soin de Claire, sont devenus amis cet été dans les Landes, alors qu&#39;ils étaient l&#39;un et l&#39;autre dans un camp naturiste; depuis, ils n&#39;ont pas cessé de s&#39;écrire, de se parler, et, de temps en temps, chaque quinzaine environ, selon les gardes de Pierre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Anne Sielberg et Pierre, mon ami médecin, celui qui a pris soin de Claire, sont devenus amis cet été dans les Landes, alors qu&#39;ils étaient l&#39;un et l&#39;autre dans un camp naturiste; depuis, ils n&#39;ont pas cessé de s&#39;écrire, de se parler, et, de temps en temps, chaque quinzaine environ, selon les gardes de Pierre qui est médecin hospitalier dans le Var, de se rencontrer. Le plus souvent, c&#39;est chez moi, à mi-chemin (en temps), à peu près, entre Paris et D. Je suis ravie de les accueillir.</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Ils s&#39;aiment. Ce qui est une bonne chose, une belle chose, même. Mais, il y a Sabine. Sabine Ramain est l&#39;amie d&#39;Anne. Dans le coeur et le corps d&#39;Anne, elle occupe aussi une grande place. Depuis avant Pierre. Anne ne voudrait pas perdre Sabine en gagnant Pierre.</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Pierre, qui comprend cela, accepte qu&#39;Anne se dédouble. Il va même plus loin, il accepterait de cohabiter, si Anne et Pierre décident de se rapprocher.</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Pour Sabine, cela ne semble pas acceptable: en fait, elle voudrait à la fois garder Anne et rester à Paris. </font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Pierre, qui au départ ne semblait pas vouloir chercher un poste dans la région parisienne (Paris ne semble pas possible pour lui) bien que de nombreux postes de praticiens hospitaliers ne soient pas pourvus, serait prêt à perdre en qualité de vie, si Anne fait le choix de rester à Paris.</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Anne est troublée, car l&#39;égoïsme de Sabine lui semble de mauvais augure. Elle se dit que son amie serait peut-être capable de faire échouer son amour pour Pierre. Elle se dit aussi que contraindre Pierre à chercher un poste en Île de France, ne serait pas très honnête car elle, Anne, pourrait trouver le même type d&#39;emploi que celui qu&#39;elle a actuellement à Paris, en Provence.</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Sabine aussi trouverait certainement aussi un travail analogue à celui qu&#39;elle a actuellement (vendeuse dans le prêt-à-porter).</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">En fait, Marseille, Aix, Avignon, Toulon, Arles, Nîmes, correspondraient à une région qui leur conviendrait.</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Je n&#39;ai rien à en dire, bien sûr, mais je trouve que Sabine devrait rester à Paris et se séparer d&#39;Anne. Je n&#39;aime pas beaucoup Sabine, alors que je me sens en amitié avec Anne et avec Pierre. Aix serait un bon endroit puisque j&#39;y suis et que j&#39;ai une grande maison.</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4"> Je ne crois pas que Hervé reviendra.</font></p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="4">Et je me vois bien vivre avec Anne et Pierre&#8230;   </font></p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/11/confidence/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>ABANDON D&#8217;ENFANT&#8230;</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/10/abandon-denfant/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/10/abandon-denfant/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 10 Oct 2008 15:18:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal de route]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/10/abandon-denfant/</guid>
		<description><![CDATA[Il n&#8217;y pas d&#8217;extrait, car cet article est protégé.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<form action="http://manonmoreno.unblog.fr/wp-pass.php" method="post">
<p>Cet article est protégé par mot de passe. Pour le lire, veuillez entrer son mot de passe ci-dessous&nbsp;:</p>
<p><label>Mot de passe&nbsp;:<br />
<input name="post_password" type="password" size="20" /></label><br />
<input type="submit" name="Submit" value="Envoyer" /></p></form>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/10/abandon-denfant/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>ET LA VIE CONTINUE&#8230;</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/05/et-la-vie-continue/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/05/et-la-vie-continue/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 05 Oct 2008 07:32:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal de route]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/05/et-la-vie-continue/</guid>
		<description><![CDATA[Il n&#8217;y pas d&#8217;extrait, car cet article est protégé.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<form action="http://manonmoreno.unblog.fr/wp-pass.php" method="post">
<p>Cet article est protégé par mot de passe. Pour le lire, veuillez entrer son mot de passe ci-dessous&nbsp;:</p>
<p><label>Mot de passe&nbsp;:<br />
<input name="post_password" type="password" size="20" /></label><br />
<input type="submit" name="Submit" value="Envoyer" /></p></form>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/05/et-la-vie-continue/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>MÉMOIRE VIVE&#8230;</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/04/memoire-vive/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/04/memoire-vive/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 04 Oct 2008 09:13:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journal de route]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/04/memoire-vive/</guid>
		<description><![CDATA[Il n&#8217;y pas d&#8217;extrait, car cet article est protégé.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<form action="http://manonmoreno.unblog.fr/wp-pass.php" method="post">
<p>Cet article est protégé par mot de passe. Pour le lire, veuillez entrer son mot de passe ci-dessous&nbsp;:</p>
<p><label>Mot de passe&nbsp;:<br />
<input name="post_password" type="password" size="20" /></label><br />
<input type="submit" name="Submit" value="Envoyer" /></p></form>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/04/memoire-vive/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>CLAIRE &#38; MANON</title>
		<link>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/01/claire-manon-1/</link>
		<comments>http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/01/claire-manon-1/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2008 12:14:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>manonmoreno</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Souvenirs intimes]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://manonmoreno.unblog.fr/2008/10/01/claire-manon-1/</guid>
		<description><![CDATA[&#160;



&#160;
 Introduction (révisée en février 2010)
&#160;
Je suis Manon; j&#39;aurai trente-trois ans en juin 2010; je suis enseignante de littérature dans une université du sud de la France.
J&#39;écris et désire me publier sur ce site accueillant.
CLAIRE &#38; MANON, une histoire d&#39;amour, est le premier texte que je propose à votre lecture, et—éventuellement—à vos commentaires, est un long [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2008/10/clairemanonpartiei.doc" id="p6"><b><font size="5"><br />
</font></b></a></p>
<p><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/oeilzyeutercomcolorsphoto277007.vignette.jpg" alt="oeilzyeutercomcolorsphoto277007.jpg" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><i> <font size="5"><b>Introduction </b></font>(révisée en février 2010)</i></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>Je suis Manon; j&#39;aurai trente-trois ans en juin 2010; je suis enseignante de littérature dans une université du sud de la France.</b></p>
<p><b>J&#39;écris et désire me publier sur ce site accueillant.</b></p>
<p align="justify"><b>CLAIRE &amp; MANON,</b> <b>une histoire d&#39;amour, </b>est le <b>premier texte</b> que je propose à votre lecture, et—éventuellement—à vos commentaires, est un long récit écrit par Claire Gibeault,  ma sœur d&#39;adoption et mon amie, et par moi-même, Manon Moreno.</p>
<p align="justify">Claire s&#39;est suicidée au début du mois de septembre 2007, pour mettre un terme à une existence jugée par elle insupportable. Elle était atteinte d&#39;une maladie invalidante et incurable: la sclérose latérale amyotrophique ( SLA) dite aussi &#8220;maladie de Charcot&#8221;.</p>
<p align="justify">La première partie, achevée d&#39;écrire de son vivant, est mise en ligne telle qu&#39;elle l&#39;avait approuvée.</p>
<p align="justify">La seconde partie fut mise en forme après sa mort. Elle m&#39;avait laissé le soin de terminer le récit de notre vie commune. Plutôt que d&#39;écrire seule cette seconde partie, j&#39;ai jugé préférable de lui donner au maximum &#8220;la parole&#8221; grâce à une longue correspondance qu&#39;elle a entretenue avec un internaute, un vieux monsieur de quatre-vingts ans, délicat et charmant sans avoir peur des mots parfois crus d&#39;une jeune femme de trente ans, avec qui elle a sympathisé. Elle voulait certainement que j&#39;utilise ces messages qui se présentent comme une conversation intime avec un ami. En effet j&#39;ai retrouvé dans son ordinateur les textes de tous ses messages, alors que ceux de son correspondant avaient été  soigneusement supprimés. On ne devine ses propos qu&#39;à travers les messages de Claire. Je n&#39;ai pas repris <b>tous </b>ses écrits, mais tout ce que je publie sous son nom est de Claire, à l&#39;exception de très rares phrases ou tournures écrites un peu rapidement, et que j&#39;ai cru pouvoir remanier. Mes propres interventions se limitent, dans cette partie, à apporter quelques compléments ou à rétablir la réalité de certains faits. Bien entendu les personnages sont désignés par des pseudonymes. À l&#39;exception de nos prénoms, de ceux de nos parents, de celui de ma fille et de celui de mon compagnon.</p>
<p align="justify">Les textes que je publierai, ensuite sur ce blog, s&#39;inscriront tous dans ce &#8220;voyage intérieur&#8221; (expression empruntée à Romain Rolland, auteur aujourd&#39;hui injustement méconnu&#8230;), qu&#39;est un journal intime, pris dans un sens très large. Ainsi, on y trouvera des récits et nouvelles qui relèvent de la fiction; cependant, les personnages mis en scène empruntant beaucoup à mon imaginaire, me ressemblent en certains points au moins, surtout les femmes, bien sûr, mais pas seulement elles.</p>
<p align="justify">On peut me laisser des commentaires ou m&#39;écrire directement à:</p>
<p align="justify">manon moreno &lt;monomore13@yahoo.&gt;</p>
<p align="justify">Nombre de mes récits sont mis en ligne sur mon autre blog (   http://evermore13.over-blog.com/   )</p>
<p align="justify">La totalité de ces textes qui y sont&#8221;archivés&#8221;, jusqu&#39;au 15/02/2010, ont d&#39;abord été publiés sur Roomantic.fr, d&#39;où j&#39;ai été exclue le 02/02/2010.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><font face="verdana,geneva" size="5" color="#000066"><b>CLAIRE &amp; MANON </b></font></p>
<p align="justify"><font size="4">HISTOIRE D&#39;UN AMOUR</font></p>
<p>ET D’UNE VIE INTERROMPUE À TRENTE ANS</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>RÉCIT À DEUX VOIX</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b><i>par Claire Gibeault</i></b><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/alice.vignette.jpg" alt="alice.jpg" /><b><i> &amp; Manon Moreno</i></b><img src="http://manonmoreno.unblog.fr/files/2010/02/kin182charlotte.vignette.jpg" alt="kin182charlotte.jpg" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b><font size="5">PREMIÈRE PARTIE</font></b></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>I-Enfance &amp; adolescence</p>
<p>(Claire)</p>
<p align="justify">Manon est arrivée chez nous dans les tout premiers jours de juillet, en 1985. Mes parents avaient préparé cette « intrusion » dans notre petit univers, en m&#39;expliquant que cette enfant était orpheline depuis un an, je crois, je ne sais plus très bien, et qu&#39;elle avait vécu dans une famille d&#39;accueil, plusieurs mois, sans s&#39;y  plaire. Comme Papa  avait jadis connu son père, lorsqu&#39;ils étaient adolescents, mes parents s&#39;étaient proposés pour l&#39;accueillir, après l&#39;avoir rencontrée à plusieurs reprises, et avaient été agréés par la DDASS, (ainsi que par le conseil de tutelle, avons-nous compris plus tard). Pour des raisons que je n&#39;aie jamais connues, Maman ne pouvait pas avoir de deuxième enfant, comme ils l&#39;auraient souhaité ;« aussi Manon, à condition qu&#39;elle se plaise avec nous, pourrait  devenir comme ta sœur » m&#39;ont-ils dit. À deux mois près, nous avions le même âge : elle venait d&#39;avoir 8 ans à la fin de juin et je les aurais, moi, le premier septembre.</p>
<p>Je n&#39;ai pas su pourquoi, d&#39;ailleurs, je ne l&#39;ai pas vue plus tôt, en même temps qu&#39;eux, mes parents.</p>
<p align="justify">Bien sûr j&#39;étais inquiète, et en même temps, impatiente de la connaître. Les premiers jours ont été difficiles. D&#39;abord, elle a voulu être dans une autre chambre que la mienne. C&#39;était possible. Nous vivions à Manosque, dans une grande maison de village, et le choix lui en avait été donné. Elle était très renfermée, maussade, triste même, en tout cas mal à l&#39;aise, surtout avec moi. Puis, petit à petit, elle a accepté de se joindre aux quelques amies que j&#39;avais alors, pour nos jeux ou  nos promenades.</p>
<p align="justify">Moi, j&#39;ai tout de suite était attirée par cette fille brune, grande et  mince, qui me semblait belle alors que, à l&#39;époque, je me trouvais petite et un peu boulotte. Je me sentais prête à l&#39;aimer, mais Manon restait distante et comme sur ses gardes. Mais un jour, ô combien mémorable !, vers la mi-août, elle a demandé à ma mère, qu&#39;elle appelait Pauline, si elle pouvait s&#39;installer dans ma chambre. « Bien sûr Manon » a répondu maman, « si Claire le veut bien  aussi». Cette décision a tout changé entre nous ! Depuis nous ne nous sommes plus quittées, ou si peu.</p>
<p align="justify">Nos lits, d&#39;abord disposés de part et d&#39;autre de la fenêtre, dans deux encoignures, se sont très vite rapprochés. La nuit, parfois, je l&#39;entendais pleurer, sangloter, tout doucement. Je me glissais alors dans son lit et je la prenais dans mes bras, en pensant que, sans doute depuis plus d&#39;un mois, et peut-être même davantage, elle souffrait ainsi, seule dans la nuit. Contre moi, elle se calmait et se rendormait. Je respirais avec espoir ses douces senteurs à peine épicées et je fondais de bonheur contre son corps tiède et abandonné.  Il lui est arrivé ensuite de venir, d&#39;elle-même, me retrouver. Maman nous a souvent trouvées endormies dans le même lit en venant nous réveiller, les jours d&#39;école.</p>
<p align="justify">Jamais nous n&#39;avons parlé de sa vie d&#39;avant : je ne l&#39;ai jamais questionnée, et jamais elle ne m&#39;en a parlé. Je ne sais toujours pas pourquoi. Peut-être a-t-elle pensé que je n&#39;étais pas curieuse, que je ne m&#39;intéressais pas à elle ? Non, je ne crois pas, nous n&#39;avons pas non plus parlé de ma vie avant son arrivée. Je crois que nous avons admis, l&#39;une et l&#39;autre, que notre vie commençait tout bonnement en juillet 1985. Du reste, nous avons de plus en plus vécu entre nous, un peu comme en partageant un secret. Il y avait nous deux et les autres : mes parents, l&#39;école, les camarades, les amis. Nous formions comme une seule personne en deux corps.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Nous faisions tout ensemble. Pour l&#39;école, ce que l&#39;une connaissait bien ou avait bien compris ou savait mieux faire, se « transfusait » à l&#39;autre. C&#39;était extrêmement pratique, et efficace. Mais il n&#39;y avait aucun mystère dans ce phénomène ainsi que l&#39;a vite remarqué Manon. Nous avions toutes les deux beaucoup de facilité et de mémoire et j&#39;avais pris l&#39;habitude d&#39;être toujours en avance d&#39;une leçon, en lisant le livre la veille. En suivant bien la leçon à l&#39;école, j&#39;avais aussitôt compris et appris. Avec Manon, cela marchait encore mieux puisque nous étions deux à nous partager le travail. L&#39;une faisait à l&#39;autre un résumé et hop ! c&#39;était ancré dans notre mémoire et la leçon était le lendemain comprise et « engrangée » sur le champ. Cela a commencé dès notre première année d&#39;école (donc en CE2 où nous ne restâmes que jusqu&#39;à Noël) et se prolongea pendant toute la durée de nos études communes ; ce fut tellement efficace que nous avions deux bonnes  années d&#39;avance au moment du bac et cette façon de travailler se prolongea après, pour la préparation du concours de Normale.</p>
<p align="justify">Nous avions beaucoup de temps disponible pour d&#39;autres occupations, que nous partagions toujours : fréquenter la bibliothèque municipale pour trouver de la documentation sur divers sujets, lire de nombreux livres, écouter de la musique, jouer et nous promener. Notre entente était totale : nous parlions beaucoup, entre nous, mais même sans parler, nous savions tout de l&#39;autre, enfin je le crois ! Ça c&#39;était vraiment mystérieux ! J&#39;ai aimé Manon dès son arrivée, mais je n&#39;avais pas besoin de le lui dire, elle l&#39;a su, je pense, tout de suite. De son côté, c&#39;est venu un peu plus tard, mais je l&#39;ai compris bien avant qu&#39;elle décide de s&#39;installer dans ma chambre.</p>
<p align="justify">Ces quatre années écoulées avant notre puberté furent superbes, merveilleuses… Nous étions comme deux très jeunes amantes, sans le formuler bien sûr, avec toute la fraîcheur, toute la vivacité, et aussi toute  la drôlerie de l&#39;enfance : nous étions gaies et heureuses tout en ayant  la grave conviction que notre vie serait à jamais commune !</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p>(Manon)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Ma vie, auprès de mes parents et de mon frère, fut heureuse. Normalement heureuse, je pense. Et c&#39;est vrai que je n&#39;ai jamais pu en parler, car l&#39;accident qui m&#39;a séparée d&#39;eux a été comme une rupture en moi, comme un abîme infranchissable qui s&#39;est creusé. À ma courte vie d&#39;avant a succédé l&#39;épreuve douloureuse de l&#39;orphelinat et d&#39;une famille d&#39;accueil que j&#39;ai refusée. Je naquis de nouveau avec toi et tes parents.</p>
<p align="justify">En fait, je t&#39;ai aimée tout de suite, mais, je ne l&#39;ai pas montré, tu ne l&#39;as peut-être pas compris, parce que j&#39;étais intimidée, tu m&#39;impressionnais, je te trouvais trop intelligente. Tes camarades disaient : « Claire est très intelligente, elle sait toujours tout ! Mais elle n&#39;est pas bêcheuse, elle nous aide souvent. » Ce n&#39;est que plus tard que j&#39;ai compris ton système, et à nous deux, il a encore mieux fonctionné, c&#39;est bien vrai. Je me suis vite sentie à ta hauteur, surtout lorsque j&#39;ai compris que je pouvais t&#39;apprendre quelque chose : la langue de mon père, l&#39;Espagnol. Tu en as d&#39;ailleurs été ravie : nous avons vite fais des progrès en travaillant ensemble car si j&#39;avais la « musique », mes connaissances étaient limitées. Grâce à Pauline, nous avons pu disposer d&#39;un manuel de grammaire à notre niveau et d&#39;un dictionnaire. Pauline elle-même, dont la mère était anglaise, nous a ensuite proposé de commencer l&#39;apprentissage de l&#39;Anglais, si bien que nous n&#39;avons fait que trois mois en sixième.</p>
<p align="justify">En fait, je ne sais pas bien pourquoi j&#39;ai mis plusieurs semaines à me rapprocher de toi. J&#39;étais plus à l&#39;aise avec Pauline et Jean. Souviens-toi comme je me plaisais dans l&#39;atelier de ton père. Tu en étais presque jalouse. J&#39;étais fascinée par son habileté, par la beauté de ses gestes, par la douceur du bois poli  par ses mains. Tes parents n&#39;ont pas remplacé les miens, bien sûr, mais ils m&#39;ont aimée et je les ai aimés, ils furent pour moi comme une référence, comme un point d&#39;appui dont tout enfant, tout adolescent, a besoin. Et ils ont été avec moi exactement comme avec toi, comme si j&#39;étais leur fille.</p>
<p align="justify">C&#39;est vrai aussi que nous avons été d&#39;emblée, fillettes, comme un couple, un couple de fillettes certes, mais un couple. Nous n&#39;avons jamais cessé en grandissant ! Et encore aujourd&#39;hui, que sommes-nous donc ?</p>
<p align="justify">Je ne suis pas certaine, cependant, qu&#39;il n&#39;y eût pas très tôt de la sensualité dans notre relation. Rappelle-toi comme nous nous serrions dans les bras l&#39;une de l&#39;autre, et les baisers, certes très chastes, que nous échangions ; souviens-toi des bains que nous avions tant de plaisir à prendre ensemble…</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p>(Claire)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">En effet, Manon me le rappelle, je n&#39;ai rien dit de mes parents qui ont tellement compté dans notre vie. Jean, mon père, était un artiste. Lui disait un artisan, car il était modeste. Il était ébéniste ; il avait étudié à l&#39;École BOULLE et aussi fait son « tour de France ». Il travaillait pour des musées, le Mobilier National ou des monuments classés pour réhabiliter du mobilier de toutes les époques, ce qui impliquait parfois une reconstruction complète, et produisait aussi des copies de meubles pour des particuliers. Il acceptait également des travaux plus modestes, mais toujours en bois plein et noble, pour « boucher les trous » et avoir un carnet de commandes lui permettant d&#39;employer  deux « compagnons ». Tous nos meubles étaient de sa main et dans le style qu&#39;il s&#39;était créé, très moderne, extrêmement épuré. Le premier grand plaisir qu&#39;il fit à Manon fut de lui construire un bureau secrétaire en merisier assez semblable au mien qui était, lui, en noyer. Nous les avons toujours : il en a simplement changé, à mesure que nous grandissions, le piètement pour les adapter à notre taille.</p>
<p align="justify">Maman était psychologue : elle travaillait, à temps partiel, dans les écoles de la région. Je suis persuadée qu&#39;elle a trouvé dans sa formation et son métier les moyens de nous comprendre et de nous aider dans les moments délicats de notre vie de fillettes et de jeunes filles.</p>
<p align="justify">Ils se sont connus à Toulouse (pendant le « tour de France » de mon père) et ils ont décidé de s&#39;installer en Provence où ils avaient vécu, l&#39;un et l&#39;autre, dans leur enfance, et à Manosque, parce que c&#39;était la ville de Giono, un auteur qu&#39;ils affectionnaient tout particulièrement.</p>
<p align="justify">Ces deux être m&#39;ont toujours donné l&#39;image d&#39;un couple éperdument amoureux.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">(Manon)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Oui Claire, je me souviens ! Ils étaient d&#39;une extrême pudeur, sans pour autant nous laisser ignorer l&#39;amour qu&#39;ils se portaient, comme si l&#39;amour était pour eux un art de vivre, et une éthique, au même titre que des valeurs aussi oubliées parfois, voire galvaudées, mais essentielles pour eux, que l&#39;honnêteté, la tolérance ou la solidarité. Dans mon souvenir, mes parents étaient ainsi, et c&#39;est sans doute pour cette raison que je me suis sentie si bien avec les tiens.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Tu ne sembles pas te souvenir que le jour où Jean m&#39;a proposé de me fabriquer un bureau est celui où je suis allée voir Pauline pour lui demander si je pouvais te rejoindre dans ta chambre. J&#39;étais entrée dans ta chambre avec ton père, et il t&#39;a parlé de me construire un bureau en lui expliquant qu&#39;il pourrait le faire comme ceci et  comme cela, un peu comme le tien, mais un peu différent, et tu as dit : « mais bien sûr » et même suggéré des modifications plus pratiques, à ton avis, que ce qu&#39;il avait fait pour toi. C&#39;est juste après que je suis allée voir Pauline.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Le soir même je dormais dans « notre » chambre…</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p>(Claire)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Nous sommes allées vers la puberté en toute insouciance, je crois. Maman nous avait clairement préparées aux transformations qui allaient, petit à petit, remodeler notre corps, et à nos premières règles. Je grandissais en te rattrapant et en perdant un peu de l&#39;épaisseur qui me déplaisait tant, tandis que de ton côté, tu prenais quelques rondeurs du côté des fesses et des hanches et  en approchant de l&#39;été de nos douze ans—nous finissions alors la quatrième, car, en effet, nous n&#39;avions passé que quelques mois en sixième— nous nous trouvions plutôt jolies, toi la brune et moi la blonde.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">C&#39;est  vrai que notre couple depuis longtemps n&#39;était pas exempt de sensualité. En prenant nos bains, ou en nous couchant, il ne nous déplaisait pas de nous toucher, de nous caresser même, je ne dirais pas en toute innocence, mais sans y attacher une très grande importance. Nous étions  bien ensemble. Examinant nos seins se développer, nous nous caressions, individuellement, comme pour mesurer leur taille, en réalité parce que nous y prenions plaisir, étonnées de sentir parfois les bouts se durcir. Et bien sûr, nous nous sommes mis à nous caresser l&#39;une l&#39;autre. Mais notre plus grand étonnement a été de découvrir le plaisir de se caresser  la fente du sexe avec un doigt. Là encore, je crois, nous n&#39;accordions pas à cette masturbation une signification déterminée. Nous étions prêtes, simplement, à nous ouvrir à la sexualité.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Nos premières règles sont survenues, peu avant Noël 1989, presque en même temps, chez l&#39;une et chez l&#39;autre. Nous étions dans notre douzième année, en troisième depuis quatre mois, et maman nous a dit : « vous êtes maintenant des jeunes filles, prêtes à aller au lycée ! »</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p>(Manon)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">En effet, Claire, tu décris bien la découverte de notre nouveau corps. Nous sommes entrées dans cette ère physiologique de la femme, sans à-coups, sans perturbation pour notre relation affective. Sans que celle-ci, pourtant, soit d&#39;emblée associée à une attraction sexuelle très puissante. C&#39;est  progressivement que notre rapprochement sexuel, conscient et désiré, s&#39;est affirmé. Il n&#39;est devenu  une part irréversible de nous-mêmes que durant  notre quinzième année, l&#39;année du  bac.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p>(Claire)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Oh là là Manon ! Comme tu passes allègrement sur les quatre années de notre adolescence. J&#39;en étais à 12 ans et te voilà à 16 ! Comme si tout s&#39;était passé simplement, sans difficultés, sans problèmes, sans crises même…</p>
<p align="justify">Commençons par parler de notre ennui à l&#39;école ! De la troisième à la terminale, bien que nous ayons souvent eu  d&#39;excellents professeurs, nous n&#39;éprouvions guère d&#39;intérêt pour ce que l&#39;on nous proposait. Fini le temps où nous nous amusions de tout et surtout de comprendre et d&#39;apprendre facilement, presque sans effort, simplement avec un peu de méthode.</p>
<p align="justify">Désormais, pour nous, c&#39;était la galère. Nous étions toujours en tête, et l&#39;on ne pouvait rien contre nous, mais nous étions vraiment insupportables, cherchant souvent à prendre les profs en défaut, soulignant leurs erreurs, ou leurs approximations, ou encore en leur posant des questions embarrassantes. Des chipies, quoi ! Nous étions des pimbêches insolentes et même outrecuidantes, sauf avec quelques rares profs qui savaient nous remettre à notre place ou nous trouver des occupations qui nous passionnaient.</p>
<p align="justify">Le professeur d&#39;histoire de seconde (Mme Armanet), que nous avons eu aussi en première, a su nous canaliser en nous faisant préparer des dossiers pour étoffer des questions en marge du programme, ou même, quelquefois, elle nous a fait préparer et faire le cours à sa place. En première, en français, Bouvard nous a donné un programme de lecture particulier avec obligation de faire des comptes-rendus écrits détaillés, qu&#39;il corrigeait et notait, et, en outre, des résumés plus concis destinés à l&#39;ensemble de la classe.</p>
<p align="justify">La  terminale (à Digne) s&#39;est mieux passée car la philo a été un objet d&#39;étude complexe et passionnant, avec en outre un excellent professeur qui a su exploiter notre besoin de dépassement. Hervé Chardin, jeune agrégé (c&#39;était, je crois, son premier poste) n&#39;avait pas beaucoup plus de dix ans de plus que nous. Il a su gagner notre confiance, et nous a expliqué les raisons de notre désintérêt, non pas des études, mais de l&#39;école que l&#39;on impose aux enfants et aux adolescents, en bridant l&#39;épanouissement de leur personnalité, en les faisant passer par un moule  qui laisse peu de libertés à l&#39;expression des différences individuelles. Nous avons été comme illuminées par cet homme et la façon si peu académique de nous donner accès au monde des philosophes. Et je crois bien que nous avons été à la fois apaisées et d&#39;une certaine manière amoureuses de lui. Il l&#39;a compris et a su se tenir à distance, sans pour autant se désintéresser de nous, car il était subtilement intelligent.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p>(Manon)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Tu fais bien, ma chérie, de ne pas anticiper, à propos d&#39;Hervé, mais tu pourrais en dire un peu plus sur nos relations, à l&#39;époque, avec lui et Marie, sa compagne, elle-même professeur d&#39;histoire. Après en avoir parlé avec Pauline et Jean, ils nous ont invitées chez eux plusieurs fois dans l&#39;année et pendant l&#39;été, avant notre départ pour Lyon, en prépa. Marie  fut vraiment une très bonne amie pour nous deux, toujours prête à nous écouter. Elle ne s&#39;est pas offusquée de l&#39;intérêt que nous portions à Hervé, nous disant que c&#39;était bien normal de tomber amoureuses de son prof ! Elle nous a donné aussi des conseils sur nos vêtements que nous avons suivis avec plus de conviction que ceux de Pauline qui étaient pourtant les mêmes. Hervé et Marie ont sympathisé aussi avec tes parents. Ils sont venus souvent chez nous. Marie et Hervé—Marie surtout—admiraient le travail de Jean et aimaient beaucoup—Hervé surtout—bavarder avec Pauline.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p>(Claire)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">La relation avec les garçons fut une autre source de difficultés. Avec eux, et entre nous. Dès la seconde, alors que nous venions d&#39;avoir treize ans, nous étions harcelées par les mecs de terminale, voire même par ceux de première. Nous étions jolies et déjà bien formées et la façon de nous vêtir fut souvent provocante : minijupes découvrant nos cuisses et parfois la culotte et ticheurtes moulant notre poitrine sans soutien-gorge, suscitaient, il est vrai, une excitation manifeste et compréhensible des jeunes mâles boutonneux, et même de certains profs. La provocation faisait partie de notre attitude générale malgré l&#39;attention de mes parents qui n&#39;ont cessé de nous mettre en garde. Avec un effet minime car ils étaient d&#39;une tolérance presque illimitée.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Cette « boom », fin août, pour nos quatorze ans, juste avant la rentrée, chez Fanny, une fille qui sortait de seconde comme nous, mais plus âgée, nous a marquées pour plusieurs années. Elle nous avait invitées pour son anniversaire, dans la maison de ses parents, absents bien sûr. Nous étions une bonne  trentaine, filles et garçons, avec des types qui entraient en terminale  ou avaient passé le bac et s&#39;apprêtaient à partir en fac. Certains étaient même plus avancés, comme Pierre, qui venait de passer, avec succès sa première année de médecine. Pierre, frère et chaperon de Sylvie, une assez bonne copine, qui, comme nous, était pour la première fois invitée à une soirée de cette ampleur.</p>
<p align="justify">Très vite, avec l&#39;alcool, cela prit un tour assez chaud auquel nous n&#39;étions pas encore habituées. Fanny elle-même, une fille avec qui nous avions sympathisé, à cause de sa liberté de ton et d&#39;allure, ne fut pas la dernière à se mettre au diapason, et elle s&#39;isola assez vite avec d&#39;autres filles et des garçons. Quand elle revint, elle était à demi nue, les seins à l&#39;air et avec juste sa petite culotte. Elle vint nous chercher, Manon et moi, ainsi que Sylvie, en nous disant : « venez, on s&#39;amuse bien là-bas ! » Pierre, avec qui je dansais, me dit « méfie-toi, ça ne me paraît pas clean ! »</p>
<p align="justify">Une fois dans la chambre, les mecs qui étaient là, eux complètement nus, ont voulu nous baiser. Comme nous refusions, ils se sont fâchés en disant : « Allez les filles, pas de chichis, déshabillez-vous ! D&#39;ailleurs  on va vous aider. » Ils nous attrapèrent et en un rien de temps, nous voilà dévêtues. Ils étaient très excités,( pour la première fois nous voyions, ailleurs que sur les revues porno, des sexes en érection !) et les autres filles, à part Sylvie qui s&#39;était enfuie, les poussaient au viol. Nous nous sommes débattues et ils n&#39;arrivaient pas à nous étendre sur le lit ou sur le sol, alors tous, y compris les filles, s&#39;y  sont mis pour nous maîtriser. L&#39;un d&#39;eux avait déjà réussi à me  forcer lorsque la porte, fermée à clé, fut défoncée et que le frère de Sylvie, Pierre, Fabien un de ses amis et quelques autres garçons, se sont mis à tabasser les violeurs, garçons et filles, et à nous délivrer. Manon n&#39;avait  pas été pénétrée, seule je saignais et surtout j&#39;avais mal. Nous sommes vite rentrées chez nous accompagnées de Pierre, de Fabien et de Sylvie, qui ont expliqué à mes parents ce qu&#39;il s&#39;était passé.</p>
<p align="justify">J&#39;étais vraiment en colère, et Manon essayait de me calmer, sans beaucoup de succès. Ma mère a fait venir notre médecin, une femme très chouette, qui m&#39;a examinée, a vu qu&#39;il y avait défloration, et contusion dues au forçage, mais pas de lésions graves, ni de sperme et, après une toilette vaginale, m&#39;a mise au lit avec un calmant.Il n&#39;y eut pas de suites, sauf en nous-mêmes. On ne déposa pas plainte, car dans une si petite ville, cela aurait rendu notre vie au lycée (et ailleurs) insupportable ; cependant, mon père est allé voir, en compagnie de Pierre et de Fabien, nos témoins, les principaux protagonistes, et leurs parents. Y compris ceux de Fanny ! Nous ne savions pas ce qu&#39;ils se sont dit, mais nous avons eu la paix. Enfin, pas vraiment, puisque nous sommes allées faire la terminale à Digne…mais c&#39;est à cause du besoin de Manon, de subir elle aussi le même traitement que moi !</p>
<p align="justify">Jusqu&#39;à la fin de la terminale, et même jusqu&#39;à notre succès à l&#39;entrée à Normale, nous avons évité les garçons, à l&#39;exception de Pierre, qui  venait nous voir lorsqu&#39;il rentrait à Manosque.</p>
<p align="justify">Manifestement, il était amoureux de moi et cela rendait Manon furieuse. Pour moi, c&#39;était un bon copain, mais rien de plus. Mais depuis cette boom, nous nous étions rapprochées, Manon et moi, comme  si nous pouvions être encore plus proches ! Eh bien oui ! Nous pouvions l&#39;être !</p>
<p align="justify">Petit à petit, nous avons vraiment trouvé ce que deux filles qui s&#39;aiment peuvent se faire de bon. Sans nous en rendre compte (enfin j&#39;exagère !) nous nous sommes découvert du goût pour les plaisirs saphiques. De  baiser en baiser, de caresse en caresse, nous avons trouvé le plaisir entre nous. Nous avons « goûter » notre corps, partout, bouche, langue, seins, et jusqu&#39;entre nos jambes, sans la moindre honte, sans le moindre dégoût, bien au contraire, nous avons savourer avec délectation le sexe de l&#39;autre. Depuis, nous n&#39;avons pas cessé !</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Un matin, l&#39;été de nos quinze ans, avant notre entrée en terminale, maman nous a trouvées au lit, nues dans les bras l&#39;une de l&#39;autre. Bien sûr, il y avait plusieurs mois que nous avions commencé à prendre notre plaisir ensemble.  C&#39;était un dimanche et nous faisions la grasse matinée. Si elle a été surprise, elle ne l&#39;a pas montrée ; elle nous a embrassées, s&#39;est assise sur le lit en disant avec son bon sourire habituel, vous vous aimez autant que ça ? Vous vous aimez beaucoup plus que deux sœurs ? Savez-vous comment s&#39;appelle ce que vous faites entre vous ainsi dévêtues ?  Manon a répondu, sans aucune gêne, en grande confiance, oui, Pauline, nous nous aimons. C&#39;est bien ça, vous faites l&#39;amour, et vous faites l&#39;amour par amour ! Vous faites l&#39;amour entre femmes, vous êtes  lesbiennes. Je demande :est-ce grave Maman d&#39;être lesbiennes ?   Mais non, bien sûr que non, ma chérie, c&#39;est votre liberté de vous aimer. Les garçons ne vous intéressent donc pas ?  C&#39;est Manon qui répond, non, pas jusqu&#39;à maintenant, et encore moins après ce qui nous est arrivé.  Bien sûr, chérie, mais tous les garçons ne sont pas comme cela. Pierre et Fabien et tous ceux qui vous ont porté secours sont des garçons bien.  Oui, c&#39;est vrai, mais ils ne nous intéressent pas.  Y a-t-il d&#39;autres filles qui vous plaisent, qui vous attirent? Non, pas jusqu&#39;à maintenant, nous sommes bien entre nous deux, nous n&#39;avons pas envie d&#39;être avec d&#39;autres filles. Et Manon  demande, crois-tu que Jean va être fâché d&#39;apprendre que nous sommes des lesbiennes? Alors elle sourit en nous embrassant. Mais non mes chéries, nous le savons depuis longtemps. Je crois même que nous l&#39;avons compris avant vous. J&#39;ai profité de vous trouver nues, comme maintenant, pour vous en parler aujourd&#39;hui, pour que tout soit bien clair entre nous quatre, pour que vous n&#39;ayez pas à vous cacher. Et pour vous rappeler aussi que des femmes qui aiment les hommes, ça existe bien. Plus jeune, j&#39;ai été amoureuse d&#39;une femme, un de mes professeurs, et j&#39;ai fait l&#39;amour avec elle. Mais depuis que j&#39;ai rencontré Jean, ça ne m&#39;est plus arrivé, et nous sommes heureux tous les deux, et avec vous, bien sûr.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p>(Manon)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Il faudra que tu reprennes  cette partie. Tu n&#39;oses pas l&#39;écrire ? Pourquoi ? Tu déformes même la réalité. Je n&#39;étais pas jalouse à cause de Pierre, j&#39;étais jalouse parce que j&#39;étais encore vierge ! Toi tu avais été déflorée…Ce n&#39;était pas un bon souvenir, et pourtant, je voulais être comme toi ! Ose te rappeler ma honte et la tienne lorsque je suis allée trouver ce salaud, ce pauvre type plutôt, qui t&#39;a violée pour le contraindre à me faire subir le même sort. Nous avions honte, et lui encore plus, et je me demande encore comment nous sommes parvenues à l&#39;obliger à me violer, où du moins à me pénétrer, car nous ne l&#39;avons pas laissé prendre son plaisir en moi. (Je crois que tu as fini par le menacer de le dénoncer devant toute la classe.) Nous l&#39;avons entraîné chez Sylvie, elle était de mèche avec nous, un jour où ses parents étaient absents, et nous l&#39;avons obligé à se déshabiller devant nous, nous avons dû en faire autant (je voulais seulement ôter ma culotte) pour l&#39;obliger à bander. Ose te souvenir que nous avons dû le branler pour le contraindre ! Voilà, j&#39;avais honte, je n&#39;étais pas préparée, comme toi, donc j&#39;ai eu mal, comme toi ! Ce fut terrible, j&#39;ai aussi du mal à écrire cela, mais ça fait partie de notre histoire, mais ensuite j&#39;étais comme toi.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Et nous avons pu nous aimer.</p>
<p align="justify">Car je crois aussi  que nous avons des souvenirs plus précis de la façon  dont nous avons pris possession de nos corps et du plaisir que nous pouvions en obtenir, cela aussi, c&#39;est notre histoire, puisqu&#39;elle dure encore, comme aux premiers jours, malgré ton handicap.</p>
<p align="justify">Le dialogue avec Pauline est bien rendu, même si nous devons le mettre, peut-être dans une nouvelle forme, car il a vraiment était important pour nous : c&#39;est à ce moment-là, je crois, que nous sommes entrées, par la grande porte dans le monde des adultes, à quinze ans tout juste.</p>
<p align="justify">L&#39;année de terminale, à Digne. En effet, à cause de ma folie, il n&#39;était pas possible de rester à Manosque. Mais cela  a permis la rencontre avec Hervé. Son enseignement, et notre amitié pour Marie, a été une sorte de consolidation de notre formation intellectuelle ( philosophie et  histoire—notre prof sans être mauvais n&#39;était pas enthousiasmant, et Marie nous a apporté beaucoup—ont prolongé et consolidé notre goût pour la littérature) et de notre sensualité avec une ouverture vers l&#39;homme (le mâle) grâce à notre attirance toute symbolique pour Hervé, justement. Il y a sans doute à rassembler nos souvenirs et à les formuler car si nous avons eu le culot de nous présenter à Normale dès l&#39;année d&#39;hypokhâgne, c&#39;est qu&#39;intellectuellement nous avions atteint une structuration exceptionnelle.</p>
<p align="justify">Notre dix-septième année, hypokhâgne et le concours, est une année de gros travail. Sur le plan de notre amour, il ne se passe rien de nouveau, si ce n&#39;est notre joie et notre plaisir sans cesse renouvelés d&#39;être ensemble, constamment seules entre nous, ce n&#39;est qu&#39;après le concours, dans l&#39;été avant d&#39;entrer à l&#39;École, que nous avons eu notre double histoire avec Pierre et son ami Fabien. Pour le reste, ce qui a marqué fut notre bagarre avec les autorités pour nous présenter au concours en candidates libres, et la façon dont le jury nous a retourné sur le grill à l&#39;oral avant de finalement nous admettre en queue de liste, bien qu&#39;après l&#39;écrit nous étions en tête ( bienheureux anonymat des écrits de concours !)</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p>(Claire)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Finalement, ce que tu apportes en complément, me dispense de reprendre le total. Notre rédaction à deux ne marche pas si mal !</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p>II-Notre dix-septième année.<br />
(Claire)</p>
<p align="justify">Nous avions été admises dans plusieurs hypokhâgnes mais nous avons opté finalement pour Lyon, et à Lyon, pas pour la plus prestigieuses des classes préparatoires (ce qui veut dire, pour les initiés, pas celle du le lycée du Parc !). Ce choix s&#39;est effectué entre nos parents, Marie et nous. Marie était lyonnaise. Elle avait elle-même fait hypokhâgne et khâgne à Lyon et disposait dans cette ville d&#39;un studio (héritage de ses  grands-parents) qu&#39;elle louait à des étudiants, et qui devenait vacant pour la rentrée. Elle le mettait à notre disposition, ce qui était bien commode et  avantageux pour mes parents. Elle avait été élève (très malheureuse !) au lycée du Parc  et nous a recommandé le lycée *** beaucoup plus agréable et disposant d&#39;une bonne classe préparatoire littéraire où nous étions acceptées. Ayant appris à nous connaître au cours de la terminale, c&#39;est elle-même, contre l&#39;opinion d&#39;Hervé Chardin d&#39;ailleurs, qui nous a recommandé de présenter les concours d&#39;entrée des ENS dès la première année. Elle a  estimé que nous n&#39;aurions aucun mal à tenir le niveau d&#39;hypokhâgne, tout en ayant du temps pour travailler par nous-mêmes, et avec son aide et celle d&#39;Hervé si nécessaire, les œuvres et questions au programme de la khâgne. Les résultats que nous avons obtenus au cours du premier trimestre ont convaincu Hervé que cette option était jouable et il ne nous ménagea pas son aide. Au lycée même, nous reçûmes le soutien de Mme XXX, professeur de français qui nous mit en relation avec son mari, lui-même professeur de lettres en khâgne, qui impressionné par nos  dissertations avec sa femme,  nous aida aussi sans condition. Mais tous les autres  enseignants et le proviseur firent tout pour nous dissuader, nous traitant d&#39;insolentes, de vaniteuses et d&#39;outrecuidantes pimbêches : on n&#39;avait jamais vu un tel culot ! Vouloir brûler les étapes alors que nous avions déjà beaucoup d&#39;avance sur nos camarades. Présentez-vous si vous voulez, mais sans notre soutien. Nous n&#39;avions cure de ces avis péjoratifs puisque nous avions le soutien de professeurs en qui nous avions toute confiance.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Nous avons travaillé dur ! Nous avons accordé peu de temps au divertissement cette année-là : quelques films, de rares concerts à l&#39;auditorium, des promenades dans la ville ou au parc, pour nous détendre lorsque nous étions vraiment trop sous pression. Mais, bien organisées, dans une entente parfaite dans le partage du travail, c&#39;était presque un jeu entre nous, et en tout cas un défi que nous lancions au système dont nous avions tant souffert.</p>
<p align="justify">Et tellement heureuses de notre amour ! Chaque nuit, avant de dormir nous nous accordions un moment intense de caresses et de plaisirs sensuels, ce qui nous a rendues indissolublement confondues…</p>
<p align="justify">Nous avons été admissibles aux trois écoles : Paris (Ulm), Fontenay et Cachan. À l&#39;issue des oraux, qui n&#39;en finissaient plus, nous avons été admises, dans les trois écoles, dans les premières places à Fontenay et à Cachan, mais nous avons été classées dans les deux dernières places de la liste principale à Ulm. Pour marquer, pensons-nous, la désapprobation du jury face à l&#39;outrecuidance que nous avions manifesté en nous présentant contre l&#39;avis  des représentants du « système » un an seulement après avoir obtenu le bac. Nous avons choisi Ulm, non parce qu&#39;elle est considérée comme  « L&#39;ÉCOLE NORMALE » par excellence, mais, là encore, par défi, puisque c&#39;est cette école qui avait hésité à nous accueillir!</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p>(Manon)</p>
<p align="justify">Oh oui chérie, quelle année ! Pour nous deux, la meilleure de notre vie, je  crois bien ! j&#39;en suis même certaine ! Quel accord en tout ! Je n&#39;ai rien à redire : ces trois lignes pour dire notre bonheur, le plaisir de la jouissance de nos corps, cela suffit. Quelle complicité intellectuelle et sensuelle qui nous a, dis-tu, indissolublement confondues. C&#39;est beau ce que tu écris là…car, nous le sommes restées, bien que très vite après notre arrivée à Paris, nos chemins aient divergé, d&#39;abord intellectuellement, puis plus tard, dans notre vie sentimentale, mais, fondamentalement, nous sommes restées confondues en amour. Notre amour a résisté à tout… même au pire que tu vis maintenant, que nous vivons ensemble. Continue, tu t&#39;en sors très bien…tu vas parler maintenant  de notre folle sexualité. Oseras-tu cette fois ?</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p>(Claire)</p>
<p align="justify">Oserai-je ? Ô Manon, ma joie, mon amour, ma douce, oui j&#39;oserai tout. Car rien n&#39;est vraiment indicible, n&#39;est-ce pas ? N&#39;est-il pas courant que des jeunes femmes aient des pulsions sexuelles exacerbées ? Ce qui l&#39;est moins, peut-être, c&#39;est qu&#39;elles y cèdent sans retenue comme nous l&#39;avons fait. On les appelle nymphomanes avec précaution, ou avec mépris, comme si c&#39;était une maladie honteuse. Il n&#39;y a pas de honte à nous être livrées aux plaisirs du sexe, nymphomanie ou pas.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p>III-De dix-sept à vingt-deux ans : études et sexe.<br />
(Claire)</p>
<p align="justify">Nous avons eu nos dix-sept ans l&#39;été du concours. C&#39;est cet été-là, pendant nos vacances, avant de nous installer à Paris, que nous avons éprouvé le besoin de faire l&#39;amour avec des hommes, autrement, bien sûr que par le viol ! Jusque-là, nous n&#39;avions connu l&#39;amour qu&#39;entre nous, sans autre objet de pénétration que nos doigts, que nos mains. Invitées par Pierre à Marseille, où il poursuivait sa médecine, et soumise à son affectueuse pression, j&#39;ai accepté de coucher avec lui, à condition que ce soit en présence de Manon, et qu&#39;il accepte aussi de lui faire l&#39;amour. C&#39;était culotté et peu sentimental, n&#39;est-ce pas ? Mais si lui avait le béguin pour moi depuis longtemps, ce n&#39;était pas réciproque. Il était, pour moi comme pour Manon un bon copain, pas davantage, et il le savait.</p>
<p align="justify">Il était déjà expérimenté—car dans le milieu médical, les copines ne manquent pas, et on fait l&#39;amour sans chichis, pour prendre du bon temps, pendant les gardes de nuit. Dès la première fois ce ne fut pas mal. Il se déshabilla d&#39;abord, avant de nous dévêtir l&#39;une après l&#39;autre ; il soigna les préliminaires, nous caressant, nous baisotant un peu partout avant de nous lécher la chatte et le bouton, et il se fit lui-même caresser et sucer par nous. C&#39;était vraiment un parcours « découverte », mais un  parcours mal fléché, pour des oies blanches comme nous ! Finalement il n&#39;était pas mécontent d&#39;avoir deux belles filles toutes neuves autour de lui. Il me pénétra la première, et cette première fois fut un éblouissement, non que j&#39;aie joui beaucoup, mais sentir la queue d&#39;un homme bien turgescente emplir son fourreau et y coulisser avec aisance donne une impression de plénitude totalement nouvelle. Ensuite, ce fut le tour de Manon. Un peu anxieuse, elle voulut  que je la tienne  entre mes jambes, contre mon ventre, et que je l&#39;accompagne en  lui caressant les seins. Pendant ce temps, Pierre, après s&#39;être introduit en douceur, la fourrait avec vigueur.  Elle eut un  orgasme et poussa un petit cri de contentement.  Fabien, son ami, que l&#39;on n&#39;attendait pas, rentra plus tôt que prévu, et se joignit à nous avec plaisir, profitant lui aussi de l&#39;aubaine. Ce fut une première expérience de sexe sans amour,  qui nous a convaincu du plaisir que l&#39;on pouvait y prendre. C&#39;est de là que tout est parti !</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">(Manon)</p>
<p align="justify">Tu vois, tu t&#39;en sorts pas mal du tout. Ça c&#39;est passé vraiment comme cela avec aussi peu de poésie. Et tu emploies  les mots qu&#39;il faut pour révéler la pauvreté de ces premiers rapports. Sans trop de crudité. Juste assez ! Rien à voir avec nos propres échanges, si délicats, si plein de douceur, de chaleur, de tendresse. C&#39;est pour cela que j&#39;ai voulu que tu me prennes dans tes bras, pendant que Pierre se démenait en moi sans beaucoup d&#39;égard. Tu m&#39;as bien aidée, comme toujours, à passer ce nouveau cap. C&#39;est vrai, j&#39;ai bien eu un petit orgasme, mais je me demande si ce n&#39;est pas grâce à tes caresses, toujours terriblement efficaces. Les « passes » suivantes ont été plus convaincantes, surtout avec Fabien, beaucoup plus attentionné que Pierre. Nous sommes restées près d&#39;une semaine avec eux, dans leur studio, en baisant à peu près tous les jours je crois bien. En échangeant nos impressions, nous avons convenu qu&#39;entre nous l&#39;amour était un vrai échange de tendresse et de plaisir, mais que le sexe de l&#39;homme nous apportait une plénitude physique qui était absente de nos rapports.</p>
<p align="justify">L&#39;idéal, disais-tu, serait de faire l&#39;amour avec un homme qu&#39;on aimerait toutes les deux et qui nous aimerait aussi toutes les deux. La triangulation du cercle, quoi ! C&#39;est de là que tout est parti, en effet, notre folie et notre calvaire. Mais nous ne l&#39;avons compris que bien plus tard&#8230;Lorsque Emma est née et que nous avons été de nouveau comblées. Mais l&#39;homme qui aurait pu nous aimer toutes les deux et être aimé de nous deux, ne s&#39;est pas présenté, et s&#39;est encore toi qui en a pâti. Mais je vais trop vite.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p>(Claire)</p>
<p align="justify">En effet Manon va trop vite. Et elle n&#39;est pas responsable de la détresse dans laquelle j&#39;ai failli sombrer.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Mais, il faut tout de même que je vous dise, lecteurs et lectrices, qu&#39;après ces premiers essais, nous sommes entrées, Manon et moi, dans un cycle relationnel avec les hommes, ou avec le sexe des hommes, qui a duré près de cinq ans, à un rythme délirant, sans que pour autant, nous laissions de côté notre formation intellectuelle et la préparation de notre vie professionnelle.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">À Paris, nous n&#39;avons logé dans la résidence de l&#39;École Normale que la première année. Dès que Manon  a eu dix-huit ans, elle a pu entrer en possession des avoirs de ses parents, qui n&#39;étaient pas gigantesques mais suffisants pour qu&#39;elle puisse acquérir un appartement dans le 5ème où nous nous sommes installées avec soulagement tant l&#39;atmosphère de l&#39;École et l&#39; « esprit » qui y régnait nous oppressaient. Manon avait choisi les lettres avec en vue l&#39;agrégation puis un doctorat. Moi, je m&#39;étais écartée de cette voie qui pourtant correspondait bien à mes centres d&#39;intérêts intellectuels, mais, le souvenir du collège et du lycée, me poussait à m&#39;écarter du monde universitaire. J&#39;ai fait de l&#39;histoire, de la sociologie, de l&#39;économie et j&#39;ai fini par passer par Sciences Po en tant que normalienne. J&#39;aurais pu postuler à l&#39;ENA, mais ni la haute administration  ni la politique ne me tentaient et j&#39;ai décidé d&#39;entrer dans la vie active après avoir épuisé mes quatre années d&#39;École. J&#39;ai choisi le domaine financier privé. Je ne sais pas vraiment pourquoi, sinon que, peut-être, ce secteur me soit à ce moment apparu suffisamment « virtuel » pour ne pas être accablée d&#39;interrogations métaphysiques fondamentales sur le sens du capitalisme financier (ce en quoi je faisais bien sûr un très mauvais calcul !). Je me suis trouvé, après un stage d&#39;un an, recrutée avec CDI, à vingt-quatre ans, au Centre parisien de la banque N*, grande banque internationale ( principalement américaine en fait), où j&#39;ai d&#39;emblée occupé des fonctions d&#39;assistante de direction, à des niveaux de plus en plus élevés de la hiérarchie, étant encore trop jeune pour être directement directeur. Mon salaire élevé nous a permis de vivre confortablement en dépit de  la maigreur  de la bourse de thèse de Manon.</p>
<p align="justify">Tout en faisant ces études et en vivant ensemble toujours en grand amour, Manon et moi, nous avons poursuivi notre exploration du sexe masculin. Nous avons appris assez vite à jouir intensément, et, bien que l&#39;amour ne soit pas au rendez-vous, nous étions toujours disposées à rendre à nos partenaires, pour peu qu&#39;ils se conduisent avec douceur avec nous, le plaisir qu&#39;ils nous procuraient. Nous n&#39;avons pas été longues à comprendre que tous les hommes trouvaient une satisfaction incomparable dans la fellation, et bien que nous n&#39;ayons jamais aimé nous retrouver avec la bouche remplie de sperme, nous nous exécutions gentiment si le partenaire nous avait honorées avec tellement de doigté  que nous  jouissions dans l&#39;extase. Tout homme ramené par l&#39;une d&#39;entre nous devait nous  faire l&#39;amour, successivement, et recevait ensuite sa gâterie de chacune de nous, et jamais nous n&#39;acceptions de nous séparer. Au contraire, l&#39;une caressait l&#39;autre tandis que le partenaire s&#39;exécutait. Et même, notre jeu favori était la BAT (la baise à trois) : une fois le partenaire étendu sur le dos, nous nous faisions face. Tandis que l&#39;une s&#39;empalait sur sa queue érigée, l&#39;autre lui offrait sa chatte. Ainsi, nous pouvions nous baiser et nous caresser et parvenir à trois à l&#39;orgasme pour peu que l&#39;homme sache utiliser sa bouche et sa langue.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">(Manon)</p>
<p align="justify">Cette fois, chérie, tu exagères ! Pas sur le fond, mais sur la forme. Tu penses vraiment que nous avons été aussi peu délicates ? La façon crue dont tu racontes nos relations avec le sexe mâle me déçoit un peu.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p>(Claire)</p>
<p align="justify">Manon me désapprouve. Mais je persiste à penser que les égarements dans lesquels nous nous sommes vautrées pendant cette période ne peuvent s&#39;exprimer qu&#39;avec les mots et les expressions que j&#39;ai employés. Et je n&#39;ai pas parlé des sorties dans des clubs de « rencontres » où il nous est arrivé d&#39;être tringlées par huit à douze types en une soirée , car je ne voudrais pas donner à croire que nous étions des émules de CatherineM., ne faisant que baiser et partouzer. (Attention, noter bien que je ne réprouve pas la « vie sexuelle » de Catherine : elle est bien écrite et sa vie lui appartient !). Comme je l&#39;ai dit déjà, nous avons aussi beaucoup travaillé, pendant ces années sombres de notre sexualité et la seule clarté qui nous a  protégé alors, ce fut notre amour.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p>IV- François.<br />
(Claire)</p>
<p align="justify">Tout s&#39;est terminé lorsque j&#39;ai rencontré François. François, mon unique et éphémère amour masculin.  C&#39;était en mai de ma première année (de stage) à la banque ***. C&#39;était au début de mars 1999, durant ma vingt-et unième année. J&#39;étais en dernière année d&#39;ENS.</p>
<p align="justify">Maman était morte, soudainement, d&#39;un accident vasculaire, l&#39;été précédent. Pour mon père d&#39;abord, pour Manon et moi aussi, ce fut une catastrophe, dont encore aujourd&#39;hui, je ne peux parler. J&#39;étais venue passer quelques jours avec Papa, sans pouvoir l&#39;aider vraiment, tellement nous étions abattus l&#39;un et l&#39;autre. Peut-être que Manon pourra parler plus facilement de cette terrible épreuve.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">À l&#39;arrêt de Lyon, un homme s&#39;est installé dans le siège en face du mien. Un homme, grand, mince et beau, très beau  même! Brun, très brun, un type méditerranéen, pensé-je.<br />
— Tiens » fait-il « bonjour ! »<br />
—On se connaît ? » fais-je.<br />
—Bien sûr ! Nous nous  connaissons ! »<br />
—C&#39;est votre manière de draguer » fis-je, un rien agressive.<br />
—Mais non, Manon, je crois, toi et ta copine Claire, vous êtes entrées à l&#39;École alors que j&#39;étais en quatrième année. Vous étiez des phénomènes car vous vous étiez présentées en candidates libres et vous étiez inséparables. On vous appelait même, entre nous, les &#8220;gouines&#8221;. Moi, je suis François G***.»<br />
—Vous étiez charmants, semble-t-il, non? Je ne me souviens pas de toi. Mais ce que tu dis est vrai, nous sommes entrées à l&#39;ENS sans passer par Khâgne, et nous sommes des gouines, comme tu dis si élégamment ! Sauf que Claire, c&#39;est moi, la blonde, Manon, mon amie est brune. »<br />
—Je suis désolé de t&#39;avoir blessée ! On disait cela sans penser à mal, simplement parce que vous étiez toujours ensemble. »<br />
—Tu aggraves ton cas, je crois,  car il semble que c&#39;était &#8220;mal&#8221; d&#39;être des lesbiennes, selon vous! Nous le sommes toujours, figure-toi ! »<br />
—Wouah ! » fait François, « ça commence mal ! Tu es toujours aussi susceptible ? »<br />
—Sur ce plan, oui. La sexualité est du domaine privé. Mais, pour ta gouverne, sache que Manon et moi nous ne nous contentons pas d&#39;être homo, nous sommes également bisexuelles. »<br />
—Aie ! Ça se complique ! Mais donc, ainsi, j&#39;ai mes chances. »<br />
—Oui, mais seulement si tu dragues les deux ! »<br />
—Bon, alors ça reste compliqué ! Et si l&#39;on parlait d&#39;autre chose ? Oui, je peux ? Bon alors, voilà ! Ce n&#39;est pas étonnant que tu ne te souviennes pas de moi, car, en  dernière année, je n&#39;étais pas souvent rue d&#39;Ulm. Je « bossais » l&#39;entrée à l&#39;ENA, et j&#39;étais plus souvent à Sciences Po qu&#39;à l&#39;École ! »<br />
—Donc tu es énarque ? »<br />
—Oui, j&#39;espère que ce n&#39;est pas une tare ! Je bosse à la DATAR, et pour l&#39;instant je « planche » sur Rhône-Alpes. Et toi, que fais–tu ? »<br />
— Je suis dans la finance, le capital, après avoir fait histoire, sciences éco et Sciences Po. Cette année je suis stagiaire à la banque N*. Manon, elle, a fait lettres et l&#39;agreg ;maintenant elle fait une thèse. »</p>
<p align="justify">De fil en aiguille, nous avons sympathisé, lui parlant de son boulot, et moi du mien. En arrivant à Paris, il m&#39;a invité à souper, à l&#39;Européen, à côté de la gare. Puis à prendre un dernier verre chez lui, dans le quartier Montmartre. Finalement, nous avons fini au lit. Sans Manon ! Pour la première fois ! Pourtant, je ne peux pas dire que c&#39;était un coup de foudre, non ! Mais, ce fut spontané, sans chichis, naturel.</p>
<p>Je partais. Il m&#39;a embrassé, sur la joue, puis sur la bouche ; j&#39;ai trouvé ça agréable. Je me suis serrée contre lui et nous avons échangé un nouveau et très long baiser.</p>
<p align="justify">Je me suis laissé dévêtir, j&#39;ai ouvert sa ceinture, descendu son patalon, son slip. Nous nous sommes retrouvés nus. Il bandait, et je mouillais, nous nous sommes plus. Nous avons pris un long bain dans sa grande baignoire, en échangeant que peu de paroles mais beaucoup de caresses. Nous étions subjugués, attirés, consentants, comme sûrs l&#39;un de l&#39;autre. Rien de précipité entre nous. Caresses douces, mais osées, très osées. Longs préliminaires. Attentifs l&#39;un à l&#39;autre. Nous avons fait l&#39;amour une première fois, tranquillement, pénétration  en douceur, longs et profonds allers-retours de sa queue dans mon fourreau. J&#39;allais à sa rencontre et je le retenais lorsqu&#39;il s&#39;éloignait, pour qu&#39;il reste en place, ne s&#39;échappe pas. Nous étions bien, l&#39;un dans l&#39;autre. Plaisir réussi, intense, dès la première fois.</p>
<p align="justify">C&#39;était un vendredi soir, et nous avons passé le samedi au lit, baisant et rebaisant, dans la joie et le plaisir, un coup de foudre à retardement, à mise à feu lente, mais brusquement explosif. Une réaction en chaine, qui démarre à pas bruit, puis,petit à petit s&#39;emballe. Mais quelle profondeur. Je n&#39;avais jamais connu ça. Et lui non plus disait-il. Rien à voir avec notre sexualité extrémiste habituelle…</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Nous avons aussi beaucoup parlé, nous rencontrant sur bien des points. De l&#39;amour naissait. De la passion, même.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Dimanche, j&#39;ai retrouvé Manon, inquiète car je ne l&#39;avais pas appelée et elle ne m&#39;avait pas trouvée chez mon père. Je lui ai tout dit, elle est devenue très sombre, le regard dur, le visage fermé, hermétique, et a seulement dit :<br />
—Ça devait finir par arriver ! »</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Et elle est sortie sans rien vouloir entendre, sans rien dire de plus. Elle n&#39;est revenue que tard, dans la nuit, sans rien dire, toujours, couchant loin de moi, sur le canapé. Le lendemain, quand je suis rentrée du boulot, elle avait disparu, emportant, comme j&#39;ai pu le constater, quelques vêtements et des objets de première nécessité. Pas de réponse aux mails.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Après trois jours, j&#39;ai fais le tour des lieux où elle avait l&#39;habitude de travailler. Bibliothèques, le bureau de son directeur de thèse,etc…Rien.</p>
<p align="justify">Je lui ai envoyé un long mail en lui expliquant que pour moi pour elle rien n&#39;était changé. Qu&#39;elle comptait pour moi avant tout le reste, et de loin. Rien. Tous les jours, je lui laissais un message d&#39;amour, négligeant même François dont je me sentais amoureuse, pourtant, de façon de plus en plus évidente. Lui aussi était fou d&#39;amour. J&#39;ai essayé de lui faire comprendre qu&#39;il devrait me partager avec elle, quand je l&#39;aurais retrouvée. Il ne voulait surtout pas comprendre  qu&#39;il devrait même faire ménage à trois.</p>
<p>—Vous êtes complètement cinglées » disait-il, totalement fermé à une pratique pourtant tellement simple ! « Il faudrait que je la baise par amour pour toi, c&#39;est bien ça ? » et comme j&#39;opinais, il levait les bras aux ciel en répétant « cinglées, complètement cinglées ».</p>
<p align="justify">Manon est revenue trois semaines plus tard. Elle était partie passer quelque temps à Manosque, auprès de mon père, qui ne m&#39;avait rien dit, mais l&#39;a convaincue, finalement, de rentrer me rejoindre.</p>
<p>Au début, avec François, tout s&#39;est bien passé. Après un temps d&#39;hésitations, il  prit l&#39;habitude, de nous retrouver dans le même lit et de baiser Manon avec le même soin qu&#39;il prenait pour moi. Et avec plaisir, si bien que peu à peu, nos liens se sont distendus et que notre amour après six mois s&#39;était dilué dans une indifférence à peine masquée par le désir violent qui nous animé. Un peu comme dans un récent passé. Sauf que c&#39;était avec le même homme tous les jours.</p>
<p align="justify">Manon et moi, nous sommes tombées enceintes à peu près en même temps. Lorsque nous l&#39;avons annoncé à François, il est devenu blême de colère, nous a traité de salopes et n&#39;est plus revenu ! Notre ménage à trois avait duré moins  de trois mois et notre amour s&#39;était dissous en quelques semaines.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Mais, Manon et moi, nous restions amoureuses, pas intactes, mais fidèles et entre nous, avec nos promesses de bébés.</p>
<p>(Manon)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Je viens de te lire avec émotion. Oh ma chérie, comme tu es restée modérée, tolérante! J&#39;ai honte d&#39;être responsable de cette énorme bévue, de ce gâchis, j&#39;ai honte de t&#39;avoir empêché d&#39;aimer François. C&#39;est vrai,  c&#39;était la première fois que l&#39;une de nous devenait amoureuse d&#39;un homme. Et j&#39;ai gâché ce possible amour par une misérable jalousie! Je ne te l&#39;ai jamais dit (tu vois nous avons encore des secrets entre nous !) mais, à Manosque, j&#39;attendais avec impatience tes messages quasi quotidiens. Et le sais-tu ? Je les ai conservés ces messages d&#39;amour, si beaux, si doux à mon cœur ? Les premières lettres d&#39;amour que je recevais. Comme tu as su les dire ces mots que nous ne nous étions jamais dits vraiment. « Oh, ma chérie, ma belle, ma tendre Manon ! Mon  amie, ma sœur, ma femme ! Comment  ai-je pu te faire cela ? Comment  ai-je pu être aveuglée par cet entraînement soudain pour François, par le plaisir de me trouver entre les bras d&#39;un homme qui semblait être celui que j&#39;attendais au point de négliger de t&#39;appeler pour t&#39;éviter une attente angoissante ? Comment ai-je pu croire notre amour assez fort pour résister à cette espèce de trahison ? Comment ai-je pu être aussi égoïste ? Comment n&#39;ai-je pas compris que cet amour si fort et si essentiel, je pouvais le détruire ?» Ainsi m&#39;as-tu écrit dans ton premier message. Pourquoi suis-je donc restée insensible à ce cri d&#39;amour que tu me lançais à chaque lettre, presque chaque jour. « Réponds-moi ! Je t&#39;en supplie, ma chérie, réponds-moi !» lançais-tu, désespérée, chaque jour. « Tu es mon amour, mon premier amour, celui qui dure, celui qui compte avant tout, le seul qui compte peut-être. Je ne veux pas te partager avec François, je veux ajouter François à notre amour, sans rien lui retrancher, au contraire, pour le grandir même, si c&#39;est possible. Et puis, d&#39;ailleurs, si, je veux même partager François avec toi, si vous vous plaisez, si vous avez plaisir à faire l&#39;amour à mes côtés, mais pas comme nous avons fait jusque-là avec les hommes, en nous dégradant, en nous offrant à leurs désirs misérables, en nous pliant à nos tristes pulsions. » Et encore, cette supplique si tendre : « Reviens-moi, Manon chérie, amante de nos nuits, amie de tous nos jours, depuis si longtemps ! J&#39;ai hâte de te baiser la bouche, de plonger mon visage dans la vallée de tes seins, de sentir ta poitrine tressaillir sous mes lèvres, je veux me perdre entre tes cuisses, te faire crier d&#39;amour sous les assauts de ma langue glissée entre les bords de ta conque. Je veux boire à ta source la liqueur de l&#39;amour… Reviens vite, tu me manques. Je t&#39;aime, ma belle amante. Ne me laisse plus souffrir. Ne te laisse plus souffrir, car j&#39;en suis certaine tu ne peux me haïr à ce point. Reviens, nous avons besoin l&#39;une de l&#39;autre ? Notre histoire ne peux se terminer si mal. Tu m&#39;as punie, je l&#39;ai mérité, mais c&#39;est assez maintenant. Reviens-moi.»</p>
<p align="justify">Sais-tu que maintenant encore, quand je suis désespérée à l&#39;idée de te perdre, ou que je me languis d&#39;Hervé lorsqu&#39;il est loin de moi, ou de toi lorsque je suis avec lui, je les relis ces lettres sublimes dans lesquelles tu as si bien su, apparemment sans effort, trouver les mots justes les mots vrais de notre si précieux, si grand amour. Et pourtant, ce n&#39;est que bien plus tard que j&#39;en ai compris toute la portée. Encore maintenant, lorsque je les reprends, la profondeur de ce que tu exprimes me surprend et me ravi tout à la fois. J&#39;en pleure, parfois, de n&#39;avoir pas vraiment compris alors l&#39;immense amour que tu me révélais.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Jean, pourtant lui-même si éprouvé par la mort de Pauline, veillait sur moi avec inquiétude, tellement il avait peur pour nous. Lui, si discret, m&#39;a même demandé un jour de les lire ces lettres. Je les lui ai données à lire. Gêné, il en a parcouru quelques unes en pleurant. Il m&#39;a dit : « tu vois bien ma chérie que Claire t&#39;aime plus que tout autre. Je pleure parce que Pauline aussi savait écrire ainsi et en lisant ces lettres qui ne me sont pas destinées, je crois retrouver la mère dans les mots de la fille.» Et plus tard il m&#39;a dit : « Pauline et moi, nous nous sommes toujours réjouis de votre amour. Tu sais, nous aussi nous avons eu nos accidents. Mais notre tolérance a toujours eu le dessus. Réponds-lui, Manon chérie, ou va la retrouver. Cet amour vous le méritez l&#39;une et l&#39;autre, mais il faut le soigner, l&#39;entretenir, le raviver, il n&#39;est pas inusable.» Là encore, ces mots si simples, et si beaux, je ne les ai pas compris tout de suite. J&#39;étais fermée comme un huître hors de l&#39;eau.</p>
<p align="justify">Je ne pensais qu&#39;à cet homme qui te prenait dans ses bras, qui te faisait jouir comme aucun homme, peut-être n&#39;avait pu le faire jusque-là. Et je n&#39;ai jamais répondu à tant d&#39;amour, à tout cet amour dont tu me gratifiais. Quel égoïsme! Et je suis rentrée, finalement, mais avec l&#39;intention de détruire ton  amour pour cet homme. Et j&#39;y suis parvenue en m&#39;imposant dans votre lit ! Puis lorsque j&#39;ai senti que François se détachait de toi en prenant plus de plaisir à baiser avec moi, j&#39;ai lancé l&#39;idée de nous faire mettre enceinte par François, pour nous replier ensuite sur nous et nos enfants, car il n&#39;accepterait pas cette double paternité. J&#39;ai été une vraie salope ! Et à la perte de ton bébé, je t&#39;ai laissé tomber dans la déprime sans beaucoup t&#39;aider ! Je ne t&#39;ai jamais dit, non plus, que, de Manosque, je suis allée plusieurs fois à Marseille retrouver Fabien en l&#39;obligeant à tromper Sylvie avec moi. Tu vois  mon amour, notre histoire n&#39;est pas aussi belle que tu le crois. Me le pardonneras-tu? Tu croyais m&#39;avoir trahie avec François, mais c&#39;est moi la traîtresse. Tu aurais été en droit de me rendre la pareille lorsque je suis tomber amoureuse d&#39;Hervé, pendant ton séjour aux USA. Et au contraire tu as été d&#39;une totale sincérité envers moi-même quand vous couchiez ensemble après ton retour. Hervé a compris qu&#39;il devait le faire s&#39;il tenait à moi et il a accepté dans la clarté notre ménage à trois, même si son amour était pour moi seule et pour toi seulement son affection. Il a accepté notre séparation lorsque cette saloperie est arrivée. Et il se contente,  sans nous en tenir rigueur, que nos rencontres soient tellement espacées.<br />
(Claire)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Justement, Manon chérie, tu n&#39;es pas la salope que tu dis être, puisque  tu sacrifies ton amour pour Hervé à celui que tu me portes. Et détrompe-toi,   ce que tu me dévoiles, je le savais : mes messages que tu as gardés,  tes baises avec Fabien, ton impression d&#39;être à l&#39;origine du désamour qui s&#39;est installé entre François et moi. Mais tu n&#39;y es pour rien, en fait, car j&#39;ai su que cela se terminait et j&#39;ai adhéré à l&#39;idée de faire chacune un enfant  parce que en nous aimant, sans homme entre nous deux, nous avions peu de chance d&#39;y parvenir ! Et que vivre toutes les deux avec nos enfants serait une chance de stabilité pour l&#39;avenir. Donc tu n&#39;es pas une salope parce que tu m&#39;as aimée, et avec Hervé, j&#39;ai simplement voulu réussir ce que nous avions raté avec François : te donner à vivre un double amour en  me contentant de l&#39;affection d&#39;Hervé et de ton amour. Tu dois savoir qu&#39;Hervé et moi avons souvent parlé de cela et qu&#39;il  n&#39;y avait aucune  ambiguïté entre nous. Je me sentais bien avec vous deux, si bien, même  que je n&#39;ai jamais recherché d&#39;autres relations, comme tu le sais. C&#39;est vrai qu&#39;avec François nous  avons frisé la casse entre nous, mais j&#39;en ai été au moins aussi responsable que toi.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Quant à tes rencontres avec Fabien, je l&#39;ai su par Sylvie elle-même, il y a   est venue me voir plusieurs fois. Apparemment, Fabien s&#39;octroie souvent des extras, et ne s&#39;en cache pas, sans que cela semble nuire à l&#39;équilibre et à la solidité du couple. Elle-même, je crois, ne dédaigne pas l&#39;aventure lorsqu&#39;elle se présente, et à ton sujet, elle m&#39;a dit que, à l&#39;époque, tu étais tellement mal que tu avais besoin de ça. Elle m&#39;a dit aussi que mon père s&#39;était excusé auprès d&#39;elle de tes frasques ! Tu vois jusqu&#39;où Papa, pour nous deux, était capable de pousser la contrition.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p>V-La mort de Pauline.</p>
<p>(Manon)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Claire souhaite que je parle de Pauline, de sa mort, comme si je n&#39;en avais pas été affectée moi-même ! Pauline était pour moi une mère et une amie. Elle ne voulait pas que je la considère comme ma mère. D&#39;emblée, avant même que j&#39;arrive chez eux, Pauline et Jean m&#39;ont dit que si je voulais venir à Manosque, chez eux, je serai traitée comme Claire, leur fille, mais que jamais ils ne seraient mes parents, car mes parents, Emma et Pablo Moreno, devaient continuer à vivre en moi. Toujours, Pauline marqua une minuscule différence entre Claire et moi, qui n&#39;était peut-être visible que par moi-même, sûrement pour me rappeler qu&#39;elle n&#39;était pas ma mère. Et pourtant, je suis bien sûr que son amour pour moi, n&#39;était pas moindre que celui qu&#39;elle éprouvait pour sa fille. À compter de notre puberté, elle se comporta avec moi encore plus en amie qu&#39;en mère adoptive.Elle était d&#39;une grande délicatesse en même temps que d&#39;une grande franchise avec nous comme nous l&#39;avons rapporté au sujet de notre homosexualité.Peu avant de mourir, elle s&#39;inquiéta de nos rapports avec les hommes. « Vous ne devriez pas prendre ça à la légère : si vous aimez faire l&#39;amour avec des hommes, un jour ou l&#39;autre vous deviendrez amoureuse, et alors vous regretterez d&#39;avoir fait l&#39;amour par jeu et vous ne saurez pas comment vous comporter entre vous et l&#39;homme que l&#39;une de vous (ou peut-être les deux, qui sait ?) aimera. Jean et moi, nous avons cru que puisque nous nous  aimions, rien ne nous était interdit. Ainsi, avec quelques couples d&#39;amis, nous avons fait des réunions échangistes : changer de partenaires plusieurs fois dans la même soirée, dans la même pièce, voire dans le même lit, nous semblait être le comble de la liberté, du non-conformisme. Jusqu&#39;au jour où, malgré tout le plaisir physique que nous ayons pu éprouver, nous eûmes du mal à nous retrouver seul à seul dans l&#39;amour. Alors nous avons compris que ce jeu était dangereux pour nous, et qu&#39;il était plus sain, lorsque nous prenait le désir d&#39;un autre partenaire, de s&#39;offrir une aventure. L&#39;adultère, si l&#39;on peut parler d&#39;adultère pour une simple passade, n&#39;est dangereux pour un couple, que s&#39;il est clandestin. Car c&#39;est tout à fait normal, je crois, pour un homme comme pour une femme d&#39;avoir envie de quelqu&#39;un d&#39;autre. Je peux vous avouer,  que ça nous est arrivé bien des fois. Dans votre cas, il n&#39;y a pas de raison que vous y échappiez.»Ce soir-là, nous avons parlé, Claire et moi, avec étonnement, en même temps qu&#39;avec admiration, de cette confidence de Pauline. Mais c&#39;est plus tard, et sans doute indépendamment, que nous en avons compris tout le sens. La veille de sa mort, comme si un pressentiment lui était venu, seul avec moi, elle me dit : « Ma chérie, si je venais à mourir prochainement, je compte sur toi pour aider Claire à surmonter son chagrin, et surtout, pour aider Jean a ne pas faire de bêtise. Il doit comprendre que la vie continuera pour lui et que même, il pourrait trouver une autre compagne. Bien sûr, je sais que toi aussi tu auras du chagrin, mais tu es la plus solide des trois. » Le lendemain, dans l&#39;après-midi, elle s&#39;effondrait,  victime d&#39;un infarctus massif. Elle avait cinquante-sept ans.</p>
<p align="justify">(Claire)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Ma chérie, le ton que tu adoptes pour parler de la mort de Maman ne te ressemble pas. Il est froid, plein de retenue, tout à fait à l&#39;opposé de notre détresse. À l&#39;opposé aussi de l&#39;affection que tu lui portais. Car tu n&#39;avais pas  pour elle qu&#39;une profonde admiration, qui se sent bien dans ces quelques lignes, tu avais pour elle de l&#39;amour, comme si elle avait été ta propre mère. C&#39;est vrai que c&#39;est difficile de parler d&#39;elle à ce moment, je le sais bien, puisque je ne l&#39;ai pas fait. Ne croie pas que je t&#39;en veuille, oh,non ! Je suis triste parce que nous ne savons pas parler d&#39;elle en toute simplicité.</p>
<p align="justify">Ce qu&#39;elle t&#39;a dis la veille de sa mort m&#39;a ému : elle voyait juste, et loin. C&#39;est vrai que tu es la plus solide et tu as suivi ses désirs : prendre soin de mon père et de moi. Pour moi, au delà de ce qu&#39;elle pensait, sûrement…Elle ne pouvait pas prévoir ce qui m&#39;est arrivé sauf si cela c&#39;est déjà présenté dans sa famille.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Il m&#39;est revenu qu&#39;elle nous avait appris à aimer la musique, parmi beaucoup d&#39;autres choses, sans nous dire : voilà ce qui est beau et ce qu&#39;il faut aimer ; tout simplement en jouant au piano, avec toute la simplicité et la modestie (bien qu&#39;elle en joua fort joliment !) qui faisaient d&#39;elle quelqu&#39;un d&#39;unique, des morceaux de Bach, Mozart, Beethoven, Schubert et bien d&#39;autres. Souviens-toi de la grâce avec laquelle elle rendait si vraie, si vivante, l&#39;espièglerie de Satie !</p>
<p align="justify">Et puis nous n&#39;avons même pas évoqué ce beau cadeau qu&#39;elle nous fit (avec Papa, bien sûr, dont nous ne parlons pas assez)  à la fin de notre seizième année, l&#39;été de notre bac : ce séjour de deux semaines à La Roque d&#39;Anthéron, au cours desquelles nous nous sommes toutes les trois imprégnées, imbibées (je ne trouve pas le mot qui convient), de si belle musique avec tant et tant de si bons pianistes. Nous avons eu, notamment, le bonheur d&#39;entendre la grande Martha Argerich, qui nous enchante toujours maintenant. Marie et Hervé, sont venus aussi passer quelques jours dans le petit gîte que Maman avait loué : quelle fête, je suis sûre que tu ne l&#39;as pas oubliée, ni Hervé, qui semblait si heureux entre toutes ces femmes qui l&#39;aimaient chacune à sa manière. Maman avait pour Marie et pour lui une réelle et profonde affection et je suis certaine qu&#39;elle serait heureuse de vous savoir ensemble maintenant que Marie n&#39;est plus.</p>
<p align="justify">Avons-nous dit déjà pourquoi Maman se prénommait Pauline ? Je ne crois pas. Son père, était aussi un fervent de Giono, et avait un faible pour Pauline de Théus, l&#39;héroïne du &#8220;Hussard&#8221; ; Pauline était d&#39;ailleurs le nom de la mère de Giono, et tu m&#39;as appris, tout récemment que le modèle de Pauline de Théus, était pour partie emprunté à un personnage réel, une certaine Blanche, l&#39;amour caché de Giono. Ce n&#39;est sans doute pas un hasard si mon père porte le prénom de Giono : ses parents étaient aussi des &#8220;fans&#8221; de l&#39;écrivain. Enfin, pour parler encore de l&#39;origine des prénoms, tu as découvert dans le journal de ton père que tu as retrouvé depuis peu que ta mère, Emma (comme la notre !), raffolait de la Manon de Pagnol (si bien incarnée par Emmanuelle Béart, dans le film, au demeurant sans grand souffle de Berri. ) Et je ne serais pas surprise si Claire ne provenait pas de &#8220;l&#39;eau vive&#8221; que Maman fredonnait bien souvent, de sorte que nos noms auraient pris naissance auprès de la même fontaine, ce qui expliquerait, n&#39;en doute surtout pas, notre amour!</p>
<p>(Manon)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Claire, ma douce, je souscris à tout ce que tu as rajouté sur Pauline. Oui, je me suis exprimée sans véritable chaleur, alors que, comme toi, j&#39;ai tellement souffert de cette mort. Tu ne doutes pas de mon amour pour elle, je le sais, et je te remercie d&#39;avoir complété mes propos. Ne crois surtout pas que je suis avec toi encore maintenant parce que Pauline te pensait fragile et t&#39;avait confiée à moi. Non, tu le sais, je te le redis, je t&#39;aime, c&#39;est la seule explication. Hervé ne comprendrait d&#39;ailleurs pas que je ne sois pas avec toi au pire moment de ta vie. À sa façon, il t&#39;aime aussi.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Il y aurait beaucoup plus à dire de Pauline, tellement nous lui devons tout ce que nous sommes. Ta plaisanterie autour de &#8220;l&#39;eau vive&#8221; m&#39;amuse beaucoup,  même si je ne crois pas un instant, pas plus que toi d&#39;ailleurs, à ce que tu suggères ; mais cela pourrait faire une assez jolie histoire à l&#39;intention d&#39;Emma. Tu devrais la lui écrire comme un conte de fée. Je suis certaine qu&#39;elle l&#39;aimerait.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>VI-Errances .</p>
<p>(Claire)</p>
<p align="justify">Après le départ précipité de François, nous nous sommes retrouvées, de  nouveau, très proches. Certes pas comme avant, mais mieux, peut-être. Plus amoureuses ? Je ne pense pas que ce soit possible ! Plutôt plus conscientes du danger que nous avons couru, des risques de nous perdre qui nous ont menacés. En tout cas, chacune plus attentive envers l’autre, plus tolérante. Et puis, nous étions toutes les deux enceintes, porteuses de bébés promis à être frère (le mien, futur Jean) et sœur (celui de Manon, future Emma) à deux mères ; heureuses de cette double maternité que nous partagions avec fierté. Ces mois de grossesse heureuse de deux amantes apaisées, sans homme, uniquement entre nous : un souvenir de bonheur inimaginable qui perdure malgré ce qu’il s’est passé. Emma est née peu avant Noël 1999, en avance, pense Manon. Jean naquit un mois et demi plus tard. Il paraissait normal, seulement un peu petit, peut-être, c’est tout. Et pourtant, j’étais encore à la maternité, lorsque je l’ai trouvé mort le matin de son quatrième jour ! Une malformation cardiaque passée inaperçue à l’échographie, m’a-t-on dit. J’écris cela froidement, mais ce fut pour moi, pour nous deux, mais plus pour moi que pour Manon bien sûr, comme le ciel qui tomba sur nos têtes. Je suis restée prostrée plusieurs jours, sans dire un mot, acceptant à peine que Manon me prenne dans ses bras, ne supportant pas du tout de voir et d’entendre Emma bien vivante près de moi. Puis, j’entrais dans une phase de profonde dépression. Mon père, pourtant déjà si éprouvé et qui se faisait, en outre, une joie d’avoir un petit-fils portant ses deux noms, m’a ramenée à Manosque avec lui : j’y ai passé deux mois, reprenant vie peu à peu. Je suis revenue fin mars à Paris. La vie commune avec Manon  reprit peu à peu un cours favorable. Je reportai  sur Emma tout l’amour au départ dévolu à Jean. En retournant à mon travail début mai, je  repris pied dans la vie sociale.  L’efficacité que je mis à traiter les dossiers que l’on me confia, et je crois aussi, sans fausse modestie, la qualité de mes travaux et de mon engagement, firent que l’on me proposa d’aller en stage au siège central, à New York. Pas forcément pour y faire mon trou. Plutôt pour compléter ma formation, au cœur de  ce “temple“   du capitalisme financier. La décision fut difficile à prendre! Quitter Manon et Emma alors que je venais à peine, avec elles, de refaire surface ?</p>
<p align="justify">N’était-ce pas suicidaire? En outre, laisser mon père, déjà loin de nous, à remâcher sa solitude à Manosque, me causait du souci. Ce fut pourtant lui qui me décida—appuyé par Manon, malgré sa tristesse à l’idée de rester seule avec Emma et sa thèse en cours—en faisant valoir qu’une offre pareille ne se refusait pas : c’était le pied à l’étrier pour une vie professionnelle d’avenir, etc… Bref, je partis pour N Y le 20 août 2000, la mort dans l’âme.  C’est là, à Wall Street,  que je fis la connaissance de John Barnes, avec qui j’allais travailler, et qui très francophile, m’accueillit avec beaucoup de gentillesse, m’aidant avec l’aide de sa femme, Wendy, à me loger et à faire connaissance avec la ville, avant de prendre le travail la première semaine de septembre. En privé, il me parla toujours en français, me demandant de le corriger au besoin ; mais au travail, ce fut toujours en anglais, me corrigeant de son côté lorsque nous étions seuls, et demandant à ses collaborateurs de ne rien me passer, ni pour l’anglais, ni dans le travail ! Cette prise en main attentive fut une vraie chance pour moi… Cependant, hors du travail, j’étais comme un zombie, complètement à la masse, incapable de vraiment profiter de cette fabuleuse ville qu’est New York. Bien sûr, j’allais au concert, je fréquentais les musées, je m’égarais au Village et dans bien des quartiers, mais sans en retirer beaucoup de joie. J’allais parfois chercher la paix aux “Cloisters“, le dimanche matin à l’ouverture, substitut à l’absence des sévères églises romanes de chez nous. Bien que sans religion, je trouve souvent la paix dans ces églises à condition qu’elles soient simples et austères. Manon, écrasée aussi par notre séparation, s’en sortait mieux car, outre sa thèse sur la littérature libertine du XVIIIe siècle (plus précisément sur l’idéologie moderne et progressiste véhiculée par cette littérature), elle avait Emma qui remplissait, en partie, son autre vie. En fin d’année, pour les fêtes, je fis un aller-retour rapide pour retrouver Manon, Emma et mon père à Manosque. Ce fut presque pire lorsque je revins à NY. J’ai accepté de me laisser entraîner dans une partouze  par des collègues de travail—les soirées “alcool et sexe “ sont très bien vues là-bas, dans ce milieu des financiers au moins ! —sans en retirer un quelconque plaisir. Bien au contraire, et la gueule de bois, et le dégoût de moi, me laissèrent encore plus détériorée. J’ai fait connaissance aussi des milieux naturistes américains, par l’intermédiaire d’un jeune couple fort sympathique rencontré au hasard d’un jogging dans Central Park.  Grâce à Eve et Bob, j’ai fréquenté les clubs new-yorkais, en milieu entièrement artificiel la plupart du temps, mais qui organisent des vols bon marché pour des week-ends dans les Caraïbes. Le sexe n’est pas,  tant s’en faut, le but principal du naturisme, à NY comme ailleurs, mais dans cet environnement beaucoup plus sain, j’ai repris goût à la vie et pu y faire quelques rencontres vouées au plaisir du corps, sans remords. Mais finalement, à part ces quelques baises à la bonne franquette, mon activité sexuelle fut des plus réduites, sans que je  ressente un autre  manque, douloureux celui-là, que celui de Manon. Et  ce fut l’été 2001 : Manon vint me rejoindre, début juin, avec Emma. Sa thèse avait bien progressé. Elle explorait des champs nouveaux et prometteurs de la pensée du XXVIIIe. Elle profita de ce séjour pour compléter sa documentation, grâce à des auteurs qu’elle savait pouvoir trouver dans quelques bibliothèques, à New York, notamment à Columbia University, et à Boston, à Harvard. Emma, qui atteignait ses dix-huit mois, alla dans un jardin d’enfants, où elle fut très bien prise en charge, à prix d’or! —mais le salaire et les indemnités “d’éloignement “ que je recevais nous permettaient de vivre largement. Cet été fut vraiment un grand moment de bonheur et de paix retrouvé.  Nos corps se sont reconnus, sans retenue, dans le plaisir  de nos caresses. J.Barnes m’annonça qu’il partait pour Paris afin de  prendre la direction du siège européen de la banque. Il me dit qu’il espérait m’y voir revenir, mais dans un an seulement, lorsque j’aurais fait deux séjours complémentaires dans des succursales de la banque : l’un à Los Angelès, l’autre à Buenos Aires (puisque je me débrouillais bien en espagnol !). Ce fut la douche froide! Encore une année de séparation! Mais cette fois encore je ne pouvais pas refuser… Barnes m’offrit un mois de vacances (en septembre) avant d’aller pour cinq mois à LA. Une aubaine pour l’Amérique où les congés payés sont parcimonieusement comptés, m’a-t-il fait remarquer! Manon m’a dit aussi, à contre cœur, que la banque devait tenir très fort à ma collaboration.  C’est bien ainsi que je devais prendre la chose! Et pourtant, si j’avais pu lire l’avenir, je serais partie tout de suite chercher un autre job à Paris !  Mais, la maladie qui devait m’atteindre quelque quatre ans plus tard, et qui était sûrement en germe dans mes gènes, d’après mes médecins, ne pouvait pas se prévoir, car je ne connaissais personne dans mon ascendance qui  avait été touché… Sans rechigner, grâce à ces généreuses vacances, nous sommes donc parties toutes les trois pour l’Amérique profonde. En avion, jusqu’à Chicago, et par bateau sur le Lac Michigan, puis en voiture de louage pour parcourir le nord de l’État du même nom (la péninsule de Marquette) et une mince portion du Wisconsin, avant de traverser le Minesota, et le North Dakota pour, enfin, atteindre le Montana et le Wyoming. J’avais envie de connaître cette  région,  après voir lu Jim Harrison, auteur que je venais juste  de découvrir à New York. Le 11 septembre 2001, nous étions au fin fond du Wyoming, dans une toute petite bourgade dont je ne me souviens même plus du nom (“Elk Tooth “,ou quelque chose comme ça!), à proximité du Yellowstone Park où nous faisions des incursions quotidiennes. Nous sommes restées prostrées une grande partie de la matinée, recroquevillées l’une contre l’autre, devant la télévision, tandis qu’Emma jouait dans le jardin du motel sous la surveillance de la fille du tenancier, regardant passer en boucle les terribles images de cet odieux attentat. Après cela, la découverte du Yellowstone, de ses geysers, de ses lacs, de ses rivières et forêts, s’est déroulée dans une sorte d’effroi peu propice à une communion avec cette nature superbe et encore pleine de soubresauts telluriques.<br />
(Manon)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Oui, ma Claire, le bonheur de nous retrouver, plus amoureuses que jamais, ne nous a pas empêché d’être choquées—le mot est faible! — par ces images atroces d’avions pénétrant les tours, de personnes se jetant dans le vide, main dans la main, d’incendies, d’effondrements…Il nous a fallu plusieurs jours pour que notre égoïsme reprenne le dessus et nous permette de poursuivre le voyage que tu avais concocté, pour suivre en partie les vastes espaces où vivent les héros de Jim Harrison. Du Wyoming, nous avons fait un long détour dans  le Nebraska, où se déroule en partie le roman “Dalva“, et sa suite, “La route du retour“. C’est, en effet, l’Amérique profonde, l’Amérique des grands espaces, que nous avons parcourue, un peu au gré de notre fantaisie, sans but très précis, sinon de nous imprégner d’images de ces contrées où s’affrontèrent pionniers et autochtones. De Denver, après une brève incursion dans le Colorado, nous t’accompagnèrent, par avion, Emma et moi, à Los Angeles. Après une petite semaine en Californie, nous nous séparâmes à nouveau, repartie l’une et l’autre pour une errance de dix mois.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Oui, nos retrouvailles ont été vraiment sublimes, de la sensualité exacerbée qui s’exprime après les longues séparations, sans que nos ardeurs s’éteignent au cours de ces quatre mois, même dans l’effroi du 11 septembre. Tes expériences sexuelles avaient été peu nombreuses, et rarement exaltantes. Mais moi, tu le sais, je n’avais pas fait l’amour depuis ton départ, sauf bien sûr, pendant ton bref séjour de fin d’année. Et j’avais une faim de toi qui n’avait pas de limites. Je t’ai “mangée“, je crois, sans retenue et sans honte. Quelle bienheureuse orgie nous avons fait l’une de l’autre ! Je tiens à le dire, délaissant quelque peu ma pudeur habituelle, car ce qui s’est passé dans ma vie quelques mois plus tard, aurait pu te faire croire que mon amour pour toi et le désir que j’avais de ton corps, pouvaient avoir tiédis. Mais tu savais bien que non, n’est-ce pas ?</p>
<p>(Claire)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Oui, je le savais. Bien sûr que je n’ai jamais douté de ton amour, même lorsque Hervé est entré dans ta vie! Nous nous le sommes déjà dit et redit ! Et j’en douterais encore moins (si c’était possible !), maintenant.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Peu après, le départ de Manon et Emma, mon père, avec qui je correspondais chaque semaine, m’a fait parvenir une nouvelle qui m’a bouleversée, comme elle a bouleversé Manon avertie elle-même de son côté. La mort de Marie, dans les premiers jours d’octobre, d’un cancer, fulgurant, des ovaires. Nous l’avions vue, fin décembre, à Manosque, avec Hervé. Tout allait bien alors, mais ensuite Papa m’avait, à plusieurs reprises, fait des allusions, qui auraient dû m’alarmer, sur la santé défaillante de Marie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Depuis notre entrée à Normale Sup, nous nous étions peu fréquentées. À ma grande honte, je dois reconnaître que nous étions plus occupées, outre nos études, à découvrir le sexe, les partouzes, tous ces excès finalement décevants, qu’à entretenir l’amitié qui nous avait liées si étroitement, et avec tant de bénéfice, à Marie et à Hervé. En cette fin d’année 2000, Marie m’a longuement parlé des épreuves que j’avais endurées, la perte de mon bébé, et du réconfort que je devais trouver auprès de Manon. “Dès que je vous ai connues, j’ai été impressionné par la force de votre amour. Je ne sais pas ce que peut être l’amour entre deux femmes, la littérature ne nous apprend rien à ce sujet, mais grâce à vous, je sais que ça existe. Entretenez-le, c’est pour vous un bien précieux.“ Sur le moment, j’avais trouvé son propos un rien “préchi-précha“.  Depuis j’ai réfléchi et me suis rappelé que Papa avait employé presque la même formule en parlant à Manon. “Un amour pareil ça se cultive !“ ou quelque chose comme ça.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Mon séjour à LA s’est déroulé sans beaucoup de joie. Ni d’intérêt au plan professionnel. J’ai même demandé à J.B. de me rapatrier car je n’apprenais rien d’intéressant. Il n’a rien voulu savoir, arguant qu’il fallait voir tous les aspects du travail bancaire. Toutefois, par l’intermédiaire du patron de la succursale de LA, il me confia une étude sur la façon dont les “chicanos“ utilisaient les “produits“ bancaires. Mais je me suis assez vite rendue compte que c’était de la foutaise car les travailleurs agricoles avaient des revenus si faibles qu’ils n’avaient pas besoin des banques, ni les banques d’eux. Ceux qui sortaient de cet enfer (ce qui m’a fait penser au bouquin de Steinbeck, “Les raisins de la colère“, où les malheureux ne venaient pas du sud, mais du Middle West !), ce sont ceux, rares, qui quittaient le travail agricole, pour monter de petites affaires en général avec l’aide de parents déjà installés, et c’est seulement quand ils arrivaient à émerger, qu’ils pouvaient espérer obtenir des prêts pour se développer ! Autant dire que cela représente une minuscule fraction de ces émigrés. J.B. a cependant trouvé cette étude intéressante, et c’est à cette occasion qu’il a commencé à me parler du “micro-crédit “. Cependant, je me morfondais dans une semi-déprime…<br />
Heureusement, j’ai assez vite sympathisé avec Julia, une femme de mon âge. Nous occupions le même bureau. D’origine mexicaine, au moins par sa mère, elle en portait certains traits : brune, formes généreuses, pas très grande, mais corps musclé et harmonieux, bavarde, toujours prête à se confier pour peu qu’on lui accorde son amitié. Elle s’habillait avec soin de façon à mettre les attraits de son corps en valeur. Elle disait volontiers : “ma jupe doit me couvrir correctement, tout en étant suffisamment  courte pour retenir l’attention sur mes jambes et mes cuisses que je trouve jolies. Elles plaisent et excitent les hommes, car des cuisses, on remonte facilement plus haut, en fantasmant. “Pour sa poitrine, le raisonnement était à l’avenant : ses chemisiers s’ouvraient sur de grands décolletés dans lesquels les regards plongeaient aisément et découvraient avec ravissement des seins bien dodus, mais fermes, libres ou soutenus au minimum ; quant à ses ticheurtes, quand elle en portait, ils étaient suffisamment moulants pour qu’elle paraisse plus nue que si elle était dévêtue ! Elle aimait que les hommes l’admirent, ce qui était le cas, même de ceux qui étaient gênés de découvrir une poitrine aussi libre et attirante, des jambes aussi gracieuses et des cuisses aussi tentantes&#8230; Cela dit, elle se conduisait au bureau très naturellement et sans se montrer ostensiblement aguichante. Je crois qu’elle prenait plaisir à se cacher le moins possible et à attiser le désir masculin, sans s’exposer par bravade. Son naturel y suffisait.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Je lui en ai fait la remarque une fois, et  elle m’a dit sans détour : “En effet, tu as raison, j’aime les faire bander et j’aime me faire sauter. Ici, je fais attention, encore que, si l’occasion se présente en toute sécurité, je ne la dédaigne pas…Mais à la maison, chaque soir, j’ai besoin de baiser plusieurs fois avant de dormir et parfois, je recommence dans la nuit. Prise de frénésie, une dizaine de coïts ne me font pas peur.  Je suis plutôt nymphomane, crois-moi ! Ma libido est rarement endormie… C’est pourquoi il me faut plusieurs hommes.“</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Devant mon air ahuri, ou incrédule, devant tant d’impudeur, elle précisa :“Oui, à la maison, j’ai mon mari, Bill, et son frère Alan. En fait, nous vivons à trois. Et aussi, assez souvent, un ami de passage vient se joindre aux deux autres. On sait que je suis accueillante. Et le week-end, nous nous retrouvons en tribu dans un chalet que nous louons dans un camp naturiste, et là, le choix est encore plus grand ! Si tu voulais y venir, d’ailleurs, tu serais la bienvenue.“</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Je lui expliquai que mon amie était à Paris, et qu’ici je me sentais plutôt seule. Elle me répondit que “les gouines“, ce n’était pas son genre ! Je lui expliquai alors que Manon, c’est mon amie, et que je ne couche pas avec d’autres filles, mais avec des hommes, oui. Nous avons même, il n’y a pas si longtemps, vécu avec une frénésie sexuelle au moins aussi débridée que celle dont elle me parlait.</p>
<p>“Dans ce cas, nous pouvons nous entendre, viens chez moi, il y a toujours un coup à tirer !“</p>
<p>Et je devins, pendant le temps de mon séjour à Los Angeles, une fidèle de leurs parties de jambes en l’air.  Julia avait un goût très prononcé pour l’amour physique : deux hommes en même temps la prenant en sandwich ne lui faisaient pas peur. Elle haletait comme un chien assoiffé dès les débuts d’un coït, simple ou double, puis elle passait aux feulements avant d’éclater dans des hurlements homériques qui faisaient, alentours, sa notoriété. Il y avait souvent des spectateurs pour assister à la scène, et prendre le relais si l’occasion s’en présentait.  Pour ma part, depuis mes retrouvailles avec Manon, j’avais de nouveau envie de sexe, et je trouvais chez Julia, toujours, un homme pour me baiser.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Tous accomplissaient des performances honorables, mais je préférais Alan, plus doux, plus sensuel, jamais pressé. C’est avec lui que je jouissais avec les plus grands plaisirs ; et il me semble que lui-même avait un faible pour ma capacité à l’entraîner au septième ciel. Un jour, retirés dans une chambre après avoir suivi les exploits de Julia, nous avons fait l’amour plusieurs fois de suite avec un rare bonheur partagé. Il me dit, en louant ma façon moins bruyante de jouir : avec toi, je me sens bien, et je ferai volontiers un bout de chemin avec toi.  Je lui ai dit que moi aussi j’étais bien avec lui, mais que je n’étais pas destinée à rester à LA, et que, en outre, mon amour était à Paris et s’appelait Manon.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">En fait, j’aimais surtout les rejoindre le week-end, car dans la journée, je profitais, en plus, de la pratique du nudisme dans un pays où le climat, même à cette époque de l’année, reste le plus souvent clément. C’est ainsi que la fin de mon séjour aux USA devint supportable.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Début mai 2002, je m’envolai pour l’Argentine. Le travail ne fut pas plus palpitant qu’à Los Angeles et je dus à nouveau me faire des connaissances, pour ne pas tomber dans la déprime d’ici la fin septembre, d’autant que changeant d’hémisphère, je changeais aussi de saison et je fus confrontée à un nouvel automne et surtout un nouvel hiver. Juin et juillet sont les deux mois les plus pénibles à subir à Buenos Aires.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">C’est en juillet que Manon m’annonça qu’elle se mettait en ménage avec Hervé. Depuis la mort de Marie, ils s’étaient revus de plus en plus souvent, m’a-t-elle expliquée, en ajoutant :  “j’ai fini par trouver l’amour avec un homme “. Ce fut pour moi comme un coup de massue ! Bien sûr, je savais qu’ils se voyaient, je supposais même qu’ils couchaient ensemble, sans que Manon me le dise nettement, mais, pourtant, je n’avais pas vu venir le coup !  je me disais que c’était bien pour elle de baiser de temps en temps. Ce fut à mon tour d’être jalouse : elle avait beau me dire que ça ne changer rien entre nous, que nous resterions toujours ensemble,  qu’Hervé était au courant et consentant, même pour faire ménage à trois, si nous nous plaisions, etc…, je me sentais frustrée, dépossédée, trahie…Et je retombai en profonde déprime.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">C’est le seul moment de ma vie où je fis une vraie infidélité à Manon, avec Dolorès, une femme de trente-cinq ans, ma responsable directe à la banque, vraie lesbienne, avec qui j’avais noué une amitié dépourvue, du moins le croyais-je, de toute connotation sexuelle, et dans les bras de laquelle je me retrouvai un jour à bout de force.Mais cela ne dura pas, quelques jours peut-être. Dolorès téléphona à Paris, pour avertir J.Barnes de l’état dans lequel je me trouvais. Et je vis Manon débarquer. Peu après, munie d’un certificat médical je rentrai avec elle à Paris un mois avant la date prévue. Mon malaise prit fin rapidement car je fus heureuse de bien m’entendre avec Hervé. Nous eûmes plaisir à faire l’amour assez souvent, Hervé et moi, sans que cette pratique entraîne le moindre affaiblissement dans l’amour qui nous unissait Manon et moi. Mais nous n’avons pas renouvelé les erreurs commises avec François. Pas de baise à  trois ! Hervé et moi étions seulement bons amis, et j’allais dans son lit, en accord avec Manon lorsque lui et moi avions envie de faire l’amour, en toute simplicité et grand plaisir ! Manon et moi nous retrouvions dans le lit, de l’une ou de l’autre, et jamais Hervé n’est venu nous y rejoindre.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Nous avons vécu ainsi, heureux, sans que je recherche la compagnie d’autres hommes, jusqu’à ce que la maladie se déclare et me rende peu à peu handicapée.</p>
<p>(Manon)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Claire en est restée là, ne voulant manifestement pas développer davantage  ce qu’elle appelle sa fin de  vie. Je vais donc reprendre à sa place, mais auparavant, il y a des compléments ou des nuances à apporter au récit de ce qu’elle a désigné comme nos “errances“.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">C’est vrai que la  perte de son bébé a été une terrible catastrophe. Bien sûr, j’ai eu la chance d’avoir Emma et, d’une certaine façon, j’étais comblée tandis que Claire se trouvait dépossédée. Ne croyez cependant pas que la mort du petit Jean ne m’aie pas atteinte aussi, car nous avions fondé de grands espoirs de bonheur sur notre double maternité, et le malheur de Claire ne pouvait pas ne pas m’atteindre. La voir dans la peine sans parvenir à la soulager fut aussi pour moi une grande douleur, comme de remarquer  son hostilité envers Emma au début, pendant la phase la plus forte de sa déprime, car, ensuite, elle fut autant sa fille que la mienne.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">La mort de Marie, après ce bonheur inoubliable, presque inédit, qui nous réunit, sur fond de “Onze Septembre“, aux Etats-Unis, fut aussi difficile à accepter pour moi comme pour elle, car je me suis maudit de n’avoir pas entretenu avec cette femme d’exception l’amitié qui nous avait tellement rapproché, pour notre bien, durant notre adolescence. Je me suis sentie honteuse, sale, avec une énorme dette envers elle, et c’est sans doute ce qui m’a rapproché d’Hervé. Être proche de lui dans le vide de sa vie, était sans doute une façon pour moi de payer ma dette, ce qui est bien sûr toujours impossible, et me rendit, peut-être, encore plus misérable, comme je l’ai souvent expliqué à Claire.<br />
Pendant des mois, ce ne fut rien d’autre, me semblait-il, entre lui et moi, qu’une grande amitié, qu’une vraie affection. Puis vint le moment, l’été venu, où nous avons  compris que nous ne pouvions plus nous passer l’un de l’autre. J’ai eu un moment de profonde panique, me rappelant le désastre précédent, dont l’unique bonheur avait été la naissance d’Emma. J’ai mis longtemps à expliquer à Hervé que je ne pouvais pas me séparer, pour lui, de Claire. Lui, heureusement, n’a pas hésité à comprendre, m’assurant qu’il ne voulait en aucun cas me séparer ni de Claire, ni bien sûr d’Emma, et qu’il était prêt à nous “épouser“ toutes les trois. Et ce n’est que lorsque tout fut bien éclairci entre nous que je me suis décidée à tout dire à Claire.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Elle dit qu’elle s ‘est sentie “frustrée, dépossédée, trahie…“ Exactement ce qui m’est arrivé lorsqu’elle a rencontré François ! Aussi je n’ai pas tardé à réagir. Dès que John Barnes m’a averti de l’état dans lequel elle se trouvait, en me recommandant d’aller la retrouver et, si nécessaire, de la rapatrier pour raison médicale, je m’envolai pour Buenos Aires. Effectivement, je l’ai retrouvé, “au bord de la crise de nerf“, et dans les bras d’une autre femme! Son “infidélité“ ne m’a pas émue outre mesure ; cette Dolorès était une gentille fille qui avait agi en secouriste plutôt qu’en lesbienne, et nous avons passé  deux semaines au chevet de Claire, en parfaite entente, jusqu’à ce qu’elle soit, ma Claire, en état de rentrer.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Très vite, elle s’est rétablie. Hervé, qui avait pris Emma en charge pendant mon absence, s’est montré très adroit en même temps que très affectueux avec Claire. Il avait gardé son appartement, de sorte que pour Emma, Claire et moi, il n’y avait rien de changer, si ce n’est que j’allais retrouver Hervé chez lui. Ce n’est qu’au cours de l’automne que Claire et Hervé ont commencé  faire l’amour ensemble, sans que cela retentisse sur mon amour pour elle et pour lui. Assez vite, il est apparu plus simple de nous regrouper dans un même appartement suffisamment grand pour que chacun puisse disposer de sa chambre bureau.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify">Claire a repris sa place à la banque N***. J’ai obtenu un poste de Maître de conférences en littérature comparée à Paris VII tandis qu’Hervé était déjà Professeur de philo à la Nouvelle Sorbonne (Paris I). Nos jours se sont écoulés calmement dans un bonheur inespéré jusqu’à la fin du printemps 2005. Je ne crois pas, avec Claire, nécessaire de décrire comment notre ménage à trois a si bien fonctionné. Cela restera notre secret. Le fait est là, nous avons été heureux tous les quatre : Emma, Hervé, Claire et moi.</p>
<p align="justify"><b><font size="5">DEUXIÈME PARTIE</font></b></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p>(Manon)</p>
<p align="justify"><i>Claire m’a laissé le soin de parler à sa place, en ne me livrant, sur cette période, que des fragments de ses écrits : autant son journal est abondant pendant les deux années qui ont suivi son retour, c’est-à-dire notre époque de grand bonheur, autant il devient pauvre, ensuite lorsque la maladie commence ses ravages. Heureusement, à partir de mars ou avril 2007, elle m’a laissée de nombreux messages adressés à un correspondant que j’appellerai Dan, “rencontré“ grâce aux blogs qu’elle a constitué sur le net et qui a attiré l’attention de cette personne. Une amitié est née ! Par ce biais, en fait, je lui donnerai longuement la parole de sorte que, bien qu’elle ne l’ait pas prévu ainsi, c’est elle la rédactrice principale de cette dernière partie. En effet, ces messages forment un véritable journal intime de ce qu’elle a vécu pendant les quelques mois qui la séparent de sa mort. Elle avait peut-être, d’ailleurs voulu que j’agisse ainsi, puisque ses messages m’ont été facilement accessibles, alors que ceux de Dan, pour la plupart, ont été détruits.</i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><i>Sa maladie, cette saloperie!, est arrivée sans crier gare! Fin mai (en 2005), nous avions pu nous échapper une semaine dans le sud—au Sénégal—dans un “camp“ naturiste, tous les quatre. Depuis que Claire était devenue adepte du nudisme, aux Etats-Unis, elle nous avait convertis Hervé et moi à cette pratique saine de la tolérance de notre corps nu comme de celui des autres. Contrairement à ce qu’un “vain peuple pense“, ce n’est pas, tant s’en faut, un lieu de perdition et de sexualité débridée. Rien à voir, en tout cas, avec les clubs de rencontre échangistes que nous avions un peu trop fréquentés pendant nos années folles !</i></p>
<p align="justify"><i>Claire s’est mise à boitiller et à ressentir, occasionnellement, des douleurs brutales dans les jambes, des sortes de crampes. En rentrant elle est allée consulter. Notre généraliste a paru surpris et même inquiet et l’a envoyée chez un neurologue qui lui a fait subir nombre d’examens. Il a parlé de la possibilité de sclérose musculaire et a décidé de l’adresser à un service hospitalier spécialisé dans les maladies neurodégénératives et les myopathies.</i></p>
<p align="justify"><i>Pendant ce temps, l’état de Claire, sans être, pour nous, alarmant était préoccupant, car ses maux avaient plus tendance à s’aggraver qu’à se calmer et elle éprouvait parfois de réelles difficultés à marcher. Finalement, après une longue période d’incertitude, le diagnostic fatal fut prononcé : sclérose latérale amyotrophyque (SLA) ou maladie de Charcot.</i></p>
<p align="justify"><i>Dans ses premiers messages un peu intimes à Dan, sur le net, elle lui annonce ainsi son état:</i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">(Claire)</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">16 avril 2007</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">(…) la moindre des choses aurait été que je commence par me présenter telle que je suis aujourd&#39;hui. J&#39;ai bientôt trente ans, et jusqu&#39;à il y a un peu plus d&#39;un an, j&#39;étais telle que Claire apparaît dans mon blog. Seulement voilà, je suis tombée malade, atteint d&#39;un mal irréversible appelé SLA (Sclérose Latérale Amyotrophique), qui consiste en une atteinte des motoneurones. À ce jour, je ne peux plus guère me déplacer chez moi que laborieusement et douloureusement, à l&#39;aide d&#39;un déambulateur, ou le plus souvent, et notamment à l&#39;extérieur, dans un fauteuil roulant électrique, qui pour l&#39;instant m&#39;assure une réelle et appréciable autonomie. Cela n&#39;aura qu&#39;un temps, car les bras un jour seront, aussi, atteints, de même que l&#39;appareil respiratoire. Bien entendu je n&#39;attendrai pas de mourir asphyxiée! Mon espérance de vie peut être assez longue (10-14 ans), mais dans des conditions finalement inacceptables et  je ne peux encore fixer le moment où je  mettrai un point final à mon existence.<br />
.<br />
Entre mes séances quotidiennes de kinésithérapie active et douloureuse pour essayer de faire durer la mobilisation des jambes aussi longtemps que possible, et le télétravail que mon employeur a bien voulu me confier, c&#39;est vrai qu&#39;internet et mes blogs m&#39;occupent bien, me tiennent en relation avec le monde et je suis contente de trouver des admirateurs ou du moins des personnes qui s&#39;y intéressent! Surtout que mes amis se sont éloignés, bien entendu, à l&#39;exception de Manon, mon amie de longue date (je devrais dire plutôt mon amour) qui, elle, j&#39;en suis certaine, restera avec moi tant que je ne serai pas obligée de partir dans un établissement spécialisé! Voilà, je ne pense pas que vous attendiez ce genre de &#8220;confession&#8221;, mais je préfère faire fuir plutôt que de mentir sur ma situation. Je  précise que je tiens ni à me faire plaindre (le compassionnel n&#39;est pas mon genre), ni à reparler de cela constamment!</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Et un peu plus tard, le même jour…</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Merci de ne pas avoir fui. Voici un peu plus de ma &#8220;confession&#8221;&#8230;J&#39;ai été mariée, il y a un siècle&#8230;Mais une vie à trois n&#39;était pas acceptable pour cet homme. J&#39;ai dû choisir, et j&#39;ai choisi Manon, et j&#39;ai dû  me contenter d&#39;hommes de passage. Aujourd&#39;hui, je me rends compte, étant très égoïste, que j&#39;ai fait le bon choix. Manon est une fille exceptionnelle. Nous sommes à la fois sœurs et amantes, et c&#39;est la plus grande joie de ma vie. Je sais que ce sera bref maintenant et j&#39;en profite. Je crois que nous sommes heureuses. Manon a une fille de huit ans qui vit avec nous. Cette enfant est  aussi la mienne, car j&#39;ai dû renoncer à en avoir. Et vous comprendrez que je ne regrette pas de ne pas avoir fait un enfant plus tôt. Je suis une grande et belle  femme. Blonde. Ou plutôt j&#39;étais. Belle, je ne le suis plus guère, car mes muscles fondent. C&#39;est sans doute pour ça que je suis obsédée des beaux corps féminins&#8230;comme mon blog le montre bien j&#39;espère. J&#39;étais assistante de direction dans une grande banque à Paris. Maintenant, je travaille par internet pour la même banque, ou plus exactement, pour le même groupe, dans ce que l&#39;on appelle le E-commerce. Rien d&#39;intéressant, mais ça améliore  sensiblement le salaire d&#39;enseignante de Manon, pour une quinzaine d&#39;heures de travail. Car je reviens chère!!!</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Je fais partie d&#39;une association qui s&#39;intéresse aux malades dans mon genre et aux   myopathes (…), et j&#39;y travaille à titre bénévole. En fait, il s&#39;agit  d&#39;un bénévolat relatif car je suis beaucoup aidée, comme beaucoup d&#39;autres myopathes, par l&#39;Association française contre les myopathies. Mais j&#39;ai l&#39;impression de me rendre moi-même utile à la communauté, sans tout attendre des autres.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">J&#39;écris aussi, et pas seulement des récits maniaco-érotiques. J&#39;essaie, avec l&#39;aide critique de Manon, d&#39;écrire des textes plus intelligents, mais je doute de parvenir à quelque chose de valable. Nous faisons d&#39;ailleurs beaucoup de choses ensemble, y compris nos blogs. Vous voyez, j&#39;ai une vie active, bien qu&#39;en fauteuil la plupart du temps.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Nous vivons maintenant dans cette petite ville de Haute Provence. Manon a accepté cette sorte d&#39;exil pour que ma fin de vie se passe dans une région que nous avons connue et aimée enfants et adolescentes, car nous nous connaissons depuis toujours. Nous avons le même âge. Nous y sommes bien et nous y vivons beaucoup mieux qu&#39;en Île de France.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Ce n&#39;est pas parce que je me &#8220;déballe&#8221; sans vergogne, que j&#39;attends de vous la même chose. Non, vous êtes un &#8220;auditeur&#8221;, vous faites partie du monde auquel je dois renoncer, tout simplement. Je n&#39;attends rien et pour vous faire une dernière confidence (pour ce soir?) je ne m&#39;intéresse pas du tout au site dans lequel je m&#39;expose. Mon blog n&#39;est pour moi qu&#39;une façon d&#39;exister. Et si une seule personne intelligente s&#39;y intéresse, c&#39;est pour moi le bonheur, car dans la plupart des cas, je ne reçois que des propos insanes…</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">et le 19 avril…</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Hier ça n&#39;allait pas&#8230; Les nouvelles n&#39;étaient pas celles que je ne devrais plus espérer. D&#39;où mon bref message. Je me sens tellement en confiance, que je voudrais vous parler beaucoup de moi, de nous, que je ne sais par où commencer. Il faudra être patient! D&#39;abord, en repensant à vos derniers messages:non, je n&#39;ai jamais escaladé (de montagnes), mais beaucoup marché, toujours avec Manon. Skié aussi, de la randonnée surtout, avec Manon encore. Maintenant, je ne peux que me remémorer!</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Les photos de mon blog ? C&#39;est vrai, j&#39;ai ajouté des portraits, et enlevé d&#39;autres images, certaines étaient là par dérision; je n&#39;aime pas tout ce que je place. D&#39;ailleurs mon album est évolutif. De moi, il y en a peu. Quelques-unes peut-être (deux je crois) dans la série des &#8220;Claires&#8221; (il y a bien longtemps, j&#39;étais encore gamine, dans l&#39;eau), il y a un portrait d&#39;une &#8220;belle&#8221; endormie, et dans la série &#8220;esthétique&#8230;&#8221; une seule.  Mais ne cherchez pas à deviner, cela n&#39;a pas d&#39;importance. Je vis désormais dans le corps des autres. Seul mon cerveau, mes idées, fonctionnent comme avant, encore. Les plus belles photographies, je les aime, elles me ressemblent donc. Parmi les derniers portraits, je ne   me retrouve pas toujours physiquement, encore que cela arrive parfois, mais je suis présente dans le sourire, le sérieux, le rêve, la beauté, la douceur, la tendresse, le plaisir qui émanent de ces visages, de ces yeux, de ces bouches, ou même aussi de ces seins. C&#39;est un des aspects de ma façon d&#39;&#8221;ETRE&#8221;, maintenant. Tant pis si je vous choque. Je vais faire un grand nettoyage de l&#39;album pour ne laisser que les photos où je me retrouve. Comme cela vous pourrez mieux me cerner. Mais vous allez être étonné!</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Manon et moi ? Elle a rejoint ma famille lorsque ses parents sont morts: son père avait été un ami du mien. Nous vivions à Manosque. Nous avions huit ans (l&#39;âge d&#39;Emma): nous ne nous sommes jamais quittées (sauf lorsque j&#39;étais à NY). Sœurs, nous avons découvert ensemble la sexualité: de sœurs nous sommes devenues amantes, presque sans y prendre garde. Nous avons découvert les garçons ensemble, en partageant souvent les mêmes (je vais finir par vous choquer!). Mais nous n&#39;avons jamais fait l&#39;amour avec d&#39;autres femmes. (N&#39;est-ce pas touchant?). Nous étions des élèves douées. Nous partagions tout: chacune faisait la moitié du travail, et ensuite, par osmose, par vases communicants, il y avait transfert des connaissances. Et en fait, il y avait toujours une plus-value au terme de l&#39;échange. C&#39;est vraiment un beau souvenir; nous avons passé le bac l&#39;année de nos dix-sept  ans et l&#39;année suivante, nous sommes entrées à Normale Sup, en nous présentant en candidates libres. Nous n&#39;avons pas voulu passer par l&#39;enfer des classes &#8220;préparatoires&#8221;. Mes Parents, adorables libéraux, ont accepté cet énorme pari. Manon et moi avons divergé pendant les années à l&#39;ENS. Elle a continué en lettres et passé l&#39;agrégation en vue de la recherche et de l&#39;enseignement. Moi, j&#39;ai fait de l&#39;économie et des sciences politiques. J&#39;étais fascinée par la finance (pas par l&#39;argent pour moi!) et son pouvoir. C&#39;est ainsi que j&#39;ai rejoint le système bancaire (je sens que cette fois, je vais vraiment vous décevoir!). Je vous ai dit que j&#39;étais secrétaire de direction dans une banque. En fait, en rentrant des USA, je suis assez vite passée assistante du PDG d&#39;une des plus grandes banques mondiales. Et puis, ma maladie a débuté, et j&#39;ai dû revoir mes ambitions à la baisse. C&#39;est peut-être une chance, car j&#39;aurais fini par perdre mon âme!</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Mais dans tout ça, je vais perdre la vie, mais je n&#39;aurai perdu ni mon âme, ni, surtout Manon. Manon faisait une brillante &#8220;carrière&#8221; universitaire, mais depuis juillet dernier, elle a accepté un poste de prof de français au lycée de Digne où je m&#39;étais installée l&#39;été précédent, au tout début de ma maladie, dès qu&#39;elle a été identifiée avec certitude, c&#39;est-à-dire après le verdict sans appel des neurologues. Voilà un raccourci de ma vie.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Mon quotidien? Cinq jours par semaine : une infirmière vient pour m’aider à ma toilette. Puis, c’est une charmante kinésithérapeute qui essaie de maintenir un peu de vie dans mes muscles, lesquels régressent inéluctablement. Mais son rôle est surtout moral, d’autant qu’elle est devenue comme une amie. Ensuite, je consacre deux à trois heures à un travail insipide et le reste du temps est réservé à mes manies écrivassières, et à Emma et Manon, quand elles-mêmes sont disponibles. J’aide aussi Ingrid, la fille de mes propriétaires, qui a seize ans et est en première. Quand elle peut et que le temps le permet, elle m’accompagne dans mes promenades, le long de la Bléone, où je n’ose pas m’aventurer seule, bien que mon véhicule ne m’ait encore jamais lâchée. J’ai choisi de vivre à Digne (dont j’ai fréquenté le lycée) parce que, justement, si l’on ne s’aventure pas dans la vieille ville escarpée, il a y  de beaux espaces plats et aérés pour se promener en fauteuil ! Nous occupons le RDC d’une maison aménagée pour mes déplacements intérieurs et extérieurs. Le samedi et le dimanche, c’est Manon qui me prend en charge, sauf quand elle s’éloigne (au moins une fois par mois) pour son équilibre personnel et la bonne santé de notre couple. Alors, je peux compter sur Ingrid et sa famille pour veiller sur moi et sur Emma. Vous le voyez, je suis bien entourée, et si je ne vais pas mieux, je ne suis pas malheureuse. Le matériel est assuré. Ainsi décrit, mon quotidien manque de poésie, direz-vous. Mais non car il y a  Manon, ma douce et belle amie,  Emma notre petite fille, et même Ingrid et sa famille (que je ne sous-estiment pas), les  poètes, justement,  et enfin, le voyage intérieur, sans limites.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">(Manon)</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><i>Ces longs messages sont en partie redondants avec ce qui est a déjà été écrit. Mais je les ai conservés, presque dans leur intégralité, car ils ont l’avantage de bien révéler ce qu’était l’état d’esprit  de Claire dans cette rude période de son existence. Ils montrent aussi la confiance extraordinaire que Dan a su lui inspirer ! En effet elle se livre vraiment, et moi avec, en partie au moins, a un parfait inconnu. Elle brouille bien sûr quelques pistes: ce n’est pas à Digne que nous nous sommes installées, mais dans une autre petite ville de Haute Provence, dont la partie ancienne aussi est perchée, et il a y bien une promenade le long de la rivière, qui n’est pas, évidemment, la Bléone. Elle n’a jamais été mariée, mais a vécu avec François un bref amour (que je me suis ingéniée à détruire, comme on l’a vu), et dont elle a eu un enfant, Jean, demi-frère d’Emma. Donc, ce n’est pas vrai qu’elle n’a pas voulu d’enfant : il n’a malheureusement pas vécu. Nous nous sommes présentées à Normale sup’ en candidates libres, c’est vrai, en ayant fait cependant une année de classe préparatoire. Mais, à quelques autres détails près (par exemple, il n’y avait pas de photos d’elle ni de moi dans son blog) ce qu’elle dit à Dan est vrai. C’est bien ainsi qu’elle a vécu.</i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">(Claire)</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Le 24 avril…</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Je vous ai parlé, il y a peu, de “voyage intérieur“.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Vers l’avenir, il est déplaisant. Pourtant je ne peux fuir. Les nuits sont longues et douloureuses. Les nerfs à vif me rappellent que j’existe. Misérablement. Parfois je rêve. Je flotte dans la nuit bleue, très belle, puis soudain je plonge dans l’abîme, dans le noir interminable. Sans fin. L&#39;infini&#8230; Souvent, je me remémore des vers du cimetière marin, dont jadis j’ai su de longs fragments : « Ils ont fondu dans une absence épaisse. L’argile rouge a bu la blanche espèce. Le don de vivre a passé dans les fleurs ! ». Sans véritable soulagement ! Je ne suis pas croyante, je suis même athée, et je hais cette illusion de la vie indestructible : rien ne se perd ! Foutaise!</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Mais les rêves peuvent  être plus riants. La joie de vivre d’Emma, par exemple, qui se confond parfois avec notre enfance, celle de Manon et de moi.  Ou bien, nous nous aimons. Un parfum d’érotisme m’éveille. Je tends la main vers la gauche, vers elle: je touche son corps nu. Manon s’éveille à son tour et me dit : je rêvais de toi. Est-ce vrai ? Mais oui, bien sûr, c’est trop beau pour n’être point vrai ! Elle m’étreint, boit mes larmes. Ma chérie, je suis là. Elle me caresse, toute en douceur. Je me rendors, apaisée. J’ai peur. De la mort ? Non. Du moins je ne le crois pas. Je n’en ai pas l’impression. J’ai peur de laisser passer le moment où je pourrais encore décider de choisir le moment de ma fin. J’ai tout prévu. Mais je ne veux pas imposer ce geste à mon amie. Tout est là, à ma portée. Encore faudra-t-il que mes bras et mes mains veuillent bien encore m’obéir… Avec l’aide de Brigitte, la kiné, et de mon médecin, je piste la progression du mal vers le haut du corps. Ce médecin, Pierre, essaie de ne pas s’attacher à des malades comme moi, jeunes et condamnés (damnés ?), heureusement rares, sinon, il ne pourrait pas exercer ce métier—mais, il est aussi, un peu, devenu un ami. Il m’a dit de ne pas paniquer, que la progression serait lente, pour les bras comme pour les jambes, et que j’aurais donc le temps de prendre le temps de mourir.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">(Manon)</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify"><i>Il n’y a là rien que de tout à fait conforme. Le médecin, Pierre est l’ami de notre adolescence, qui nous a aidé, avec sa sœur Sylvie, et son copain Fabien, lorsque nous nous sommes trouvé en position délicate un soir de boum. Pierre et Fabien (Fabien que l‘on retrouve un peu plus loin comme « le Professeur »), sont aussi les amis qui nous ont fait connaître nos premières relations sexuelles avec des hommes, comme nous l’avons relaté dans les chapitres précédents.</i></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">(Claire)</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Le même jour (suite)</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">L’avenir est sans intérêt, le présent est juste supportable. Mon voyage intérieur dois donc se tourner vers le passé, revenir en arrière. Faire le point ? Surtout pas car il faudrait alors regretter les «erreurs », le temps « perdu», ce qui veut dire : mal employé ! Non, pas de bilan, pas de balance comptable! Non, je ne veux que me « souvenir  des belles choses»…Et alors, là, je n’ai que du bonheur ! Manon m’est d’un grand secours. Elle a refusé de m’abandonner pour vivre sa vie. En me disant que, justement, sa vie, pour le moment, c’était de m’accompagner. Que ce qui lui était arrivé de mieux, c’était moi (et Emma). Souvent, presque chaque jour en fait, elle me demande : « qu’as-tu écrit aujourd’hui sur nous, sur notre histoire ? » Elle lit, commente, me rappelle ceci, se remémore cela, et ainsi, petit à petit, notre vie se reconstruit, dans le désordre, mais c’est justement ça qui est amusant. Je dois l’avouer, je ne m’ennuie pas une seconde.  Ainsi, ces jours-ci, je travaille sur notre adolescence : j’hésite à parler de la découverte de notre sexualité et de la naissance de notre amour avec les mots qui conviennent. Elle me dit : « ta pudeur est excessive, écris ce que tu as ressenti, moi je ferai de même, et, ensuite,  nous comparerons : si les mots sont trop crus, on les atténuera, mais  ne te limite en rien, je veux savoir comment aujourd’hui nous écrivons notre histoire. » C’est sa façon de me stimuler. Elle veut parvenir à quelque chose de publiable ! Je doute, mais j’écris, et c‘est ma façon de « voyager » en moi, en nous. Et de revivre notre courte vie commune.  Nous avançons ainsi : j’écris, elle lit, propose des améliorations, ou, carrément, une version différente, une autre façon de raconter le même moment de notre vie, ou une réflexion différente. Alors, nous décidons que là, il y aura sa version, et la mienne. Petit à petit, « Notre Histoire » prend forme. Elle me donne la parole principale et m’assure que si je ne finis pas, elle terminera le travail. C’est bizarre comme le fait de reconstruire “Notre Histoire“ donne un sens ( non c&#39;est idiot!) aux moments difficiles que je subis maintenant. Je ne suis pas certaine de me faire bien comprendre… de vous, mais entre nous deux, entre Manon et moi, c’est la communion la plus excitante, la plus réconfortante, la plus tendre surtout.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">…et plus tard, le même jour, après un “retour“ de Dan…</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Non, je ne vous suivrai pas dans cette métaphysique de l&#39;esprit. Même si je suis capable de divaguer sous l&#39;effet de la douleur, de l&#39;angoisse ou simplement du regret, je n&#39;ai pas l&#39;illusion de croire que j&#39;existe indépendamment de mon corps matériel. Seul persiste, un temps, ce qui a pu être réalisé et entretenu ou “ré exhumé“ et réinterprété. Quelques  rares humains, parmi des milliards, laissent une trace plus profonde de leur intelligible aptitude à créer de l&#39;abstraction que l&#39;on appelle &#8220;esprit&#8221;. Et qui peut faire le bonheur de ceux qui savent (ou ont la chance de savoir) se l&#39;approprier. Non, non, je n&#39;ai pas besoin de consolation, ma force est dans ma lucidité, et dans l&#39;affection de ceux qui m&#39;aiment.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Le 4 mai.</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">ÉGOÏSTE ?  Oui je le suis! Je persiste et signe, selon la formule consacrée (par qui? Je ne sais pas). À mon grand effroi, je le suis devenue alors que Manon m&#39;a assuré que, à l&#39;image de mes parents, je ne risquais pas de le devenir. Je le suis devenue donc, comme certains vieux vieillards ( l&#39;une de mes grand-mères fut  ainsi à 90 ans et plus). Je suis donc vieille à 30 ans! Voilà un beau sujet de méditation sur lequel je sens que je vais écrire au moins une page inoubliable dans la journée. En partant peut-être de la citation de ce cher Montaigne que vous me rappelez fort à propos:je ne risque pas de tomber de bien haut!</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">C&#39;est curieux comme il y a souvent des coïncidences entre nous à quelque 6 ou 700 kilomètres de distance ! Hier, en écrivant un peu ce que vous appelez ma confession, je rêvai sur Montaigne en évoquant le prof de philo de notre  seizième année. Ce professeur tout jeune, qui nous a tant marqué, Manon et moi, car il nous a permis de terminer nos études secondaires dans un esprit apaisé. Il fut aussi le premier homme que nous ayons eu en grande estime et que, en tout bien tout honneur, nous ayons, aussi, aimé. Un amour platonique, donc, mais qui laissa des traces profondes en nous: il nous a, d&#39;une certaine manière, révélé que la gent masculine était fréquentable, mais cet amour non consommé et idéalisé nous a sans doute aussi rendues incapables d&#39;aimer vraiment ou durablement, et sexuellement, des hommes. Me voilà encore partie dans une intimité qui doit vous agacer, et qui en outre pour moi n&#39;est plus de saison! Manon s&#39;est glissée à mes côtés dans la nuit (venant en voiture de la gare TGV d&#39;Aix) et m&#39;a rendu la paix. Je vais vous faire un aveu: je l&#39;aime tellement que j&#39;en suis devenue égoïste et, ce qui en découle, jalouse, au point que j&#39;en ai honte. Mais heureusement, je suis capable de le lui dire et elle de l&#39;entendre, ce qui est une bonne thérapie, non?</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">…et le 5 mai…</p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p align="justify">Je suis amoureuse de Manon ! Pendant cette courte 